De la Biographie de Boniface Hitimana, le Président du parti politique UDFR-Ihamye

Boniface Hitimana (46 ans), le Président du parti UDFR- Ihamye, est né au Congo dans les zones minières du Katanga, le 25 mai 1963. Issu d'une famille mixte (d'un père tutsi et d'une mère hutu), le jeune politicien entend mettre ses atouts et ses capacités au service du peuple rwandais sans discrimination aucune. Son parcours personnel est très lié avec une certaine étape de l'histoire du Rwanda, quand des familles rwandaises entières étaient expatriées vers le Congo par l'autorité coloniale belge, afin d'y mener des activités minières au profit de la métropole. Boniface Hitimana est resté fidèle à ses racines et il porte toujours le pays de ses ancêtres dans le cour. Face à un homme cultivé, grand admirateur de la culture rwandaise, nous prenons ici connaissance d'un compatriote engagé, où sa naissance sur la terre congolaise constitue plus un atout qu'un désavantage. Comme tous les compatriotes nés de l'autre coté du Kivu, Boniface Hitimana est à mesure de comprendre les relations rwando-congolaises mieux que quiconque.
Monsieur Hitimana est ami de longue date d'un autre homme politique rwandais bien connu, le Dr Marara Christian. Ils se sont connus à Paris fin 1994 étant tous étudiants et au Rwanda lorsque Hitimana a décidé en 2000 de suspendre son doctorat pour aller travailler et aider son pays. Cependant, il ne fut pas bien accueilli par le régime FPR qui prit soin de lui refuser catégoriquement du travail (malgré ses diplômes et compétences : une maîtrise en Relations Internationales et un DEA en Science politique .) Les causes du refus de ses droits au travail furent liées à un incident passé quelque années auparavant en France, comme nous le verrons, du moment où il était encore jeune étudiant.
.ici avec Paul Rusesabagina
Paris, début des années 90. Boniface Hitimana prend connaissance d'une dame engagée au service du FPR, le mouvement rebelle rwandais qui venait de commencer sa guerre de reconquête du Rwanda. Cette femme qui fut, après la victoire du FPR, responsable d'un projet de recherche / Centre de Gestion des Conflits supervisé par le rectorat de l'université nationale du Rwanda. accompagnée d'un certain Dr Rutayisire François (qui vit à Paris aujourd'hui), vient solliciter Mr Hitimana entre 1992/1993 à Paris pour devenir membre du FPR. Celui-ci refuse d'adhérer à la rébellion FPR contre le Rwanda et son Président que son père aimait quand bien même il vivait toujours au Congo. A cette époque là (1992/1993) Boniface Hitimana tient un petit studio au presbytère des prêtres à la paroisse Notre dame de Clignancourt (18ème arrondissement à Paris) et il n'a pas su comment ces militants di FPR avaient connu sa présence à Paris. C'est ainsi qu'il trouve un certain soir, en revenant de l'université, dans sa boite aux lettres l'invitation à une réunion/soirée des Rwandais à Paris. Or, ne connaissant pas encore des Rwandais à part ceux de l'Ambassade du Rwanda.Il part quand même voir et il fut surpris de trouver sur place le rassemblement des Tutsis avec la danseuse Cécile Kayirebwa .avec des appels aux soutiens aux FPR.Il est sorti sans dire au revoir.
Revenons aux événements après son retour au Rwanda. Après son refus de travail, il prit la décision de s'installer à Gikongoro, préfecture d'origine de son père. C'est là à Gikongoro que Boniface a poursuivi ses projets au service des démunis. Ces projets étaient en cours de réalisation dans divers domaines d'aide au développement initiés par son association créée en 1996 à Paris (UNION POUR LE RWANDA « UNIRWA »). L'association UNIRWA apportait de l'aide à tous sans discrimination, mais on lui a reproché entre autres d'avoir remis des cartons des vêtements aux femmes Hutu et leurs enfants à la prison de Gikongoro, ou bien d'avoir soutenu les jeunes de la rue dont les parents Hutus étaient également en prison pour génocide à Gikongoro ou bien étant restés au Congo, et puis également d'avoir employé du personnel hutu dans les actions et projets de l'association. Et enfin, il lui fut reproché son installation à Gikongoro et non à Kigali, ce qui aurait alimenté les soupçons!
