DE LISBONNE AUX CANARIES VIA MADERE :
En résumé pour les gens pressés :
Entre les prévisions météorologiques et la réalité, la différence se confirme. Sur les deux trajets Lisbonne Madère, puis Madère Canaries, on nous annonçait un bon force 4 avec des rafales à 5. Nous avons eu en permanence 5/7 voire 7/8. La mer n’a jamais été que celle du vent ce qui au portant nous a bien simplifié la vie. Finalement à l’usage au bout de deux mois de navigation je constate qu’il n’est pas imprudent de rajouter 10 nœuds aux prévisions pour se rapprocher de la réalité.
Beaucoup de trafic sur Lisbonne Madère, ce qui nécessite une veille sérieuse, pas de trafic entre Madère et Les Canaries.
Beaucoup de trafic entre les îles des Canaries.
Aux Canaries, en automne, le régime des vents semble être un régime de brise. Le synoptique est de NE dominant force 3 à 5. Sur la côte au vent c’est le vent que l’on trouve avec de sensibles accélérations aux caps notamment. Sous le vent, la température de l’eau est d’environ de 20 degrés. C’est la température de l’air en fin de nuit. Il n’y a donc que très peu de vent la nuit en longeant la côte. De jour la température de l’air monte graduellement à 30 degrés. Se met alors en place une brise de terre de 25 nœuds voire plus jusqu’au-delà du coucher du soleil. Compte tenu des montagnes des volcans (éteints) et des falaises abruptes le vent peut alors venir de n’importe où. Il peut y avoir des exceptions à cette règle avec un calme plat qui s’installe une douzaine d’heures.
On trouve un vrai support technique à Madère, le premier dans ce voyage, d’une qualité similaire à celui que l’on peut trouver à La Rochelle.
La marina Rubicon, au sud de l’île de Lanzarote, a bonne réputation en matière de chantier de réparation. A Arrecife (Lanzarote) il y a un vrai ship et des mécanos.
Attention à Lanzarote et à Fuerteventura, on est à 50 milles du Maroc. Les vents de nord et nord-est charrient une fine poussière ocre et corrosive venue des sables sahariens. Pour éviter l’irréparable mettre leurs housses aux voiles lors des escales et rincer soigneusement avec le produit exprès les clairs de vitre de la capote. Sinon la poussière est incrustée dans le tissu des voiles et le clair de vitre s’opacifie définitivement.
Mouillages et ports publics aux Canaries :
Théoriquement les demandes et le paiement se font en ligne sur l’appli du téléphone portable : puertoscanarias.com . Vous avez fait enregistrer votre n° de passeport, et votre adresse mail comme id à la première escale. Ensuite , à chaque connexion, le service vous envoie un mot de passe qui vous permet de réserver et payer en ligne votre prochaine escale.
Aux Canaries beaucoup de marinas n’ont pas de poste à gazole et à essence.
Dans ces îles qui ne vivent que du tourisme on trouve une qualité de service dont les professionnels français seraient bien avisés de s’inspirer. Pas d’obséquiosité vis-à-vis du voyageur mais un vrai souci de l’aider quand il en a besoin et de lui procurer les prestations qu’il attend. Bien entendu tout le monde parle anglais couramment.
Les prix sont en général moins élevés qu’en France, Espagne et Portugal, la caisse de bord s’en ressent dans le bon sens.
Plus en détails :
28 aout, Changement d’équipage, Sylvie repart travailler, je quitterai Lisbonne avec ma fille Louise qui m’a rejoint.
Départ le vendredi 31 aout au petit jour. 4 heures de moteur dans le Tage avant de toucher un bon force 4 de NNW.
A noter le passage de la barre de l’estuaire sans vent mais en plein jusant . Beaucoup de clapot qui fait augurer d’une entrée complexe vent contre courant et/ou avec de la houle dès qu’il y a une brise soutenue. Pour un voilier l’abri serait plutôt Cascais, avec si c’est possible une entrée du Tage par le nord.
Les dauphins viennent nous rendre visite, puis nous quittent pour aller chasser.
Le vent se lève vers 10h et monte à 25 nœuds avec rafales jusqu’à 34 nœuds. C’est normal la prévision était 15 nœuds avec rafales à 21 nœuds. J’en tire comme conclusion provisoire qu’il faut considérer les prévisions comme optimistes, et qu’il est très important de comprendre la frontologie pour savoir si l’on peut partir.
La mer est superbe bleu roi sous le soleil avec 2 mètres de houle et une mer du vent.
Nous avions été doublé dans le Tage par un OVNI, puis rattrapé par un Dehler 41 venant de Cascais.
Nous sommes dorénavant de conserve…il faut s’appliquer pour rester accrochés à ces voiliers !
1-9 9htu
Au soir du 31 le vent monte encore, nous prenons un ris, et je commence le premier, quart jusqu’à 3htu.
