Super cet article Fabien, je le recopie ci dessous et je souligne les passages importants pour bien tirer les enseignements par rapport à la démocratie.
Marc ANSELMI
--Viktor Orbán balayé aux législatives, une triple leçon pour l'Europe, Olivier Costa, Telos – 15 avril 2026 à 19h55
La Hongrie tourne la page. Pilier du populisme européen, le Premier ministre sortant a subi un échec électoral retentissant, dimanche 12 avril. On peut en tirer trois enseignements capitaux adressés à l'ensemble du Vieux Continent.
Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois sortant, est l'idéal
type du leader populiste et illibéral en Europe. Son maintien au
pouvoir depuis 2010, malgré des détournements de fonds, des
atteintes aux libertés et une proximité affichée avec des
régimes autoritaires, semblait jusqu'à présent
inébranlable. Pourtant, les élections législatives hongroises du
dimanche 12 avril ont réservé une surprise: son parti, le Fidesz,
a nettement perdu le pouvoir. Ce basculement politique n'est pas
anecdotique. Il s'inscrit dans un contexte géopolitique en pleine
mutation, marqué par la guerre en Ukraine, l'évolution des
rapports de force internationaux et une prise de conscience
croissante des citoyens européens face aux dérives autoritaires.
Ce résultat ouvre des perspectives inédites pour l'intégration
européenne, la gestion de la crise ukrainienne, la sécurité en
Europe, l'équilibre des puissances et la restauration de la
démocratie en Hongrie. Il rappelle également que les
peuples, même dans des sociétés sous haute pression médiatique et
politique, finissent par réagir. L'échec de Viktor Orbán est bien
plus qu'une défaite électorale: c'est une triple leçon pour
l'ensemble de l'Europe.
1. La réponse immunitaire des sociétés face aux populistes
Le premier enseignement de ces élections est que les électeurs
hongrois ont finalement su se libérer de l'emprise d'un discours
populiste qui dominait depuis près de seize ans. Viktor Orbán a
construit son pouvoir sur une rhétorique antiélites,
antimigrants et anti-UE, tout en entretenant un culte de la
personnalité, en contrôlant les médias et en instaurant un
régime autoritaire. Pourtant, malgré les tentatives de
verrouillage démocratique (réformes judiciaires, capture des
institutions, clientélisme, modifications des règles électorales,
etc.), une partie significative de la population a choisi de
tourner la page.
Depuis le début des années 2000, les observateurs se demandent si
les sociétés européennes peuvent résister à l'attrait des
discours simplistes et des promesses électorales démagogiques.
La réponse est désormais claire: les peuples finissent par
comprendre les manœuvres et les mensonges des populistes.
En Hongrie, la mobilisation électorale a été massive. Les
électeurs ont sanctionné nettement un gouvernement qui avait
échoué sur le plan économique (inflation galopante, corruption
endémique), sur le plan social (pauvreté, inégalités) et était
devenu le cheval de Troie de Vladimir Poutine et Donald Trump au
sein des institutions européennes.
Les partis traditionnels et les institutions européennes doivent
travailler à restaurer la confiance dans les valeurs
démocratiques, en proposant des alternatives crédibles aux
discours simplistes et haineux.
Cette réaction s'apparente à une réponse immunitaire collective:
après des années de pouvoir sans partage, les citoyens hongrois
ont développé une forme d'immunité face au discours de Viktor
Orbán. Les scandales (affaires de corruption, détournements de
fonds européens, alliances douteuses avec le Kremlin et la
Maison-Blanche) et les outrances verbales ont fini
par peser plus lourd que les promesses de stabilité et de
souveraineté nationale. Les réseaux sociaux, malgré leur rôle dans
la polarisation de la société et la diffusion des fausses
informations du gouvernement, ont permis le partage
d'informations alternatives aux discours officiels.
Cette leçon doit résonner en Europe, où d'autres partis
populistes et eurosceptiques capitalisent sur les frustrations
sociales. La Hongrie montre que la résilience démocratique est
possible, mais qu'elle exige une vigilance constante. Les partis
traditionnels et les institutions européennes doivent désormais
travailler à restaurer la confiance dans les valeurs
démocratiques, en proposant des alternatives crédibles aux
discours simplistes et haineux.