Mr Hitimana a été ainsi taxé d'aider les génocidaires et d'être un agent de renseignement pour le compte de la France, ce qui l'a obligé de quitter la région après un séjour forcé de cinq jours au cachot de la brigade de Butare. Lors de cette arrestation arbitraire, il fut soumis à un interrogatoire à la demande des services de renseignements de la présidence de la république, où on voulait généralement s'enquérir sur les raisons de son installation à Gikongoro. Par après, tous les biens des projets de l'association UNIRWA à Gikongoro étaient confisqués sur ordre du Préfet Mutijima Augustin (un Hutu), et du sous préfet Mugisha venu de l'Ouganda et qui ne prononçait aucun mot de Kinyarwanda : la maison construite pour accueillir les enfants de la rue sans famille était vendue aux enchères, l'équipement et outils des ateliers de formation des jeunes en menuiserie au centre de Murambi confisqués, biens et équipements de bureau, ordinateurs, biens personnels volés et confisqués par les agents du FPR.
Quand il fut enfin libéré, il trouva embauche à l'université nationale du Rwanda, sise à Butare (Fac ISAP) où il devait donner cours. Pourtant les instructions furent données au doyen RUTAZIBWA Gérard (celui ci fut son ancien prof à l'université de Kisangani et c'est lui qui lui avait encouragé de venir au Rwanda et reçu son dossier avec la garantie de travailler à l'Université de Butare car il y avait un urgent besoin des enseignants qualifiés.). Par ailleurs, il fut obligé de suspendre son engagement par le recteur qui était en ces temps-là RWAMASIRABO et qui était lié d'amitié à cette époque avec la dame, ancienne agente du FPR à Paris déjà mentionnée. Quand ils se sont rencontrés à Butare, son ancienne connaissance s'est écriée : » Ah c'est toi Boniface Hitimana qui avait refusé de nous aider dans la lutte pour libérer le Rwanda, maintenant que le pays est libéré, qu'est ce que tu viens chercher ? Là Boniface Hitimana a bien compris que tous ses déboires c'était elle, et que c'est suite à son refus d'adhérer au FPR à Paris qu'il aurait eu tous ces problèmes et c'était cette femme qui était apparemment derrière tout cela ! Pour ne pas risquer sa vie, Il a été obligé de prendre laroute vers Goma avec sa femme et un bébé de six mois.
.Avec Patrick, de l'association « Tous ensemble »
A Goma, Hitimana a enseigné à l'Université de Kisangani fac de science administrative et politiques jusqu'à la mort de son père, puis l'éruption volcanique de 2001.,Et en novembre 2002, suite aux contacts gardés et entretenus avec Dr Marara qui avait aussi des problèmes avec le FPR pour son appartenance au MDR et qui était au courant de ses problèmes avec le FPR. Il est revenu au Rwanda cette fois à Kigali par son appel après sa nomination par le gouvernement au poste de DG à la Poste Rwandaise.
Comme DR MARARA recrutait des cadres universitaires pour rendre efficace la restructuration et la rentabilité des services postaux, la candidature de Hitimana avait bénéficié de son appui au conseil d'administration pour être sélectionnée. C'est ainsi qu'après les tests d'embauche par deux cabinets de consultants qu'il a été reçu brillamment et exercé plusieurs fonctions comme : Assistant administratif du DG et responsable de la communication, Chargé des Ressources Humaines, Chef de Section Crédit et Portefeuille à la Banque Postale,.
