Un grand merci à l’EDE-ano qui m’a transmis l’information :
Je passe par la liste « edefrance-discussions » car la démocratie n’est pas une opinion. Elle fait partie intégrante de notre ADN même si notre règlement permet à certains de la critiquer, voir même de l’ignorer.
Je souligne même les passages « anti-trump » et anti-EIU pour faire plaisir à certains.
Marc ANSELMI
La démocratie dans le Monde se porte (un peu) mieux qu'espéré, selon un classement
Dans un monde frappé par la conjugaison de plusieurs conflits internationaux, notamment en Europe et en Asie, l'indice de l’Economist Intelligence Unit (EIU) apporte un éclairage quantifié sur l'état de la démocratie globale.
Depuis plus de dix ans, l’Economist Intelligence Unit (EIU) élabore un baromètre annuel de la qualité des régimes politiques dans le monde, le Democracy Index, publié dans le média référence The Economist. Ce classement, qui couvre la situation dans 167 pays, se fonde sur une grille d’analyse rigoureuse reposant sur 60 indicateurs répartis en cinq grandes catégories afin de mesurer l’état de la démocratie à l’échelle internationale.
Chiffrer la démocratie. On distingue ainsi :
* Le processus électoral et le pluralisme, qui évalue la qualité des scrutins et l’existence d’un véritable pluralisme politique : élections libres et compétitives, absence d’intimidation des électeurs, possibilité réelle d’alternance au pouvoir.
* Le fonctionnement du gouvernement, qui se penche sur l’efficacité des institutions, l’indépendance des instances publiques et le respect des contre-pouvoirs. Sont appréciées les capacités de l’exécutif et du législatif à gouverner sans entraves ni ingérences illégitimes.
* La participation politique, qui mesure l’implication de la société civile et des citoyens dans la vie politique, notamment à travers les taux de participation aux élections, l’engagement dans les partis et l’existence de mouvements démocratiques dynamiques.
* La culture politique, ou l’ensemble des attitudes et des valeurs qui déterminent l’acceptation des normes démocratiques et la tolérance des citoyens envers leurs institutions.
* Les libertés civiles, telles que la liberté d’expression, d’association, et l'indépendance des médias, qui constituent un pilier indispensable de toute démocratie. Sans garanties effectives de ces droits, les autres aspects perdent une grande partie de leur signification.
Chaque pays reçoit une note de 0 à 10 dans chacune de ces catégories, et la moyenne de ces cinq scores constitue l’indice global. Sur la base de ce chiffre, les États sont ensuite classés en quatre pôles : démocraties pleines, démocraties imparfaites, régimes hybrides ou régimes autoritaires.
Un classement qui n'est pas exempt de critiques
À noter : l'indice de l'EIU fait l'objet de certaines critiques, liées notamment à son manque de transparence, l’anonymat des experts et l’absence de publication détaillée des scores par indicateur, rendant l’interprétation des résultats difficile (synthèse du parlement canadien).
Ces choix méthodologiques peuvent produire des scores divergents par rapport à d’autres indices, comme Freedom House. L’EIU admet elle-même qu’il n’existe pas de consensus universel sur la mesure de la démocratie et que ses critères reflètent une tradition dominante.
L'Amérique du Sud et l'Asie, en progrès
Dans une période où la crainte du recul des valeurs et des institutions tenantes de la démocratie se fait globale, la dernière mise à jour de l’indice de l’EIU, pour 2025, apporte quelques nuances à la chute de l'indice démocratique global, en cours depuis près d'une dizaine d'années.
Ainsi selon l'EIU, les scores de près des trois quarts des pays ont soit progressé, soit stagné au cours de l’année écoulée, et l’indice mondial a augmenté de 0,02 point, l’une des plus fortes progressions observées depuis 2012. Ce léger rebond, bien qu’à relativiser, vient briser une longue série de déclins.
La région d’Amérique latine et des Caraïbes se distingue dans le classement, avec une majorité de pays ayant vu leurs scores progresser, souvent sous l’effet d’une plus grande participation politique. The Economist souligne, de fait, que cela marque une rupture avec neuf années consécutives de tendance baissière dans cette zone.
L’analyse géopolitique de l’EIU met aussi en lumière la jeunesse des populations en Asie et en Afrique subsaharienne, où de récentes mobilisations de masse, notamment au Népal, au Kenya et à Madagascar, qui ont attiré de larges segments de la population dans le débat public.
Dans plusieurs démocraties avancées, une participation électorale plus forte — attribuée par The Economist à une réaction à la politique extérieure de Donald Trump — a également contribué à améliorer les notes. Ainsi, le Canada a gagné cinq places pour atteindre la neuvième position après son taux de participation le plus élevé depuis plus de trente ans.
La Norvège demeure première du classement, mais d’autres pays nordiques, reconnus pour leurs systèmes politiques robustes, ont aussi amélioré leur position, avec par exemple le Danemark qui a progressé de quatre places, en partie grâce à une meilleure gestion des relations avec le Groenland, ce qui a été bien noté dans l’évaluation du fonctionnement gouvernemental. La France, qui a vu en 2024 son score baisser de démocraties pleine à démocratie imparfaite, se classe 26ème.
Pressions et reculs, notamment aux États-Unis
Mais l’EIU signale aussi des tensions fortes dans certaines démocraties établies. Aux États‑Unis, l’impact de tentatives de redécoupage électoral jugées controversées, l’usage de forces armées pour réprimer des protestations et une polarisation politique persistante ont pesé sur l’indice. Le rapport mentionne aussi des perturbations internes dans le fonctionnement du gouvernement et des efforts pour restreindre la liberté des médias, entraînant une baisse de 0,2 point du score américain par rapport à l’année précédente.
D'ailleurs dans la classification globale, les États‑Unis demeurent une démocratie imparfaite, malgré leur histoire institutionnelle ancienne. L'alarme est sonnée.