Bonsoir,
Je voudrais juste apporter une petite contribution à la veille de la
clôture de ces échanges très intéressants et fructueux, m'étant
comporté jusqu'ici comme lecteur assidu. J'interviens en tant
qu'acteur de l'hydraulique rurale (dans le public comme dans le
privé), ayant pris part à la mise en oeuvre de la réforme dite REGEFOR
au Sénégal. Ma brève contribution (aux 3 questions soulevées)
s'inspire en grande partie des leçons tirés de ce projet pilote
(1999/2005).
1. Intérêt d'un investisseur privé: faible implication du privé dans
l'investissement au Sénégal. L'intervention du privé se limite à la
maintenance et au SAV, sur la base de contrat de prestations. A ce
niveau, les données de suivi sont essentielles pour la conception et
la mise en oeuvre d'un programme de maintenance efficace, des systèmes
AEP motorisés notamment (données techniques). L'intérêt du privé est
souvent conditionné par le niveau de rentabilité des forages (données
financières et de gestion). Dans le cadre de REGEFOR, le contrat de
maintenance prévoyait la remontée des données à caractère technique et
financiers, auprès des services techniques pour une prise en compte
dans l'actualisation des documents contractuels et cahiers des
charges. Au-delà de la maintenance, les initiatives au cours au
Sénégal en matière de délégation de gestion du service public,
requièrent pour leur réussite, la mobilisation d'une masse importante
d'informations et de données sur plusieurs années (notamment lors de
l'élaboration des business plan).
2. Crédit bancaire: le Crédit Mutuel du Sénégal (CMS-institution de
microfinance) a accompagné les associations d'usagers lors de la
remise à niveau des infrastructures, à travers un dépôt à terme
valorisé, pouvant aider à la mise en place d'une ligne de crédit
d'amortissement au bout de 60 mois. Cette ligne de crédit était
refinancé par une subvention du bailleurs de fonds (AFD), qui n'a été
sollicitée qu'à hauteur de 30%, par suite du constat de la solvabilité
des ASUFOR. Les informations financières recueillies auprès de cette
institution ont permis d'établir et de valider ces constats optim
istes. De plus, les informations sur les flux financiers (caisses <-->
banque) ont été capitales pour ces institutions de microfinance qui
ont constitué des "ressources longues" pour leur clientèle.
3. Diffusion et partage: "oui mais sécurisés". Les bases de données en
ligne peuvent constituer un moyen efficace et simple moyennant
quelques mesures de sécurisation graduelle selon l'utilisateur
(administrateur, public, autorités, services techniques,
collectivités, privé...). Une base de données en ligne a été
développée à la fin de REGEFOR bien qu'elle n'ait pas bénéficié d'un
soutien approprié (elle a cessé de fonctionner quelques années après
la fin du projet pilote). Les données transmises par les associations
d'usagers et gérants (rapports techniques, financiers et de gestion)
étaient saisies par les responsables des brigades des puits et
forages. L'objectif visé, au-delà des attentes des acteurs classiques,
portait entre autres sur l'information du public (ressortissants
notamment) eu égard à l'importance de la contribution des usagers non
résidents.
Cordialement.
Ousmane HANE
SEMIS, Dakar
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