Louise prendra pendant 4 heures en suivant. 2 petites seiches ou calamars finiront leur vie sur les passavants. Comment sont ils arrivés là ?
Samedi 1-9 16htu
Quel bonheur en fin d’après-midi : le vent a baissé sur une moyenne de 19/20 nœuds, sous pilote à 165 degrés du vent nous glissons à 5,5 nœuds sur une mer belle à peu agitée avec une houle arrière de 1 à 2 mètres. Le bateau est à plat, Louise « écrase » sans problème dans la couchette de quart, il ne manque que le soleil !
Dimanche 2 9h30tu
Nuit tranquille. Nous aurons eu trois heures de vent conforme aux prévisions c’est-à-dire 10/12 nœuds, puis c’est revenu à 20 nœuds de nord dominant. Le ciel couvert entraine une température douce.
Sur cet itinéraire on est au large, mais pas tout seul.
Il y a le rail au sortir de Lisbonne des cargos qui viennent du canal de Suez et du détroit de Gibraltar, et remontent vers Ouessant et Rotterdam.
Après on rencontre de visu un cargo toutes les six heures sans compter ceux que l’on note à l’AIS. Ils viennent ou vont à Gibraltar depuis les USA/Canada, ou font la liaison continent Madère et Canaries.
Une veille s’impose même si l’absence de pêcheurs et de casiers ne la rend pas forcément « attentive ». Elle se fait essentiellement à l’AIS. A noter que certains cargos font des économies de radar ! Donc l’activécho n’est pas une assurance tous risques.
Lundi 3 8h45 tu
Nuit active ! Temps à grains, le vent synoptique étant faible (8 à10kn) mais à chaque nuage on passait à 16/20kn avec une petite pluie. Le vent passait alors du 25° au 340°. On voyait que l’on descendait vers le sud : température de la nuit à 24° et déclinaison atteignant 5°.
5 septembre 2018 13h tu
L’arrivée sur l’île de Porto Santo s’est faite mardi 4 avec 20 nœuds de nord, ce qui nous a permis de finir vent de travers apparent à la vitesse de 7,5kn. Le Delher 41 était arrivé trois heures avant nous et l’OVNI ½ heure avant. En temps compensé on a donc gagné la régate !
Des « galernas » descendaient des montagnes rendant le mouillage probablement très inconfortable, et la nuit tombait. Nous avons donc opté pour une place à ponton. Accueil « globe flotteur » plusieurs équipages pour nous indiquer la place qui convenait, nous aider à nous amarrer, s’enquérir de nos besoins…et nous souhaiter bonne nuit. Nuit qui a démarré en retard la douane nous demandant courtoisement de venir faire les formalités immédiatement. La police n’a été que matinale.
Les galernas sont monnaie courante à Porto Santo d’après les habitués. Des rafales à 80 kn ayant été observé il y a deux ans lors d’un 40 nœuds établi au large. Le mouillage le long de la plage, digne d’une image de carte postale, est donc tout à fait exceptionnel. En effet nous n’avons pas regretté d’être au ponton pendant tout notre séjour : le vent était établi à 25 nœuds en journée dans le port.
Accueil charmant au bureau de la marina le lendemain, avec un moment de pure émotion : une tétraplégique dans son fauteuil roulant et son mari faisaient des formalités d’arrivée. Couple d’une quarantaine d’année…quelle leçon de courage, de foi dans la vie, d’amour, de volonté de surmonter les difficultés. Nous les avons revu à Madère, lui la portant pour l’installer dans le bus pour Funchal, et aussi au restaurant de la marina Quinta do Lorde… ! Que dire d’autre que bravo ?
Sur la digue des centaines de dessins colorés laissés depuis 25 ans par les bateaux de passage. On y retrouve des noms connus ou des bateaux que l’on a connu. Certains sont vraiment originaux, d’autres carrément beaux. Pas d’artiste à bord de BAO. Notre passage restera donc furtif !
Le wifi gratuit est au café situé au bout du quai/jetée. Il arrive que l’on y entende parler portugais, mais manifestement le français est majoritaire. Le rouge y est puissant, copieux quand on demande un verre, et pas cher. Il agrémente donc très bien la fastidieuse lecture des boites mails personnelle et professionnelle. Il est possible d’y déjeuner et les convives que nous avons observés semblaient satisfaits de leur repas.
Nous avions cassé la pièce en plastique du gousset de la latte la plus haute, et déchiré le dit gousset. La voile étant neuve, il est probable que la pièce en question devait avoir un défaut d’origine.