2. Le soutien de Donald Trump n'est plus un atout pour les
leaders de la droite radicale
Un autre élément-clé de cette défaite est l'évolution du contexte
international. Viktor Orbán était un proche de Vladimir Poutine et
Donald Trump, dont il partageait les valeurs réactionnaires, les
penchants affairistes et le rejet de l'Union européenne (UE).
Viktor Orbán a longtemps entretenu des relations ambiguës avec la
Russie, allant jusqu'à bloquer à répétition des résolutions et
décisions européennes contraires aux intérêts de Vladimir Poutine
et à l'informer en temps réel des débats au sein des instances de
l'Union. Son refus de soutenir militairement l'Ukraine et ses
contacts réguliers avec le Kremlin ont fini par le couper des
autres États membres de l'UE. En 2024, alors que l'Europe se
mobilisait pour soutenir Kiev, la Hongrie est restée à l'écart.
L'Union européenne a longtemps tergiversé face à la Hongrie, en
raison des divergences entre partisans de la méthode forte –qui
exigeaient des sanctions, telles qu'une suspension des droits de
vote de la Hongrie et la fin des financements européens– et ceux
du dialogue, qui estimaient qu'il ne fallait pas pousser Viktor
Orbán dans les bras de Vladimir Poutine et que le conflit n'était
pas une solution. L'UE a fini par conditionner les financements
européens au respect des valeurs communes des Vingt-Sept. Cette
stratégie s'est montrée efficace vis-à-vis d'un leader qui
critiquait sans retenue l'Union européenne, mais finançait sa
politique grâce à ses financements.
Comme j'ai eu l'occasion de l'indiquer il y a un an déjà, la
réélection de Donald Trump a d'abord présenté une fantastique
opportunité pour les leaders de la droite radicale en Europe.
Alors que la reconnaissance internationale leur faisait largement
défaut, ils bénéficiaient subitement du soutien du président de la
première puissance mondiale. Leur programme se trouvait aussi
légitimé: comment, en effet, critiquer des orientations politiques
approuvées par la majorité des citoyens américains? Enfin, Donald
Trump promettait de soutenir activement toutes les formations
politiques européennes alignées sur l'idéologie MAGA afin,
notamment, de mettre à terre l'Union européenne.
Mais ce parrainage est devenu embarrassant, à mesure que Donald
Trump se radicalisait et que les Américains remettaient en cause
sa politique, intérieure comme extérieure. En outre, l'agressivité
du président des États-Unis à l'égard de ses partenaires européens
devenait problématique. Comment, en effet, se réclamer d'un leader
qui entendait mettre à terre les nations européennes?
3. Il ne faut pas exclure un État de l'UE à cause de ses
leaders
En troisième lieu, la défaite de Viktor Orbán rappelle une vérité
fondamentale: les citoyens européens ne doivent pas être punis
pour les erreurs de leurs dirigeants. L'Union européenne a souvent
été critiquée pour son manque de fermeté face aux États membres
déviants. Certains, dans les instances européennes et les
chancelleries, ont envisagé de pousser la Hongrie à activer
l'article 50 du traité sur l'Union européenne, pour obtenir sa
sortie. Pourtant, l'exemple hongrois, après l'exemple polonais,
montre qu'il est possible de concilier fermeté et solidarité, dans
l'attente d'un changement électoral.
L'UE a imposé des sanctions à la Hongrie pour ses
violations de l'État de droit, notamment par le biais
du mécanisme de conditionnalité budgétaire. Ces mesures ont eu un
impact économique certain, notamment sur les fonds européens
destinés aux citoyens. Pourtant, la victoire de l'opposition
proeuropéenne de Péter Magyar montre que les Hongrois ont su
distinguer la responsabilité de leurs dirigeants de leur
appartenance à l'UE.
