Génocide à Gaza par la torture israélienne

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Mar 24, 2026, 5:23:15 PM (8 days ago) Mar 24
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Permis de torturer en Palestine

Dans son dernier rapport présenté lundi à Genève, Francesca Albanese dénonce l’usage systémique de la torture par Israël dans son entreprise génocidaire. Et appelle les Etats à cesser leur complicité.
mardi 24 mars 2026
Bathsheba Huruy
,
Guy Zurkinden

Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, lundi à Genève. KEYSTONE
Palestine
«La torture est devenue une caractéristique déterminante de la conduite d’Israël dans les territoires palestiniens. Elle est utilisée pour briser les gens, détruire les communautés et amener la population à partir.» Lundi, Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, a présenté son huitième rapport – le cinquième consacré au génocide en cours à Gaza depuis le 7 octobre 2023 – devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU1. Le document décrit un usage «généralisé et systématique» de la torture, conçue comme instrument de génocide. La rapporteuse spéciale a enjoint les Etats membres de l’ONU à y mettre fin en rompant les liens avec l’Etat hébreu.

Briser corps et esprits
S’appuyant sur près de 300 témoignages ainsi que des consultations menées avec des expert·es en droit et des victimes, le rapport décrit l’intensification sans précédent des mauvais traitements dans les prisons israéliennes, suivant une «logique de punition collective». Depuis octobre 2023, plus de 18’500 Palestinien·nes ont été arrêté·es, dont au moins 1500 enfants; 9000 se trouvent toujours en détention, dont 300 mineur·es; plus de la moitié d’entre elles et eux sont enfermé·es sans inculpation.

S’y ’ajoutent une centaine de Palestinien·nes mort·es dans les geôles israéliennes, et plus de 4000 victimes de disparitions forcées. Et cela, alors qu’Israël ne dispose, au regard du droit international, d’aucune base légale pour incarcérer des Palestinien·nes dans les territoires occupés, rappelle Francesca Albanese.

«Le génocide représente la forme ultime de torture» Francesca Albanese

Dans les prisons israéliennes, les abus sont devenus la norme, poursuit la rapporteuse spéciale, dont la voix se brise d’émotion par moments: les détenu·es y sont battu·es, soumis·es à des violences sexuelles, privé·es de nourriture et de soins, placé·es à l’isolement, privé·es de sommeil ou exposé·es à des conditions dégradantes. Certain·es sont maintenu·es à l’extérieur, dans des cages, ou enfermé·es dans des espaces surpeuplés, parfois souterrains. D’autres ont eu les os brisés, volontairement. Les enfants n’échappent pas aux violences.

Cette logique de «punition collective» apparaît aussi dans le ciblage systématique de certaines catégories de la population: soignant·es, journalistes, défenseur·ses des droits humains. Le rapport fait état de plusieurs décès en détention parmi ces catégories socio-professionnelles, dont trois médecins et un ambulancier, ainsi que d’actes de torture subis par plus de 50 employé·es de l’Unrwa.

Selon Francesca Albanese, ces pratiques visent à dégrader les corps, briser l’intégrité psychologique et éroder la résilience de la population palestinienne dans son ensemble, ce qui relève d’une «caractéristique claire du génocide».

Le génocide, forme ultime de torture
Loin de se limiter aux prisons, cette destruction intentionnelle est infligée dans l’ensemble des territoires palestiniens – à Gaza comme en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Une réalité qui doit être comprise dans son contexte historique: «Depuis la création de l’Etat d’Israël, la privation des droits et libertés des Palestinien·nes constitue un instrument central de domination», souligne la rapporteuse spéciale.

Dans la bande de Gaza, cette brutalité a atteint une forme de paroxysme: «Aucun endroit n’est sûr à Gaza, martèle Francesca Albanese. La population n’est à l’abri ni dans les hôpitaux, ni dans les habitations, ni dans les écoles, ni dans les camps de réfugié·es.» Les déplacements massifs sous les bombardements plongent près de 2 millions d’habitant·es de l’enclave dans la peur et l’insécurité permanentes; la destruction des maisons, des infrastructures et du système de santé désorganise la vie collective; le siège et la privation de ressources essentielles, notamment alimentaires, aggravent encore la situation. En parallèle, l’armée de l’Etat hébreu continue à frapper partout et en tout temps: depuis l’entrée en vigueur du dit «cessez-le-feu», le 10 octobre dernier, 650 Palestinien·nes ont été tués et plus de 1600 blessé·es.