Nous avons trouvé un garçon charmant et compétent, ancien ouvrier voilier, vivant maintenant sur son 35 pieds, équipé d’une machine à coudre de voilerie, et de tissus. C’est un globe flotteur. Il sera entre le Maroc et les Canaries cette année, aux Caraïbes l’année suivante puis envisage de passer vers le Pacifique. La réparation a été faite ce matin, à l’heure convenue, avec une pièce neuve, il en a profité pour poser les patchs sur les traces des barres de flèches hautes aux endroits du premier ris et de la voile haute et me vendre deux patch pour les basses barres de flèches qui pour l’instant n’usent pas la voile, Le tout pour 80 euros…mais il ne prendra pas la carte bleue ! Voici ses coordonnées cela peut servir.
Son tel +33769009518. nomadsa...@gmail.com.
Dans la série que faire en cas d’avarie, le Dehler 41 a un problème de barre. Le chantier local prend son problème et lui conseille d’aller à Madère. Il organise également à la demande un hivernage au sec pour 40 euros par mois pour un 35 pieds. Néanmoins j’ai mis le propriétaire du Delher en rapport avec Christophe Maury au chantier des Minimes pour un suivi à distance. J’ai retrouvé le Delher à la marina Rubicon le 19 septembre. Le suivi par Christophe s’effectue bien au grand bonheur du propriétaire du Delher. La réparation se fera en décembre en présence du propriétaire à Lanzarote. Merci Christophe !
Le village est à un mille. Il y a une superette aux prix qui nous ont semblé très raisonnables : par exemple 17 centimes les 500 grammes de spaghettis, 39 centimes les 4 yoghourts nature, etc.
L’île étant totalement désertique importe toutes les denrées alimentaires. Il n’y a donc pas de différences de prix entre la superette et le « marché ». On y trouve à peu près tout ce dont on peut avoir besoin chez ces commerçants. Pas loin se trouve la maison de Christophe Colomb, transformée en un musée sans prétention. Le prix des courses de taxi semblent être uniformément fixée à 10 euros quelque soit la destination. On peut louer vélos, vespas, et quads.
Vendredi 7 septembre 2018 9h tu
Transit Porto Santo vers Madère hier après-midi avec un 15 nœuds de vent arrière. (Comme prévu par la météo !) Nous avons passé la nuit au mouillage dans Enseada de Abra à l’extrême Est de l’île. Un site superbe et sauvage. Les fonds y sont de bonne tenue puisque nous avons eu des rafales de NE, descendant des à pic en permanence, à 20 nœuds et plus. Attention aux obstructions signalées dans le guide Imray/Vagnon qui ne sont pas portées sur les cartes. Il n’y a même pas un casier de pêcheur dessus !
7/9 14h30 tu
Bon plan que la marina Quinta do Lorde située à 2 milles de notre mouillage. Accueil, service de placement, dans un petit port bien agencé plein au 2/3, bâti dans un écrin de montagne. Un petit village « resort » tout neuf, un restaurant, une petite épicerie, peu de monde, un club de plongée…pour l’ambiance on se croirait à Port Bourgenay la première année. So cool…
Le bureau du port tapissé de pavillons de club ou de régates océaniques a une ambiance un peu anglo-saxonne, et fait 50% de remise sur la carte Transeurope Marina. Pour quatre jours, plus une recharge CampingGaz 3 kg, nous en avons eu pour 104 euros.
Mais à part ce cadre mignon, bien abrité et sympathique, on trouve surtout dans ce port le premier vrai magasin d’accastillage depuis La Rochelle. C’est un point AD géré par Olivier, un breton d’une quarantaine d’années, ancien régatier sur « lourd » ancien ouvrier électronicien, qui sait faire des épissures et réparer à peu près n’importe quoi. On trouve sur sa petite surface tout ce qu’il faut pour remplacer ce qui casse usuellement sur un voilier de croisière plus le dépannage NKE et RAYMARINE avec les pièces idoines. L’homme en revanche ne s’occupe pas de mécanique, mais il est surement capable de vous aider à choisir entre les différents chantiers, celui qui saura le mieux vous réparer vos avaries. Ses prix sont corrects. Tel :+33686 490 913
En revanche il n’y a qu’une épicerie sans grand-chose, mais qui propose d’excellents vins de Madère assez hors de prix.
Il fait donc avoir fait ses pleins de légumes et de fruits à Porto Santo ou bien à Funchal et pouvoir vivre en autonomie. Il y a une liaison par car vers l’aéroport et Funchal. Compter une heure et demie.
Il n’empêche que « c’est l’escale ! »parce que l’on y trouve un « support » inconnu depuis la France, et probablement introuvable ensuite jusqu’au port de Le Marin en Martinique.
Renseignement issu d’un voyage précédent, le maître de port de Funchal s’appelle Raphaël. Il parle français, et demande qu’on l’appelle 48 heures avant l’ETA pour pouvoir trouver une place. Son tel : +351 966 359 696. Par ailleurs, rumeur de pontons à Porto Santo, un bassin abandonné de Funchal serait bientôt reconverti pour la plaisance ce qui désengorgerait le port actuel. Pour l’instant je n’ai observé aucun travaux sur le site, et le 11 septembre il y avait 3 bateaux en escale à Funchal et probablement 5 à Quinta do Lorde.
