Question à Monsieur Leger: Est-ce que vos PTF se contentent d’une consommation de 3.5 à 7 l/j/h. Est- ce qu’elle correspond à la capacité de vos installations ?
L’évaluation finale par le PTF a failli donner une mauvaise note aux premiers programmes AEP gérés en privé associatif et appuyé par le prédessesseur du STEFI. Raison : consommation en dessous des normes OMS, donc pas d’effet sur la santé de la population, ce qui était l’objectif global des programmes AEP. On a tiré la conclusion, qu’il fallait « professionaliser » les gestionnaires et qu’une gestion associative est difficilement professionnelle.
Comme ancienne representante d’un PTF appuyant la mise en place de fonds de la coopération entre Gouvernements, je felicite Monsieur Vezina, qui reagit sans trop d’intermédiaires et de bureaucratie aux exigences du terrain (privilège de la coopération décentralisée et des ONG). A mon avis, la conséquence qu’on aurait déjà pu tirer il y a une douzaine d’années de la faible consommation et de sa forte progression au debut, est : ne surdimensionnés pas la capacité, veillez à une bonne repartition des points d’eau et ne dérentabilisez pas les bornes-fontaines par des installations trop luxueuses…
Le STEFI peut aider comme médiateur entre la base et les décideurs, mais il faut bien organiser cette médiation. Je reprends la proposition faite dans la contribution de Monsieur Lemenager (Nr. 208): traitement par un service au niveau central. Mais là encore, il faudra cibler le traitement, la diffusion et la mise en commun sur les acquis, les solutions trouvées et les problèmes restants à être resolus, donc les expériences faites, (un peu comme dans le cadre de cette plateforme) et veiller à introduire tous les décideurs (ne pas oublier le Ministère responsable pour les Communes, L’Education Nationale, le Ministère de santé. Une Cellule de coordination, qui se réunit sur des questions en suspense (par exemple identifiés grace à la plateforme) sera utile.
Il sera également utile de faire une évaluation (p. ex. au Mali) sur l’évolution des principaux indicateurs (capacité d’autofinancement, consommation par tête d’habitant et par catégorie de consommateur, évolution des tarifs, retards de paiment et impayés par catégorie d’utilisateurs, utilisation de la capacité, structure des charges…) dans les centres ayant été gérés par des privés associatifs et ensuite « privatisés ».
Autre comparaison utile (bechmarking) : tarifs et structure des charges dans des centres à différentes sources d’énergie dans une même region.
Cordiales salutations Gisela Bock
Bonjour
En réponse à Mme Bock,
Les communes qui nous ont délégué la gestion de leur adduction d’eau ne souhaitent qu’une chose : c’est que nous assurons de façon continue le service de distribution de l’eau. En d’autres termes, les communes reportent le risque financier sur le délégataire. C’était donc au soumissionnaire à l’appel d’offres pour la construction et l’exploitation de ces réseaux de mesurer le risque et de décider s’il souhaitait déposer une proposition ou non.
Simuler l’exploitation d’un réseau AEP sur des bases définies par l’OMS ( c’est-à-dire 20 à 30 litres d’eau par jour et par habitant pour les raisons que vous évoquez : c’est en effet le minimum nécessaire à un changement de l’état de santé d’une population) est terriblement rassurant pour un futur exploitant car dans ces conditions, vous arrivez relativement facilement à l’équilibre des comptes d’exploitation. C’est probablement ce qui a expliqué les échecs nombreux que nous avons connus et que nous connaissons encore car les délégataires s’apercevait en réalité qu’au fil des jours ces chiffres n’étaient jamais atteints et que la poursuite de l’exploitation conduisait à leur perte.
Quelle que soit l’opinion des PTF, on ne peut se soustraire de la réalité du terrain et la réalité du terrain, c’est une consommation spécifique de 4 à 6 litres par jour d’eau payante pour chaque habitant. Heureusement, ce paramètre tend à augmenter ce qui démontre soit que la capacité financière des populations est plus grande que celle estimée au départ, soit que de plus en plus d’habitants prennent le chemin des bornes fontaines d’où l’effet mécanique de l’accroissement. Ce n’est pas simple de faire la part de ces 2 hypothèses.
