Fwd: la defaite de l'equipe de foot TVXS.GR

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Ragip Duran

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Jun 28, 2026, 6:07:29 AM (23 hours ago) Jun 28
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La Turquie et FIFA 2026 :

Une débâcle politique, culturelle et sportive

Ragip Duran

La disqualification de l’équipe nationale turque de la Coupe du monde de la FIFA 2026 organisée aux États-Unis, après deux defaites et un seul match gagné en affichant un jeu extrêmement médiocre, a révélé une situation bien trop grave pour être expliquée uniquement par des lacunes et des erreurs techniques, tactiques et stratégiques sur le plan sportif.

L’équipe turque lors du dernier match a battu 3 à 2 les Etats Unis vendredi tôt dans la matinée. Les dirigeants essaient de profiter de ce résultat pour couvrir la grande défaite. La Turquie avait pu, 24 ans après, gagner le droit de participer à la FİFA 2026. L’objectif publiquement déclaré au départ était ‘’au moins les quarts de finale’’.

Les déclarations incohérentes du président de la Fédération turque de football (TFF), les plans de jeu de l’entraîneur, la formation des 11 et enfin, les échecs des joueurs font l’objet d’une analyse approfondie et de critiques de la part des experts sur le plan technique.

Cependant, rares sont les journalistes et experts qui abordent actuellement la question la plus importante : Que va-t-il se passer maintenant ? Le président de la TFF et l’entraîneur, qui sont les principaux responsables, vont-ils démissionner ?

Il ne faut pas prendre un match de foot à la légère. S’il s’agit d’un match de l’équipe nationale, l’ambiance, le jeu et le résultat fournissent des indices intéressants sur le climat politique et culturel du pays.

La défaite aux États-Unis ne se résume pas au score affiché à la fin du match. Sur les réseaux sociaux, des milliers de citoyens expriment leur déception et leur colère tout en énumérant les causes de cette défaite :

-         Accompagner la délégation de l'équipe nationale avec des dizaines de voitures de marque nationale n'ayant aucun rapport avec le sujet n'a servi qu'à faire de la publicité pour ces véhicules. Les résultats obtenus sur le terrain n'ont sans doute pas non plus fait grimper les ventes de ce modèle.

- De plus, le fait que le président Erdogan, des avions de combat et les emblèmes du parti au pouvoir aient été utilisés pour diffuser un spot publicitaire accompagne d’un discours nationaliste et militariste pour un match de football censé être un symbole d’amitié et de paix n’a pas du tout motivé les joueurs.

-         Lorsque tous les sponsors de l’équipe nationale ont mobilisé les joueurs pour promouvoir leurs marques et leurs produits, la concentration des footballeurs n’a pas été au sommet.

-         Pour les matchs retransmis à des heures inhabituelles, le régime a tenté d’instaurer un lien entre religion et football à des heures qui coïncidaient avec la prière du petit matin.

-         Alors que les footballeurs auraient dû se concentrer sur les entraînements techniques et tactiques, ils se sont davantage préoccupés de leurs coiffures et de leurs moustaches, ce qui n’a pas amélioré leurs performances sur le terrain.

En conséquence, un climat tel s’est instauré que l’équipe nationale turque est devenue l’équipe non pas de la Turquie, mais du pouvoir, c’est-à-dire du régime d’Erdoğan. Comme plus de la moitié du pays s’oppose à ce régime, ces citoyens ne souhaitent plus que l’équipe nationale remporte des victoires. De plus, comme une éventuelle victoire les aurait poussés à descendre dans la rue pour « s’amuser » en tirant en l’air au son de slogans nationalistes militaristes pour célébrer la victoire, ce qui avait entraîné des morts et des blessés, la majorité ne souhaitait pas recevoir de bonnes nouvelles des États-Unis.

L’arrogance, la publicité-propagande et le complexe de grandeur ne sont pas des éléments positifs pour remporter des succès sportifs, mais au contraire négatifs, voire obstructifs. Ceux qui rêvaient d’une demi-finale à la Coupe du monde 2026 ont dû faire leurs valises à la fin du troisième match et rentrer chez eux. La réalité a réduit à néant leurs rêves creux.

Il existe une autre raison majeure à l’échec de l’équipe nationale turque : la FIFA est une institution mondiale, une organisation globale. La FIFA a ses règles, ses experts indépendants. Or, en Turquie, dans aucun domaine, y compris le football, il n’y a de règles car le droit n’existe plus sur l’ensemble du territoire et dans tous les secteurs ; et si elles existent, elles ne sont pas appliquées, ou bien elles le sont de manière arbitraire et sélective. C’est ainsi que le régime d’Erdoğan fait ce qu’il veut en Turquie. Mais lorsqu’on se rend aux États-Unis pour un tournoi de la FIFA, il n’y a pas là-bas de dirigeants pratiquant la corruption, ni de procureurs et de juges soumis au pouvoir ; les personnes et les institutions censées être indépendantes et impartiales ne se comportent pas comme des instruments du pouvoir.

L’entraîneur italien Montella, serait « plus turc que nous ». Il a prononcé des mots comme « destin », « chance » et ‘’dessein’’ dans les déclarations qu’il a donnée après les deux premiers matchs pour expliquer les raisons de la défaite.

Le Président de la Fédération Turque de Football M.Haciosmanogu a menacé les journalistes qui critiquent ces résultats et a demandé au Ministre de la Justice une nouvelle loi pour sanctionner les ‘’mauvaises langues’’.

MM.Montella et Haciosmanoglu ont publiquement déclaré qu’ils refusent de démissionner.

‘’Quel secteur, quelle institution en Turquie travaille correctement, remplit sa mission et remporte des succès, au point de pouvoir réussir dans le football ?’’ conclut un professeur de droit public en exil.

(FIN/RD).

 

 

 

 

 

 






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