Tr : [ZF151005] Le monde vu de Rome

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Libÿffffffffffe9rata MUKAGASANA

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Oct 6, 2015, 2:58:30 AM10/6/15
to Famille Nouvelle Foc
Mwaramutse mwese. Mubonye akanya mwasoma homelie du Pape mu gutangiza Synode des Eveques pour la famille. Umunsi mwiza. 
Libérata
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De : ZENIT <in...@zenit.org>
À : franca...@list.zenit.org
Envoyé le : Lundi 5 octobre 2015 18h48
Objet : [ZF151005] Le monde vu de Rome

ZENIT

Le monde vu de Rome

Service quotidien - 5 octobre 2015

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Synodes des évêques

Angélus et Regina Caeli

Pape François

Rome

Nouvelles du monde


Synodes des évêques


Chaque famille, lumière dans l’obscurité du monde, homélie
Veillée de prière en préparation au synode des évêques
Pape François
Rome, 4 octobre 2015 (ZENIT.org)
« Chaque famille, en effet, est toujours une lumière, bien que faible, dans l’obscurité du monde », déclare le pape François.
Le pape François a présidé une veillée de prière en préparation au second synode des évêques pour la famille, ce samedi 3 octobre, place Saint-Pierre, comme l’an dernier à la même occasion.
Il a notamment cité le patriarche œcuménique Athénagoras : « Comme le rappelait le patriarche Athénagoras, sans l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Église devient une simple organisation, l’autorité se transforme en domination, la mission en propagande, le culte en évocation, l’agir des chrétiens en une morale d’esclaves. »
Il a aussi cité le bienheureux Charles de Foucauld : « Charles de Foucauld, peut-être comme peu d’autres, a deviné la portée de la spiritualité qui émane de Nazareth. »
« Repartons de Nazareth pour un Synode qui, plus que parler de la famille, sache se mettre à son école, dans la disponibilité à en reconnaître toujours la dignité, la consistance et la valeur, malgré les nombreuses peines et contradictions qui peuvent la marquer. »
Il avertit : « Si nous ne savons pas unir la compassion à la justice, nous finissons par être inutilement sévères et profondément injustes. »
Texte officiel dans la traduction du Vatican.
Homélie du pape François
Chères familles, bonsoir !
À quoi bon allumer une petite bougie dans l’obscurité qui nous entoure ? N’aurait-on pas besoin de tout autre chose pour dissiper l’obscurité ? Mais peut-on vaincre les ténèbres ? À certaines époques de la vie – cette vie même pleine de ressources merveilleuses – de semblables interrogations s’imposent avec force.
Face aux exigences de l’existence, la tentation amène à se retirer, à déserter et à se fermer, peut-être au nom de la prudence et du réalisme, en fuyant ainsi la responsabilité de faire sa part jusqu’au bout.
Rappelez-vous l’expérience d’Elie ? Le calcul humain suscite chez le prophète la peur qui le pousse à chercher refuge. « Devant cette menace, Elie se hâta de partir pour sauver sa vie […] Il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu. Là, il entra dans une caverne et y passa la nuit. Et voici que la parole du Seigneur lui fut adressée. Il lui dit : “Que fais-tu là, Elie ?”» (1 R 19, 3.8-9).
Puis sur l’Horeb, il trouvera la réponse non dans le vent impétueux qui brise les rochers, ni dans le tremblement de terre et pas même dans le feu. La grâce de Dieu n’élève pas la voix ; c’est un murmure, qui rejoint tous ceux qui sont disposés à en écouter la brise légère : il les exhorte à sortir, à retourner dans le monde, témoins de l’amour de Dieu pour l’homme, pour que le monde croie…
Avec ce souffle, il y a presque une année, sur cette même Place, nous avons invoqué l’Esprit Saint, demandant que – en se mettant au thème de la famille – les Pères Synodaux sachent écouter et se confronter en gardant leur regard fixé sur Jésus, Parole ultime du Père et critère d’interprétation de tout. Ce soir, notre prière ne peut être une autre prière. Parce que, comme le rappelait le patriarche Athénagoras, sans l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Église devient une simple organisation, l’autorité se transforme en domination, la mission en propagande, le culte en évocation, l’agir des chrétiens en une morale d’esclaves.
Prions donc, pour que le Synode qui s’ouvre demain sache ramener l’expérience conjugale et familiale à une image accomplie de l’homme; qu’il reconnaisse, valorise et propose tout ce qu’il y a en elle de beau, de bon et de saint ; qu’il embrasse les situations de vulnérabilité qui la mettent à l’épreuve : la pauvreté, la guerre, la maladie, le deuil, les relations blessées et défaites d’où surgissent malaises, ressentiments et ruptures ; qu’il rappelle à ces familles, comme à toutes les familles, que l’Évangile demeure une “Bonne Nouvelle” d’où repartir. Que du trésor de la tradition vivante, les Pères sachent tirer des paroles de consolation et des orientations d’espérance pour des familles appelées à construire en ce temps l’avenir de la communauté ecclésiale et de la cité de l’homme.
* * *
Chaque famille, en effet, est toujours une lumière, bien que faible, dans l’obscurité du monde. L’histoire même de Jésus parmi les hommes prend forme dans le sein d’une famille, à l’intérieur de laquelle il restera pendant 30 ans. Une famille comme beaucoup, la sienne, située dans un village perdu de la périphérie de l’Empire.
Charles de Foucauld, peut-être comme peu d’autres, a deviné la portée de la spiritualité qui émane de Nazareth. Ce grand explorateur abandonna en hâte la carrière militaire, fasciné par le mystère de la Sainte Famille, de la relation quotidienne de Jésus avec ses parents et ses proches, du travail silencieux, de la prière humble. Regardant la Famille de Nazareth, frère Charles discerna la stérilité du désir de richesse et de pouvoir ; il se fit tout à tous par l’apostolat de la bonté ; attiré par la vie érémitique, il comprit qu’on ne grandit pas dans l’amour de Dieu en évitant la servitude des relations humaines. Parce que c’est en aimant les autres qu’on apprend à aimer Dieu ; c’est en se penchant vers son prochain qu’on s’élève jusqu’à Dieu.
À travers la proximité fraternelle et solidaire avec les plus pauvres et les plus abandonnés, il comprit que, finalement, ce sont eux qui nous évangélisent, en nous aidant à grandir en humanité. Pour comprendre aujourd’hui la famille, entrons nous aussi – comme Charles de Foucauld – dans le mystère de la Famille de Nazareth, dans sa vie cachée, ordinaire et commune, comme celle du plus grand nombre de nos familles, avec leurs peines et leurs joies simples ; vie tissée de patience sereine dans les contrariétés, de respect pour la condition de chacun, de cette humilité qui libère et fleurit dans le service ; vie de fraternité qui surgit du fait de se sentir partie d’un unique corps.
La famille est le lieu d’une sainteté évangélique, réalisée dans les conditions les plus ordinaires. Il s’y respire la mémoire des générations et s’y enfoncent des racines qui permettent d’aller loin. C’est le lieu du discernement, où on s’éduque à reconnaître le dessein de Dieu sur sa propre vie et à l’embrasser avec confiance. C’est un lieu de gratuité, de présence discrète, fraternelle et solidaire, qui apprend à sortir de soi-même pour accueillir l’autre, pour pardonner et être pardonnés.
* * *
Repartons de Nazareth pour un Synode qui, plus que parler de la famille, sache se mettre à son école, dans la disponibilité à en reconnaître toujours la dignité, la consistance et la valeur, malgré les nombreuses peines et contradictions qui peuvent la marquer.
Dans la “ Galilée des nations” de notre temps, nous retrouverons l’épaisseur d’une Église qui est mère, capable d’engendrer à la vie et attentive à donner continuellement la vie, à accompagner avec dévouement, tendresse et force morale. Parce que si nous ne savons pas unir la compassion à la justice, nous finissons par être inutilement sévères et profondément injustes. Une Église qui est famille sait se situer avec la proximité et l’amour d’un père qui vit la responsabilité du gardien, qui protège sans se substituer, qui corrige sans humilier, qui éduque par l’exemple et la patience. Parfois simplement, par le silence d’une attente priante et ouverte.
Surtout, une Église d’enfants qui se reconnaissent frères, qui n’arrive jamais à considérer quelqu’un uniquement comme un poids, un problème, un coût, une préoccupation ou un risque : l’autre est essentiellement un don, qui reste tel même quand il parcourt des chemins différents. C’est une maison ouverte, l’Église, loin des grandeurs extérieures, accueillante dans le style sobre de ses membres et, à cause de cela, accessible à l’espérance de paix qui est présente en chaque homme, y compris en tous ceux qui – éprouvés par la vie – ont le cœur blessé et souffrant. Cette Église peut vraiment éclairer la nuit de l’homme, lui montrer avec crédibilité le but et en partager les pas, justement parce que, la première, elle vit l’expérience d’être sans cesse régénérée dans le cœur miséricordieux du Père. [Texte original: Français]
© Librairie éditrice du Vatican

