Souvent des discussions qui devraient être sur ede-politique encombrent la liste principale.
Mais ce fil démarré sur ede-politique mérite d’être sur notre liste principale. J’y répond ici.
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Certes les dirigeants européistes (à la solde de la pensée anglo-étasunienne) promeuvent l’anglais mais l’espéranto est utile et même nécessaire pour les citoyens et à terme pour (re)construire la démocratie en Europe.
Il y a peu j’ai vu passer chez Espéranto-Jeunes un message que je retransmets ici vu son intérêt, notamment la synthèse et mon commentaire.
Émile
Si quelqu'un veut un petit aperçu de la perception actuelle de l'espéranto en dehors des espérantistes, la section commentaire est bien fournie...
(sur Reddit, en anglais mais il y a un bouton traduction)
Synthèse en français par IA des commentaires
Synthèse des commentaires du fil Reddit : Les internautes expliquent pourquoi l’Esperanto n’a jamais vraiment décollé et reste marginal malgré ses qualités (grammaire très simple et régulière, vocabulaire accessible). Le consensus est que l’idée est « cool » en théorie, mais qu’elle se heurte à des obstacles pratiques, historiques et humains insurmontables. Voici les principaux arguments :
1. Problème de masse critique et manque d’incitation
Le point le plus cité : apprendre une langue demande un effort important. Les anglophones (environ 1,4 milliard de personnes) ont déjà une lingua franca dominante et n’ont aucune raison d’en apprendre une autre. L’Esperanto souffre du « problème de la masse critique » : personne ne l’utilise vraiment parce qu’il n’y a pas assez de locuteurs, et il n’y a pas assez de locuteurs parce que personne ne l’utilise. Sans utilité immédiate (travail, voyages concrets, culture populaire massive), l’effort n’en vaut pas la peine pour la plupart.
2. L’anglais a déjà gagné (histoire + puissance)
L’anglais s’est imposé grâce à l’empire britannique, puis à la puissance économique, militaire et culturelle des États-Unis (Hollywood, internet, science, etc.). Les traités internationaux (comme Versailles) ont renforcé sa position. L’Esperanto est apparu trop tard (fin XIXe) et n’a jamais bénéficié d’un tel soutien étatique ou d’une domination culturelle. La France, par exemple, l’a rejeté par protectionnisme linguistique.
3. Trop « européen » et pas assez neutre
Beaucoup soulignent que l’Esperanto reste une langue indo-européenne, largement inspirée du latin/roman avec des influences germaniques et slaves. Elle est relativement facile pour les Européens ou les locuteurs de langues européennes, mais moins pour les locuteurs du mandarin, de l’arabe ou d’autres familles linguistiques. L’anglais, malgré ses irrégularités, bénéficie d’un vocabulaire international très répandu et d’une énorme quantité de contenus (films, musique, internet).
4. Absence de locuteurs natifs et de culture vivante
Sans communauté massive ni production culturelle abondante (littérature, films, musique), la motivation reste faible. Quelques locuteurs natifs existent (enfants élevés en Esperanto), mais ils sont trop peu nombreux pour faire vivre la langue. Elle risque de « mourir » avec ses apprenants motivés. Comparaisons fréquentes avec le klingon : une langue construite reste vivante seulement si elle est portée par une culture populaire forte.
5. Autres critiques récurrentes
Les langues évoluent naturellement ; même si l’Esperanto était adopté, il se fragmenterait probablement.
Les irrégularités ne sont pas le principal frein : le contenu et l’utilité priment.
Des événements historiques tragiques (persécutions nazies et staliniennes) ont décimé une partie de la communauté en Europe centrale et orientale.
Idée « utopiste » : imposer une langue construite de haut en bas ignore la façon dont les langues naissent et se maintiennent (besoin concret, identité, etc.).
En résumé, les commentateurs estiment que l’Esperanto n’a pas été « oublié » par complot patriotique, mais parce qu’il n’a jamais réussi à offrir un avantage concret suffisant face à l’anglais déjà établi. C’est un bel idéal humaniste, mais la réalité (pouvoir, inertie, utilité immédiate) l’a emporté. Quelques-uns notent quand même que des projets plus simples comme le Toki Pona ou des idées de « Common » simplifié reviennent régulièrement en science-fiction. Le fil reste globalement bienveillant et curieux envers l’Esperanto, sans moquerie excessive.
DJ
Mon avis est que le seul vrai problème est la masse critique.
Pourquoi la masse critique est le problème majeur ?
Réponse au 1 et aussi au 2 avec l’effet moutonnier des gens ; ceux qui apprennent l’anglais l’apprennent, car c’est enseigné, car ils ont besoin (ou croient en avoir besoin)… apprendront l’espéranto de la même façon quand la masse critique sera atteinte.
Point 3 : Le fait que l’anglais soit européen et encore moins neutre que l’espéranto n’a pas gêné sa diffusion. Ce sera pareil pour l’espéranto.
Les points 4 et 5 sont de fausses critiques. Les gens qui apprennent l’anglais ne l’apprennent pas pour sa culture ou ses locuteurs natifs, mais par effet moutonnier, car c’est enseigné, car ils ont besoin.
Sur le fait que l’espéranto largement diffusé pourrait se fragmenter : et l’anglais ?
Certes l’anglais se fragmente mais surtout du fait des natifs. Ceux qui l’apprennent ont plus tendance à suivre la norme (si elle existe). Donc le fait que l’espéranto n’ait pas de natifs (ou presque) est plutôt une force de ce point de vue. Mais de toute façon les gens qui apprennent ou non une langue ne décident pas en fonction de ce point.
Ĝis,
DJ
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Bonjour à tous, bonjour Bertrand,
Est-ce que les "élites" parlent anglais ? Je dirais plutôt, elles promeuvent l'anglais depuis surtout 1945, et derrière le "peuple" suit, il est vrai que l'on ne lui demande pas vraiment son avis.
Suis sans doute (trop) optimiste, mais l'espéranto est encore une langue, une idée trop neuve en Europe et ailleurs.
Lucien
-------- Message d'origine --------
Date : 14/06/2026 09:57 (GMT+01:00)
Objet : [EDE-Politique] À quoi sert l'espéranto en Europe ?
Bonjour,
je pose la question suite à ce que j'ai vécu hier. J'ai été invité à une
conférence vocale dans un groupe iranien "Pluvo de la pensoj", plus de
700 personnes. C'était pour une présentation de l'espéranto, on m'a
juste demandé de dire deux-trois mots.
J'ai trouvé qu'à eux ça peut leur être utile, dans le contexte c'est une
vraie bouffée d'oxygène.
Alors moi dans ma vie l'espéranto c'est aussi une bouffée d'oxygène,
mais politiquement en Europe cela n'a aucun intérêt vu que les élites
parlent anglais.
Voilà, je m'interroge...
Bon dimanche,
Bertrand