Pour mémoire il y a un SPAR au port de Funchal. Sortir du port de plaisance, rejoindre l’avenue qui borde les quais, prendre à gauche sur 200 mètres environ.
Dimanche 10 septembre
Location de voiture pour aller faire une balade de 18 km à flanc de montagne ( Levada do Caldeirao verde et caldeiro de inferno.). On suit un petit canal de drainage de 50 cm de large, adossé à la montagne, dont le muret côté pente fait environ 40 cm de large. La pente du canal peut être estimée à 3% au maximum. Cet ouvrage date de 1937 d’après les bornes. Sur les 6 derniers kilomètres le chemin se rétrécit et sur les deux derniers kilomètres l’on marche uniquement sur le muret, en s’appuyant quand on peut sur d’immenses parois verticales. Il y a un garde corps du style chandeliers et filières dont l’état à certains endroits offre une sécurité illusoire. Se croiser sur le muret, comme la marche sur les 40cm du muret rappellera à ceux qui ont fait leur service militaire, la poutre et le croisement sur tyrolienne triple de la « piste du risque ». Des tunnels dont certains sont très bas agrémentent le parcours. Cela rappellera, toujours aux heureux conscrits, le parcours de combat dans les égouts.
Compte tenu des à pic…si vous souffrez du vertige abstenez vous de cette balade.
Et ce sera bien dommage ! Comment rendre la beauté des hortensias sauvages bleus, les odeurs mêlées de toutes sortes de plantes et de fleurs, la température idéale car on est à 900 mètres d’altitude. Comment transmettre la beauté des paysages, leurs éclairages se modifiant sans cesse au hasard des nuages ?
Lundi 11 septembre, excursion vers le jardin Palheiro à Funchal. Ici comme à Lisbonne, les chauffeurs de bus ne connaissent que deux modes de conduite : marche ou arrêt. Quand les pentes font 10%, que dans les petites rues, les voitures sont garées de telle sorte qu’il ne reste que 20 cm de part et d’autre du bus, que le moteur vrombit dans des véhicules insonorisés il y a trente ans, alors les émotions sont fortes, et la confiance dans le chauffeur et les freins doit être totale. J’ai quand même vu un de nos voisins, autochtone, se signer discrètement au début d’une pente démoniaque. Les routes étant à flanc de montagne, pratiquement toutes le long d’à pic souvent vertigineux, cela rajoute aux sensations. Autre spectacle intéressant, une épingle à cheveux sur la 2X2 voies qui traverse l’île de par en part ! Un camion à béton y faisait la course avec le bus…inutile d’aller à Disneyland !
Le jardin Palheiro a été créé par un anglais…c’est un bijou de senteurs, de beauté. Toutes les espèces sont notées sur des étiquettes et le guide à un euro est fort bien fait. Enfin il y a une cafétéria, pas chère, auprès des fleurs, au calme, où il fait bon prendre son temps. Le jardin tient en partie du jardin tropical de Helford river, et de celui de l’île de Tresco, pour ceux qui connaissent la Cornouaille.
Mardi 12 septembre 12htu :
A Madère nous rejoint une autre de mes filles : Marie-Caroline.
Départ de Madère hier à 9htu, avec une annonce de 15kn à 20kn de NE. On a pris un ris à 10h30, un deuxième ris à 13h, et le 3èmeà 16 h ! Et nous voila partis avec 30 nœuds établis et rafales à 37 kn dans une mer désordonnée, ce qui explique que nous ayons voulu ralentir pour épargner le pilote dont le gain a été porté à 7.( Sur une échelle de 1 à 9).
Mer agitée à forte, heureusement de NE, sans la houle de NW annoncée. Au coucher du soleil, le baromètre s’étant enfin stabilisé après une chute de 4hpa en 7 heures , on a largué le 3èmeris, la mer devenant maniable, et le vent faiblissant à 25 nœuds établis avec rafales à 30kn. Ce n’est qu’au lever du jour que nous avons pu larguer le deuxième, puis le premier ris, et que le vent s’est rapproché de la prévision : 15kn à 20kn d’ENE. Toujours avec une petite houle de NE, celle annoncée de NW n’existant que dans l’imagination des prévisionnistes.
En fait une lecture attentive de la carte de prévision de la frontologie aurait du m’alerter. On y voyait deux petites « bosses » anticycloniques, et notre route passait près de ce couloir ! A ma décharge pour limiter les temps de transfert sur l’iridium j’avais pris une définition par demi-degrés et non par tranche de 25 km. Il n’empêche que clairement le phénomène n’était pas prévu, et que l’annonce de houle était fausse. A cette heure nous n’avons toujours qu’une petite houle de NE.
