infos concernant les réunions de conteurs à Lyon

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guy prunier

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Feb 21, 2010, 5:59:52 AM2/21/10
to conte...@googlegroups.com

Depuis presque deux ans, une fois par trimestre minimum, une bande d’une trentaine de Rhône-alpins (dont pas mal de lyonnais) se réunissent au centre culturel le Polaris de Corbas, pour échanger dans le cadre de la plateforme « les hauts parleurs et alors ». Nous avons au fil des mois eu l’occasion d’échanger des infos parfois très pratiques ou de réfléchir, d’échanger sur nos pratiques autour du thème du collectage, de l’« écriture», de la notion de « mensonges et de vérité », bientôt « travail social et art du conte » aussi que « obliger de faire rire ? »… Notre dernière rencontre étant une peu « bilan et perspectives », je vous fais passer quelques extraits des échanges pour infos… espérant que ça puisse intéresser peut être les conteurs de l’Apac.

 

QU’EST-CE QU’ON FAIT ICI ? QU’EST-CE QU’ON REVE DE FAIRE ?

POURQUOI LES HAUTS PARLEURS ET ALORS ?

…..

« La Genèse : il s’agit d’un groupe de conteurs et conteuses de tous poils qui, par définition, travaillent souvent seuls. L’être humain a, et sans doute l’artiste parmi tous les autres, le besoin de se réunir, de partager, d’apprendre, de commérer, de râler et quoi de mieux qu’un groupe pour cela, et un groupe de pairs encore mieux. Et puis, c’est le propre de notre métier, de notre savoir faire que d’écouter, de transformer pour rapporter, alors il nous faut de la matière, des rencontres, des histoires, des idées. Un vivier ces hauts parleurs ! Un vivier de trucs, de réflexions, des désaccords, d’informations, de rigolades.

Et puis, pas de structure, pas d’obligations, pas de règles, seulement écoute et parole.

Après ces années de présence, quel bilan ? Les « Hauts parleurs, et alors… » ?

….

 « Je conçois les hauts parleurs comme un plate forme de rencontre. D’ailleurs, à bien y réfléchir, il y a peut-être une petite erreur d’appellation. «Hauts parloirs » aurait peut-être mieux convenu pour définir non pas un groupe, mais un espace d’échange et de réflexion. Disons que l’objet « Hauts parleurs » est un outil, un espace ouvert qui s’enrichirait de ce que chacun y apporte.

La seule condition requise pour y participer étant d’être à l’heure et sur le lieu.

Pas de structure administrative, pas de budget propre…

Un lieu vide mais accueillant pouvant devenir, lieu de rencontre, d’échange d’infos, de mise en réseau, caisse de résonance, lieu d’initiative : stages co-organisés, projets artistiques communs à une partie des participants, rencontres professionnelles (voir les « Dites ouïes » dont vous pouvez trouver le compte rendu sur le site parleurs.com, avec invitation de collègues d’autres régi ons …qu’est ce que c’était bien !), échanges sur notre manière d « écrire », sur les expériences de collectage et bientôt sur le lien entre travail social et activité artistique (on a dit que l’on causerait aussi d’humour…).

« Ne soyons pas angéliques… ça n’est pas toujours passionnant, les hauts parleurs ! Il est évident que ce genre de lieu peut créer (ou faire apparaître) des frustrations : ne pas se sentir assez écouté, reconnu, soutenu, compris par les autres…

Le collectif peut renvoyer l’individu à lui même parfois de manière un peu douloureuse.

Il peut parfois paraître moins risqué de rester dans sa tour d’ivoire et se conforter dans ces certitudes ou se cacher ses propres doutes.

On peut même parfois avoir le sentiment d’y perdre son temps. Autant pour le nouvel arrivant, il y a un réel plaisir à se présenter et à être accueilli par les autres. L’ancien peut ressentir comme inutile de recommencer de nouvelles présentations ou de répondre à nouveau à des questions déjà posées…

N’espérons pas de ces rencontres plus que ce qu’elles peuvent donner mais reconnaissons leur quelques bienfaits. »

 

On peut se poser deux questions : est-ce que ça me sert ? Est-ce que ça peut servir aux autres ?

Il y a eu des rencontres aux hauts parleurs. Des solidarités qui se sont développées.

Personnellement, j’ai appris en écoutant l’évocation des projets des autres collègues :

collectage, manière de travailler. Il y eu même quelques projets de boulot qui sont nés des rencontres aux hauts parleurs.

Quand j’étais jeune conteur ou si j’avais été nouvel arrivant sur l’agglo lyonnaise, j’aurais

apprécié que ce lieu existe. J’aurais peut-être gagné un peu de temps.

Passer une journée par trimestre disponible aux autres et même parfois pour sa pomme ne me paraît pas un bien gros effort.

Je crois dans la parole bienveillante pour réfléchir, apaiser aussi. Je crois dans la rencontre et l’échange. Mais je crois aussi dans le travail. Les moments les plus intéressants ont été ceux où quelqu’un venait avec une réflexion personnelle, avec quelque chose de « préparé »…

Si la part d’ennuie prend sur la part de passion, l’affaire s’éteindra d’elle même.

Alors, quelle aide apporter aux hauts parleurs ?

C’est en apportant du contenu ! Artistique, administratif, politique… en alimentant les débats, en se creusant pour chercher des questions qui peuvent nous faire avancer, en cherchant et proposant des réponses, en secouant nos propres habitudes de praticien solitaire et économe… en essayant le plus sincèrement possible d’évoquer ces projets, ces rêves et ces difficultés…

L’avenir ?

Continuer bien sur à réfléchir et entendre les autres. Chercher des points d’accord, mieux analyser mes désaccords. Croisez le « faire », aussi !

Partager mon expérience et mon savoir, profiter de celui des autres. (Les échanges autour du thème du secret, un soir de juin 2009 furent une ébauche très intéressante et prometteuse.)

Vivre en bon voisinage, un voisinage de passion. Voilà ce que je cherche. Vivre le voisinage le plus paisible et le plus enrichissant avec les individus qui partagent la même passion que moi : la passion des mots, de leurs sens, de la parole vive et dansante, du récit porteur d’interrogations sur le monde.

Je pense qu’il pourrait se créer des « hauts parleurs hauts parloirs » dans d’autres régions avec d’autres dénominations. Je ne sais pas si cela fera progresser la « Qualité » du travail de chacun (Qualité : terme Ô combien subjectif) mais au moins permettre de travailler et vivre son métier d’une manière humainement satisfaisante. Il me semble que l’état de paix facilite mieux le commerce entre les humains…. Je dirais plutôt qu’il faut éviter de se tromper de guerres, le monde d’aujourd’hui en est plein, avec de vraies souffrances et des enjeux qui dépassent nos petites « carrières » individuelles (bien qu’il soit tout à fait légitime de s’occuper un peu de sa petite carrière). Une association de conteurs professionnels vient de se créer au niveau national. Faudra-t-il un jour « fondre » les hauts parleurs dans cette association ? Il est trop tôt pour y répondre mais de

toute façon, quelques soient les choix de ses adhérents, il me semble que des lieux ouverts comme celui des hauts parleurs resteront utiles, motivants, sources d’initiatives et de résistances. »

 

 

Amicalement

Guy Prunier

 

Ps : si vous désirez plus d’infos, le compte rendu complet ou d’autres choses concernant cet affaire… n’hésitez pas à demander !

Prochaines rencontres : Lundi 22 mars et Lundi 28 juin

 

 

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