Souveraineté numérique : la Commission européenne dévoile son plan

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Aleks K.

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Jun 14, 2026, 3:35:49 PMJun 14
to EDE Polique


Big Tech. 

Souveraineté numérique : la Commission européenne dévoile son plan

Le mercredi 3 juin, Henna Virkkunen, la commissaire européenne chargée du numérique, a révélé sa stratégie pour réduire la dépendance des Vingt-Sept à l’égard des géants de la tech américains et chinois. En la matière, l’Europe part de très loin, souligne la presse internationale.

Courrier international
 Réservé aux abonnés Lecture 3 min. Publié le 4 juin 2026 à 17h13, mis à jour le 5 juin 2026 à 09h27

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Henna Virkkunen, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique. PHOTO MIGUEL MEDINA/AFP 

Comment renforcer la souveraineté numérique de l’Union européenne (UE) sans se fâcher avec Washington et Pékin ni risquer d’enclencher des mesures de rétorsion ? C’est à cet exercice d’équilibriste que s’est livrée, le mercredi 3 juin à Bruxelles, Henna Virkkunen, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, en proposant aux États membres et au Parlement un paquet de mesures.

Elle l’a fait en recourant à “l’un des plus anciens outils présents dans l’arsenal de l’UE” : la stratégie industrielle, souligne PoliticoPlutôt que d’exclure les concurrents américains et chinois, le plan de la Commission vise à “stimuler les champions nationaux”. Un parti pris qui marque un tournant, relève le Financial Times : il s’agit de passer “de la régulation des géants de la tech à la promotion des services européens”.

“Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre d’autrui pour les technologies qui assurent le fonctionnement de nos hôpitaux, la stabilité de nos réseaux énergétiques et la sécurité de nos services”, a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans un communiqué. “Il s’agit de protéger nos citoyens, de défendre nos intérêts et de faire nos propres choix.”

Attendu depuis plusieurs mois, le plan dévoilé par la Commission est largement motivé par la crainte que le gouvernement Trump n’utilise “l’accès aux services technologiques américains essentiels comme moyen de pression”, relève le Financial Times. Le bras de fer survenu en 2025 entre Pékin et le fabricant néerlandais de puces Nexperia, qui a menacé de paralyser les chaînes de production des constructeurs automobiles européens, est venu également rappeler à quel point, “en matière de composants, l’Europe reste dépendante de l’Asie”, note La Libre Belgique.

Soutien résolu aux solutions européennes

Henna Virkkunen a donc proposé une vision “large”, allant du cloud à l’IA, en passant par les semi-conducteurs, explique Le Temps. “Des domaines intimement imbriqués”, dans lesquels l’Europe n’est rien sans ses fournisseurs américains et chinois. Or “nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où quelqu’un disposerait d’un kill switch [‘dispositif d’arrêt d’urgence’] pour débrancher nos services”, a souligné Henna Virkkunen.

Réduire la dépendance du continent à l’égard de technologies développées ailleurs passe donc par un soutien résolu aux solutions européennes. Bruxelles entend réserver certains contrats numériques aux groupes européens, favoriser l’implantation de centres de données au sein de l’UE et soutenir la production européenne de puces dédiées à l’IA. “Nous ne sommes pas en guerre, mais nous ne sommes pas en paix non plus, avertit Henna Virkkunen. C’est pourquoi il est important que nous puissions contrôler tous ces outils.”

L’Europe part de très loin, insiste La Libre Belgique, “et sa capacité à muscler son offre en matière numérique suscite de nombreux doutes”, une loi adoptée en 2023 pour développer la production de puces électroniques, notamment, n’ayant pas vraiment été couronnée de succès.

Une nouvelle loi sur les semi-conducteurs, le Chips Act 2.0, devrait désormais conditionner les subventions européennes et les aides d’État à l’apport de “valeur ajoutée à l’Europe”. Le concept vise à favoriser les entreprises “qui prévoient d’investir en recherche et développement en Europe, d’y créer des emplois, de créer un écosystème”. Les géants de la Silicon Valley qui ne disposent pas d’une infrastructure solide en Europe seront fatalement désavantagés, souligne La Vanguardia.

Une deuxième loi sur le développement du cloud et de l’IA devrait pour sa part permettre de tripler la capacité européenne en centres de données d’ici à 2035, notamment en simplifiant et en harmonisant les procédures.

Créer des “contrepoids stratégiques”

Autre nouveauté : la Commission établit quatre niveaux de souveraineté du cloud, fondés sur des critères tels que la cybersécurité, la localisation des infrastructures et les chaînes d’approvisionnement. “Plus on monte dans les niveaux, plus les exigences sont strictes”, a expliqué Henna Virkkunen. Dans le cadre des marchés publics de niveau 4, les plus sensibles, comme celui de la défense, les fournisseurs seraient tenus de garantir que les logiciels et le matériel sont fabriqués dans l’UE.

La Commission a tenu à insister sur le fait que ce plan ne visait pas “l’isolement, le protectionnisme ou le découplage technologique”, mais plutôt la création de “contrepoids stratégiques renforçant la capacité de l’Europe à rester ouverte sur le monde sans compromettre ses intérêts et ses valeurs”, rapporte le Financial Times.

Henna Virkkunen a récusé toute volonté de se couper totalement de solutions extra-européennes et a précisé que, “dans la plupart des cas, des contrats [resteraient] ouverts à des prestataires non européens”.

Mais même si elles sont graduées, les exigences de l’UE pourraient bien lui valoir des représailles de la part de ses partenaires commerciaux, nuance La Libre Belgique. Mercredi, les autorités américaines n’ont pas réagi immédiatement au plan de la Commission. En revanche, la Computer and Communications Industry Association (CCIA), un des principaux lobbys du secteur technologique, a aussitôt dénoncé des “mesures discriminatoires, qui vont fermer progressivement le marché européen aux fournisseurs établis à l’étranger”.

Brilleaud Jean-Seb

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Jun 14, 2026, 4:59:22 PMJun 14
to ale...@gmail.com, EDE Polique
<<  il s’agit de passer “de la régulation des géants de la tech à la promotion des services européens”.>>
Si c'est pour promouvoir des services qui renforcent le pouvoir des géants de la tech et les aider à imposer des règles du jeu qui les favorisent, on n'est pas près d'en sortir...

Amike, 

JSB 

Le dim., juin 14, 2026 à 20:35, Aleks K.
<ale...@gmail.com> a écrit:
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