Le rêve de Dieu pour sa créature bien-aimée, homélie
Messe d’ouverture du synode des évêques
Pape François
Rome, 4 octobre 2015 (ZENIT.org)
« Voilà le rêve de Dieu pour sa créature bien-aimée : la voir se réaliser dans l’union d’amour entre l’homme et la femme ; heureuse sur le chemin commun, féconde dans le don réciproque », explique le pape François lors de la messe d’ouverture du second synode des évêques sur la famille, ce dimanche 4 octobre à Saint-Pierre.
« Dieu bénit l’amour humain, c’est lui qui unit les cœurs de deux personnes qui s’aiment et qui les unit dans l’unité et l’indissolubilité. Cela signifie que le but de la vie conjugale n’est pas seulement de vivre ensemble pour toujours, mais de s’aimer pour toujours ! »
« C’est seulement à la lumière de la folie de la gratuité de l’amour pascal de Jésus que la folie de la gratuité d’un amour conjugal unique et jusqu’à la mort apparaîtra compréhensible. »
« Pour Dieu, le mariage n’est pas une utopie propre à l’adolescence, mais un rêve sans lequel sa créature sera destinée à la solitude ! »
« Paradoxalement aussi, l’homme d’aujourd’hui – qui ridiculise souvent ce dessein – reste attiré et fasciné par tout amour authentique, par tout amour solide, par tout amour fécond, par tout amour fidèle et perpétuel. »
« Dans ce contexte social et matrimonial très difficile, l’Église est appelée à vivre sa mission dans la fidélité, dans la vérité et dans la charité. »
Texte officiel en français de l’homélie.
Homélie du pape François
« Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection » (1Jn 4, 12).
Les lectures bibliques de ce dimanche semblent choisies spécialement pour l’événement de grâce que l’Eglise est en train de vivre, c'est-à-dire l’Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques sur le thème de la famille, qui est inauguré par cette célébration eucharistique.
Elles sont centrées sur trois thèmes : le drame de la solitude, l’amour entre l’homme et la femme, et la famille.
La solitude
Adam, comme nous l’avons lu dans la première lecture, vivait dans le Paradis, il donnait leur nom aux autres créatures, exerçant une maîtrise qui montrait son indiscutable et incomparable supériorité ; mais, malgré cela, il se sentait seul parce qu’ « il ne trouva aucune aide qui lui corresponde » (Gn 2, 20), et il faisait l’expérience de la solitude.
La solitude, le drame qui, encore aujourd’hui, afflige tant d’hommes et de femmes. Je pense aux personnes âgées, abandonnées même de leurs êtres chers et de leurs propres enfants ; aux veufs et aux veuves ; à tant d’hommes et de femmes laissés par leur épouse ou par leur mari ; à tant de personnes qui, de fait, se sentent seules, incomprises, pas écoutées ; aux migrants et aux réfugiés qui fuient les guerres et les persécutions ; et à tant de jeunes victimes de la culture de la consommation, de l’utilise et jette, et de la culture du déchet.
Aujourd’hui se vit le paradoxe d’un monde globalisé, où nous voyons beaucoup d’habitations luxueuses et de gratte ciels, mais de moins en moins de chaleur de la maison et de la famille ; beaucoup de projets ambitieux, mais peu de temps pour vivre ce qui a été réalisé ; beaucoup de moyens sophistiqués de divertissement, mais de plus en plus un vide profond dans le cœur ; beaucoup de plaisirs, mais peu d’amour ; beaucoup de liberté mais peu d’autonomie… Les personnes qui se sentent seules sont de plus en plus nombreuses, mais aussi celles qui se renferment dans l’égoïsme, dans la mélancolie, dans la violence destructrice et dans l’esclavage du plaisir et du dieu argent.
Nous vivons aujourd’hui, dans un certain sens, la même expérience qu’Adam : beaucoup de puissance, accompagnée de beaucoup de solitude et de vulnérabilité ; et la famille en est l’icône. De moins en moins de sérieux pour faire progresser un rapport d’amour solide et fécond : dans la santé comme dans la maladie, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. L’amour durable, fidèle, consciencieux, stable, fécond est de plus en plus moqué et regardé comme s’il était une affaire de l’antiquité. Il semblerait que les sociétés les plus avancées soient justement celles qui ont le taux le plus bas de natalité et le taux le plus élevé d’avortements, de divorces, de suicides et de pollution environnementale et sociale.
L’amour entre l’homme et la femme
Nous lisons encore dans la première lecture que le cœur de Dieu est resté comme douloureux devant la vision de la solitude d’Adam, et il a dit : « il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra » (Gn 2, 18). Ces paroles montrent que rien ne rend heureux le cœur de l’homme qu’un cœur qui lui ressemble, qui lui corresponde, qui l’aime et qui le tire de la solitude et du sentiment d’être seul. Elles montrent aussi que Dieu n’a pas créé l’être humain pour vivre dans la tristesse ni pour rester seul, mais pour le bonheur, pour partager son chemin avec une autre personne qui lui soit complémentaire, pour vivre l’étonnante expérience de l’amour, c'est-à-dire aimer et être aimé, et pour voir la fécondité de son amour dans les enfants, comme le dit le Psaume de ce jour (cf. Ps 128).
Voilà le rêve de Dieu pour sa créature bien-aimée : la voir se réaliser dans l’union d’amour entre l’homme et la femme ; heureuse sur le chemin commun, féconde dans le don réciproque. C’est le même dessein que Jésus, dans l’Évangile de ce jour, résume par ces paroles : « Au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux mais une seule chair » (Mc 10, 6-8) ; (cf. Gn 1, 27 ; 2, 24).
Jésus, face à la demande rhétorique qui lui est faite – probablement comme un piège, pour le faire devenir tout à coup antipathique à la foule qui le suivait et qui pratiquait le divorce comme réalité enracinée et intangible –, répond de manière franche et inattendue : il fait tout remonter à l’origine de la création, pour nous apprendre que Dieu bénit l’amour humain, que c’est lui qui unit les cœurs de deux personnes qui s’aiment et qui les unit dans l’unité et l’indissolubilité. Cela signifie que le but de la vie conjugale n’est pas seulement de vivre ensemble pour toujours, mais de s’aimer pour toujours !
Jésus rétablit ainsi l’ordre qui était à l’origine et qui est origine.
La famille
« Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mc 10,9). C’est une exhortation aux croyants à dépasser toute forme d’individualisme et de légalisme, qui cache un égoïsme mesquin et une peur de rallier la signification authentique du couple et de la sexualité humaine selon le projet de Dieu.
En effet, c’est seulement à la lumière de la folie de la gratuité de l’amour pascal de Jésus que la folie de la gratuité d’un amour conjugal unique et jusqu’à la mort apparaîtra compréhensible.
Pour Dieu, le mariage n’est pas une utopie propre à l’adolescence, mais un rêve sans lequel sa créature sera destinée à la solitude ! En effet, la peur d’adhérer ce projet paralyse le cœur humain.
Paradoxalement aussi, l’homme d’aujourd’hui – qui ridiculise souvent ce dessein – reste attiré et fasciné par tout amour authentique, par tout amour solide, par tout amour fécond, par tout amour fidèle et perpétuel. Nous le voyons suivre les amours temporaires, mais il rêve de l’amour authentique ; il court derrière les plaisirs de la chair, mais il désire la donation totale.
En effet, « maintenant que nous avons pleinement savouré les promesses de la liberté sans limite, nous commençons à comprendre de nouveau l’expression ‘’ tristesse de ce monde’’. Les plaisirs interdits ont perdu leur attrait dès qu’ils ont cessé d’être interdits. Même s’ils sont poussés à l’extrême et s’ils sont renouvelés indéfiniment, ils restent insipides parce qu’ils sont des choses finies, et nous, au contraire, nous avons soif d’infini » (Joseph Ratzinger, Auf Christus schauen. Einübung in Glaube, Hoffnung, Liebe, Freiburg 1989, p. 73).
Dans ce contexte social et matrimonial très difficile, l’Église est appelée à vivre sa mission dans la fidélité, dans la vérité et dans la charité.
Vivre sa mission dans la fidélité à son Maître comme une voix qui crie dans le désert, pour défendre l’amour fidèle, et encourager les très nombreuses familles qui vivent leur mariage comme un espace où se manifeste l’amour divin ; pour défendre la sacralité de la vie, de toute vie ; pour défendre l’unité et l’indissolubilité du lien conjugal comme signe de la grâce de Dieu et de la capacité de l’homme d’aimer sérieusement.
Vivre sa mission dans la vérité, qui ne change pas selon les modes passagères et les opinions dominantes. La vérité qui protège l’homme et l’humanité des tentations de l’autoréférentialité et de la  transformation de l’amour fécond en égoïsme stérile, l’union fidèle en liens passagers. « Dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme. L’amour devient une coque vide susceptible d’être arbitrairement rempli. C’est le risque mortifère qu’affronte l’amour dans une culture sans vérité » (Benoît XVI, Enc. Caritas in veritate, n. 3).
Vivre sa mission dans la charité, qui ne pointe pas du doigt pour juger les autres, mais – fidèle à sa nature de mère – se sent le devoir de chercher et de soigner les couples blessés avec l’huile de l’accueil et de la miséricorde ; d’être ‘’hôpital de campagne’’ aux portes ouvertes pour accueillir quiconque frappe pour demander aide et soutien ; de sortir de son propre enclos vers les autres avec un amour vrai, pour marcher avec l’humanité blessée, pour l’inclure et la conduire à la source du salut.
Une Église qui enseigne et défend les valeurs fondamentales, sans oublier que « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 27) ; et que Jésus a dit aussi : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » (Mc 2, 17). Une Église qui éduque à l’amour authentique, capable de tirer de la solitude, sans oublier sa mission de bon samaritain de l’humanité blessée.
Je me souviens de Saint Jean Paul II quand il disait : « L’erreur et le mal doivent toujours être condamnés et combattus ; mais l’homme qui tombe ou se trompe doit être compris et aimé […] Nous devons aimer notre temps et aider l’homme de notre temps » (Discours à l’Action Catholique Italienne, 30 décembre 1978 : Insegnamenti I [1978], 450). Et l’Église doit le chercher, l’accueillir et l’accompagner, parce qu’une Église aux portes closes se trahit elle-même et trahit sa mission, et au lieu d’être un pont devient une barrière : « Celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés, doivent tous avoir la même origine ; pour cette raison, Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères » (He 2, 11).
Dans cet esprit demandons au Seigneur de nous accompagner dans le Synode et de guider son Église, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et de Saint Joseph, son très chaste époux.
 [Texte original: Français]
Copyright - Libairie éditrice du Vatican

