Depuis le 14 novembre, les habitants de la rue de Wangenbourg ont eu la désagréable surprise de découvrir jusqu’à quatre contraventions pour stationnement très gênant. La raison de cette verbalisation ? Des voitures garées à cheval sur le trottoir. À 135 € le procès-verbal, la note est salée pour les riverains qui plaident la bonne foi et demandent à présent des explications à la Ville.

En l’absence de signalétique claire et de marquage au sol, les résidents de la rue de Wangenbourg ont toujours garé leur voiture à cheval sur le trottoir. Bien que contraire au code de la route, car incommodante pour les usagers piétons, cette pratique a été tolérée « pendant des années » par la police qui patrouille dans le quartier. Oui mais voilà, cette habitude de stationnement est désormais à proscrire. Et les habitants du quartier l’ont appris à leurs dépens, à coups de contraventions à 135 € pièce. « Depuis le 14 novembre, nous sommes les victimes ou les cibles, de verbalisation pour stationnement très gênant, s’indigne Sandrine du n° 6. Les PV ont été assénés de façon sauvage, sans prévenir. » En l’absence de bordereau sur le pare-brise de sa voiture, la nouvelle maman découvre la situation quelques jours plus tard, en ouvrant sa boîte aux lettres. Elle a reçu quatre contraventions, dont deux à quatre heures d’intervalle : « 540 € à payer juste avant Noël, c’est du délire ! »
33 véhicules sanctionnés en une demi-journée
Selon les calculs des habitants de la rue, réunis depuis en collectif, près de 33 voitures auraient été verbalisées en une matinée. « Nous sommes abasourdis par ce comportement », lâche Juan du n° 10, désabusé. « Pourquoi la police s’est-elle focalisée sur la rue de Wangenbourg, alors que des dizaines de voitures sont garées exactement comme les nôtres dans tout le secteur de la Rotonde ? », interroge l’enseignant.
Cette salve de contraventions (les 14, 21 et 27 novembre) ferait en fait suite à « plusieurs plaintes » reçues de la part de personnes à mobilité réduite. « Essayez donc de passer en fauteuil roulant ou même avec une poussette sur le trottoir, c’est impossible », tranche Serge Oehler. Pour l’adjoint à la Ville en charge du quartier de Cronenbourg, « celui qui se gare sur le trottoir sait qu’il est en infraction ». L’élu strasbourgeois affiche peu de compassion, mais précise que les automobilistes ont été avertis par l’intermédiaire « de cartons distribués sur le pare-brise par les agents du territoire, la semaine du 4 au 8 novembre ».
Pour contester les sanctions auxquelles ils font face, et qu’ils jugent abusives, les voisins de la rue de Wangenbourg ont décidé de contester collectivement les contraventions reçues. « Nous souhaiterions que l’amende soit requalifiée : nous ne sommes pas des malotrus », lance Juan. « Mais nous sommes ouverts au dialogue et sommes prêts à envisager, par exemple, de passer la rue à sens unique. » Le collectif réclame désormais une réunion de concertation avec les services techniques. Dans un e-mail qui leur était adressé, la directrice de territoire Aurore Belouet a précisé qu'« une étude d’aménagement pour matérialiser des emplacements de stationnement a été commanditée » et qu'« un retour est attendu en mars ». Et d’ici là, la fonctionnaire a demandé « la compréhension de la police municipale ».
Nicolas Hardy
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