Vendredi 14 septembre 11h TU
Journée calme le lendemain mercredi, et arrivée le jeudi matin sans problème à Santa Cruz de Tenerife au moteur avec 2 nœuds de vent et dans la brume. C’est normal : la prévision était à 10/15 nœuds !
A 80 milles de Tenerife commencent les émotions déjà connues à La Corogne : Réveil brutal par une alarme stridente de la VHF celle réservée aux MAYDAY et MAYDAY RELAY. Pas d’affolement ce n’est que l’annonce du bulletin météo ! Le phénomène se reproduit avec régularité, ce qui conduit l’équipage, soucieux de la qualité de son sommeil, à exiger l’extinction de la VHF. Conclusion : nous n’avons rouvert la VHF que pour demander la libre pratique dans le port de SantaCruz. S’il y avait vraiment eu un bateau en difficulté dans notre zone nous n’aurions pas pu intervenir…
La marina de SantaCruz de Tenerife est économique : 18 euros par jour…mais c’est le tarif haute saison s’est excusée la préposée…en anglais, français et allemand, ayant visiblement du mal à relier ma nationalité à la qualité (absence de) de mon anglais.
C’est calme, en centre ville. Il faut cependant aller au bassin de la pêche à 3 milles pour le plein de gazole à 1,05 euro le litre.
Samedi 15 septembre
Tourisme à La Laguna, l’ancienne capitale à 7 kilomètre de la côte, à l’abri des pirates, et autres envahisseurs. Les maisons, l’ordonnancement des rues et places ont manifestement servi de modèle à tous les explorateurs/colonisateurs espagnols partis des Canaries. San Antonio au Texas a un petit air de ressemblance avec La Laguna (seul manque le fort Alamo, évidement). Pour mémoire le Texas a été une province mexicaine jusque 1836, il en reste une certaine culture notamment culinaire dont on parlera ci-dessous.
Ensuite direction la plage de Bollullo, réputée la plus belle des plages de sable noir des Canaries. La falaise brune domine la plage de sable noir sur la quelle les serviettes font des taches de couleurs qui ressortent parfaitement. La houle vient se briser sur la plage et les hauts rochers qui l’encadrent. Noir, écume immaculée, taches couleurs vives : La réputation est méritée. Attention on ne se déchausse pas sauf pour entrer dans l’eau… Qui dit sable noir dit absorption des rayons du soleil…se déchausser c’est marcher sur des braises !
Célébrée dans les guides touristiques, la plage des Amériques (las Americas) ne mérite pas le détour comme dirait le Michelin. Imaginez une large avenue plantée de palmiers, bordée de magasins de toutes marques…vous vous croyez sur la côte ouest des USA…c’en est vraiment le style. Pour éviter que les touristes soient dépaysés on y trouve donc des restaurants japonais, chinois, thaïlandais, indiens, pakistanais, italiens, grecs, marocains. J’ai même notée la présence discrète d’un restaurant français, et incroyable…un restaurant espagnol ! J’ai cherché en vain un restaurant russe. Des pubs irlandais, anglais, allemands et américains permettent à toute heure de suivre les compétitions sportives marquantes tout en buvant de la bière importée.
Quelques pas vers la mer vous permettent alors de changer d’ambiance. Une plage de sable jaune sale se terminant par des rochers à fleur d’eau accueillent les familles huilées à la protection 50, leur parasol, et leur discret transistor. Sur un front de 400 mètres s’activent quelques surfeurs méritants, l’arrivée se faisant sur des galets. Le nombre de boutiques de location de planches de surf étant important, j’ai fini par comprendre que la planche de surf est en fait l’accessoire indispensable à arborer à sa table de bar branché. Il y a plus de surfeuses et de surfeurs au bistrot que dans l’eau !
Ajoutez des baraques à frites, des » heladerias « etc. Vous vous croyez à Palavas les Flots, en nettement plus propre néanmoins.
Troisième ambiance un peu plus loin : Las Vegas. Un Hard Rock Café, dans un temple romain en stuc, et faux marbre. Des anglo-saxonnes bien en chair, juchées sur leurs tricycles électriques, qui lèchent avec application une abondante glace en cornet vont de boutiques en boutiques sur ces « malls » qui n’ont rien à envier à ceux d’outre atlantique. N’arrivant pas à perdre du poids, elles « compensent » en faisant maigrir leur portefeuille !
Bonnes adresses :
À Santa Cruz : El Chapulin, callejon del combate 9. Un excellent restaurant mexicain, d’après une de mes filles qui a passé un an au Texas. Je recommande sa margharita mango en pichet de un litre, un demi litre, ou au verre. Faites comme nous des économies….prenez tout de suite le grand pichet…de toutes façon il vous en faudra un autre.
Level ‘ Wine and Tapas…un programme respecté de bonne qualité. Le patron ne parle qu’espagnol mais il fait tout pour vous conseiller et vous faire plaisir. Dans le même quartier.