Mais, en 2003 après la transition, avec Dr MARARA et suite à la dissolution du MDR l'unique parti d'opposition au régime FPR ainsi que leurs soucis après avoir vu comment une dictature était en train de s'installer au Rwanda avec des injustices sociales graves ; ils s'étaient dit, Hitimana et Marara, qu'il fallait créer un parti d'opposition, tout en sachant le risque qu'ils prenaient et qu'il fallait assumer. C'est ainsi qu'ils ont commencé à réfléchir sur quel type de parti pourrait rassembler tous les Rwandais victimes du mensonge politique du FPR, tout comme sur l'idéologie mobilisatrice et le programme politique ! Ils finiront par créer en 2003 le PPC (Parti pour le Progrès et la Concorde) au bureau de la Poste et mobiliser d'autres personnalités dans une diversité totale de toute les composantes du peuple rwandais (hommes et femmes, Rwandais nés au Rwanda ou vénus du Congo, du Burundi, de l'Uganda, intellectuels, paysans, commerçants, chômeurs, étudiants, journalistes (dont Charles Kabonero d'Umuseso.).
Boniface Hitimana a été personnellement menacé par Ngarambe, Secrétaire général du FPR qui avait téléphoné au Dr Marara pour lui annoncer que son collaborateur devait faire attention, puisque ses recrutements des membres du FPR pour le PPC ne pouvaient pas être tolérés. Malgré ces menaces, la machine était déjà en route et Hitimana a pu sensibiliser et recruté énormément des gens même dans sa province d'origine de Gikongoro où il avait été chassé ! Dr MARARA fera aussi appel à ses anciens députés et collaborateurs du MDR afin de travailler davantage pour le recrutement. Beaucoup de membres bien connus furent gagnés ainsi au PPC comme les Dr Alivera Mukabaramba, Niyonzima, Etienne. La grande erreur commise Dr MARARA fut, peut-être, d'avoir confié la Présidence du Parti à ALIVERA MUKABARAMBA et Boniface Hitimana l'avait prévenu. En effet, la réalité du régime FPR est telle que quelqu'un qui n'a pas été au Rwanda ne peut imaginer sa cruauté. PPC à été détruit par le FPR tout simplement parce qu'à sa tête il y avait des gens intelligents avec une vision de rassembler et capables de contredire le FPR et puis qui visaient l'intérêt de toute la population rwandaise. Et pour détruire le parti et ses principaux acteurs dont DR MARARA et les autres dont Hitimana, le FPR par Ngarambe et Polis Denis ont corrompu Mme ALIVERA MUKABARAMBA afin qu'elle adhère au FPR et en lui promettant la nomination comme Sénatrice en compensation ! MUKABARAMBA, alors présidente et candidate du PPC ira prêter serment au secrétariat du FPR la nuit en pleine campagne présidentielle !
Le lendemain matin, les membres du PPC seront invités à une conférence de presse où ils seront surpris par l'annonce d'ALIVERA qui s'adresse aux adhérents de PPC et les invite à voter massivement pour Paul Kagame le candidat du FPR..Quelle folie ! Quel gâchis ! Quelle trahison ! Là ce fut la grande déception que Hitimana ait jamais vécue durant toute sa vie ! Il venait de comprendre combien le peuple rwandais souffrira encore à cause du « ventriotisme» de ceux qui prétendent ouvrer pour leurs propres intérêts ! C'est déjà le début de la crise au sein du parti PPC, car ALIVERA fera un bloc contre Dr MARARA afin de l'écarter de la direction du parti. A l'occasion d'une des réunions du bureau politique de PPC à Muhima, ALIVERA avait même appelé la police pour arrêter Dr MARARA, l'accusant de perturber l'ordre public ! Après la campagne des élections législatives et présidentielles et les victoires malhonnêtes du FPR, suivi de nomination des sénateurs dont Dr ALIVERA MUKABARAMBA, Dr MARARA fut limogé à la Poste et fut remplacé par un membre du comité exécutif du FPR (Ambassadeur Mutanguha Zephir) avec pour mission diabolique de mettre hors d'état de nuire tous les cadres de PPC qui sont à la Poste après le limogeage de Dr MARARA. Boniface Hitimana fut malmené, dégradé de Cadre de direction à un simple agent sans fonction affecté à la planification, cela pour le déstabiliser et voir sa réaction, afin de justifier l'emprisonnement au cas où cette réaction serait brutale. Mr Hitimana était toujours surveillé dans tous ses mouvements, à chaque qu'il franchissait le seuil du bâtiment de la poste pour aller au service. (Ce contrôle s'exerçait déjà sur les gens qu'il recevait dans son bureau, sur ceux avec qui il a parlé, etc.)
