
En lançant le «tweet art » (l’art gazouillis), je propose un nouveau développement du web art, qui poursuit la tradition des «mots en liberté» du futurisme, des tampons d’artistes et de l’art postal, des pilules de la Pharmacie Fischer, des tags et graffitis sur les murs des villes, des affiches et des signalisation imaginaires dans les rues. Le tweet art permet d’accéder planétairement et immédiatement à ces petites images. Le tweet art se diffuse à grande vitesse sur le web, plus vite que la poste, comme auraient aimé les futuristes italiens.
Sans doute plusieurs artistes en feront-ils un gazouillis euphorique et divertissant comme le tweet des oiseaux — Monet disait que «l’artiste doit peindre comme l’oiseau chante» —, mais c’est plutôt pour moi, dans l’esprit de l’art sociologique, un art numérique de questionnement philosophique, socio-critique et éthique.
Hervé Fischer, mars 2011.
Artiste-philosophe,
canadien et français, né à Paris en 1941, Hervé Fischer est ancien
élève de l’École Normale Supérieure. Il a été professeur à l’École
nationale Supérieure des Arts décoratifs, puis, il a enseigné la
sociologie de la culture et de la communication à la Sorbonne-Paris V.
Il a été élu titulaire de la chaire Daniel Langlois des technologies
numériques et des beaux-arts à l’Université Concordia de Montréal,
responsable de la conception d’un Médialab québécois, Hexagram, en
consortium entre les universités Concordia et UQÀM (2000-2002). Il est
actuellement professeur associé et directeur – fondateur de
l’Observatoire international du numérique à l’UQÀM, chercheur à
Hexagram.
On lui doit de nombreux articles spécialisés, participations à des
ouvrages collectifs et conférences dans le domaine des arts, de la
science et de la technologie, en rapport avec la société. Parallèlement
il a mené une carrière d’artiste multimédia. Fondateur de l’art
sociologique (1971), il a été l’initiateur de projets de participation
populaire avec la radio, la presse et la télévision dans de nombreux
pays d’Europe et d’Amérique latine, avant de venir s’installer au Québec
au début des années 80.
En 2011, il lance le tweet art ou tuit art, avec la créacion de petites
icônes numériques à caractère philosophique et interrogatif, qu’il
diffuse sur Twitter.
Site officiel de Hervé Fischer
