"Cela n'a aucune incidence sur les soins, l'AP-HP ne disposant que de 6% de
praticiens étrangers, qui sont toujours encadrés par trois médecins de plein
exercice", a-t-on expliqué à l'AP-HP, qui regroupe 38 hôpitaux ou groupes
hospitaliers, dont 17 à Paris intra-muros, et emploie 93.000 personnes.
La Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (Dhos,
direction du ministère de la Santé), qui regroupe toutes les données
nationales concernant les hôpitaux, n'avait pu être jointe vendredi
après-midi.
Quelque 7.000 praticiens, dont un grand nombre sont de nationalité française,
exercent dans les hôpitaux en France, mais en étant moins bien payés et sans
reconnaissance par l'Ordre des médecins, ce qu'ils ont dénoncé lors de
plusieurs manifestations et grèves depuis deux ans.
Ils sont appelés à faire grève, de vendredi à dimanche, par un syndicat,
l'Inpadhue, qui réclame notamment que les médecins en exercice depuis plus de
cinq ans soient "dispensés d'examen écrit et évalués sur leurs titres,
travaux, leur expérience et les services rendus".
L'Inpadhue menace d'ores et déjà d'organiser une nouvelle grève le week-end du
15 août si ce mouvement du 14 juillet ne débouchait pas sur des "avancées
concrètes".
Le président de l'Intersyndicale nationale des praticiens à diplômes hors
Union européenne (Inpadhue), Talal Annani, a assuré, "sans pouvoir donner de
chiffres, que de nombreux praticiens étrangers se sont déclarés en grève
auprès de leur hiérarchie hospitalière".
Selon lui, "l'administration hospitalière leur a rétorqué qu'aucun préavis de
grève n'avait été déposé et qu'à ce titre, ils ne pouvaient pas être
comptabilisés".
"Nous avons, en ce qui nous concerne, demandér aux 6.000 médecins étrangers
sans droits qui sont derrière l'Inpadhue de se présenter sur leur lieu de
travail, d'accueillir les patients tout en exigeant la présence d'un médecin
au statut hospitalier", a précisé M. Annani.
L'Inpadhue dénonce en effet, par la voix de son président, "le double langage
du ministère de la Santé qui affirme que les médecins étrangers n'ont pas le
droit de prescrire ou de réaliser des soins sans la présence d'un tuteur,
alors que dans les faits, les praticiens étrangers agissent en totale
autonomie la nuit, les week-end ou pendant les vacances".
Le 9 mars, la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) avait
demandé au ministre de la Santé, Xavier Bertrand, de l'informer "dans un
délai de quatre mois" des mesures qu'il comptait prendre pour résoudre la
situation de ces praticiens qui touchent en moyenne 1.800 euros par mois
contre 3.800 euros pour leurs collègues à diplôme européen.
Jeudi, M. Bertrand a ainsi annoncé qu'une solution "législative" serait
apportée, dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité
sociale pour 2007 débattu au Parlement à partir d'octobre.
Ce "support législatif encadrera l'examen dérogatoire, la Nouvelle procédure
d'autorisation (NPA), qui doit permettre de vérifier leurs compétences et
leur connaissance de la langue française, avant de leur donner accès à la
carrière hospitalière classique", a expliqué M. Bertrand.