Avant de nous positionner sur ce projet dans le nord sahel du Burkina, nous avons lancé des simulations financières : nous sommes partis du fait qu’avec 6 à 8 litres d’eau par jour et par habitant, nous pourrions équilibrer, avec des risques qui paraissaient acceptables, le compte d’exploitation qui, je le rappelle, globalise 7 réseaux AEP. Une gestion au jour le jour, très sévère, basée sur un contrôle strict des dépenses et des recettes nous permet d’assurer la bonne continuité du service de distribution de l’eau.
Nous considérons ce programme comme un champ d’expérimentation très important. Notre objectif est d’essayer de démontrer qu’il est possible sous certaines conditions d’assurer la pérennité d’une installation dans des conditions sévères. Il faut (et le dire sans tabou) rentabiliser financièrement une installation (voire selon la nécessité plusieurs s’il est démontré que la mutualisation est nécessaire en l’absence de toute subvention publique), c’est ainsi que l’on s’assurera de son appropriation et de sa durabilité.
Nos installations ont été dimensionnées pour offrir à la population une quantité d’eau largement supérieure au 7 l/j/hab mais ce dimensionnement se heurte à deux obstacles majeurs :
1- La ressource en eau : elle n’est pas illimitée au Burkina dans un contexte hydrogéologique de nappes de fractures. Un de nos réseaux est déjà sur le plan de la productivité au maximum de sa capacité alors qu’il ne répond pas totalement de la demande de la population. Il faut rechercher d’autres ressources.
2- L’analyse fine des ventes d’eau faites à chaque borne fontaine a très rapidement montré que les ventes à certaines bornes fontaines n’étaient pas suffisantes pour rétribuer correctement un fontainier d’où une perte de motivation qui se traduisait soit par la fermeture pure et simple de l’équipement, soit par un réaménagement des heures d’ouverture.
Les premières conclusions que nous pouvons apporter est de dire, comme d’ailleurs le souligne Mme Bock :
1- Dimensionnons les installations aux besoins actuels et non par rapport aux besoins futurs.
2- Rentabilisons au mieux les installations avec un design adapté et montrons-le par des indicateurs validés par tous les partenaires.
3- Utilisons cette rentabilité pour provisionner des extensions futures. Servons nous de ces provisions comme levier pour obtenir des financements afin de répondre aux besoins évolutifs des populations.
4- Faisons en sorte de fidéliser nos PTF et là est certainement l’enjeu majeur à réussir si nous ne voulons pas décevoir les populations.
Et pour rebondir sur la collecte des données et ce qui est le plus intéressant, bien entendu, sur leur analyse, il me semble qu’il ne sert à rien de créer de multiples bases de données sans que l’ensemble des partenaires n’en définisse le contenu exact avec des indicateurs connus et reconnus de tous. Comparer des comptes d’exploitation alors que la formule des amortissements diffère d’un exploitant à l’autre revient à ne rien comparer du tout.
Tous ces échanges dans notre plateforme, toutes ces réflexions que nous avons pu lire concourent à la mise en place urgente dans bien des pays des états généraux de l’eau pour « normaliser » le secteur.
Cordialement.
Christophe LEGER
Directeur technique et développement / technical and development Manager
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6 rue Lavoisier
F- 45140 INGRE - France
skype : vh-cle
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De : conferences...@googlegroups.com [mailto:conferences...@googlegroups.com] De la part de Gisela Bock
Envoyé : lundi 19 septembre 2011 14:22
À : conferences...@googlegroups.com
Objet : [reseaux-aep"219'] valorisation des données
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Bonjour à tous.
