La coalition menée par
l’Arabie saoudite a multiplié les bombardements au Yémen pour affaiblir
les positions des Houthis, minorité chiite bien implantée au Yémen. Ces derniers ont déjà pris possession de Sanaa et menacent Aden. La coalition menée par
Riyad est soutenue par
l’Egypte. Comme les puissances occidentales et régionales (à l’exception notable de l’Iran), l’ONU demande aux Houthis de mettre fin à leur offensive.
Il faut aussi se souvenir que le Yémen est un sanctuaire d’Al-Qaida
(les Frères musulmans y sont aussi bien implantés), où se sont entrainés
nombre de terroristes dont ceux qui ont perpétré les attentats de
janvier 2015 en France... or les Houthis combattent ces jihadistes de
l’AQPA (Al-Qaida dans la péninsule arabique) qui se sont emparés de
Moukalla, chef-lieu de la province orientale de l’Hadramaout. L’EI
commence à s’implanter au Yémen, profitant de la guerre actuelle,
revendiquant deux attentats suicides à Sanaa dans les mosquées chiites,
attentats qui ont fait près de 140 morts. Les jihadistes prospèrent à
l’ombre de l’intervention menée par la coalition, et ne subissent aucune
frappe aérienne : cela va dans le sens d’un conflit régional
Iran/Arabie saoudite transposé au Yémen. Cette guerre a déjà fait plus
de 1000 morts et des milliers de blessés selon l’ONU ; le Yémen, pays le
plus pauvre de la péninsule arabique,
s’enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos... la catastrophe
humanitaire est proche. L’Arabie saoudite hésite à envoyer des troupes
au sol... et annonce la fin de ses frappes aériennes de « tempête
décisive ».
Al- Nostra, branche syrienne d’Al-Qaida a pris possession de la ville
d’Idleb, et maitrise désormais toute la province d’Idlib en plus de
celle de Rakka. L’armée de Bachar Al Assad a subi plusieurs revers,
notamment dans la province de Deraa. Daesh a assassiné une quarantaine
de personnes – y compris des enfants – en majorité chrétiennes. La
situation des chrétiens d’Orient est des plus préoccupantes, le pape
François s’en fait le relais. La ville de Tikrit – fief de Saddam
Hussein – a été reprise aux jihadistes au prix de très durs combats
menés par des soldats appuyés par des milices chiites. L’EI tient
toujours Mossoul au nord et sa région pétrolifère, mais les Yazidis sont
parvenus à contrer les jihadistes dans les monts Sinjar.
Le Sinaï égyptien est en partie aux mains des jihadistes d’Ansar Beït
Al Maqdess qui ont fait allégeance à Daesh. Une trentaine de personnes y
ont été tuées, le Sinaï est quasiment une zone de non-droit.
Daesh s’est considérablement renforcé
en Libye autour de Derna et Syrte, contrôlées par Ansar al-Charia.
Cette organisation vient d’assassiner une trentaine de chrétiens
éthiopiens, pour leur appartenance religieuse, et aussi parce qu’Addis
Abbeba est intervenue contre les Shebab somaliens.
Près de 70 personnes ont été assassinées sur le campus universitaire de Garissa au nord du Kenya. Cette dramatique attaque a été revendiquée par les Shebab somaliens,
branche somalienne d’Al Qaida. Nairobi est intervenue avec l’Unité
africaine pour chasser les Shebab de la capitale somalienne Mogadiscio,
et depuis ils multiplient les attentats contre la puissance régionale
kényane. Ces assassinats ont ciblé des étudiants chrétiens, les
étudiants musulmans ont été épargnés.
Le président sortant Goodluck Jonathan
a reconnu sa défaite électorale et la victoire de Muhammadu Buhari.
C’est la première alternance politique réussie depuis le retour du
pouvoir aux civils en 1999.
