Gouvernance économique au Bénin en 2012

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Gouvernance économique au Bénin en 2012 : Appréciations et réserves du FMI

Publié par visben dans ECONOMIE sur janvier 16, 2013 2:58 

Note d’information au public (NIP) n° 12/132
Le 26 novembre 2012
Les notes d’information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.
Le 9 novembre 2012, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Bénin.1 Le Conseil a aussi approuvé la quatrième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) au cours de la même réunion (Voir Communiqué de presse no 12/425 ).

Généralités
Le Bénin a consolidé et renforcé les récents acquis en matière de gestion macroéconomique, mais d’importants défis subsistent pour accélérer la croissance économique et réduire la pauvreté.
Une politique budgétaire prudente a permis de maintenir les déficits budgétaires à des niveaux gérables et de niveler l’excédent primaire de base de 2010 à juin 2012. Cette politique, conjuguée aux avantages de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM), a permis de maîtriser la dette publique à un faible niveau, soit environ 32 % du PIB. Le déficit du compte extérieur courant est resté dans l’ensemble stable et le déficit de la balance des paiements s’établissait à environ 5 % du PIB en 2011.

La croissance réelle a rebondi après les inondations de 2010 pour atteindre environ 3½% en 2011, un taux qui devrait se maintenir au cours de 2012. Les autorités ont enregistré quelques progrès dans les réformes structurelles et ont nettement amélioré le décaissement des dépenses sociales prioritaires. Il reste néanmoins à atteindre les cibles d’investissements publics, du développement de l’infrastructure et de la promotion des activités du secteur privé.

La politique monétaire appropriée menée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a contribué à maintenir l’inflation à un faible niveau, soit environ 2½% en 2010-11. Une nette progression des prix des combustibles importés du Nigéria en janvier 2012 s’est traduite par une hausse soudaine de l’indice des prix à la consommation, mais l’impact inflationniste ne semble pas devoir perdurer. La récente montée en flèche des prix internationaux des produits alimentaires n’a pas eu d’impact significatif au Bénin, compte tenu de la capacité du pays à produire ses propres produits alimentaires de base. D’après les projections, l’inflation devrait rester inférieure à 3 % à moyen terme.

Les récents événements survenus dans le port de Cotonou et dans la filière coton ont exacerbé les incertitudes qui entourent l’environnement économique actuel. Le gouvernement, préoccupé par les questions de gouvernance, a assumé un contrôle opérationnel plus direct de la filière coton au printemps; il prévoit une meilleure récolte cette année. Les difficultés rencontrées au port avec la mise en œuvre de la réforme, de même que les inquiétudes relatives à la gouvernance, ont débouché sur la suspension du programme de vérification des importations.

Le système bancaire commercial du Bénin est dans l’ensemble liquide. La fourniture de services bancaires est complétée par un nombre important d’institutions de microcrédit qui représentent 9½% du total des prêts du secteur financier et qui fournissent des services aux ménages et aux micro-entreprises. Pour développer davantage le secteur financier et le renforcer, il est prioritaire de mieux définir les droits de propriété et d’accroître la fiabilité de l’exécution des contrats, mais aussi d’améliorer la supervision des banques et des institutions de microfinance.

Évaluation du Conseil d’administration
Les administrateurs félicitent les autorités de leur prudente gestion macroéconomique. Les administrateurs notent que, bien que les perspectives économiques à moyen terme du Bénin soient favorables, le pays reste vulnérable à l’évolution régionale et mondiale. Pour relever les défis de l’avenir et consolider les acquis, ils soulignent qu’il est important de continuer à mener des politiques saines. Il sera nécessaire de mettre rapidement en œuvre les réformes structurelles afin de doper les perspectives de croissance et de réduire la pauvreté.

Les administrateurs saluent l’orientation budgétaire globale prudente des autorités. Ils se félicitent des progrès réalisés dans la mobilisation des recettes et des améliorations de la gestion des dépenses qui ont permis aux autorités d’atteindre leurs objectifs budgétaires et d’entreprendre des dépenses liées à la pauvreté. Ces avancées, si elles se confirment, ménageront un espace budgétaire pour réaliser les dépenses d’infrastructures requises et maintenir la dette à un faible niveau. Dans ce contexte, les administrateurs rappellent que la politique salariale doit rester alignée sur les objectifs budgétaires à moyen terme. Ils reconnaissent aussi que les diverses réformes douanières permettront de renforcer le recouvrement des recettes. C’est pourquoi ils préconisent de remettre en œuvre dans de bonnes conditions le programme de vérification des importations.
Les administrateurs se déclarent satisfaits de la revue plus approfondie du système financier et soulignent qu’il est nécessaire de poursuivre les efforts destinés à renforcer la stabilité du secteur financier afin de préserver la solidité de l’environnement économique et d’accélérer la croissance. Ils mettent en exergue la nécessité d’intensifier la surveillance du secteur financier et d’adopter des mesures destinées à élargir l’accès aux services financiers. Notamment, ils estiment qu’il est prioritaire de renforcer la supervision des institutions de microcrédit.
Les administrateurs rappellent que les réformes structurelles restent cruciales pour améliorer la compétitivité et la nature solidaire de la croissance. Ils encouragent les autorités à redoubler d’efforts pour améliorer le climat des affaires, notamment en mettant en œuvre un cadre révisé pour la filière coton, en soutenant le développement du secteur privé et en remédiant au déficit d’infrastructure.

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