Violence İndividuelle/Violence Sociale
Ragip Duran
Mercredi et jeudi dernier, deux assaillants armés, le premier à Siverek (District d’Urfa, sud-est) et le second à Marash (sud-est) ont causé la mort de 9 personnes, des élèves, un enseignant et des concierges d’école et 32 autres ont été blessés.
Omer Ket, 19 ans, armé d’un fusil de chasse, a mitraillé la foule dans la cour de l’école. 10 élèves, 4 enseignants et 2 appariteurs ont été blessés. Il a été renvoyé de l’école à cause d’absences régulières, il avait également echoué plus tard à l’école par correspondance. Ancien élève de L’Ecole des Arts et Métiers Agricoles Ahmet Kuyumcu, croyait que c’était le Directeur de son école qui était responsable de ces échecs. Il avait envoyé sur ses comptes de réseaux sociaux des messages de menace contre le Directeur. Il a été mis en garde à vue deux jours avant l’attaque par la police mais relaché plus tard.
L’administration centrale a envoyé sur place des inspecteurs et 2 directeurs de sûrete et 2 directeurs locaux de l’Academie ont été suspendus de leurs fonctions.
Candan Yildiz, chroniqueuse du site internet T24, estime que derrière cette attaque armée, des conflits intertribus et des querelles interfamiliales ont pu jouer un rôle.
A Marash, le lendemain vers midi, dans le College Aysel Calik du district 12 Subat, Isa Aras Mersinli, 14 ans, portant 5 armes et plusieurs chargeurs, a mitraillé deux classes: 9 morts et 16 blessés. İsa s’est suicidé à la fin de cette opération selon les témoins sur place, information non encore confirmée par les autorités. ‘’C’était un enfant qui avait de graves problèmes psychologiques’’ constatent ses camarades et les enseignants. Son père M.Ugur Mersinli, était directeur de sûrete qui possédait plusieurs armes à la maison. Sa mère Mme Peyman Pinar était enseignante. Tous les deux ont été mis en garde à vue par la police locale. Le minsitre de l’Education Nationale ainsi que le ministre de la Santé se sont rendus à Marash. Le ministre de la Justice a décrété une interdiction de publication ‘’pour le salut de l’investigation’’. Il a aussi qualifié l’événement ‘’d’attaque purement personnelle donc pas d’action terroriste’’ alors que le Parquet n’avait même pas commencé ses travaux.
L’Association de la Psychiatrie de Turquie (TPD) a publié un communiqué dans lequel elle souligne que ‘’les actes de violence ne se réalisent pas uniquement à cause des problèmes de la santé mentale des individus. Ces actes sont les conséquences des conditions économiques et sociales dans lesquelles ces individus vivent’’. ‘’Quand les inégalites, la pauvreté, la carence de sécurité et l’isolation grimpent, la violence devient un acte normal’’ poursuit le communiqué. La TPD propose comme remède ‘’des politiques sociales exhaustives, des politiques égalitaire d’education et l’amélioration des services psychosociaux’’.
En effet, la Turquie est devenue depuis au moins 5 ans, une scène d’attaques armées et d’assassinats en pleine rue entre les groupuscules de mafia ou d’autres organisations criminelles turcs et étrangers. Des bandes organisées, formées des jeunes de moins de 18 ans (Pour éviter de lourdes condamnations) sont specialisées dans l’extorsion des PME. De plus la guerre des forces de sécurité depuis 1984 contre les kurdes actualise toujours la violence dans la vie quotidienne des citoyens. Enfin faut-il également mentionner les jeux vidéos et les séries populaires des TV dans lesquelles la force, la violence, les armes sont toujours louées . Ces facteurs ont sûrement une certaine influence sur en particulier les jeunes, dont une partie est en chômage et ne va plus à l’école.
‘’La Turquie sera une petite Amérique’’ avait prévu en 1949 le Ministre M.Nihat Erim (Parti Républicain du Peuple). Slogan repris en 1950 par le Président de la République M.Celal Bayar (Parti Démocrate). Ce dernier a été pendu à la suite du Coup d’Etat militaire du 27 mai 1960. Et M.Erim est mort, victime d’un assassinat en 1980. La Turquie n’est peut être pas devenue une petite Amérique mais elle ressemble désormais au Texas du temps des cowboys et des fusillades. (FIN/RD)