Fwd: le seminaire de halki, tvxs.gr

4 views
Skip to first unread message

Ragip Duran

unread,
May 16, 2026, 3:48:33 AM (10 days ago) May 16
to chroniquetu...@googlegroups.com
Riposte d’Ankara contre la réouverture du Séminaire de Halki

Ragip Duran

La réouverture du Séminaire de Halki (Ou bien de l’Ecole Théologique de Halki) en septembre prochain a provoqué une contre-attaque d’Ankara: Le Directorat des Affaires Religieuses (Diyanet) annonce qu’un Centre d’Education Islamique sera construit sur un terrain de 200.000 m2 pas loin du Séminaire sur l’île de Halki (Heybeliada en turc), une des îles de Princes à peu pres à une heure de distance en bateau (approximativement à 20 km) de la côte d’Istanbul.

Le Séminaire fut depuis longtemps un sujet de conflit entre le Patriarcat Oecumenique de Constantinople de son nom officiel et le gouvernement turc.

Le Séminaire de Halki a été crée en 1844 sur le terrain du monastère d’Agia Triada construit au 9ème siècle. L’Ecole a du interrompre  ses activités pendant 5 ans lors de la Première Guerre Mondiale. En 1971, Ankara avait imposé un nouveau statut à l’Ecole qui devait être un Faculté dépendant d’une Université.  Proposition refusée par le Patriarcat car le Séminaire perdrait son indépendance et sa liberté institutionelles. ‘’Un Doyen musulman ne peut pas être nommé à la tête du Séminaire et des étudiants musulmans ne peuvent pas être reçus par une école religieuse orthodoxe’’ avait declaré l'Archevêque Bartholomée (82). Le Séminaire n’était pas officiellement  fermé mais ne pouvait plus recevoir des étudiants. Donc tout au long de 181 ans de son histoire le Séminaire  n’a pas pu pendant 59 ans poursuivre l’enseignement.

‘’Nous sommes devenus une goutte dans l’ocean’’ disait le Patriarche  Bartholomée pour décrire la population grecque orthodoxe de la Turquie actuelle. ‘’Nous sommes la seule église sur terre qui n’a pas une Ecole Théologique. Alors qui enseignera les futurs prêtres pour l’ensemble des églises orthodoxes du monde entier?’’ se plaignait-il.

Encore aujourd’hui  le Patriarcat organise des activités culturelles, des conférences et sa grande bibliothèque est ouverte aux spécialistes munis d’une autorisation.

Les Patriarches ainsi que la Grèce et la majorité des pays d’Occident, avec à la tête Washington,  demandaient depuis 1971 aux autorités turques la réouverture du Séminaire. 

Ankara a enfin accepté cette requête.

Mais, une sorte de revanche, le Directorat des Affaires Religieuses qui dépand directement du palais Présidentiel a réaffirmé sa volonté de construire un Centre d’Education Islamique sur l’île. Le Directorat, après plusieurs initiatives devant les tribunaux a pu récemment acquérir la propriété du Senatorium de Heybeliada. Construit en 1924 ce Senatorium était le plus grand hôpital de tuberculose du pays et avait été en 2020 transformé en hôpital contre la pandémie. Un grand bâtiment aux briques rouges au beau milieu du foret risque désormais d’être un centre ‘’académique’’ islamiste, estiment la majorité des habitants de l’île.

Les sectes islamiques et islamistes qui soutiennent le Président Erdogan, s’opposent également contre le statut indépendant et libre du Séminaire de Halki. ‘’Si les religieux grecs auront leurs Ecoles Théologiques nous aussi nous créerons nos Universités indépendantes et libres’’ disent-ils.

Par ailleurs Ankara craint le rétablissement du titre œcuménique du patriarche  avec la réouverture du Séminaire. Car les gouvernements turcs pour des raisons politiques, en particulier à cause des réflexes anti-chrétiens et anti-grecs refusent de reconnaître ce titre. Alors que les patriarches de Constantinople portent ce titre accordé par l’empereur romain Maurice depuis l’an 586.

L’architecte Korhan Gumus, estime qu’à cause des conflits religieux et des anciennes tensions réanimées entre les deux communautés, la réouverture du Séminaire et la création du Centre d’Education Islamique posent un problème politique difficile à résoudre. ‘’L’Etat prend nos concitoyens orthodoxes comme les agents des pays étrangers. Ce qui est faux’’ dit-il. M.Gumus donne deux autres exemples architecturaux d’islamisation : Construction d’une mosquée sur la Place Taksim à la rentrée de la Grande Rue de Péra, juste en face de l’Eglise Agia Triada et le réaménagement de l’île Yassiada (Plati, en grec).

‘’La mentalité qui date de la dernière période ottomane, en vigueur chez les gens du Comité d’Union et de Progrès et encore soutenue aujourd’hui par les Kémalistes voire par les Islamistes n’est pas du tout démocratique ni d’ailleurs pacifique’’ constate le Prof. Taner Akçam, grand spécialiste du Génocide Arménien de 1915. (FIN/RD)

 

 

 





Reply all
Reply to author
Forward
0 new messages