L’équipe de Jean-François Trape (IRD/Dakar) a suivi l’évolution de la
borréliose à tiques dans une région rurale du Sénégal pendant plus de 10
ans. Sous l’effet de la sécheresse, la tique Ornithodoros sonrai s’est
propagée hors du Sahel et s’est installée dans la plupart des villages
du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie. Dans le village de Dielmo, 11%
de la population en moyenne est touchée chaque année par la borréliose
due à la bactérie Borrelia crocidurae.
Seul le paludisme ou la grippe sont capables de toucher une partie aussi
importante de la population, notent les chercheurs, qui publient leurs
résultats dans la revue The Lancet. Les symptômes de la borréliose sont
similaires à ceux du paludisme et la présence de la bactérie est
rarement recherchée chez les malades. Cette confusion peut aboutir à
l’échec du traitement, imputé à tort à la résistance du paludisme, alors
que la borréliose se soigne facilement avec des antibiotiques.
Les tiques sont vecteurs de nombreuses maladies bactériennes
(borrélioses, dont la maladie de Lyme), parasitaires (babésioses) ou
virales (dengue). En Turquie, c’est la fièvre de Crimée-Congo qui fait
parler d’elle : cette fièvre hémorragique due à un Nairovirus transmis
par une tique a déjà fait douze morts cette année. Elle touche
essentiellement les populations du centre de l’Anatolie qui vivent de
l’élevage. Découverte pour la première fois en Crimée en 1944, cette
maladie est apparue il y a seulement trois ans en Turquie.
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