Courage apostolique, humilité évangélique, et oraison confiante
Le pape explique ce qu'est un synode
Pape François
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
"Courage apostolique", "humilité évangélique", et "oraison confiante" : ce sont les trois principales recommandations du pape François aux membres de ce second synode sur la famille. Il a expliqué ce qu'était un synode pour l'Eglise catholique.
Le pape François s'est adressé aux Pères synodaux lors de la première assemblée – "congrégation" – générale de ce lundi matin, 5 octobre 2015, en la nouvelle salle du synode au Vatican.
"Le synode est, en outre, un espace protégé où l’Église fait l’expérience de l’action de l’Esprit-Saint", a rappelé le pape qui avertit: " Sans nous laisser guider par l’Esprit, toutes nos décisions ne seront que des « décorations » qui, au lieu d’exalter l’Évangile, le recouvrent et le cachent."
Il a précisé aussi ce que n'était pas un synode: "Je voudrais rappeler que le synode n’est pas un congrès ni un « parloir », ce n’est pas un parlement ni un sénat, où l’on se met d’accord. En revanche, le synode est une expression ecclésiale, c’est-à-dire l’Église qui chemine ensemble pour lire la réalité avec les yeux de la foi et avec le cœur de Dieu ; c’est l’Église qui s’interroge sur sa fidélité au dépôt de la foi qui, pour elle, ne représente pas un musée à regarder et encore moins à sauvegarder, mais qui est une source vive à laquelle l’Église se désaltère pour désaltérer et éclairer le dépôt de la vie."
Voici notre traduction intégrale de cette allocution prononcée par le pape en italien.
A.B.
Allocution du pape François
Chères Béatitudes, Éminences, Excellences, frères et sœurs,
L’Église reprend aujourd’hui le dialogue initié avec la convocation du Synode extraordinaire sur la famille – et certainement aussi bien avant – pour évaluer et réfléchir ensemble sur le texte de l’Instrumentum laboris, élaboré à partir de la Relatio Synodi et des réponses des Conférences épiscopales et des organismes ayants droit.
Comme nous le savons, le synode est un "chemin ensemble" dans un esprit de collégialité et de synodalité, adoptant courageusement la parrhèsia, le zèle pastoral et doctrinal, la sagesse, la franchise, et mettant toujours devant nos yeux le bien de l’Église, des familles et la loi suprême, le salut des âmes (cf. Can. 1752).
Je voudrais rappeler que le synode n’est pas un congrès ni un « parloir », ce n’est pas un parlement ni un sénat, où l’on se met d’accord. En revanche, le synode est une expression ecclésiale, c’est-à-dire l’Église qui chemine ensemble pour lire la réalité avec les yeux de la foi et avec le cœur de Dieu ; c’est l’Église qui s’interroge sur sa fidélité au dépôt de la foi qui, pour elle, ne représente pas un musée à regarder et encore moins à sauvegarder, mais qui est une source vive à laquelle l’Église se désaltère pour désaltérer et éclairer le dépôt de la vie.
Le synode se déroule nécessairement au sein de l’Église et à l’intérieur du saint peuple de Dieu, dont nous faisons partie en qualité de pasteurs, c’est-à-dire de serviteurs.
Le synode est, en outre, un espace protégé où l’Église fait l’expérience de l’action de l’Esprit-Saint. Dans le synode, l’Esprit parle à travers la langue de toutes les personnes qui se laissent guider par le Dieu qui surprend toujours, le Dieu qui révèle aux petits ce qu’il cache aux savants et aux intelligents, le Dieu qui a créé la loi et le sabbat pour l’homme et non le contraire, le Dieu qui laisse les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour chercher l’unique brebis perdue, le Dieu qui est toujours plus grand que nos logiques et nos calculs.
Mais rappelons que le synode ne pourra être un espace pour l’action de l’Esprit-Saint que si nous, les participants, nous nous revêtons de courage apostolique, d’humilité évangélique et d’oraison confiante.
Le courage apostolique ne se laisse pas effrayer devant les séductions du monde, qui tendent à éteindre dans le cœur des hommes la lumière de la vérité en la remplaçant par des petites lumières temporaires, et encore moins devant l’endurcissement de certains cœurs qui – malgré leurs bonnes intentions – éloignent les personnes de Dieu. « Le courage apostolique de donner la vie et non de faire de notre vie chrétienne un musée de souvenirs » (Homélie à Sainte-Marthe, le 28 avril 2015).
L’humilité évangélique, qui sait se vider de ses propres conventions et préjugés pour écouter ses frères évêques et se remplir de Dieu. Humilité qui conduit à ne pas montrer du doigt les autres pour les juger, mais à leur tendre la main pour les relever sans jamais se sentir supérieur à eux.
L’oraison confiante est l’action du cœur quand il s’ouvre à Dieu, quand il fait taire toutes ses humeurs pour écouter la voix suave de Dieu qui parle dans le silence. Sans écouter Dieu, toutes nos paroles ne seront que des « paroles » qui ne rassasieront pas et ne serviront pas. Sans nous laisser guider par l’Esprit, toutes nos décisions ne seront que des « décorations » qui, au lieu d’exalter l’Évangile, le recouvrent et le cachent.
Chers frères,
Comme je l’ai dit, le synode n’est pas un parlement où, pour parvenir à un consensus ou un accord commun, il faut des négociations, des arrangements ou des compromis, mais la seule méthode du synode est de s’ouvrir à l’Esprit-Saint, avec courage apostolique, humilité évangélique et oraison confiante ; afin que ce soit lui qui nous guide, nous éclaire et nous mette devant les yeux non pas nos avis personnels, mais la foi en Dieu, la fidélité au magistère, le bien de l’Église et le salut des âmes.
 Je voudrais enfin remercier de tout cœur Son Éminence le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode ; Son Excellence Mgr Fabio Fabene, sous-secrétaire ; le rapporteur, Son Éminence le cardinal Péter Erdő et le secrétaire spécial, Son Excellence Mgr Bruno Forte, les présidents délégués, les rédacteurs, les consulteurs, les traducteurs et tous ceux qui ont travaillé avec une véritable fidélité et un dévouement total envers l’Église ; merci de tout cœur !
Je vous remercie également vous tous, chers Pères synodaux, délégués fraternels, auditeurs, auditrices et assesseurs pour votre participation active et fructueuse.
Je désire adresser un remerciement particulier aux journalistes présents en ce moment et à ceux qui nous suivent de loin. Merci pour votre participation passionnée et pour votre admirable attention.
Commençons notre chemin en invoquant l’aide de l’Esprit-Saint et l’intercession de la Sainte Famille : Jésus, Marie et saint Joseph. Merci !
© Traduction de Zenit, Constance Roques

"Mieux mettre en œuvre les chemins de la miséricorde"
Le card. Vingt-Trois introduit les travaux du synode
Cardinal André Vingt-Trois
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
« Mieux mettre en œuvre les chemins de la miséricorde », ce sera la tâche du synode, explique le cardinal Vingt-Trois.
En tant que « président délégué » – le président étant le pape François – nommé en premier, le cardinal André Vingt-Trois a introduit les travaux du synode, ce lundi matin, 5 octobre, dans la nouvelle salle du synode du Vatican.
« Sans mettre en doute la tradition sacramentelle de notre Église ni sa doctrine sur l’indissolubilité du mariage, vous nous invitez à partager nos expériences pastorales et à mieux mettre en œuvre les chemins de la miséricorde par lesquels le Seigneur invite tous ceux qui le souhaitent et qui le peuvent à entrer dans une démarche de conversion en vue du pardon » : explique le cardinal Vingt-Trois.
Il avertit sur ce qu’est un synode, libre de toute pression médiatique : « Pour chacun d’entre nous, ces trois semaines de travail intense seront une expérience d’Église importante : chercher avec conviction et humilité à faire grandir la communion. Malgré nos différences, nous ne voulons pas vivre ce temps comme une épreuve de force dont les micros et les caméras seraient les arbitres. »
Ce sera aussi un chemin de conversion collégiale : « Nous voulons le vivre comme un temps de conversion commune dans la force de la communion dont vous êtes, Très Saint-Père, le gardien et le serviteur. »
Voici le texte intégral de cette allocution prononcée en français.
A.B.
Allocution du cardinal Vingt-Trois
Très Saint-Père,
J’ai l’honneur et la joie de vous adresser les salutations respectueuses et cordiales de tous les participants à cette session ordinaire du synode des évêques. Ce sont les évêques, les auditeurs, les experts et tous les participants qui vous expriment par ma voix leur intention et leur résolution de travailler sous votre conduite pour que l’Église soit toujours plus fidèle à sa mission pastorale.
Votre décision de tenir deux sessions du synode des évêques sur la mission de la famille dans le monde contemporain a porté ses fruits. Nous en avons été les témoins. Nos Eglises particulières se sont efforcées d’apporter leur contribution au travail commun en répondant au questionnaire qui devait alimenter l’Instrumentum Laboris.
Notre synode est porté par l’Église. Le Motu Proprio Mitis Iudex Dominus Iesus par lequel vous avez réformé les procédures concernant les procès canoniques sur la validité sacramentelle des mariages donne une indication précieuse sur l’esprit dans lequel nous abordons cette phase du travail.
Sans mettre en doute la tradition sacramentelle de notre Église ni sa doctrine sur l’indissolubilité du mariage, vous nous invitez à partager nos expériences pastorales et à mieux mettre en œuvre les chemins de la miséricorde par lesquels le Seigneur invite tous ceux qui le souhaitent et qui le peuvent à entrer dans une démarche de conversion en vue du pardon.
L’Année de la miséricorde que vous avez promulguée pour toute l’Église est déjà sans aucun doute un signe d’espérance pour ceux qui sont accablés par la vie et qui aspirent à connaître une véritable libération. Déjà nos diocèses se réjouissent d’être renouvelés dans leur mission d’annoncer la Bonne Nouvelle : Jésus est venu appeler et sauver les pécheurs et il a été jusqu’à l’extrême de l’amour pour que les chemins de la grâce soient ouverts à tous ceux qui se tournent vers lui et qui s’avancent humblement vers les conditions d’une vie nouvelle.
Pour chacun d’entre nous, ces trois semaines de travail intense seront une expérience d’Église importante : chercher avec conviction et humilité à faire grandir la communion. Malgré nos différences, nous ne voulons pas vivre ce temps comme une épreuve de force dont les micros et les caméras seraient les arbitres.
Nous voulons le vivre comme un temps de conversion commune dans la force de la communion dont vous êtes, Très Saint-Père, le gardien et le serviteur.
Par l’intercession de la Sainte Famille, nous prions l’Esprit du Seigneur de nous éclairer et de nous donner la force de désirer ce qui plaît à Dieu.
Texte original en français