Avant la fin de la conférence n°3, je vous propose un éclairage sur le débat qui s’est engagé entre G. Bock et C. Léger sur la consommation spécifique. C’est certainement un point particulièrement important pour concevoir et gérer un service d’eau. L’évaluation de la consommation spécifique et son évolution dans le temps constitue une valorisation importante du suivi des services d’eau potable. Malheureusement, d’après les chiffres disponibles, on ne peut pas disposer d’un modèle mathématique permettant de concevoir un projet sans se préoccuper de faire des hypothèses propres au projet et à son environnement social (choix d’un niveau de service : BP, BF, PMH…), culturel, et physique (ressources alternatives, conditions d’exploitation, énergie…).
Les constats (extraits des données GCS-AEP au Mali) réalisés sur six services différents (projet AEP 6 Centres financement KfW) sont les suivants :
la consommation spécifique (en l/jour/hab) varie la première année de mise en service d’un service d’eau de 3 à 15 l/j/hab. Sept ans après, la consommation était comprise entre 15 et 55 l/j/hab. Ensuite, la consommation spécifique s’est stabilisée.
Certains services se sont libérés de la contraintes du suivi, et ils ont vus leur consommation spécifique diminuée de 40%, à la suite d’erreurs de stratégie et de défauts de gouvernance (Cas de Nara et de Bankass au Mali).
Bien que l’échantillon étudié ne soit pas suffisant pour dégager des règles scientifiques, on peut quand même en tirer quelques enseignements :
1- Il faut se méfier des modèles tous faits (p.ex. 50l/j/hab dans les années 70 ; 20 l/j/hab depuis les années 90) qui servent pour la programmation macro économique mais qui ne sont pas adaptés aux réalités d’un système particulier. Les conditions d’accès aux ressources alternatives et le mode de distribution (BF ou BP) font varier cette consommation spécifiques dans des proportions de 1 à 5.
2 – La croissance de la consommation spécifique (de 7 à 20%/an) doit être prise en compte dans le dimensionnement de chaque élément du service, surtout les premières années.
3 – Pour le dimensionnement des infrastructures, on distingue celles qui sont renouvelées régulièrement (équipements hydromécaniques) et celles qui sont renouvelées à plus long terme (réseau, réservoirs…). Le dimensionnement de ces infrastructures ne doit pas se calculer pour le même horizon (p. ex. 10.000 h de fonctionnement pour les groupes électrogènes, 7 ans pour les pompes, 40 à 50 ans pour les réseaux et réservoir).
4 – L’étude à long terme des données du suivi des services à caractéristiques comparables est finalement le meilleur moyen de dimensionner les équipements d’un projet, ce qui montre l’intérêt du recueil de données sur un temps long.
A l’issue de ce cycle de ces trois conférences électroniques, je vous remercie de la richesse de vos interventions qui ont été pour moi d’un grand intérêt, et qui, j’en suis sûr, vont alimenter la réflexion sur la gestion des services d’eau dans de nombreux pays.
Je vous adresse à tous mes meilleurs vœux de réussite dans vos projets d’eau et d’assainissement, et surtout dans l’organisation d’une gestion durable de ces services, vitale pour les populations. Je remercie enfin les institutions qui ont permis l’organisation de ces débats et en particulier l’AFD, le SEDIF, le GRET et l’AESN. Souhaitons que ces échanges feront date dans l’histoire des services d’eau de nos pays.
Daniel Faggianelli
L'acqua-oing.fr
Tel: +33 (0)9 7950 6127
+33 (0)6 2928 0165
Je vous informe que la BNDA au Mali était prête en 1999 à accorder des prêts bancaires aux AUE (avant le transfert de compétence aux communes) avec une caution de ces mêmes AUE et sur la base des résultats publiés par la CCAEP à l’époque. La banque souhaitait que les AUE mette dans un même compte, les fonds liés au renouvellement. Une garantie supplémentaire de la KfW aurait été possible. Cette idée peut être reprise en rediscutant avec la banque.
De : conferences...@googlegroups.com [mailto:conferences...@googlegroups.com] De la part de thierry helsens
Envoyé : mardi 20 septembre 2011 09:23
À : conferences...@googlegroups.com
Objet : Re : [reseaux-aep"227'] valorisation des données