Esperanto (eo), multiplicateur de démocratie en Europe.
UE, 27 pays, 24 langues officielles. Une bonne communication intra-européenne serait un ciment de la démocratie en Europe. Les solutions apportées jusqu’ici sont insatisfaisantes. L’égalité des 24 langues officielles est en grande partie théorique. Elles sont très peu utilisées par les instances européennes, par exemple, pour la ratification par les parlements nationaux de lois européennes. Les documents préliminaires de la Commission européenne sont en anglais, très rarement en français et allemand. Or, moins de 5 % des Européens ont un niveau très bon (C1 ou C2) en anglais, langue « native » de moins de 1 % des Européens, ce qui facilite les manipulations de lobbys économiques au détriment de l’intérêt général.
L’esperanto est la langue internationale auxiliaire construite, parlée depuis plus d’un siècle dans plus de 120 pays et qui a fait ses preuves dans tous les domaines. Une caractéristique essentielle est sa nature multiplicative liée à l’absence d’exceptions : écriture phonétique multipliant les sons, système d’affixes multipliant logiquement le lexique, grammaire de base en une page multipliant les mots et phrases. De ce fait, l’eo s’apprend en moyenne cinq à dix fois plus vite que l’anglais selon le degré de parenté de la langue maternelle avec l’anglais et les demandes dans chaque pays.
Malgré 40 à 70 ans d’enseignement de l’anglais à la grande majorité des jeunes dans l’UE (97 % des lycéens en 2023 selon Eurostat), le niveau moyen d’anglais reste bas : niveau A2. L’enseignement d’autres langues nationales étrangères est la règle dans l’UE : anglais + cas échéant une autre langue. Le plus souvent autour de 20 % des lycéens choisissent soit le français, soit l’espagnol, soit l’allemand, beaucoup plus rarement, entre 3 et 0,1 %: italien, russe, portugais, chinois et arabe. Dans la réalité, la maîtrise à un haut niveau de 2 langues étrangères est rare.
L‘apprentissage huit fois plus rapide de l’eo est facilité par Internet et les IA. Il existe une demande croissante dans l’UE d’une meilleure communication liée notamment à l’européanisation et au contexte géopolitique menaçant pour les démocraties pluralistes,. Mais en même temps, il y a un refus de la discrimination linguistique liée au tout-anglais, qui peut, s'il est imposé encore davantage, faire éclater l’Europe.
Dans ce contexte, l’initiation à l’esperanto en quelques heures dans l’UE, à tous les niveaux de formation, à l’aide de petits films pédagogiques permettrait à la fois d’accélérer l’apprentissage des langues et de poser les bases d’une étude plus vaste de la langue internationale auxiliaire, ciment de l’Europe de demain et cadeau au reste du monde.
Bernard Cornevin