La triple ouverture du synode, par le card. Vingt-Trois
Et la grande liberté du pape François
Anita Bourdin
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
Le synode est pour les évêques un moment pour être « ouvert » à la fois à Dieu dans la prière, les uns aux autres, dans le dialogue, et à la réalité des familles, explique le cardinal Vingt-Trois, en expliquant cette « instruction » donnée par le pape au synode. Il souligne combien celui-ci est "libre" par rapport aux pressions.
Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, président délégué du synode, est en effet intervenu lors de la première conférence de presse du synode, ce lundi 5 octobre à 13h, en la salle de presse du Saint-Siège.
La prière, le dialogue et la réalité
Il confie aussi la « première impression très forte » qui l'a « habité » ce matin « a été de percevoir de façon exceptionnelle la grande diversité des participants, diversité de continents, diversité d’Eglises – puisqu’il y a des représentants des Eglises orientales et de l’Eglise latine –, diversité d’âges, diversité d’expérience, et tout cet ensemble dont il peut paraître improbable qu’il arrive à se mettre d’accord sur quelque chose, est rassemblé autour du pape avec comme instruction – celle qu’il avait donnée déjà au cours du synode de 2014 et qu’il a redonnée aujourd’hui – l’instruction que nous abordions ce temps d'une façon ouverte : c'est-à-dire que nous soyons ouverts à Dieu qui veut nous conduire – c’est ce que nous faisons par la prière, par la méditation de la parole de Dieu –, l’ouverture les uns aux autres – c’est le style du dialogue que nous allons essayer de vivre –, l’ouverture à la réalité de ce que vivent les familles et que nous percevons, que nous avons perçue, et sur quoi nous travaillons à partir des comptes rendus que nous avons rassemblés au cours de l’année écoulée. »
Pour le cardinal Vingt-Trois, « les événements » « vécus depuis samedi sont une bonne introduction significative du synode et de son contenu » : veillée de prière samedi, messe de dimanche, première assemblée de ce lundi.
Le synode est en effet « un temps où l'Eglise est en prière », souligne l’archevêque français.
Il ajoute : le synode est « un temps où l'Eglise est réunie comme nous l'avons vécu ce matin autour du pape » et enfin, « un temps où l'on avance ensemble où l'on marche ensemble ».
« Ces trois moments de la prière, du rassemblement et de la mise en route sont une sorte de portail qui donne à penser ce que vont être ces trois semaines du synode », résume le cardinal Vingt-Trois.
La présence de l’Afrique
A propos du déséquilibre de la représentation des questions africaines, le cardinal Vingt-Trois répond : « Comme vous avez pu le constater par notre expérience très courte de ce midi, ce n’est pas nous qui avons choisi le terrain, c’est vous. Ce n’est pas nous qui avons orienté la discussion et les questions, c’est vous. Et donc cela veut dire que probablement il y a dans cette salle plus de journalistes occidentaux que de journalistes africains et qui représentent moins de populations que n'en représenterait un journaliste africain. Mais, c’est comme cela, nous sommes dans un système économique qui est tel que c’est plus facile d’avoir un réseau de presse en pays développé que dans un pays en voie de développement. »
Il encourage la prise de parole des pères africains : « Nous avons eu au cours de la précédente session du synode quelques interventions de pères africains qui ont dit exactement ce que vous dites. Et je sais, pour avoir interrogé l’un ou l’autre, qu’ils ont préparé très sérieusement la session dans laquelle nous entrons. J’espère – en tout cas je les ai encouragés – j’espère qu’ils auront la force de dire ce qu’ils ont préparé. Car il ne suffit pas qu’ils aient bien travaillé, il faut encore qu’ils puissent partager leur travail. Tout à l’heure, une d’entre vous a évoqué la vision nucléaire de la famille occidentale : c’est une vision partielle et limitée dans l’univers. Il y a, parmi les Pères du synode, un certain nombre d’entre nous qui sont témoins d’une autre expérience familiale. Et il faut que ces témoignages puissent apparaître. »
Des forces de désagrégation
Mais le cardinal fait observer que, quelles que soient les causes, les effets de la « désagrégation de la famille » se font ressentir partout : « Maintenant, quand on a dit tout cela, il faut encourager le cardinal Erdö, c’est-à-dire prendre conscience que les bouleversements auxquels notre société est confrontée, ne sont pas simplement des bouleversements "occidentaux". Je veux dire que les événements ou les causes qui mettent en branle des millions d’Africains dans des migrations intra-africaines ne viennent pas de la conception occidentale de la famille. Ce sont des réalités qui débordent notre limite culturelle et qui ont aussi des conséquences sur les familles africaines. Comme aussi la grande migration de jeunes Africains vers les grandes métropoles africaines brise quelque chose de l’expérience familiale africaine. Donc ces bouleversements socio-économiques ne sont pas simplement des bouleversements occidentaux : ce sont des bouleversements culturels beaucoup plus larges et je pense qu’il faut que nous soyons conscients que même si l’on part d’expériences différentes, les expériences familiales différentes sont soumises à des forces de désagrégation qui ne sont pas les mêmes mais ont les mêmes effets. Et donc, c’est un aspect important : il faut que nous l’ayons à l’esprit. »
L'air du temps et les signes des temps
A propos de la pression des media : « Nous l'avons ressentie l'année dernière très fortement et tout au long de l'année. Le travail que nous avons essayé de faire était largement coloré (...) ou infiltré (...) par des questions qui n'étaient pas forcément les plus préoccupantes pour nos participants, mais qui étaient des questions de l'air du temps ».
ll a invité à faire la différence entre « l'air du temps » et les « signes des temps » : « Les signes des temps c'est un acte de discernement et d'interprétation sur les événements à la lumière de l'Ecriture. L'air du temps c'est la pression que l'on peut faire monter ou faire baisser en fonction de la manière d'exprimer les choses. »
Ce que le card. Kasper a actualisé
Il a souligné la grande liberté du pape François et la sienne : « Personnellement (...), je ne pense pas que le pape soit complètement soumis à l'air du temps, je pense même qu'il est complètement libre. Personnellement, j'ai 73 ans: dans deux ans, je serai retiré de ma charge. Je n'ai vraiment rien à perdre. Et donc je n'ai aucune crainte à ne pas être en symphonie avec l'air du temps et je reste très libre devant ce que j'entends. »
Il précise aussi à propos de l'enseignement de l'Eglise sur le mariage : « Si vous êtes venus à Rome avec l'idée que vous alliez repartir avec un changement spectaculaire de la doctrine de l'Eglise, vous allez être déçus. Il n'y avait pas besoin de rassembler un synode pour affirmer cela, il suffisait d'écouter le pape François semaine après semaine au cours de ses audiences du mercredi pendant toute l'année écoulée. Deuxièmement, si vous avez pu imaginer un instant que la théorie que le cardinal Kasper a élaborée il y a vingt ans, sur les bords du Rhin, et qu'il nous a actualisée l'année dernière, consisterait à ouvrir, indifféremment, l'accès à la communion sans qu'il y ait de démarche et de décision personnelle vous vous trompez. Et donc il n'est pas question d'imaginer et d'attendre que le synode recommande au pape de prendre une disposition générale qui éviterait d'affronter la question de la liberté individuelle des personnes. S'il y a un chemin à ouvrir, c'est un chemin qui suppose un engagement personnel et donc une liberté personnelle. Je pense qu'il faut que nous soyons clairs avec vous pour éviter que vous ne reposiez demain la même question qu'aujourd'hui, pour avoir la même réponse. Merci. »
Mise au point sur un « coming out »
« Si nos expériences ne sont pas pertinentes, on ne peut pas évoquer l’expérience du sous-secrétaire de la commission pour la Congrégation pour la doctrine de la foi. Si vous l’évoquez, c’est donc qu’il a une expérience pertinente.  Et donc que nous avons, tous, vous comme nous, nous sommes tous membres d’une famille, nous sommes nés de quelqu’un, nous vivons dans un tissu de solidarité naturelle avec des hommes et des femmes qui sont nos parents, nos frères et sœurs, nos neveux, nos petits-neveux et nos petits-cousins.
Que nous soyons célibataires, c’est une chose qui arrive à une proportion fort importante de nos contemporains qui ne sont pas exclus de leurs familles parce qu’ils sont célibataires. Ils continuent d’être membres d’une famille. Donc je veux dire qu’il y a une différence notable entre le statut d’appartenir à une famille et d’en avoir une certaine expérience, de vivre sa sexualité d’une façon particulière, soit dans l’engagement matrimonial soit dans l’engagement du célibat et de la chasteté, mais c’est la même sexualité. Elle n’est pas vécue de la même façon. Cela veut dire qu’il y a un ensemble d’éléments constitutifs de l’expérience humaine qui est le même pour tous. Ce qui fait la différence, c’est que nous n’avons pas l’expérience de la vie quotidienne, des contraintes quotidiennes de la vie familiale, du choc des personnes, etc. C’est vrai, mais ce n’est pas parce que l’on n’a pas "cette" expérience qu’on n’a "aucune" expérience. Et ce n’est pas parce que telle ou telle personne de notre noble corps déraille par rapport à la règle, que cela rend inaudible ce que l’on peut dire.
Nous ne sommes pas les porte-parole des individus qui composent le Corps ecclésial. Nous essayons d’être à l’écoute de la Parole de Dieu, de la mettre en pratique comme nous le pouvons avec nos faiblesses et nos pauvretés. Mais ni nos faiblesses ni nos pauvretés ne nous dispensent  de ce que nous devons faire. Pas plus que la faiblesse ou la pauvreté d’un mari vis-à-vis de sa femme et de ses enfants, ou d’une femme vis-à-vis de son mari et de ses enfants ne disqualifient la parentalité et le mariage. Ce n’est pas parce qu’il y a des époux infidèles que l’infidélité est une mauvaise chose.  
Donc, nous essayons d’avancer avec modestie mais avec confiance parce que nous savons que ce que nous portons dépasse nos propres capacités, nos propres forces. »

