Comment aider les pays pauvres à financer les actions de lutte
contre le changement climatique ? Lors du sommet de Copenhague en 2009,
la communauté internationale s’est engagée à créer un fonds vert
promettant de l’abonder à hauteur de 100 milliards de dollars par an
d’ici à 2020.
Mais pour l’heure, il n’y a pas un centime dans ce fonds et la
situation économique mondiale ne semble pas inciter les pays
industrialisés à se montrer très généreux. « Cela ne veut pas dire
qu’il ne se passe rien », souligne toutefois un négociateur
européen.
Il fallait tout d’abord constituer ce fonds et organiser son
mode de gestion ce qui est fait depuis peu. « Son conseil
d’administration comprend 12 représentants des pays du Sud et autant
des pays industrialisés dont 7 Européens. Ils se sont déjà réunis deux
fois sachant que ce fonds est hébergé en Corée », explique Pierre
Forestier, l’un des représentants de l’AFD (Agence française de
développement) en charge du dossier climat.
Une taxe à la charge de l’importateur
Du côté des pays industrialisés, on espère qu’une part du
financement proviendra de fonds publics mais aussi privés avec des
processus de capitalisation permettant une montée en puissance. Mais
bon nombre d’observateurs ne perdent pas de vue l’idée des financements
dits innovants.
« La France va continuer à pousser dans ce sens »,
assure un expert français. Il s’agit de formes de taxation reposant sur
une assiette peu ou pas taxée par manque de coordination
internationale. Ces financements offrent l’avantage d’être stables et
prévisibles.
L’idée a notamment été évoquée de mettre en place une taxe sur
le trafic maritime, le transport aérien ou les transactions
financières. Mais une nouvelle proposition pourrait être faite à Doha à
l’initiative de l’Équateur : mettre une taxe entre 3 et 5 % sur chaque
baril de pétrole à la charge de l’importateur.
Cette proposition a été discutée une première fois en octobre
au Pérou dans le cadre d’une rencontre des pays pétroliers
sud-américains et arabes dont un grand nombre de représentants de
l’Opep. « Le très gros avantage d’une telle taxe est qu’elle
pourrait permettre très facilement de lever quelque 40 milliards de
dollars par an pour combattre le changement climatique », explique
un responsable équatorien.
« Il faudra qu’ils viennent l’expliquer aux consommateurs
occidentaux », tempère un négociateur français. L’idée pourrait
néanmoins faire son chemin. Car les pays occidentaux vont devoir tenir
leurs engagements. Et 2020, c’est demain.