Rien n’est gagné pour autant. La lutte contre la corruption demeure
une gageure, mais le nouveau président bénéficie d’une certaine
confiance dans ce domaine. La lutte conte la secte Boko Haram
est un immense défi, même si Muhammadu Buhari a déclaré vouloir
l’éradiquer. Cet ancien militaire a déjà été au pouvoir entre 1983 et
1985 au sein d’une junte, il a laissé en souvenir son goût pour la
discipline. Cela sera-t-il suffisant pour mettre fin aux exactions de
Boko Haram (rapt de plus de 2000 femmes et fillettes depuis la fin 2013
par exemple) ? Le Nigéria est un pays émergent de 173 millions de
personnes – le géant démographique africain – dont le PIB est passé
devant celui de l’Afrique du Sud, il dispose d’une rente pétrolière et
pourtant la majorité de la population vit avec moins de 2 dollars par
jour. Ce pays est miné par la corruption, les inégalités et de fortes
tensions religieuses entre les musulmans du nord et les chrétiens du
sud. Les chantiers sont nombreux pour le nouveau président.
Les migrants fuient souvent des situations de guerre ou d’oppression
(Soudan, Somalie, Erythrée...), ils sont pris en charge par de
véritables trafiquants d’être humains pour pouvoir traverser la
Méditerranée après parfois avoir transité par le Sahara. Ce voyage peut
durer jusque deux ans. Les migrants s’entassent dans des embarcations de
fortune pour lesquelles ils ont payé leur place plus de 3 000 euros.
La pression migratoire se fait plus forte, l’agence européenne estime
qu’entre 600 000 et un million de personnes attendent, entassées dans
des camps libyens aux conditions très précaires, de pouvoir traverser la
Méditerranée. Cela inquiète au plus haut point l’Italie qui a déjà reçu
plus de 20 000 immigrants clandestins sur le premier trimestre 2015 ;
elle est particulièrement sous pression en étant l’une des principales
portes d’entrée sur le territoire communautaire.
L’Europe
se trouve confrontée à l’urgence du défi migratoire, après la mort de
plus de 700 personnes en un seul naufrage, et de plus de 1500 depuis le
début de l’année 2015. Frederica Mogherini, chef de la diplomatie européenne déclare « l’Union européenne n’a plus d’alibi ».
A l’évidence elle ne peut laisser quelques pays – au premier rang
desquels l’Italie – assumer la politique migratoire de l’Union, pas plus
que la ville de Calais ne peut assumer seule – ou presque – celle du
Royaume Uni.
Que faire ? Augmenter les navires pour repêcher les migrants ? En
2014, 170 000 immigrants clandestins ont été sauvés par l’opération Mare nostrum (budget 9,3 millions d’euros par mois), l’immense
majorité est accueillie en Italie. Augmenter la capacité d’accueil des
centres ? L’Italie craint l’arrivée de plus de 500 000 réfugiés sur son
territoire cette année. Lutter contre les « passeurs », nouveaux
trafiquants d’êtres humains qui les laissent se noyer sans état d’âme ?
C’est ce que propose Matteo Renzi qui dénonce un « nouvel esclavagisme »
et envisage d’utiliser des drones militaires contre les embarcations
encore vides. Développer la politique de co-développement avec les
foyers émetteurs pour décourager en partie les départs ? Passer des
accords avec les différentes factions libyennes pour qu’elles ne
laissent plus passer les flux, comme au temps de Kadhafi ? Le chaos
libyen actuel explique en grande partie l’intensification des flux
migratoires, faut-il alors intervenir de nouveau en Libye ? L’Union
convoque un sommet européen extraordinaire pour essayer de trouver des
solutions à une situation qui ne l’est pas moins. L’Europe est prise
entre devoir moral d’aide et éviter de multiplier les candidats au
départ. L’Union décide de tripler l’enveloppe de Triton (autour de l’Italie) et Poséidon (autour
de la Grèce), au risque d’encourager les trafiquants, et réfléchit à
une possible intervention militaire pour détruire les embarcations
encore vides.
Les Arméniens commémorent le centenaire du début du génocide sous l’empire ottoman.
L’Eglise arménienne a décidé de canoniser 1,5 millions de victimes, et
la capitale arménienne Erevan organise une cérémonie commémorative à
laquelle participent les présidents français et russe, par exemple, pour
le plus grand déplaisir d’Ankara. L’Allemagne reconnait aussi ce
génocide des Arméniens, une première pour un pays qui accueille une
forte communauté turque.
Le président sortant, Islam Karimov, âgé de 77 ans, a été réélu sans
surprise pour un nouveau mandat de 5 ans alors qu’il dirige son pays
depuis déjà un quart de siècle. La Constitution de l’Ouzbékistan limite
pourtant la présidence à deux mandats successifs...