Synode 2015 : prière, événements, chiffres, méthode et information
Par le cardinal Baldisseri
Anita Bourdin
Rome, 2 octobre 2015 (ZENIT.org)
« La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporain », c’est le thème du second synode des évêques sur la famille (4-25 octobre).
Il a été présenté à la presse par le cardinal Lorenzo Baldisseri, Secrétaire général du synode des évêques, et par le P. Federico Lombardi, ce vendredi matin, 2 octobre, au Vatican.
L’occasion de rappeler la prière du synode, les événements, les chiffres, la méthode, et les voies de l’information.
Prière du synode et avec le synode
Le pape François présidera une veillée de prière pour le synode samedi, 3 octobre, au Vatican, à 17h30, entouré des Pères du synode.
Il présidera la messe d’ouverture du synode, dimanche, 4 octobre, à 10h, et la messe de conclusion du 25, mais aussi la canonisation du 18 octobre : autant d’occasions pour les baptisés d’entourer le synode de leur prière.
Les catholiques sont invités à accompagner par la prière le travail du synode, notamment à Rome, à Sainte-Marie-Majeure, en invoquant la protection de la Vierge Marie « Salut du Peuple romain » (Salus Populi Romani) et des saints époux Martin.
Chaque jour, le chapelet sera prié à 17h et la messe sera célébrée à 18h, avec une intention spéciale chaque semaine : première semaine, pour les enfants, puis pour les parents, et pour les grands-parents.
Les reliques de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, de ses parents et des époux Beltrame Quattrocchi sont exposées dans une chapelle à la disposition des participants, au Vatican, près de la salle du synode.
Chaque matin, les travaux du synode commencent par la prière de l’heure de tierce.
Deux événements dans le synode
Une cérémonie – ouverte à tous – de commémoration de l’institution du synode, en 1965 par Paul VI, pour « prolonger Vatican II », est organisée samedi 17 octobre, de 9h à 12h30 dans la salle Paul VI. Interviendront le cardinal Christoph Schönborn (Autriche), Mgr Vincent Nichols (Grande-Bretagne), Mgr Francisco II Chimoio, archevêque de Maputo (Mozambique), Mgr Ricardo Ezzati Andrello, de Santiago (Chili), le patriarche Sako (Irak), Mgr Soane Patita Paini Mafi, évêque de Tonga.
La canonisation des époux Louis Martin (1823-1894), horloger, et Zélie Guérin (1831-1877), dentellière, parents de Thérèse de Lisieux et de ses quatre soeurs, toutes religieuses (béatifiés à Lisieux le 19 octobre 2008) aura lieu le dimanche 18 octobre, en même temps qu’un prêtre diocésain italien, Vincenzo Grossi (1845-1917) et qu’une religieuse espagnole, María de la Inmaculada Concepción (María Isabel Salvat Romero, 1926-1998).
Interventions du pape François
Le pape François probablement devrait ouvrir les travaux lundi 5 octobre : au moins une salutation. Et en tous cas lors des messes de canonisation du 18 octobre et de conclusion du synode.
Il interviendra s’il le veut à d’autres moments. Pour les publications finales, le pape François décidera et interviendra ou pas.
Président délégué à lancer les travaux, le cardinal André Vingt-Trois (Paris) ouvrira la séance de lundi matin.
Les chiffres du synode
Les Pères synodaux sont 270 : 42 du fait de leur mission (notamment à la Curie romaine), 183 élus par les conférences épiscopales et 45 de nomination papale : 54 d'Afrique, 64 d'Amérique, 36 d'Asie, 107 d'Europe et 9 d'Océanie, dont 74 cardinaux, 6 patriarches, 1 archevêque majeur, 72 archevêques, 102 évêques, 2 curés et 13 religieux.
Les experts et collaborateurs du Secrétariat spécial sont 24, 51 les auditeurs et auditrices (dont 18 conjoints, parents et chefs de famille), 14 les délégués fraternels d’autres confessions chrétiennes.
Questions de méthode
Le synode dure trois semaines, du 4 octobre au 25 octobre : chaque semaine est consacrée au débat sur une section de l’Instrument de travail.
Les participants ayant droit à prendre la parole dans l’assemblée sont au nombre de 318, le temps de parole sera limité à 3 minutes, le nombre des assemblées générales ayant été réduit à 18 en faveur de davantage de travail en groupes : 13 séances.
Mais chacun pourra aussi remettre un texte supplémentaire écrit.
Il y a 4 groupes en anglais, 3 en français, 3 en espagnol, 2 en italien, 1 en allemand.
Mais il n’y aura pas de synthèse appelée « rapport après la discussion ».
L’heure quotidienne de débat libre en assemblée, inaugurée par Benoît XVI est maintenue.
La synthèse finale sera en effet remise au pape François après amendements et approbation, et vote paragraphe par paragraphe le 24 octobre.
Une commission de 10 personnes a été mise en place pour superviser les travaux des trois semaines et assurer le bon déroulement : 3 membres du fait de leur rôle dans l’assemblée (le rapporteur général, le card. Peter Erdö, le secrétaire général et le secrétaire spécial) + 7 membres représentant les 5 continents, plus Nord et Sud-Amérique 2 (42 % population catholique du monde), et 1 religieux.
Information, des nouveautés
Les travaux dans les groupes linguistiques donnera lieu à un rapport qui sera publié trois fois, à la fin de chaque semaine de travail : soit 39 rapports publiés dans leurs langues.
Mais pas les interventions en salle : le pape tient à préserver la liberté des interventions, que l’assemblée reste un « espace protégé pour que les Pères aient la liberté de s'exprimer ».
Chaque Père synodal reste libre de communiquer avec la presse comme il l’entend : une liberté nouvelle par rapport à la méthode classique du synode. Des salles seront disponibles à l’Augustinianum pour les interviews.
La Salle de presse remettra dans les boîtes aux lettres les messages que les journalistes voudront faire parvenir aux Pères synodaux.
Points presse généraux quotidiens à 13h, avec l’intervention prévue de 50 Pères. Puis rencontres par langues dans les salles jouxtant la Salle de presse.
Le site web du Saint-Siège prévoit un blog avec des contributions audio et vidéo de l'organisation du synode et Twitter sur les moments publics.
Prévue aussi la publication de la liste quotidienne des intervenants (environ 70/jour).

Programme du synode, mardi 6 octobre
Première rencontre des groupes linguistiques
Rédaction
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
9h-12h30 - 3e assemblée (“congrégation”)  générale
 
Prière de l’office de Tierce, avec une brève homélie
 
Suite des interventions des pères synodaux
 
 
16h30-19h - 1re session des groupes linguistiques
 
Election des “modérateurs” et des “rapporteurs”

Programme du synode, lundi 5 octobre
Horaire de la première journée
Rédaction
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
9h-12h30 Première assemblée générale
 
Prière liturgique de l'heure de Tierce
 
Salutation du président délégué, le card. André Vingt-Trois
 
Salutation du pape François
 
Rapport du Secrétaire général du synode, le card. Lorenzo Baldisseri
 
Rapport du Rapporteur général, le card. Peter Erdö
 
13h Conférence de presse
Avec le cardinal André Vingt-Trois, le cardinal Peter Erdö, et Mgr Bruno Forte.
 