Au port : Rent a Car, moins cher que son concurrent installé en face (une C3 neuve : 80 euros pour trois jours !)
Au port de Las Galletas mon ami Christian V me dit :
« Pour ce qui est de la plongée, je plonge depuis des années au sud de Tenerife à Las Galletas ou il y a un port de plaisance avec pontons : eau et électricité comme à LR. Le port est tranquille … de temps en temps du ressac lorsqu’il y a de la mer de fond mais c’est rare. Il y a de nombreux clubs de plongée dans ce port,…mais pas tous sérieux ! c’est le moins qu’on puisse dire. Personnellement je plonge chez L.J. Diving. Le patron LUDO est sérieux et très gentil, l’équipement fourni est de bonne qualité, les gonflages sont faits sérieusement.
ADRESSE : C/Consuelo Alfonso Diaz Flores n.16 Telephone +34-673 597 774 ou +34-922 196 891. C’est la deuxième rue parallèle au port en partant du port ( en face de l’église)
Dimanche 16
Comment parler du Pico del Teide ? En une heure trente de voiture depuis Santa Cruz et ¼ heure de téléphérique vous voila à 3800 mètres en petit pull et short car le soleil brille. Vous êtes au sommet d’un volcan éteint, au milieu de soufre, de cuivre, de roches ferrugineuses, de lave, de basalte. A vos pieds 1500 mètres plus bas le cratère de 4 kilomètres de diamètre avec les mêmes nuances de couleurs : rouille, noir, vert, jaune et sans une seule trace de végétation. Quelques fois les nuages tentent de passer au dessus des bords du cratère, dont les sommets sont alors blancs. C’est beau, c’est majestueux, c’est impressionnant (surtout le téléphérique), on en a le souffle coupé …à cause de l’altitude aussi. Si vous ne souffrez pas de troubles respiratoires, êtes équipé de solides brodequins avec jambières, et que vous avez de bons genoux vous pouvez descendre du sommet jusqu’à la station de téléphérique. Comptez six heures, le sentier est balisé.
Un conseil pour éviter l’attente : prenez vos billets par internet quelques jours avant pour pouvoir choisir l’heure de votre cabine.
18 septembre 21 h TU :
Mes filles sont reparties le 17 au matin…il faut bien que certains travaillent !
Départ en solo le 17 à 12h TU de Santa Cruz de Tenerife pour Puerto del Carmen sur l’île de Lanzarote. Un trajet d’environ 150 nautiques. Les montagnes de Tenerife m’ont gratifiés d’un bon force 6 pendant deux heures, puis le vent est devenu de NE force 3 à 4. Bar à Ô et moi avons alors tiré des bords pendant presque 30 heures. Beaucoup de trafic entre les îles. D’une part les Canaries sont sur le trajet Afrique de l’Ouest/Europe et Gibraltar/ Amérique du sud. Il y a donc des rails comme en Manche, l’un entre Tenerife et Grande Canarie, l’autre le long des îles de Lanzarote et Fuertaventura. D’autre part il y a les bateaux lents ou rapides qui assurent les liaisons inter-îles, et enfin les plaisanciers. Pas de pêcheurs en revanche les fonds sont trop importants, et ils vont prés des côtes Mauritaniennes et Marocaines.
J’ai compté 30 cargos et pétroliers, soit un par heure à surveiller, une dizaine de courriers inter-iles, un paquebot de croisière et quatre plaisanciers. La veille doit donc être attentive, et les quelques plages de repos ont été de 10 minutes de nuit, et quand c’était possible de 20 minutes de jour, toujours entre deux Klaxons d’AIS/NKE et d’ActivEcho. J’ai remarqué que lorsque l’on est en route de collision il faut alors garder une route moyenne stable. 20 minutes avant de passer très près le cargo donne un coup de barre, et passe à 1 mille voire plus. Je n’ai du en appeler qu’un seul, de nuit, pour m’assurer qu’il allait manœuvrer, et de jour c’est moi qui ai viré pour passer dans le couloir entre deux pétroliers. Lourds et imposants les pétroliers ne manoeuvrent pas.
Pour les bâtiments inter-îles, il fait se méfier de la vitesse. Les hydroglisseurs zigzaguent entre les obstacles « fixes » que sont les navires lents. Avec eux pas de problèmes. En revanche il faut anticiper l’itinéraire des autres car ils ne se poussent pas. C’est aux plaisanciers de le faire. Or de nuit c’est difficile d’anticiper la véritable destination finale de ces bateaux.
A l’arrivée la pointe Sud de Lanzarote m’a reçue avec un 25/30 nœuds. Le temps de rouler…le vent était passé à 3 nœuds, et c’est la risée Volvo qui a pris le relai pour propulser le bateau !