Le premier ministre Taavi Roivas est désormais à la tête d’une vaste
coalition gouvernementale entre parti de la réforme et
sociaux-démocrates.
Le parti du Centre a remporté les élections législatives, son leader
Juha Sipila devra constituer un gouvernement de coalition. Il le fera
peut-être avec le parti arrivé en deuxième position aux élections, le
parti des Finlandais de Timo Soini, un parti volontiers eurosceptique et
xénophobe. La Finlande vieillissante vit très mal l’effondrement du
rêve Nokia.
Il n’y a pas eu rupture des négociations entre l’Iranet
les grandes puissances à Lausanne. Téhéran demande en préalable à toute
avancée claire une levée des sanctions économiques qui étouffent son
économie depuis longtemps, mais ces sanctions ne seront levées que
progressivement. Les négociations portent aussi sur la capacité de
Téhéran à fabriquer une bombe, la communauté internationale veut un « break out time »
qui lui donnerait le temps d’agir si l’Iran se dotait d’une bombe en
moins d’un an... Les positions américaine et française ne se rejoignent
pas forcément, Riyad est très hostile à un accord avec son rival
régional qu’elle accuse de soutenir la rébellion houthie.
Un accord sur le nucléaire permettrait une vraie renaissance
économique de l’Iran qui pourrait aussi réexporter davantage de
pétrole... et redevenir tout simplement une grande puissance régionale.
Les Européens demandent davantage de réformes à Athènes, à rebours du
programme sur lequel a été élu l’actuel gouvernement. Alexis Tsipras
s’est rendu à Moscou pour obtenir le soutien de Vladimir Poutine, en
pleine crise ukrainienne. Moscou
ne réglera pas les dettes de son allié grec, mais ce rapprochement fait
évoluer la géopolitique interne au continent européen. Pourtant pas
plus qu’il n’a trouvé un soutien financier à Moscou, le gouvernement
grec n’en a trouvé auprès de Washington où Obama a conseillé de « faire des réformes difficiles ».
Le FMI lui a refusé un rééchelonnement uniquement accordé aux pays
pauvres en grande difficulté. Or le 12 mai, la Grèce doit rembourser
747 millions d’euros au FMI...La Grèce se rapproche en fait un peu plus
du défaut de paiement, épouvantail dont elle use face à ses créanciers
européens. La popularité du gouvernement grec commence à s’éroder auprès
de ses administrés.
Les conservateurs, au pouvoir depuis 2006, dont la réélection en 2014
est contestée par l’opposition, font face à de nombreux scandales :
népotisme, corruption, intimidation... L’opposition boycotte désormais
le Parlement et la Macédoine ne prend plus aucune réforme, son processus
d’adhésion est lui aussi bloqué...notamment par son voisin grec qui lui
interdit l’usage du nom de Macédoine au motif qu’elle ne peut être que
grecque. Un autre drame balkanique...
Washington a envoyé 300 parachutistes, des instructeurs qui doivent
former des soldats de la Garde nationale ukrainienne, à environ 1000 km
de la ligne de front. Leur mission devrait durer 6 mois. Cette
affirmation par les Etats-Unis d’une position plus dure ne peut être
ressentie que comme une provocation au Kremlin. Le Canada devrait à son
tour envoyer 200 instructeurs au cours de cet été.
La croissance chinoise devrait être de 7% pour 2015, la plus basse depuis une quinzaine d’années,
si ce n’est en 2009. Certains signes inquiètent Pékin comme la
décélération de la hausse de la production industrielle ou celle de
l’investissement, sans compter que les exportations sont moins
dynamiques ; une croissance qui semble moins assurée que par le passé.
Il est tout à fait possible que Pékin doive soutenir l’activité, elle
doit surtout veiller à corriger les nombreux déséquilibres – et pas
seulement économiques - pour pérenniser son modèle actuel ; à moins
d’en changer radicalement.
Le président chinois Xi Jinping s’est rendu chez son allié en Aise du
sud, le Pakistan. Pékin veut y construire un vrai corridor de transport
vers la mer d‘Arabie (et Gwadar) et y investit une vingtaine de
milliards de dollars par le biais des fonds pour la nouvelle route de la
soie.
