Congo Libre
unread,Oct 12, 2011, 3:57:00 AM10/12/11Sign in to reply to author
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Le FPR/APR a menti. « Joseph Kabila » est un ex-membre du FPR/APR
(suite et fin)
« Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous
rendra libres » Jn 8, 32
Réécrire notre histoire est un difficile exercice de déconstruction de
l’histoire officielle. Plusieurs d’entre nous se sont déjà essayés sur
cette voie. Il est important de les redécouvrir, de les lire et de les
faire lire. Le minimalisme intellectuel et la diplomolâtrie font le
lit de notre esclavage volontaire.
Pour qui a bien lu « la confession » du Dr Rudasingwa -qui est un
secret de polichinelle-, la question de la déconstruction de
l’histoire officielle telle qu’elle nous est servie depuis la traite
négrière se pose avec acuité. La réécriture de notre histoire passe
obligatoirement par ce difficile exercice que certains d’entre nous
ont déjà entrepris. (Les textes d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon, de
Cheikh Anta Diop, de Joseph Ki-Zerbo, de Fabien Eboussi Boulaga, de
Bimwenyi Kweshi, Museka Ntumba, Bilolo Mubabinge, Kalamba Nsapo,
Tshitungu Kongolo, etc. sont assez éloquents là-dessus.)
Quand les négriers, les colons et les autres impérialistes décident de
conquérir nos contrées, ils le font sur fond des théories racialistes
privilégiant le recours à la violence et à la force aux dépens du
droit. Une relecture attentive de cette histoire de conquête atteste
que les règles du jeu n’ont presque pas changé dans nos rapports avec
les néocolonialistes et les impérialistes. Les choses se sont au
contraire corsées. Les Etats occidentaux ont coalisé avec les
multinationales pour la marchandisation du monde en général et de
l’Afrique en particulier. Avec la complicité des élites compradores du
Nord et du Sud. Dans ce mondé marchandisé, le droit humanitaire
international est constamment foulé au pied quand il n’est pas tout
simplement mis au service des « vainqueurs ».
Dans le documentaire intitulé « Le conflit au Congo. La vérité
dévoilée », des experts américains disent pourquoi, dans la guerre de
prédation qui sévit dans notre pays, ils ont jeté leur dévolu sur le
Rwanda. Ce pays, avec son armée « disciplinée » leur permet de
réaliser dans les Grands Lacs ce qu’ils ne peuvent plus faire par eux-
mêmes. En d’autres termes, ils leur facilitent l’accès aux matières
premières stratégiques ayant contribué à leur montée en puissance
militairement et économiquement. Cela est aussi vrai pour plusieurs
de leurs alliés.
Pour camoufler cet enjeu hautement stratégique, ils ont besoin de
travailler avec des corporations de plusieurs dirigeants du monde,
avec des pays satellites et/ou avec des marionnettes africaines
comme Kagame et ses autres escadrons de la mort du FPR/APR.
Ce modus operandi est resté constant depuis la traite négrière jusqu’à
ce jour. Il est très efficace au sein des institutions officieuses et/
ou occultes, des institutions parallèles dont se servent « ces maîtres
du monde » et les élites politiques et intellectuelles qui leur
obéissent. (L’enfer n’est pas que l’autre !)
L’efficacité de ces institutions impuissante les autres ; les
officielles. Celles au sein desquelles les discours sur la démocratie
et les droits de l’homme servent à créer l’illusion d’un monde fondé
sur les valeurs, le respect des droits socio-économiques et culturels,
sur le respect des libertés fondamentales.
Rappelons que l’Occident des marchands que l’Afrique rencontre au
cours de la traite négrière, de la colonisation et du néocolonialisme
est celui qui, dans son immense majorité, « a tué Dieu » (ou la foi
dans les valeurs d’amour, de justice et de paix) et l’a remplacé par
« l’argent » (le profit à tout prix, la cupidité et l’avarice). La
rhétorique démocratique n’a pas toujours permis à ceux qui en
doutaient d’aller gratter derrières les apparences. L’Occident qui
instrumentalise et/ou coopère avec nos élites aujourd’hui est celui
qui a vu la cupidité triomphé au cœur même de son système économico-
politique. ( Il est ici intéressant de lire un économiste Américain,
ex-conseiller de Bill Clinton, Joseph E. Stiglitz. Il dit ce que les
guerres US contre l’Irak et l’Afghanistan ont coûté et raconte
comment, au même moment, la cupidité triomphe dans son pays. Après
avoir coécrit Une guerre à 3000 milliards de dollars avec Linda J.
Bilmes (en 2008), il a publié Le triomphe de la cupidité (en 2010))
Par rapport à la voie de l’argent-à-tout-prix pour être fort et
puissant, « la confession » du Dr Théogène a l’avantage de nous
inviter sur une piste de « la guérison spirituelle » individuelle et
collective, une piste de la Justice, de la Vérité et de la
Réconciliation.