16h30-19h Deuxième assemblée générale
 
Présentation des thèmes de la première partie de l’Instrument de travail : “L’écoute des défis sur la famille”
 
Témoignage d’un auditeur
 
Intervention des pères synodaux
 
Interventions libres (18h-19h)

Angélus et Regina Caeli


Quelle souffrance les images de tous ces enfants malheureux...
Appel du pape pour l'enfance qui "frappe à nos portes"
Pape François
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
Le pape exprime sa vision de la société dans ses paroles avant l'angélus de ce dimanche 4 octobre 2015.
« Demandons au Seigneur que tous les parents et éducateurs du monde entier, la société tout entière, deviennent des instruments de cet accueil et de cet amour avec lesquels Jésus embrasse les plus petits. Jésus regarde dans leurs cœurs avec la tendresse et la sollicitude à la fois d’un père et d’une mère. Je pense à tous ces enfants affamés, abandonnés, exploités, poussés à la guerre, rejetés. Quelle souffrance les images de tous ces enfants malheureux, le regard perdu, fuyant la pauvreté et les conflits, qui frappent à nos portes et à nos cœurs pour implorer notre aide. Que le Seigneur nous aide à ne pas être une société forteresse, mais une société famille, capable d’accueillir : accueillir avec des règles adéquates, mais accueillir toujours et avec amour ! »
Voici notre traduction intégrale des paroles du pape François prononcées en italien.
A.B.
Paroles du pape François avant l'angélus
Chers frères et sœurs, bonjour !
L’Assemblée générale ordinaire du synode des Évêques est ouverte. Nous venons de célébrer son ouverture par une messe à la basilique Saint-Pierre. Pendant trois semaines, les Père synodaux, provenant du monde entier et réunis autour du Saint-Père, réfléchiront à la vocation et à la mission de la famille dans l’Eglise et dans la société, pour un discernement spirituel et pastoral attentif. Les yeux fixés sur Jésus et, sur la base de son enseignement de vérité et de miséricorde, nous chercherons les chemins qui peuvent aider l’Eglise à mieux travailler avec les familles et pour les familles, afin que le projet originel du Créateur sur l’homme et la femme puisse se réaliser dans toute sa beauté et toute sa force dans le monde d’aujourd’hui.
La liturgie de ce dimanche repropose le texte fondamental de la Genèse sur la complémentarité et la réciprocité entre l’homme et la femme (cf. Gen 2,18-24). A cause de cela – dit la Bible – l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un, c’est-à-dire une seule vie, une seule existence (cf. 24). Dans cette union les époux transmettent la vie à d’autres êtres humains : ils deviennent parents. Ils participent à la puissance créatrice de Dieu. Mais attention ! Dieu est amour, et l’on participe à son œuvre quand on aime avec Lui et comme Lui. C’est la raison pour laquelle – dit saint Paul – cet amour a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné (cf. Rm 5,5). Et cet amour, c’est celui qui est donné aux époux dans le sacrement du mariage, l’amour qui nourrit leurs relations, lorsqu’ils traversent joies et souffrances, lors de durs ou doux moments. C’est l’amour qui donne envie d’avoir des enfants, de les attendre, de les accueillir, de les élever, de les éduquer. Ce même amour que Jésus, dans l’Evangile d’aujourd’hui, manifeste à l’égard des enfants: « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. » (Mc 10,14.)
Aujourd’hui, demandons au Seigneur que tous les parents et éducateurs du monde entier, la société tout entière, deviennent des instruments de cet accueil et de cet amour avec lesquels Jésus embrasse les plus petits. Jésus regarde dans leurs cœurs avec la tendresse et la sollicitude à la fois d’un père et d’une mère. Je pense à tous ces enfants affamés, abandonnés, exploités, poussés à la guerre, rejetés. Quelle souffrance les images de tous ces enfants malheureux, le regard perdu, fuyant la pauvreté et les conflits, qui frappent à nos portes et à nos cœurs pour implorer notre aide. Que le Seigneur nous aide à ne pas être une société forteresse, mais une société famille, capable d’accueillir : accueillir avec des règles adéquates, mais accueillir toujours et avec amour !
Je vous invite à soutenir par la prière les travaux du synode, afin que l’Esprit Saint rende les Pères synodaux pleinement dociles à ses inspirations. Prions l’intercession maternelle de la Vierge Marie, en nous unissant spirituellement à tous ceux qui, en ce moment, au sanctuaire de Pompéi, récitent la « Supplique à  la Reine du Saint-Rosaire ».

 
Après l’angélus
Chers frères et sœurs,
Hier, à Santander, en Espagne, ont été béatifiés le père Pio Heredia et 17 de ses compagnons et compagnes trappistes de l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance et de Saint Bernard, tués pour leur foi pendant la guerre civile espagnole et la persécution religieuse des années Trente du siècle dernier. Louons le Seigneur pour ces courageux témoins et, par leur intercession, supplions-le de libérer le monde du fléau de la guerre.
Je souhaite élever une prière au Seigneur pour les victimes des glissements de terrain qui ont emporté tout un village au Guatemala, et celles des inondations survenues également en France, sur la Côte d’Azur. Soyons proches des populations si durement frappées en leur apportant aussi une aide concrète.
Je vous remercie tous d’être venus si nombreux de Rome, d’Italie et de tant d’autres régions du monde. Je salue les fidèles de l’archidiocèse de Paderborn (Allemagne), ceux de Porto (Portugal), et le groupe du collège Mekhitariste à Rome.
Aujourd’hui, jour de saint François d’Assise, patron de l'Italie, je salue tout particulièrement les pèlerins italiens ! notamment les fidèles de Reggio Calabria, Bollate, Mozzanica, Castano Primo, Nule et Parabita. Je salue les jeunes de Belvedere de Spinello et l’Association des droits du piéton de Rome et du Latium.
Je vous souhaite à tous un bon dimanche. Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir !
©Traduction de Zenit, Océane Le Gall

Pape François


La faim, un "scandale"
La Banque alimentaire italienne au Vatican
Marina Droujinina
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
« Aujourd'hui, la faim a pris les dimensions d'un "scandale" qui menace la vie et la dignité de tant de personnes », déclare le pape François.
Il a prononcé un discours devant les bénévoles et les associations collaborant avec la Banque alimentaire italienne à l’occasion des 25 ans de sa fondation le samedi 3 octobre dans la salle Paul VI.
Le pape François a estimé que la faim dans un monde contemporain, « riche en ressources alimentaires », était non seulement une « injustice », mais « un péché ». « La situation est exacerbée par l'augmentation des flux migratoires, a-t-il souligné. Des milliers de réfugiés ont fui leur pays et ont besoin de tout. »
Le pape a rappelé comment avait réagi le Christ dans le récit célèbre de la multiplication des pains dans l’Évangile de saint Matthieu : « Le Seigneur, quand Il se rend compte que les foules qui sont venues pour l’entendre ont faim, n’ignore pas le problème, ne fait pas un beau discours sur la pauvreté, a dit le pape, mais Il fait un geste qui laisse tout le monde stupéfait : Il prend ce peu que les disciples ont apporté avec eux, Il le bénit et multiplie les pains et les poissons, de sorte que finalement "ils rapportèrent douze paniers pleins des morceaux qui restaient" » (Mt 14,20-21).
En soulignant que « nous ne pouvons pas accomplir un miracle comme Jésus », le pape a invité à faire « quelque chose d’humble qui a aussi force de miracle ». Il a appelé à « reconnaître l'humanité de chaque personne », à « changer quelque chose dans la mentalité des gens » afin que « les murs de l'individualisme et de l'égoïsme » soient « abattus ».
Le pape a aussi demandé de promouvoir « la culture de la rencontre et du partage » en citant comme exemple l’activité de Danilo Fossati et de Don Giussani, fondateurs de la Banque alimentaire italienne. « Votre initiative, qui célèbre son 25e anniversaire, a sa racine dans le cœur de ces deux hommes, a-t-il dit, qui ne sont pas restés indifférents au cri des pauvres. »
« Votre contribution peut sembler une goutte dans l'océan des besoins, a dit le pape aux participants de la rencontre, mais elle est vraiment utile ! » Cette « goutte » « élargit la rivière qui alimente l'espoir de millions de personnes », a souligné le pape.
Il a exhorté les bénévoles de la Banque alimentaire à « ne pas oublier » qu’ils faisaient face à des « gens » et non à des « numéros » et que chacun d’entre eux avait « son fardeau de douleur qui semble parfois impossible à supporter ». « Je vous encourage à être des frères et des amis des pauvres ; à leur faire sentir qu'ils sont importants aux yeux de Dieu », a dit le pape François.
En concluant son allocution, il a suggéré de prier Marie en pensant « à une personne, à deux ou à trois, que nous connaissons, qui ont faim et qui ont besoin du pain quotidien ».