Bien avant le 7 octobre 2023, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, un système de surveillance omniprésent – caméras, checkpoints, murs, camps militaires – maintenait la population palestinienne dans la peur tout en annihilant ses libertés individuelles. Depuis, la violence coloniale s’est intensifiée, tuant plus de 1000 Palestinien·nes. Les attaques de colons explosent, avec plus de 3000 cas documentés – contre 1861 pour la période 2021-2023. Souvent armés et protégés, ces groupes opèrent comme des milices, bénéficiant d’une impunité et d’un soutien institutionnel. Ce climat de terreur marque le passage d’un «continuum carcéral à un continuum de torture», dans lequel les techniques d’expulsion coloniale sont utilisées pour «infliger des souffrances collectives persistantes et des traumatismes intergénérationnels.»

Le génocide représente ainsi la «forme ultime de torture» imposée aux Palestinien·nes. Avec un objectif, clairement énoncé par Bezalel Smotrich, le ministre des Finances israélien, cité par le rapport: «Ils seront complètement désespérés, conscients qu’il n’y a aucun espoir (…) à Gaza, et chercheront à s’installer ailleurs pour commencer une nouvelle vie.»

Une «entreprise collective»
La torture et l’intention génocidaire qui la sous-tend sont le fruit d’une «entreprise collective». Elles sont formulées par le gouvernement, rendues possibles, justifiées et banalisées par les pouvoirs législatif et judiciaire – ainsi que par de larges secteurs de la société. Les exemples sont légion. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a ainsi publiquement affirmé que la détérioration des conditions de détention des Palestinien·nes figurait parmi ses priorités absolues. Il a aussi défendu leur affamement devant la Cour suprême d’Israël.

«La justice pour la Palestine commence chez nous» Francesca Albanese

De son côté, la Knesset, le parlement israélien, a élargi les possibilités d’emprisonnement, tandis que les tribunaux valident des situations de détention contestées, ordonnées parfois sur la base d’éléments obtenus sous contrainte. En novembre dernier, le parlement a fait un pas de plus dans l’escalade répressive, en adoptant un projet de loi instaurant la peine de mort pour les Palestinien·nes considéré·es comme «terroristes». De larges secteurs de la société – professionnel·les de la santé et des médias, autorités religieuses, universitaires, personnalités publiques – se rendent aussi complices de ces tortures ou contribuent à les normaliser, souligne le rapport.

Dans ses conclusions, la rapporteuse spéciale enjoint l’Etat d’Israël à «cesser immédiatement tous les actes de torture et de mauvais traitements à l’encontre du peuple palestinien». Mettre fin à ces violences implique de démanteler le régime d’apartheid en vigueur dans les territoires occupés, précise Francesca Albanese, rappelant qu’il s’agit d’une exigence formulée par la Cour internationale de justice et par l’Assemblée générale de l’ONU.

Et d’appeler les Etats membres à respecter enfin leur obligation d’empêcher les violations du droit international par Israël – et de veiller à ce que les responsables doivent répondre de leurs actes. «La justice pour la Palestine commence chez nous», assène la rapporteuse, qui n’hésite pas à nommer l’éléphant dans la pièce: l’inaction des Etats occidentaux confère aujourd’hui un «permis de torturer» à Israël.

«Il faut rompre tous les liens avec Israël»
«Bien sûr que la situation continue à empirer. La misère, la famine, la destruction à Gaza exigent une intervention massive. Or celle-ci est délibérément empêchée», a souligné Francesca Albanese mardi au cours d’une conférence de presse organisée au siège des Nations unies à Genève.

Martelant «l’urgence d’agir, plus forte que jamais», la rapporteuse spéciale a pointé la condition sine qua non pour mettre fin au génocide: «Il faut s’assurer qu’Israël quitte l’ensemble des territoires occupés, comme le demande la Cour internationale de justice.»

Pour réussir à imposer le respect du droit international de manière pacifique, les Etats membres de l’ONU ont une solution à portée de main: «couper les liens économiques, militaires, financiers avec Israël». Des sanctions qui devraient s’accompagner d’enquêtes et, le cas échéant, de l’émission de mandats d’arrêt visant les hauts responsables israéliens ayant participé à ces violations, à l’image d’Itamar Ben Gvir, de Bezalel Smotrich ou d’Israël Katz, ajoute Francesca Albanese.

Une quête de justice qui doit aussi s’appliquer aux «compagnies, universités, banques et fonds de pension qui permettent à Israël de continuer à acheter des armes. Sans quoi, nous continuerons notre descente vers l’abîme». Un message qui devrait résonner aussi en Suisse, où des dizaines d’entreprises continuent à alimenter la machine de guerre israélienne en biens à double usage, civil et militaire. BH / GZ

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