La nuit tombante et la fatigue m’ont incités à m’arrêter à la marina RUBICON au sud de l’île à 11 milles de mon but initial. Installations en très bon état, propreté « portugaise », prix supportables, quais entourés de cafés et restaurants, architecture d’ensemble de bon gout, finalement cette marina a tout pour plaire. J’y ai passé deux nuits et une journée de repos et de nettoyage approfondi ce qui était nécessaire après déjà deux mois de croisière.
21 septembre 20h TU En escale à Puerto del Carmen
Location de voiture ce matin (110€ pour une semaine) et direction le parc national de Timenfaya. 18 mini volcans sont apparus en 1731 et 1824. Leurs éruptions ont recouvert l’île de poussières diverses la rendant infertile. Une promenade de plus d’une demi-heure est proposée en autocar sur une route spéciale pour la somme, de 10 euros par personne stationnement compris. Au point de départ, la terre est à 60 degrés à 40cm de la surface et 400 degrés à 6 mètres. « C’est du récent » ! Aucune végétation, des cratères presque intacts, des coulées de magma solidifiés ressemblant aux ondulations du chocolat dans une fontaine, des espèces de tuyaux aux toits troués de la taille d’un gros collecteur d’égout…bref des paysages que je n’avais vu dans aucune île volcanique récente. S’y ajoute des pentes recouvertes de poussière, d’autres de sortes de galets de lave comme au Pico del Teide de Tenerife. Pas de végétation du tout, seuls quelques lichens font de timides apparitions par endroit sur les pentes exposées aux vents dominants. Plusieurs nuances de gris, de rouge et de rouille. Le vent de l’Atlantique condense son humidité en montant les pentes, mais il ne pleut pas, les nuages vont se perdre sous le vent de l’île ; en conséquence l’île est totalement aride.
Sur cette terre infertile l’homme, ceux qui sont restés après les éruptions, a patiemment construit des murets pour protéger ses maigres cultures du vent descendant des montagnes. S’y cultivent de la vigne au ras du sol, et des légumes sur de la terre noire. Quelques chèvres permettent de faire un peu de fromage. Les pécheurs interviennent tout prés de la côte sur des barques. A moins d’un mille la profondeur peut atteindre 2000 mètres. L’habitat est bas, blanc…le sud désertique du Maroc est tout près. Quant aux chapelles elles semblent tout droit sorties de « Il était une fois dans l’ouest ». La encore on comprend d’où vient le style du Mexique, du Texas et du sud de la Californie.
Le vin est de bonne qualité. Le blanc, fruité, se boit vraiment frais, le rouge raisonnablement puissant et long en bouche …me convient bien. Pour tenir compte des difficultés de faire pousser la vigne, les prix sont un peu élevés : 8,50 euros la bouteille chez Simply (Auchan).
22 septembre 2018 21hTU :
Balade aujourd’hui entre autres au jardin des cactus. Des centaines d’espèces différentes enchâssées dans une sorte d’arène ceinte de murs de pierres de lave noires. Vert sur noir, j’ai découvert que les cactus pouvaient avoir des fleurs, des fruits dont les figues de Barbarie, qu’ils pouvaient être haut et ressembler à ceux des déserts dans Lucky Luke, ou bien être des boules de piquants minuscules, ou de la taille d’un oreiller. Une bien belle excursion.
23 septembre 21 h TU
Visite de la maison d’Omar Sharif. Une habitation construite par un architecte local encastrée dans une falaise de lave solidifiée, donc à demi troglodyte sur plusieurs niveaux. Une réalisation de toute beauté à ne pas manquer. On raconte qu’Omar Sharif l’aurait achetée au matin à ce propriétaire pour la perdre l’après-midi au jeu.
A Los Hervideros on admire une coulée de lave noire qui descend d’un volcan éteint dont les pentes sont ocres. Une trace rectiligne d’un kilomètre de large au milieu du paysage. La coulée datant de 200 ans plonge dans la mer en offrant un spectacle de falaise de basalte noir non érodé. On a l’impression que la falaise a été taillée au couteau.
Puerto del Carmen : difficile d’accès, des rafales entre les pontons rendant l’accostage compliqué, aucun point d’intérêt dans le village…
Arrecife : Prévoir de solides amarres quand le vent est NE et s’engouffre à 25/30 nœuds dans le bassin : Le clapot se lève, les pontons remuent, il faut doubler les bouts.
La ville est à 1/4heure à pied. Attention il n’y a pas de poste à gazole, ni à essence.
Il y a un magasin d’accastillage dans la marina qui a mauvaise réputation. La voilerie a fermée. En revanche, de l’autre coté du bassin, calle Agustin de la Hoz, on trouve une « ferreteria » avec un vrai magasin d’accastillage qui comprend à peu près ce dont un navigateur au long cours peut avoir besoin en rechanges. A coté un diéséliste, un mécano hors bord, un spécialiste de l’inox et un électronicien.
Dans la vieille ville, calle Leon y Castillo, il y a un vrai supermarché « superdino » qui livre !