Les pièges et la séduction du démon, homélie
Petit exercice de discernement à l'usage des gendarmes
Pape François
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
Le pape François met en garde contre les « pièges » et la « séduction » du démon dans son homélie de la messe avec les gendarmes du Vatican, le 3 octobre, à l'occasion de la messe du saint patron de la gendarmerie, saint Michel archange : une petite école de discernement des tentations.
« Dans la prière initiale, dans la Collecte, nous demandons la grâce d’être défendus par l’archange Michel contre les "pièges" du démon, du diable. Les "pièges"… voilà la méthode du démon ! C’est un semeur de pièges : c’est sa méthode, semer des pièges. Prions le Seigneur qu’il nous protège contre ces pièges », déclare le pape.
Le pape met en garde aussi contre la « séduction » du malin : « Et Satan a une autre méthode pour faire la guerre, nous l’avons entendu dans la première lecture, en séduisant : c’est un séducteur, il tend des pièges et séduit. Il séduit en charmant, sa fascination est démoniaque et vous conduit à croire à tout. Avec ce charme, il sait vendre et il vend bien, mais à la fin paye mal ! C’est sa méthode. »
Il résume les trois niveaux de l'action du Tentateur : « Le vieux serpent, le démon, a trois méthodes : d’abord, obtenir des choses, dans ce cas le pain, les richesses qui vous conduisent lentement à la corruption, et je ne vous raconte pas d’histoire, de la corruption, il y en a partout ! Beaucoup de gens vendent leur âme pour deux sous, vend son bonheur, vend sa vie, vend tout. Ça c’est le premier niveau : argent, richesse. Puis quand vous en avez, vous vous sentez important, deuxième niveau : la vanité. Ce que disait le diable à Jésus : "Allons au sommet de la terrasse, jette-toi en bas, donne-toi en spectacle !" Vivre de vanité. Et puis le troisième niveau : pouvoir, orgueil, arrogance : "Je te donne tout le pouvoir du monde, tu seras celui qui commande." »
Voici notre traduction intégrale de cette homélie prononcée en italien.
A.B.
Homélie du pape François
La première lecture, prise du livre de l’Apocalypse, commence par une parole forte : « Il y eut un combat dans le ciel. » Puis elle décrit cette guerre : c’est la guerre finale, l’ultime guerre, la guerre de la fin. La guerre entre les anges de Dieu commandés par saint Michel contre Satan, le vieux serpent, le diable. C’est la dernière guerre, puis tout finit et il ne reste plus que la paix éternelle du Seigneur avec tous ses enfants qui lui ont été fidèles. Mais durant toute l’histoire, cette guerre est menée chaque jour, chaque jour: Elle se fait dans le cœur des hommes et des femmes, se fait dans les cœurs des chrétiens et des non-chrétiens… Il y a la guerre entre le bien et le mal où nous devons choisir ce que nous voulons, le bien ou le mal. Mais la méthode de guerre, les méthodes de guerre de ces deux ennemis sont totalement opposées.
Dans la prière initiale, dans la Collecte, nous demandons la grâce d’être défendus par l’archange Michel contre les « pièges » du démon, du diable. Les « pièges »… voilà la méthode du démon ! C’est un semeur de pièges : c’est sa méthode, semer des pièges. Prions le Seigneur qu’il nous protège contre ces pièges.
Et Satan a une autre méthode pour faire la guerre, nous l’avons entendu dans la première lecture, en séduisant : c’est un séducteur, il tend des pièges et séduit. Il séduit en charmant, sa fascination est démoniaque et vous conduit à croire à tout. Avec ce charme, il sait vendre et il vend bien, mais à la fin paye mal ! C’est sa méthode. Pensons à sa première apparition, dans l’Evangile, il entre en dialogue avec Jésus. Jésus est dans le désert, à jeun, depuis quarante jours, il est en train de prier, fatigué et affamé. Et lui, il vient, lentement, comme le serpent, et lui fait ces trois propositions : « Si tu es Dieu, si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu'elle devienne du pain » ; «  Si tu es Fils de Dieu, pourquoi t’affliger ? Viens avec moi au sommet du Temple et jette-toi en bas, alors les gens verront ce miracle et reconnaîtront aisément que tu es le Fils de Dieu »; le diable essaie de le séduire et  comme il n’y arrive pas, va jusqu’à lui dire : « Soyons clairs : je te donne tout le pouvoir de ce monde si tu te prosternes devant moi. Passons un marché. »
Le vieux serpent, le démon, a trois méthodes : d’abord, obtenir des choses, dans ce cas le pain, les richesses qui vous conduisent lentement à la corruption, et je ne vous raconte pas d’histoire, de la corruption, il y en a partout ! Beaucoup de gens vendent leur âme pour deux sous, vend son bonheur, vend sa vie, vend tout. Ça c’est le premier niveau : argent, richesse. Puis quand vous en avez, vous vous sentez important, deuxième niveau : la vanité. Ce que disait le diable à Jésus : «  Allons au sommet de la terrasse, jette-toi en bas, donne-toi en spectacle ! » Vivre de vanité. Et puis le troisième niveau, pouvoir, orgueil, arrogance : « Je te donne tout le pouvoir du monde, tu seras celui qui commande. »
Cela nous arrive à nous aussi, toujours, dans les petites choses : trop attachés aux richesses, on aime recevoir des éloges, comme le paon. Et tant de gens deviennent ridicules, tant de gens. La vanité rend ridicule. Ou alors, à la fin, quand on a le pouvoir, on se sent Dieu et ça c’est un gros péché.
C’est contre cela que nous devons lutter, et c’est pourquoi aujourd’hui nous demandons au Seigneur, par l’intercession de l’archange Michel, qu’il nous défende des pièges, du charme, de la séduction de ce vieux serpent appelé Satan.
Vous qui avez un travail difficile, où les querelles sont à l’ordre du jour et devez remettre les choses à leur place, parfois éviter tant de crimes et délits, priez beaucoup le Seigneur, par l’intercession de saint Michel archange, pour qu’Il vous protège de toute tentation, de toute tentation de corruption pour de l’argent, pour des richesses, par vanité et arrogance. Et plus humble sera votre service, plus humble comme l’humilité de Jésus, plus fécond et plus utile sera pour nous tous ce service.
L’humilité de Jésus. A quoi voyons-nous cette humilité de Jésus ? – et je finirai ici pour ne pas être trop long. A quoi la voyons-nous ? Si nous allons au récit de la tentation de Jésus, nous ne trouverons nulle part une parole de lui. Jésus ne répond pas personnellement, il répond en citant les paroles des Ecritures, toutes les trois fois. Cela pour dire qu’avec le diable on ne discute pas. Cet enseignement nous aide beaucoup, quand on est face à une tentation : je ne parle pas avec toi, seulement la Parole du Seigneur !
Que le Seigneur nous aide dans cette lutte de tous les jours, non pas pour nous-mêmes, mais pour le service, car vous êtes des hommes et des femmes qui doivent servir : servir la société, servir les autres, servir à faire grandir la bonté dans le monde.
© Traduction de Zenit, Océane Le Gall

Grèce : nouvel ambassadeur près le Saint-Siège
M. Alexandros Couyou présente ses lettres de créance
Marina Droujinina
Rome, 2 octobre 2015 (ZENIT.org)
Le pape François a reçu en audience, ce vendredi matin 2 octobre, le nouvel ambassadeur de Grèce près le Saint-Siège Alexandros Couyou, qui lui a présenté ses lettres de créance.
Né à Alexandrie (Égypte) le 24 novembre 1957, Alexandros Couyou est licencié en sciences politiques de l’université d'Athènes (Grèce).
Il a occupé plusieurs postes dans le service diplomatique grec, entre autres, en Algérie et en Turquie. Il a été chef de la mission à l’ambassade grecque à Ankara (Turquie) et directeur du département de la Turquie au sein du ministère des Affaires étrangères (2013 à 2015).
Sensible aux valeurs chrétiennes, il est connu comme spécialiste compétent dans le domaine de l’islam. Il est marié et père de trois enfants.

