OMC : Les enjeux pour l'Afrique à Genève

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Dec 2, 2009, 8:08:50 AM12/2/09
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7ème Conférence de l’OMC et les enjeux de négociations pour l’Afrique : la déception pointe à l’horizon

 

 

La société civile africaine monte au créneau

 

 

Le Réseau des organisations de la société civile d’Afrique sur le commerce (ATN) a organisé hier mardi 1er décembre 2009 à Genève en Suisse un panel de discussion sur le Thème « L’Afrique dans les négociations du cycle de Doha ». Cette rencontre est organisée dans le cadre du forum des Ongs, en marge aux travaux de la septième conférence ministérielle de l’organisation mondiale du commerce.

 

Guy Constant Ehoumi

Presse du Jour (Bénin) /Afriperf

 

Ce panel d’échange a permis à plusieurs représentants africains de revenir sur les enjeux et les questions essentielles pour l’Afrique dans le cycle de Doha. Le dossier coton, la question des subventions et les négociations d’accès au marché en général étaient au cœur des échanges.

 

Un constat de lenteur inquiétante qui demande vigilance persévérance et ardeur face à la mauvaise volonté de certains  pays développés a été fait.

 

L’ancien Ambassadeur du Bénin à Genève, M. Samuel Amehou invité pour la circonstance, a exprimé toute sa déception pour « la lenteur à nulle autre pareille » qui caractérise les négociations depuis la conférence ministérielle de Hong Kong en 2005.

 

Depuis lors et contrairement  à la tradition d’organiser une session ministérielle tous les deux ans, a fait constater M. Amèhou, la conférence ministérielle n’a pas été organisée en 2007. Après 4ans, renchérit-il, « c’est bien décevant qu’on regroupe les ministres non pas pour négocier mais pour faire un point de l’évolution des activités de l’Omc ». C’est pour lui une grande messe de discours qui n’est pas dans l’intérêt des pays moins avancés  (Pma) et des pays en développement.

 

En ce qui concerne notamment le coton, il a rappelé tout le processus du combat mené par les Africains pour que la question coton soit traitée de façon urgente et spéciale telle que cela a été retenu depuis la conférence ministérielle de Hong Kong  en 2005.

 

Il fait l’historique du cycle de Doha en insistant sur l’échec de la Conférence ministérielle de Cancun en 2003 et sur celui de Seattle en 1999 avant le lancement du cycle à Doha au Qatar en 2001. Pour lui, le refus de concession de la part des pays riches comme les Etats-Unis a été pour beaucoup dans ces échecs.

 

A en croire Babacar N’dao du réseau des organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest, les Etas-Unis continuent de subventionner les quelques 20.000 producteurs de coton à hauteur de trois milliards de dollars par an. Ce qui crée sur le marché de nombreuses distorsions au détriment de plus de huit millions de ruraux en Afrique.

 

« Le coton n’est donc plus bien traité dans les négociations et cela est dommage. Car, beaucoup d’agriculteurs ont perdu leurs revenus. Le cycle de Doha peine à être conclu. Et le coton qui est désormais inclus dans le paquet global de l’agriculture a encore du chemin à faire », ont soutenu la plupart des intervenants lors de ce panel modéré par Dr Cheikh Tidiane Dièye de la plate-forme de la société civile d’Afrique de l’Ouest.

 

L’ancien Ambassadeur du Bénin à Genève a souhaité que les Organisations non gouvernementales et la presse continuent la pression afin que les négociateurs ne baissent pas les bras face aux intérêts des pays Africains.

 

Parlant des effets des subventions et soutiens domestiques sur la production locale dans les pays en développement, le producteur Ghanéen Ken Quartey a évoqué les difficultés des aviculteurs africains face aux importations des produits subventionnés.

 

En 1999, ils ont d’ailleurs créé une association pour lutter afin d’améliorer leurs conditions. Mais la tâche n’a pas été facile. Leurs plaidoyers ont amené le gouvernement à augmenter la taxe de douane pour les produits importés. Mais très tôt, les textes de l’Organisation mondiale du Commerce (Omc) leur ont été opposés pour empêcher l’application de cette décision. Cette concurrence a affecté selon lui près de 15% de la production locale et fait perdre environ 230 millions de franc. Il faut qu’on se penche sérieusement sur ces questions afin d’agir pour arrêter les inégalités a conclu M. Ken Quartey.

 

Le troisième intervenant M, Etienne Vlok de l’Afrique du Sud a exposé les difficultés des pays en développement au plan industriel. Ces pays ont besoin de développer le secteur industriel pour mieux se porter. Mais les règles en place pour les négociations ne les favorisent pas. C’est pour cela qu’il pense qu'il faut faire très attention pour ne pas se lier par des accords qui empêcheront ces pays à l’avenir de créer de nouveaux secteurs de développement.

 

« Les pays développés continuent de venir puiser les ressources naturelles dans les pays en développement ou les pays moins avancés, déversent en retour les produits manufacturés dans ces pays non développés et mettent des normes  pour que les produits de ces pays n’entrent pas chez eux. Il faudra alors changer de fusil d’épaule et ne plus traiter le sujet actuel selon les clauses ou la manière coloniale. Il faut se départir des formules préconçues et des politiques imposées qui ne profitent pas aux pays Africains », a conclu Etienne Vlok.

 

Pour plusieurs orateurs, « il faut que les négociations soient sérieuses et équitables. Il faut se battre pour que les produits non agricoles obtiennent l’accès au marché ».

 

Il va falloir prendre le temps qu’il faut pour conclure de bonnes négociations, estiment certains pendant que d’autres appellent à une conclusion rapide du cycle.

 

S’il est nécessaire de changer les règles du jeu pour faire évoluer positivement les négociations, ironise Cheikh Tidiane Dièye, « il faut mettre le cycle de Doha entre parenthèses et aller revoir les règles de l’Omc, et les corriger au besoin si c’est ce qu’il faut pour avancer ».


 
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