Le succès massif de l'opposition hongroise devrait inciter l'UE à
affiner sa stratégie: les sanctions doivent cibler les élites
corrompues et non les populations. Il est possible de soutenir les
sociétés civiles et les médias indépendants, tout en maintenant
une pression sur les dirigeants. Le cas hongrois –qu'il s'agisse
du résultat des élections ou des sondages d'opinion– prouve que
les citoyens restent attachés à l'Europe, malgré les dérives de
leur gouvernement.
Pour éviter que d'autres États ne suivent la voie de la Hongrie,
l'UE doit renforcer ses mécanismes de protection de l'État de
droit, tout en développant des canaux de dialogue avec les
sociétés civiles. Les fonds européens doivent être
conditionnés au respect des valeurs de l'Union, celles
qui figurent dans les traités qui ont été ratifiés en pleine
connaissance de cause par les États membres, mais aussi utilisés
pour soutenir les projets locaux et les initiatives citoyennes.
Un espoir pour la démocratie, en Europe et ailleurs
La défaite de Viktor Orbán est bien plus qu'un simple changement
de gouvernement: c'est un signal fort pour l'Europe. Elle montre
que les peuples peuvent se libérer du joug des populistes,
que l'alliance avec des leaders autoritaires peut
devenir un fardeau électoral et que les sanctions européennes
peuvent être efficaces sans punir les citoyens. Cette victoire de
l'opposition proeuropéenne offre une lueur d'espoir pour la
restauration de la démocratie en Hongrie et, plus largement, pour
la défense des valeurs progressistes, en Europe comme dans le
reste du monde.
L'échec de Viktor Orbán est un camouflet pour Donald Trump
et Vladimir Poutine, qui l'ont soutenu sans compter.
C'est un avertissement pour tous les leaders de la droite radicale
en Europe, qui se sont engagés à ses côtés. Mais c'est aussi un
rappel à l'ordre pour tous les progressistes, qui doivent
comprendre que la démocratie n'est pas un acquis,
mais une construction permanente, qui exige vigilance, engagement
et solidarité.
--
Vous avez reçu ce message, car vous êtes abonné à edefrance-discussions groupe d'échanges sur le fonctionnement, la stratégie et la préparation des actions de EDE-France. Pour contribuer sur ce sujet, écrire à edefrance-...@googlegroups.com
Pour tous les autres sujets, utiliser d'autres listes. Merci.
---
Vous recevez ce message, car vous êtes abonné au groupe Google edefrance-discussions.
Pour vous désabonner de ce groupe et ne plus recevoir d'e-mails le concernant, envoyez un e-mail à l'adresse edefrance-discus...@googlegroups.com.
Pour afficher cette discussion, accédez à https://groups.google.com/d/msgid/edefrance-discussions/9fc10850-a4dd-4c60-8bda-933be22d8e86%40arras-esperanto.fr.
--
D'ailleurs, je trouve l'article tellement formidable que je l'ai traduit (grâce à Google Traduction et mes corrections) sur :
https://verduloj.com/2026/04/18/espero-por-la-restarigo-de-demokratio-en-hungario-2026/
Je ne suis pas un as de la relecture, donc si vous voyez des phrases mal traduites, dites le moi "en privé" sur mon adresse perso et je corrigerais tout de suite. MERCI
Marc ANSELMI, marc.a...@arras-esperanto.fr
Et en plus, comme je l'ai appris dans un débat sur Euronews ce matin, il monnayait le non usage de son droit de veto contre des concessions sur des sujets n'ayant rien à voir avec le vote...
Quelle que soit la règle du jeu, on finit toujours par trouver un moyen de la détourner.
Amike,
JSB
Le sam., avr. 18, 2026 à 15:13, didier....@bluewin.ch<didier....@bluewin.ch> a écrit:
Pour afficher cette discussion, accédez à https://groups.google.com/d/msgid/edefrance-discussions/1239276698.1075288.1776517987455%40email.bluewin.ch.
