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Le Football Club Atlas jouera les prolongations

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May 7, 2010, 2:37:30 AM5/7/10
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LE FOOTBALL CLUB ATLAS JOUERA LES PROLONGATIONS
LE PSC INQUIET POUR LES AUTRES CLUBS BRUXELLOIS

BOURTON,WILLIAM; MORIAUX,VIRGINIE; MARTON,RUDOLF

Samedi 15 février 1997

Le Football Club Atlas jouera les prolongations

En débloquant les deniers nécessaires à la poursuite des activités,
Hervé Hasquin a reconnu l'importance du rôle d'intégration joué par le
club.

Mardi, la nouvelle fit l'effet d'une petite bombe en Région
bruxelloise. Après quinze ans de galère financière, le FC Atlas
décidait d'arrêter ses activités. En cause : un déficit cumulé de 3
millions et l'absence de perspectives financières d'avenir. Le spectre
de voir quelque 300 jeunes, à 95 % issus de l'immigration, se retouver
dans la rue, totalement désoeuvrés, a fait quitter leurs survêtements
aux politiques.

Hier, en fin de matinée, Hervé Hasquin, le président du collège de la
Commission communautaire française (la Cocof), annonçait qu'après
avoir rencontré le président d'honneur de l'Atlas, Mostapha Ouezekhti,
il avait débloqué d'urgence les montants nécessaires à la poursuite
des activités des équipes de jeunes.

- Malgré la notoriété acquise et un travail dont la qualité est
reconnue de tous, les pouvoirs publics et les sponsors privés ont
limité leur action à un soutien moral, déplora le ministre.

Le soutien de la Cocof, dont le montant n'a pas été précisé, tend à
parer au plus pressé. Il s'accompagnera par la suite d'une étude sur
le financement structurel du club. Un groupe de travail doit être mis
sur pied dans les prochains jours, rassemblant des acteurs de terrain
et des responsables institutionnels et privés.

SOUTIENS TOUS AZIMUTS

Quelques heures avant ce «happy end», Didier Gosuin, ministre des
Sports de la Cocof, et Vic Anciaux, président de la Vlaamse
gemeenschapscommissie (la VGC : alter ego flamand de la Cocof)
avaient, eux aussi, convié les représentants du club à les rencontrer.
Une mobilisation générale dont Robert Delathouwer, président du SP
bruxellois, a peut-être le mieux résumé les enjeux :

- Il est totalement incompréhensible qu'au moment où les pouvoirs
publics injectent des millions dans divers projets d'intégration, ceux-
ci délaissent l'une des initiatives les plus couronnées de succès,
affirme l'ex-patron de la Stib. Si l'on ne réagit pas rapidement, ce
seront des centaines de jeunes qui déserteront les terrains de sport
pour la rue. A ce moment-là, on développera sans doute de nouveaux
projets pour qu'ils y reviennent ? C'est insensé ! Je plaide pour une
action de sauvetage urgent par tous ceux qui ont une bonne vision
politique de l'intégration. Chacun peut y participer : la Région, la
Cocof, la VGC, les communes, mais aussi des entreprises publiques
comme la Stib, via le sponsoring ou la mise à disposition de terrains
de sport.

En 1995, l'ASBL Trait d'Union s'est penchée sur le rôle social du FC
Atlas (nos éditions du 12 février). Trois statistiques émergent de son
enquête : 90 % des «Lions» considèrent que le foot leur a évité les
problèmes de la rue, 31 % sont affirment que la pratique de ce sport
leur a évité de toucher à la drogue et 20 % sont persuadés qu'ils ont
appris au club certaines «vertus» comme la ponctualité dans l'étude et
le travail ou l'obéissance à des règles pour atteindre un objectif
fixé...

«SAUVE MON CLUB !»

Hier matin, quelques-uns de ces jeunes s'étaient fixé rendez-vous au
parvis Saint-Jean Baptise, à Molenbeek, pour un «sit-in». Sur des
pancartes de frigolite, des inscriptions en vert, la couleur du club :
«Sauve mon club», «Où est la multiculture» ou «Les lionceaux
souffrent». Quelle que soit la formule, tous demandaient de l'aide
afin de pouvoir conserver leur club et leurs amis !

- Je suis membre depuis l'an passé, déclare Boutayeb Hicham. J'y vais
trois fois par semaine pour les entraînements, pendant mes moments de
loisirs. Si le club ferme, je ne sais pas ce que je vais faire... Mais
je ne me réinscrirai sûrement pas dans un autre club de foot ! Je me
sens chez moi à l'Atlas, on s'entend trop bien tous ensemble...

Un discours entendu chez la plupart des «Lions» interrogés. Atlas est
devenu leur deuxième famille. Sans lui, ils sont tous un peu orphelin.
Fermer leur club leur semble impensable, même si certains sont bien
conscients des problèmes de trésorerie.

- On va sans doute commencer à jouer au foot dans la rue, explique
Oualad, qui ne savait pas encore qu'un accord financier avait été
conclu avec la Cocof. A l'Atlas, il y a un esprit de famille. On va
encourager les copains de l'équipe première à Londerzeel. Cette équipe
n'a pas été payée depuis trois mois faute de moyens... Mais ce n'est
pas parce qu'il n'y a pas d'argent qu'ils ont arrêté. Ils jouent
malgré tout, ils jouent pour le club !

WILLIAM BOURTON

et VIRGINIE MORIAUX (St.)


Le PSC inquiet pour les autres clubs bruxellois

Au-delà de l'émotion suscitée par la perspective d'une disparition de
l'Atlas, Michel Lemaire, chef de groupe PSC à la Cocof, entend élargir
le débat au marasme général que traversent les clubs bruxellois. Selon
lui, confrontés à une évolution de la législation sur les transferts,
ceux-ci ont tendance à renoncer, au profit d'une élite, à
l'encadrement coûteux de jeunes jugés peu performants.

L'évolution de la législation à laquelle fait allusion Michel Lemaire
est antérieure au fameux «arrêt Bosman» qui institue la libre
circulation des joueurs en Europe. Aux niveaux inférieurs, l'Union
belge avait déjà interdit les indemnités de transfert pour le départ
de jeunes joueurs de talent dans des clubs plus prestigieux.

Si cette attitude est évidemment louable d'un point de vue humain - le
sportif n'est plus considéré comme une vulgaire marchandise qui change
de mains - elle prive bon nombre de petits clubs de rentrées
financières non négligeables. Certains dirigeants renâclent donc à
encadrer et à former, «en pure perte», les jeunes footballeurs.

Devant cette situation, les sociaux-chrétiens bruxellois demandent la
réunion immédiate de la commission Sport de la Cocof.

- Celle-ci devrait, en concertation avec les clubs bruxellois, étudier
l'établissement de critères permettant d'aider les sections jeunes de
ces clubs, plaide Michel Lemaire.

W. B.

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