Très attaché à sa famille. Ici Boniface avec son épouse Liliane et trois de leurs enfants.
La seule option sage qui lui restait était de démissionner de la poste, ce que Mr Hitimana a fait en 2005. Et pour faire vivre sa famille (trois enfants à l'époque, aujourd'hui 4) il a pu se débrouiller en donnant des cours aux universités privées : à Ruhengeri (Université UNIR), ULK, et dirigeant (en privé) les mémoires de licence des finalistes des universités même ceux de Butare jusqu'au moment où le régime sera menacé par les mandats de Bruguière et sa réaction brutale de rompre les relations diplomatique avec la France! Suite à sa réaction publique et en colère dans un bar -restaurant du quartier de sa résidence à Kacyiru face à cette décision de rompre avec la France, la décision que Mr Hitimana avait qualifiée d'impopulaire et de non démocratique, et puis qui allait aggraver la pauvreté des populations, le chômage de ceux qui travaillaient dans les projets français, à l'Ambassade, l' école française, et dont la France finançait les activités, des agents de renseignements en civil l'ont arrêté à la sortie. Ils disaient qu'il aurait été pris en flagrant délit en train d'insulter le Président Kagame et le FPR, que de ce fait il était devenu l'ennemi du Rwanda. Mr Hitimana fut amené à la police pour y être emprisonné pendant quatre jours. Pendant qu'ils étaient en train de constituer son dossier pour le parquet, sa femme apprit par un policier quand elle lui apportait à manger que le cas de son mari était devenu compliqué. L'épouse de Hitimana se connaissait avec le policier (car infirmière à l'époque au Roi Fayçal). Elle put apprendre que Boniface risquait plus de 20 ans de prison, et qu'il fallait agir vite pour corrompre les gardiens afin que son mari puisse sortir avant le 5ème jour. C'est ainsi que suite à une corruption de 100.000 FRW (que les policiers s'étaient partagés) Boniface Hitimana pu sortir de la brigade de Remera la nuit et alla dormir dans la gare de Nyabugogo avec les veilleurs pour prendre le taxi bus de 5 h 30 de la gare jusqu'à Gisenyi et traverser à Goma, puis continuer le chemin jusqu'en Ouganda et c'est là qu'il va se déclarer réfugié politique au HCR.
En Ouganda, Boniface Hitimana a commencé à travailler comme professeur de Français à Kampala University, et puis à l'Alliance Française, pour essuyer enfin les menaces par les agents de renseignements du Rwanda, ce qui l'a obligé à solliciter l'asile politique en France. Une fois sa demande exaucée, Boniface Hitimana reviendra ainsi en France avec sa famille qui l'avait rejoint entre-temps à Kampala, et ils se sont installés dans la ville de Reims. Mr Htimana est pour le moment réfugié politique suite aux déboires avec le régime sanguinaire et machiavélique du FPR. Son engagement est de combattre ce régime avec tous les moyens possibles jusqu'à sa chute. Dans sa vie, Boniface Hitimana est quelqu'un qui tient beaucoup à la fidélité aux engagements que ce soit dans la société en général, et entre les amis en particulier. Il est très attaché à sa famille (à sa femme qu'il a épousée au Rwanda et qui est rescapée du génocide à Butare Ngoma, et à ses 4 enfants.). Il ne bois pas d'alcool, et ne fume pas. Il vient de fonder le Parti pour la démocratie et le fédéralisme au Rwanda, dont il assure actuellement la présidence.