Cette piste présente quelques difficultés. Les corporations et les
réseaux transnationaux travaillant avec « les maîtres du monde » sont
protégés. Carla Del Ponte en a fait l’expérience quand, procureure au
Tribunal Pénal International pour le Rwanda, elle a demandé que la
partie tutsi du FPR/APR impliquée dans les crimes qu’elle avait elle-
même reconnue soit jugée. Kigali cherchera à « amener Del Ponte à
renoncer à ses enquêtes en marge du génocide, qui visent des officiers
de l’armée tutsie du Front patriotique rwandais. Car le mandat du TPIR
ne se limite pas au génocide organisé et dirigé par les extrémistes
Hutus mais à toutes les graves atteintes au droit humanitaire
international perpétrées en 1994. Selon les experts indépendants,
quelque trente mille Hutus auraient été tués sur le territoire
rwandais lors de la progression de l’armée du FRP. » (F. HARTMANN,
Paix et châtiment. Les guerres secrètes de la politique et de la
justice internationales, Paris, Flammarion, 2007, p.267). Parmi les
officiers visés, il y avait un certain James Kabarebe, « parrain » de
« Joseph Kabila ».) Pour avoir ouvert cette boîte de pandore, Carla
Del Ponte sera évincée de la TPIR.
Qu’est-ce que Kigali paiera en retour ?
Le soutien des USA dans leur refus de signer le traité créant le CPI.
Et Kigali bénéficiera de « la levée de l’embargo sur les armes que le
Congrès américain avait maintenu et d’une assistance militaire
substantielle des Etats-Unis alors que la guerre dans la République
démocratique du Congo voisin fait rage et a déjà emporté plus de trois
millions de vie. Or, Kigali ne s’est jusqu’ici pas privé de
déstabiliser la région des Grands Lacs ni son armée d’ajouter à la
guerre dans l’est du Congo pour y exploiter les ressources minérales
et naturelles qui suscitent tant de convoitises. » (Ibidem, p.271)
Telle est l’une des parts de notre histoire commune dans la sous-
région des Grands Lacs, part à laquelle « Kagame voudrait échapper ».
L’une des conséquences que l’ont pourrait tirer de « la confession »
du Dr Théogène Rudasingwa serait la réouverture d’un Tribunal Pénal
International pour le Rwanda pour juger Kagame et ses proches. Il
commencerait par ses proches en attendant la fin de son mandat
présidentiel. Qui pourrait financer un tel tribunal dans le contexte
actuel de la crise économico-financière ? Aussi rouvrir un tel
tribunal pourrait exiger que les alliés occidentaux de Kagame soient
eux aussi jugés. Qui peut, dans les circonstances actuelles, en
arriver jusque-là ? La tentation d’organiser des tribunaux locaux a
conduit Paul Kagame à instrumentaliser la justice locale en créant les
« gaciacia » où ne sont jugés que les Hutu.
Au Congo (RD), après la publication de plusieurs rapports ayant trait
à la tragédie que nos populations ont vécue, le rapport Mapping a
finalement proposé que « l’établissement d’une cour spécialisée
chargée de la répression des crimes de génocide, crime contre
l’humanité et crime de guerre » soit mise sur pied. Il y a bientôt un
an que le gouvernement a promis de mettre en pratique cette
proposition. Et jusqu’à ce jour, rien n’est fait. (Lire La Lettre
ouverte au président Joseph Kabila. Appel à traduire les promesses de
lutte contre l’impunité en actes du 6 novembre 2011. Elle est écrite
par Amnesty International.) Bosco Ntanganda recherché par la CPI n’a
pas encore été livré par « ses parrains et amis » au pouvoir à
Kinshasa. Et c’est dans ce contexte de guerre permanente et de
l’impunité généralisée que notre pays (où les policiers tirent à
belles réelles sur les manifestants, où les militaires tuent et
rançonnent nos populations, où les kuluna sont recrutés par « la
milice joséphiste ») se prépare aux élections probables de novembres
2011.
Que faire ? Poursuivre la lutte et renforcer les réseaux alternatifs
travaillant à la réécriture de notre histoire et à sa connaissance à
travers le monde. Rejoindre « les indignés » du monde pour faire
bouger les choses. Soutenir les luttes internes appelant à la rupture
avec le système esclavagiste et impérialiste d’où notre pays peine à
sortir et pour l’instauration d’un Etat de droit. Inciter les
minorités organisées à étudier les possibilités de la reconquête de
notre souveraineté politique et économique en allant vers les axes
stratégiques promoteurs du multilatéralisme, etc.
A notre avis, une bonne partie de la classe politique et
intellectuelle congolaise qui se prépare aux prochaines élections ne
donne pas suffisamment de signes prouvant qu’elle a une bonne maîtrise
des enjeux réels face auxquels notre pays est confronté. Il y a encore
un grand travail patriotique et un engagement sérieux dans l’opération-
vérité à entreprendre.
J.-P. Mbelu