Bonnes adresses dans la vieille ville :
AntiuXixona, face au Charco de San Gines, un glacier artisanal comparable à Tonton Maboul.
Rèal Club Nautico : avenida Rapjael Grez Negrin. Bord de plage, piscine, bar restaurant dans une ambiance club britannique sans être compassée. Menu du jour à 8 euros : entrées aux choix, plat au choix, dessert au choix.
Arrecife est un port d’hivernage. Probablement plus de 100 bateaux y resteront pour l’intersaison. De gros bateaux avec des propriétaires fortunés. Il est assez réconfortant de constater que tous ces gens, patrons industriels, gens d’influence, hauts fonctionnaires, allemands pour la plupart, dorénavant retraités, savent être simples dans leurs rapports humains, et se passionner pour passer le balai, l’éponge et la brosse pendant des heures durant en retirant de ces tâches primaires l’intense satisfaction d’un bateau impeccable. C’est au moins ce que l’on lit dans leurs yeux.
Pour finir je vous,propose quelques éléments fournis par Édouard Bost :
Tenerife :
Santa Cruz est une excellente escale, bon mouillage 6 MN au nord. JLK ajoute :C’est probablement un des trois ports surs des Canaries en cas de forte tempête.
Sur la côte nord, Garachico, où j'ai hiverné, authentique et très sympa,
Lanzarote :
Graciosa: mouillage de playa francesca, le plus beau des Canaries...peut être encombré.
Le port est très sympa, ambiance africaine, petits restos , peu de ressources. JLK ajoute : il y a un petit super mercado sans grand-chose et beaucoup de ferrys assez bruyants dans le port qui est vaste.
Louer un vélo pour aller sur la plage du nord ouest de l'île, sublime.
Arrecife est une bonne marina, restos super le long du plan d'eau à 10 minutes de la ville.
En face de la marina, ships, inox, mécanos, à des prix sympas.JLK ajoute commode pour les permutations d’équipages l’aéroport étant tout proche.
Mouillage très beau à Playa de los mujeres, à coté de la marina Rubicon, au sud de l'île, assez sauvage, fonds de tenue médiocre ...
L'île est magnifique , minérale , empreinte du souvenir du génial César Manrique.
Excursion en bus à Tréguise, magnifique village. JLK rajoute les excursions proposées par le Routard ou le Michelin valent toutes le coup.
Fuerteventura:
Île de Lobos, très belle mais impossible de débarquer en annexe...
Corralejo: très touristique, peu d'intérêt .
Rosario: capitale de l'île , on peut mouiller mais bof...
Puerto del Castillo: à éviter absolument , épouvantable.
Gran Tajaral: plutôt sympa, pas trop touristique, pas cher, cofradia del pescadores super.JLK rajoute : on peut mouiller devant la plage à coté du port. C’est sympa. Le port serait un des trois ports sur des Canaries en cas de tempête.
Sud de l'île: Mojo Jable, on peut mouiller à côté du port, au pied d'une falaise,
Port de ferrys, éviter absolument les pontons à gauche en entrant, aucune commodité, et des rats...
Punta Jandia: superbe mouillage, peut être rouleur, le bout du monde...
Grande Canarie:
Magnifique aussi, des forêts superbes, une région de volcans extraordinaire...
Incontournable :la marina de Las Palmas, mais interdite d'accès jusqu'au départ de l'ARC...mouiller en face, on peut débarquer en annexe à la marina, énorme ship toutes commodités, le chantier est très bien. JLK ajoute : c’est le siège du MRCC des Canaries.
Le sailor's bar est obligatoire, mais sera sûrement bondé.
Loc voiture Emiliano +34692182671 parle français, pas cher , livraison au sailor's
Louer une voiture pour visiter l'île , aller à Tejeda, magnifiques randos dans le coin Roque Nublo par exemple, prévoir de bonnes godasses mais ça vaut le coup.
Coup d'œil magistral sur le Teide de Tenerife , j'ai eu la chance de le voir enneigé ...
La Gomera :
notre île préférée, le port vraiment recommandable, des rando à la portée des moins en forme, des mouillages magnifiques.
JLK ajoute : le port de Saint Sébastien, le principal, est très beau et sympa, mais c’est surtout le 3èmeport « tous temps » des Canaries.
Et voila : 1eroctobre, permutation d’équipage avec Madeleine, 2 octobre avion vers Paris : pull, chaussettes, blouson, encombrements, pluie, travail…brr…
Merci Jacques pour ce récit détaillé qui fait rêver et aussi plein d'enseignements pratiques
Claudius
Le : 07 octobre 2018 à 21:34 (GMT +02:00)
De : "Jacques-Louis KESZLER" <jlke...@gmail.com>
À : "Cercle Nautique La Rochelle" <cn...@googlegroups.com>
Objet : [cnlr] La balade atlantique de BAR À Ô De Lisbonne aux Canaries
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