BU - affaire en cours

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Loïc Geffrotin

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Sep 25, 2010, 12:49:10 PM9/25/10
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Bonjour à tous,

La directrice de la BU a donc donne au dernier CA le chiffre de 8 000 ouvrages détruits, + tous les dons non catalogués (oui, mais ça fait combien ?)
Ensuite, il faut voir que seuls le rayon socio en salle de lecture, et le droit (lecture + prêt) on été gérés. Donc il reste encore toute la salle de prêt et les salles de lecture à traiter.
Certes il n'y a eu que 8000 destruction de livres officiellement, mais combien de carton pour "l'afrique", Haïti, et élément nouveau : des pays ciblés d'Afrique (dont les noms m'échappent), ainsi que des cartons pour une "association américaine chargée de répartir ensuite les livres". Des hommes représentant ces assos/facs viennent directement dans le magasin pour charger.
Les cartons entreposés à l'entrée de la salle de lecture de droit ne sont que l'écume d'une grande vague. En effet d'après les témoignages que j'ai pu avoir, ce sont des étages entiers du magasin qui sont en train d'être vidés, mis en carton, et envoyé bien loin. Afin de faire de la place pour ce qui sera remonté des salles de lectures et de la salle de prêt.
Donc 8000 officiellement + les non catalogués + des centaines de cartons déjà envoyés ou en stand bye + ce n'est qu'un début. Bref il s'agit bien d'une hémorragie.
Il n'y a pas de place dans la BU, et il y a une salle de 160 000 ouvrages à vider, donc il s'agit bien de se débarrasser 160 000 ouvrages. Voilà comment réfléchi une bonne gestionnaire.

Concernant le droit de désherber.
Moi je disais : "la lettre de la présidente renvoie à la charte"
la charte pour rappel :
http://www.u-paris10.fr/32794209/0/fiche___pagelibre/&RH=FR
La charte explique (p14) de façon succincte que :
"4.2.4. La gestion des dons. La bibliothèque accepte les dons gratuits de particuliers ou d’institutions. Elle se réserve la possibilité de sélectionner les documents qui lui sont proposés et de ne retenir que les documents compatibles avec les orientations de la politique documentaire de l’établissement."
Je suppose que le mot de sélectionner est le seul sur laquelle peut s'appuyer la directrice pour faire de la place. Bref elle s'appuie sur pas grand chose.
Ce que rappèle le communiqué de la présidence, c'est qu'en 2008, la Charte a été écrite "en raison de la saturation critique de l’ensemble des espaces – magasins et salles - les bibliothécaires", en bref a été faite pour justifier la politique à venir.

Charte toujours, niveau pillonage des ouvrages catalogués, voir p.16 et suiv : pour pilloner soit l'ouvrage est en mauvais état, soit il est obsolète.
Comme le précisait bien MX, l'obsolescence est toute relative : certes les éditeurs font une nouvelle édition des codes en droit chaque année pour rajouter une note de bas de page ci ou là, mais pour les étudiants, ils restent très utiles et à jour (d'autant qu'il n'y a jamais assez de codes pour tous les étudiants de toute façon)

Au nom de quoi ? d'une "salle de convivialité" - learning center. Pour visualiser ce qu'est un learning center, j'ai fait une capture d'écran (ci joint) du rapport de l'inspection des BU la dessus (décembre 2009)
http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid20373/etudes-confiees-a-l-i.g.b.-inspection-generale-des-bibliotheques.html
Si certes les étudiant pourront travailler en s'amusant, brancher leurs ordinateurs portables (et ceux qui n'en ont pas?), derrière dans les projets qu'on peut lire sur le site de nanterre, on nous parle d'accès à des compléments de cours, mais on peut aussi voir poindre des substituts aux enseignants (comme le projet en cours concernant les langues, les profs concernés pourront témoigner). Avec des podcast, on peut facilement mettre au point des cursus de A à Z, et les faire payer très cher. "L'université numérique" c'est l'un des chantiers du projet ECRIN - institut du numérique :
http://www.u-paris10.fr/1279631684035/0/fiche___actualite/&RH=bib2_pres
Le point 2 c'est la "sécurité sociétale" (pour ficher tout le monde ?)
Le point 3 : la publicité et le marketing numérique
Le point 5 : le filtrage sémantique de l'information. Genre mettre au point des logiciels qui nous repère dès que l'on dit du mal de la présidente, ou que le mot "blocage" est écrit...
Pour rappel : ECRIN vise à inscrire l'université Paris Ouest dans la communauté d'institutions et d'entreprises autour de La Défense et des agglomérations proches, afin de développer des activités numériques exploitant les compétences de l'université, tant dans le domaine technique des applications numériques que dans leur accompagnement économique, juridique et social.
Et donc les entreprises de La Défense font pouvoir faire leurs petites emplettes dans le supermarché qu'est en train de devenir la fac de Nanterre, en s'acquittant de la modique somme de 750 000 euros.
Dans le même temps le Conseil Régional 92 donne 10 millions d'euros par an d'argent public à une fac privée, le Pôle Léonard de Vinci (au pied des tours de la défense), Pôle qui lui aussi fait ses emplettes dans nos formations, par le biais de partenariat/convention.
Et ensuite on nous dit qu'il n'y a pas d'argent pour agrandir la BU pour conserver tous les livres, ou recruter du personnel statutaire. de l'argent il y en a !!

On n'a pas réévoqué les conséquences que tout ceci va avoir sur les conditions de travail des étudiants, ni sur le travail des bibliothécaires.
Ni la présence d'un automate de prêt.
Une piste à creuser cependant : on ne comprenait pas le contre-argument du : "
les personnels de la BU allaient avoir à gérer plus de prêts eux mêmes". Pour rappel j'avais eu un mail d'explication de Montano "chargé de l'accueil des publics" de la Bu qui m'expliquait que : "A terme chaque salle de lecture devrait fonctionner en totale autonomie, ce qui permettra d'éviter le trop grand déplacement des ouvrages d'un endroit à l'autre." L'enjeux est là.

MX, je ne sais pas si j'ai bien répondu à tes questions, n'hésite pas à me relancer.
Donc oui il faut dénoncer l'aspect passage en force, la destruction des livres etc. mais pas seulement. Finalement toutes ces choses ne sont que la conséquence d'un projet plus large de privatisation de la fac (qui est en parti possible justement parce que la fac est à sec).

Loic
exemple de learning center.png
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