La Corée du Sud accueille le 7ème forum de l’eau, qui rappelle à quel
point l’accès à l’eau potable demeure un enjeu essentiel pour près de
la moitié de la population mondiale. L’approvisionnement des grandes
métropoles, y compris dans les pays riches et développés, sera bientôt
problématique : il faudra ménager les ressources et retraiter davantage
l’eau. La Californie, dont l’approvisionnement en eau est déjà
problématique, s’oriente vers le dessalement de l’eau de mer, comme à
San Diego.
Ce géant de l’Internet est accusé par la Commission européenne
d’abuser de sa situation dominante et d’empêcher le libre jeu de la
concurrence, en particulier dans le domaine des comparateurs de prix.
Google favorisant les sociétés qui lui sont associées. Ce moteur de
recherche détient près de 90% du marché européen, sa politique a donc un
impact immense. Trois sociétés ont déposé plainte contre Google il y a
déjà maintenant 5 années. Google peut choisir d’amender ses pratiques –
rendre plus visibles ses concurrents – ou d’espérer que les conclusions
de l’enquête lui soient favorables, pour éviter une amende qui peut
atteindre 10% de son chiffre d’affaires, environ 6 milliards d’euros.
L’entreprise UK Oil & gas Investments annonce avoir trouvé du pétrole en forant près de l’aéroport de Gatwick, peut-être « plusieurs milliards de barils ». Il faut néanmoins attendre d’autres forages avant de rêver d’avoir le Koweït en banlieue de Londres.
Les Etats-Unis sont depuis 2013 les premiers producteurs mondial de pétrole
– devant l’Arabie saoudite- et de gaz naturel devant la Russie.
L’augmentation de leur production d’hydrocarbures en 2014 n’a fait que
renforcer leur statut de leader mondial des hydrocarbures, avec 28,3
millions de milliards de BTU (British Thermal Unit) pour le pétrole et
26,3 pour le gaz selon le département américain de l’énergie (US Energy
Information Agency). Ces records sont liés à l’exploitations des huiles
et gaz de schistes par Washington qui opère ainsi une véritable
révolution énergétique, à l’origine d’un nouveau « choc pétrolier »
puisque l’or noir se négocie aux environs de 50-55 dollars le baril.
Tous les grands consommateurs de matières premières et énergétiques y
voient un ballon d’oxygène, ce qui n’est pas le cas des producteurs. Les
difficultés économiques du Venezuela sont aggravées par la chute des
cours du pétrole, le Groenland voit quant à lui s’éloigner l’horizon
d’une indépendance basée sur l’exploitation de ses matières premières.
Le sommet des Amériques, organisé à Panama est historique car
l’occasion de la rencontre entre le président des Etats-Unis et Raul
Castro. Une page est en train de se tourner alors que la Guerre froide
s’est terminée depuis un quart de siècle. La levée de l’embargo n’est
pas d’actualité car elle ne peut être décidée que par le Congrès
américain dominé par les Républicains. Le président Obama a pris
position en faveur du retrait de Cuba de la liste des pays soutenant le
terrorisme. C’est un geste fort en faveur du réchauffement des relations
entre les deux pays. Au niveau géopolitique, les Etats-Unis d’Obama se
recentrent en partie sur une Amérique latine délaissée jusque là par
cette administration... mais courtisée par la Chine qui prête de
l’argent à Petrobras ou au Venezuela de Maduro.
Le premier ministre indien, Narendra Modi en visite à Paris fait la promotion du « make in India »,
et appelle les entreprises européennes à venir investir en Inde. L’Inde
espère accueillir sur son sol des chaines de montage d’Airbus. La France et l’Inde
sont en cours de négociation d’un contrat portant sur 126 Rafales
depuis trois ans. Finalement New Delhi s’orienterait plutôt sur 36
Rafales construits en Europe. C’est une très bonne nouvelle pour
l’industrie française, Dassault en tête, un deuxième succès à
l’exportation en deux mois. L’Inde, quant à elle, dispose d’un outil
militaire vieillissant alors qu’elle est entourée de pays voisins jugés
menaçants (Pakistan et Chine), cela explique la signature de contrats
d’armement. D’autres suivront peut-être. La Pologne pourrait acheter 50
hélicoptères à Airbus.
La France vient de vendre 48 missiles Milan ainsi que 16 postes de tir au Liban pour l’aider dans sa lutte contre le terrorisme, et notamment Jabhat Al-Nostra. Le tout est financé par Riyad.