A l'époque, ça se résumait par le slogan :OUI aux États Unis d'Europe,NON à l'Europe des États-Unis.Trump a eu le mérite de mettre cartes sur table : nous sommes les vassaux des USA. Avant, on le pensait, mais on ne le disait pas.L'Europe doit redevenir forte et se rapprocher des pays qui souhaitent vivre dans un monde stable et pacifique, afin de renforcer la gouvernance mondiale. Pousser à réformer l'Onu ou créer une structure parallèle, si c'est trop bloqué.La démocratie- intra- et interétatique, sert à résoudre pacifiquement les conflits, lorsque c'est matériellement possible, et éviter les affrontements lorsque l'oppression débouche sur le cycle rébellion/répression, jusqu'à ce que le combat cesse faute de combattants et que le moins fort capitule.La démocratie permet d'aller directement au résultat, sans détruire ni vies humaines ni ressources.Elle fonctionne plus ou moins parfaitement dans certains pays, mais au niveau mondial, ce n’est pas le cas, vu le nombre de souffrances que l'on constate. Le résultat concret est plus important que les indices.Ce à quoi EDE doit appeler, c'est à la paix et la démocratie mondiales, au décloisonnement des opinions publiques et bien sûr à l'adoption de l'espéranto.Amike,
JSB
Non Didier, l’espéranto n'est pas une première marche pour la démocratie.
Les démocraties existent déjà sur la planète sans l’espéranto. Notre projet, c'est d’améliorer la démocratie grâce à l’espéranto.
L’espéranto est un "helpa ilo", un outil auxiliaire pour un moteur démocrate qui existe déjà. Le monde n'est pas parfait en démocratie, on peut être déçu de la démocratie actuelle, mais il ne faut pas cracher dessus et sous entendre que ce serait mieux ailleurs.
Marc ANSELMI
--
Vous avez reçu ce message, car vous êtes abonné à edefrance-discussions groupe d'échanges sur le fonctionnement, la stratégie et la préparation des actions de EDE-France. Pour contribuer sur ce sujet, écrire à edefrance-...@googlegroups.com
Pour tous les autres sujets, utiliser d'autres listes. Merci.
---
Vous recevez ce message, car vous êtes abonné au groupe Google edefrance-discussions.
Pour vous désabonner de ce groupe et ne plus recevoir d'e-mails le concernant, envoyez un e-mail à l'adresse edefrance-discus...@googlegroups.com.
Pour afficher cette discussion, accédez à https://groups.google.com/d/msgid/edefrance-discussions/CAOavXH7hMonpwD6%2BzYYkh3ZqLw-xW1aqvcp4zHBYBP2nckf%2BbA%40mail.gmail.com.
Pour ceux que cela intéresse :
https://petition.pangor.org/fr/home
la charte de paix à laquelle travaille notre organisation Pangée ONG – ingénierie de paix (de ma compagne Nathalie Kesler et moi-même). Des événements sont en préparation. Je vais essayer de mettre en ligne le film de son intervention aux Nations Unies, à New York, le 18 mars dernier.
Amicalement,
François Lo Jacomo
06 80 88 53 27
--
La 18/04/2026 16:10, « 'Brilleaud Jean-Seb' via edefrance-discussions » <edefrance-...@googlegroups.com> skribis:
Pour afficher cette discussion, accédez à https://groups.google.com/d/msgid/edefrance-discussions/83218582.791115.1776521416434%40mail.yahoo.com.
Kara Jean-Sébastien,
Supre de la fenestro, maldekstre, vi alklaku « charte » kaj vi vidos la tekston de la ĉarto, kiun proponas la peticio – estas mallonga versio kaj longa versio.
Amike,
François Lo Jacomo
06 80 88 53 27
--
La 19/04/2026 19:20, « Brilleaud Jean-Seb » <jean...@yahoo.fr> skribis:
Saluton François,
Mi ne trovis la tekston de la peticio, nur la ligilon por subskribi.
Kio estas la enhavo de la Ĉarto?
Amike,
Le sam., avr. 18, 2026 à 17:28, François Lo Jacomo
<fran...@lojacomo.eu> a écrit:
Pour ceux que cela intéresse :
Pour afficher cette discussion, accédez à https://groups.google.com/d/msgid/edefrance-discussions/913227A3-D985-4767-8F9B-239BFD6A7528%40lojacomo.eu.