Message du Chef de l'Etat sur la situation au Mali

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Jan 23, 2013, 10:22:49 AM1/23/13
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MESSAGE A LA NATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, CHEF DU GOUVERNEMENT SUR LA SITUATION EN REPUBLIQUE DU MALI

Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
Il y a seulement quelques jours, j’ai eu l’immense plaisir de m’adresser à vous à l’occasion de mon message sur l’état de la Nation devant la Représentation Nationale et à la faveur de la présentation de mes vœux de nouvel an à la Nation.
Aujourd’hui, un devoir impérieux et pressant m’amène à m’adresser encore à vous face à la situation particulièrement préoccupante que connaît notre sous-région.
Comme vous le savez déjà, depuis plusieurs mois, la République sœur du Mali est confrontée à une menace contre son intégrité territoriale du fait de groupes rebelles et terroristes qui, au mépris du principe de l’intangibilité des frontières reconnu par l’Union Africaine et la Communauté internationale, ont engagé un processus de partition du territoire malien.
Cette menace de partition s’est accompagnée d’une autre menace plus grave. Il s’agit de l’irruption dans le Nord du Mali de groupes narco-trafiquants et terroristes armés, partisans du fondamentalisme religieux et dont l’objectif est de créer au Mali un Etat islamique basé sur la Charia, un projet contraire à la laïcité de la République Malienne et à l’esprit de tolérance religieuse reconnu dans nos communautés. Il y a lieu de rappeler que dans ce projet, ces groupes terroristes se proposent de remettre en cause le caractère laïc de l’ensemble des Etats de notre sous région.
Dans la mise en œuvre de ce plan de déstabilisation globale, ces groupes armés recourent à des actes de terrorisme notamment les prises d’otages, les exécutions sommaires, les viols, les violations des libertés fondamentales et des droits de l’homme, les trafics d’armes et de drogues de tous genres ainsi que les actes de vandalisme sur des édifices et autres vestiges de l’histoire africaine reconnus comme un patrimoine universel par l’UNESCO.

En effet, l’expérience a montré que la menace terroriste ne connaît pas de frontière infranchissable. L’intolérance religieuse qui la sous-tend ne connaît pas non plus de limite spatiale.

En somme, le péril sécuritaire et terroriste auquel est actuellement confrontée la République sœur du Mali doit être considéré comme une menace qui touche prioritairement notre sous-région dont le Bénin fait partie intégrante.

C’est au regard du caractère transnational voire mondial de cette menace sécuritaire que la communauté internationale a soutenu les efforts de la CEDEAO et de l’Union Africaine à travers l’adoption de la Résolution 2085 par le Conseil de Sécurité, laquelle préconise l’envoi d’une Force internationale pour aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale et à venir à bout du terrorisme international.

Mais face à l’accentuation de la menace marquée par l’avancée des groupes islamistes sur Bamako, il est apparu urgent et impérieux de prendre les mesures les plus appropriées pour éradiquer cette menace.

C’est dans ce cadre, que dans un geste de courage et de responsabilité salué par tous les Etats africains, la France, à la demande des autorités maliennes et en concertation avec la CEDEAO et l’Union Africaine, a pris la décision d’intervenir à travers l’envoi de troupes au Mali.
C’est le lieu, pour moi, de me féliciter une fois encore de cette décision salutaire, humanitaire et opportune du Président François HOLLANDE à qui nous adressons, au nom du continent africain, nos sincères remerciements.

C’est aussi dans ce même contexte que la CEDEAO qui s’organisait déjà pour l’envoi de troupes ouest-africaines sous commandement nigérian, a décidé d’accélérer le processus de mise en place des forces armées sur le terrain.

Béninoises, Béninois
Mes très chers Compatriotes,
Le Mali est confronté à une agression caractérisée contre son territoire et ses institutions. Or, en vertu des accords et protocoles communautaires au sein de l’espace CEDEAO, toute attaque contre un Etat membre est considérée comme une attaque contre tout l’espace communautaire.

Le Bénin, notre pays, ne peut donc se soustraire à ses engagements communautaires et internationaux.
C’est pourquoi, conformément aux dispositions de l’article 147 de la Constitution du 11 décembre 1990, mon gouvernement s’est réuni en Conseil extraordinaire des Ministres, le lundi 14 janvier 2013 et a décidé de marquer le soutien de notre pays à la lutte contre le terrorisme au Mali par l’envoi d’un contingent pour intégrer la Force de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA) en vue de l’instauration de la paix dans notre sous-région, donc dans notre pays.

A cet effet, je viens de saisir la Représentation Nationale de cette importante décision. Notre pays engagera ainsi sans délai, conformément aux dispositions du Traité de la CEDEAO ratifié par notre Institution Parlementaire, sur le théâtre des opérations aux côtes des troupes des pays frères et amis, une unité de police et une force militaire à la mesure de ses capacités actuelles.

Ce faisant, le Bénin entend satisfaire, comme à l’accoutumée, à ses engagements internationaux et assumer les responsabilités qui sont les siennes en tant que membre avec le Mali de plusieurs organisations sous-régionales, régionales et internationales, d’une part, et en tant que pays assurant la Présidence de l’Union Africaine, d’autre part.

Béninoises, Béninois,
Mes chers Compatriotes,
En prenant cette décision, mon gouvernement est conscient de toutes les conséquences qu’elle implique. Mais notre pays peut-il rester indifférent au sort tragique de milliers d’enfants, de jeunes, de femmes et de personnes âgées sans défense, privés de liberté et vivant tous les jours sous la hantise de la peur, de l’anxiété, de l’angoisse et de l’incertitude, surtout que cette insécurité menace également tous les Etats membres de la sous région.

La solidarité agissante qui a toujours caractérisé les sociétés africaines exige de nous, un soutien ferme et déterminé à ce pays frère.
En combattant les actes de terrorisme, d’insécurité et d’intolérance religieuse au Mali, nous nous prémunissons ainsi de leur répercussion et de leur contagion dans notre sous-région pour garantir la paix et la sécurité, conditions indispensables au développement durable de nos pays.
C’est pourquoi mon gouvernement en appelle au peuple béninois tout entier pour que dans un élan de solidarité nationale, régionale, continentale et internationale, il apporte son soutien à cette décision en vue du respect des libertés fondamentales dont nos frères et sœurs maliens ont besoin pour rétablir dans la sécurité, la paix et la stabilité l’ordre constitutionnel, l’Etat de droit et la démocratie au Mali.
Epris par le respect des libertés fondamentales, notre pays a toujours pris part aux opérations de paix dans les foyers où celle-ci a été menacée. C’est le cas de notre présence au Libéria, à Haïti, en Guinée Bissau, en RDC et en Côte d’Ivoire.

Aux troupes béninoises en route pour cette noble mission de paix au Mali, je donne l’assurance du soutien sans faille de tout notre peuple qui les accompagne de ses prières et de ses encouragements.

Vive la coopération internationale !
Vive l’Union Africaine !
Vive la solidarité sous régionale !
Vive le Bénin !
Je vous remercie !

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