Rome


OSCE : le Saint-Siège préoccupé par la montée de l’antisémitisme
Et par les violences contre les chrétiens
Rédaction
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
« Les tendances antisémites croissantes en Europe et les actes de haine et de violence allant même jusqu’à tuer des vies innocentes sont préoccupants », dénonce le Saint-Siège.
Mgr Janusz Urbanczyk, représentant permanent du Saint-Siège à l’OSCE est en effet intervenu lors de la réunion pour la « mise en œuvre de la dimension humaine », mercredi 30 septembre 2015, dans le cadre de la Session de travail 14 : « Tolérance et non-discrimination. II : Combattre le racisme, la xénophobie et la discrimination, en se concentrant sur l’intolérance pour motifs religieux ».
Il invite à tirer les leçons de l’histoire : « Récemment, nous avons célébré le soixante-dixième anniversaire de la libération d’Auschwitz, le camp de concentration devenu synonyme de la grande tragédie de la Shoah. La mémoire de ce qui s’y est passé, au cœur de l’Europe, est un avertissement pour les générations présentes et futures. Cela ne doit plus jamais se produire nulle part, ni contre quiconque. »
Il déplore aussi la croissance des actes contre les chrétiens : « Les accidents visant les chrétiens demeurent insuffisamment notifiés et toute enquête sérieuse sur ces accidents est encore plus rare. »
Il renouvelle son appel pour l’institution d’une « Journée internationale contre la discrimination des chrétiens ».
Voici notre traduction intégrale de l’anglais.
A.B.
Allocution de Mgr Urbanczyk
Monsieur le Modérateur,
Depuis presque cinquante ans, le dialogue entre l’Église catholique et la communauté juive a fait des progrès constants d’une manière systématique. Les tendances antisémites croissantes en Europe et les actes de haine et de violence allant même jusqu’à tuer des vies innocentes sont préoccupants. Récemment, nous avons célébré le soixante-dixième anniversaire de la libération d’Auschwitz, le camp de concentration devenu synonyme de la grande tragédie de la Shoah. La mémoire de ce qui s’y est passé, au cœur de l’Europe, est un avertissement pour les générations présentes et futures. Cela ne doit plus jamais se produire nulle part, ni contre quiconque.
Monsieur le Modérateur,
En ce qui concerne l’intolérance et la discrimination à l’égard des musulmans, ma délégation souhaite redire son appréciation pour le travail de l’OSCE et de ses institutions, ainsi que du représentant personnel du président en exercice, pour leur combat contre l’intolérance et la discrimination à l’égard des musulmans. L’engagement de l’OSCE a été efficace dans sa sensibilisation concernant le grave problème d’une telle intolérance et des incidents perpétrés contre des musulmans, leurs biens et leurs lieux de culte. Nous saluons aussi les efforts de tous les individus ou institutions, religieuses ou civiles, qui contribuent à leur façon à la coexistence pacifique des différentes cultures et religions dans notre région commune de l’OSCE.
La délégation du Saint-Siège espère que, grâce aux efforts communs accrus de tous les côtés, l’intolérance et la discrimination contre les musulmans et les autres communautés religieuses dans la région de l’OSCE diminuera et finira par disparaître d’une communauté qui va poursuivre le bien commun de tous ses membres.
Monsieur le Modérateur,
Avec cette déplorable montée de l’intolérance religieuse, il est avéré que les chrétiens restent, bon an mal an, le groupe religieux le plus persécuté et discriminé dans le monde, comme cela a aussi été souligné lors de la Conférence sur le renforcement des efforts pour prévenir et combattre l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens, centré sur les crimes de haine, l’exclusion, la marginalisation et le déni des droits, qui s’est tenue en mai dernier à Vienne. Au cours de ce même événement, il a été aussi affirmé que le nombre d’accidents violents, de crimes haineux et d’intolérance contre les chrétiens dans la région de l’OSCE à augmenté ces dernières années. C’est un signe extrêmement inquiétant. Plus préoccupante encore est l’absence de réponse appropriée de la part des autorités civiles, des responsables politiques, des responsables sociaux et des médias à l’égard de tels actes. En effet, ils sont souvent tolérés et même parfois défendus sous le couvert de l’art, de la satire ou de la liberté d’expression. Les accidents visant les chrétiens demeurent insuffisamment notifiés et toute enquête sérieuse sur ces accidents est encore plus rare.
Nous demandons donc aux États membres de l’OSCE, en particulier, et à la communauté internationale en général, ainsi qu’aux médias et aux autres acteurs concernés de combattre l’intolérance et la discrimination, tout comme les incidents à caractère haineux et les crimes contre les chrétiens, avec autant de détermination que s’ils luttaient contre la haine à l’égard des membres d’autres communautés religieuses.
La tolérance envers un point de vue ne peut jamais conduire à l’intolérance à l’égard des autres. L’intolérance au nom de la « tolérance » doit être nommée pour ce qu’elle est et condamnée publiquement. Refuser sa place dans le débat public à un discours moral à caractère religieux est fondamentalement intolérant et anti-démocratique.
Il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour reconnaître la montée de l’intolérance, de la discrimination et des crimes de guerre contre les chrétiens. Néanmoins, l’inaction qui prévaut souligne le besoin urgent de sensibiliser la société en général et les représentants de la police et du gouvernement en particulier. L’OSCE et plus spécialement le BIDDH pourraient jouer un rôle important dans cet effort. Il faudrait élaborer d’urgence et diffuser largement du matériel éducatif de sensibilisation et de lutte contre ce phénomène négatif, comme dans le cas de l’antisémitisme et de la discrimination et de l’intolérance à l’égard des musulmans. Cela devrait être considéré non seulement comme une nécessité, mais aussi comme la bonne chose à faire. Cela élèverait et enrichirait certainement l’image de l’OSCE/BIDDH.
Ma délégation aimerait aussi renouveler son appel, et elle continuera de le faire, à instituer une Journée internationale contre la discrimination des chrétiens, en lien avec l’OSCE, et en particulier avec le BIDDH, en tant que principaux promoteurs de cette initiative.
Monsieur le Modérateur, je vous remercie.
© Traduction de Zenit, Constance Roques

Un prêtre polonais révèle être homosexuel et vivre en couple
Il quittera ses fonctions
Rédaction
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
Un prêtre polonais, Mgr Krzysztof Charamsa, a révélé son homosexualité et sa vie de « couple » devant la presse le 3 octobre : il devra quitter ses fonctions. Il voudrait que l’Eglise « renonce à son enseignement ».
Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, SJ, a indiqué que Mgr Charamsa devra quitter sa charge auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi et des universités pontificales, mais que les autres aspects de sa situation devront être réglés par son évêque diocésain.
Mgr Ryszard Kasyna, l'évêque du diocèse polonais de Pelplin, dans le nord de la Pologne, lui a pour sa part adressé un « avertissement », « pour le faire revenir dans le chemin du ministère du Christ », indique un communiqué du diocèse. L'évêque demande aux prêtres et aux catholiques de prier à cette intention.
Un tel avertissement constitue la première étape de la procédure de « suspense a divinis » qui interdit à un prêtre d'exercer son sacerdoce. Le clerc « suspendu » peut recevoir les sacrements, mais doit s'abstenir des actes interdits par sa suspense. Il pourrait lui-même demander à être « réduit à l’état laïc ».
Le P. Lombardi a par ailleurs « jugé sévèrement » ce geste sensationnel à la veille de l’ouverture du synode, commente Radio Vatican qui cite : « C’est un choix très grave et irresponsable, car il vise à soumettre l’assemblée synodale à une pression médiatique indue. »
Mais le porte-parole du Saint-Siège précise en même temps que les vicissitudes, situations personnelles et les réflexions que les personnes homosexuelles suscitent sont « dignes de respect », souligne Radio Vatican. 
Mgr Charamsa, 43 ans, est membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, secrétaire adjoint de la Commission théologique internationale, professeur à l’université pontificale Grégorienne (PUG) et à Regina Apostolorum (UPRA).
Il se décrit comme un « prêtre homosexuel, heureux et orgueilleux de son identité ».
D’autres épisodes liés à ces problématiques ont marqué l'actualité cette semaine, ajoute Radio Vatican : le pape François a rencontré un ancien élève argentin, homosexuel – selon la presse américaine, il était avec son compagnon – lors de son voyage aux Etats-Unis.
Le Vatican a précisé que le pape François avait déjà rencontré son ancien étudiant par le passé et que, « comme pasteur, il garde des rapports personnels, dans un esprit de gentillesse, d’accueil et de dialogue ». 
Voici le texte de la déclaration du P. Federico Lombardi, en date du 3 octobre, dans la traduction du Vatican, « après les déclarations et les interviews de Mgr Krzysztof Charamsa » : « Mis à part le respect dû aux personnes, à leur vie privée et au débat socio-moral, une démarche aussi retentissante à la veille de l'ouverture du synode est offensive et irresponsable.
De fait, elle tend à opérer une pression médiatique sur l'assemblée synodale.
Il est clair que Mgr Charamsa ne peut plus assumer son service auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi comme auprès des universités pontificales.
Quant aux mesures disciplinaires le regardant, elles relèvent de son évêque diocésain. »

Nouvelles du monde


Infanticides néonataux : le Conseil de l'Europe rejette la pétition
Le directeur de l’ECLJ fait le point
Grégor Puppinck
Rome, 5 octobre 2015 (ZENIT.org)
Vendredi 2 octobre 2015, alors que la pétition contre les infanticides néonataux atteignait 224 000 signaturesle Bureau de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a rejeté à la majorité la pétition, estimant qu’enquêter et débattre sur ce sujet serait politiquement inopportun. Le Bureau a suivi l’avis de la Commission juridique qui avait considéré la pétition « trop sensible » politiquement et susceptible de « diviser » l’Assemblée.

Il s’agit donc d’un sujet trop sensible pour être débattu !

Cette triste décision du Bureau révèle à quel point l’avortement tardif et  l’infanticide néonatal sont des tabous au sein de notre société qui préfère fermer les yeux sur ces pratiques inhumaines plutôt que de prendre le risque de mettre en cause l’eugénisme. Ces infanticides ont parfois une cause aussi minime qu’un bec de lièvre.

La pétition - la plus importante dans les annales du Conseil de l’Europe - a apporté la preuve que chaque année, en Europe, des enfants naissent vivants et parfois viables, lors d'avortements tardifs, qu’ils sont souvent abandonnés à la mort sans soins, ou tués après leur naissance en violation des droits fondamentaux garantis, en théorie, à toute personne « dès la naissance ». La pétition a aussi présenté les preuves scientifiques que les fœtus ressentent la douleur dès le deuxième trimestre de gestation.

L’ECLJ continuera de porter la défense des droits des nouveau-nés au sein des institutions européennes et nationales. Des députés nous ont dit vouloir réintroduire ce sujet au Conseil de l’Europe en 2016, lorsque les circonstances politiques y seront plus favorables.

Cette campagne n’est donc pas terminée, elle a déjà permis d’exposer au grand jour ces pratiques inhumaines et de sensibiliser un grand nombre de personnes. Un travail de fond a été initié, permettant la réunion d’informations et de nombreux et précieux témoignages de médecins et de sages-femmes.

Nous vous remercions sincèrement pour votre soutien et vous assurons une nouvelle fois de notre détermination pour mener ce combat pour la reconnaissance des droits de tous les nouveau-nés !

G.P.

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