Groups
Groups

Iran/Etas Unis/Israel TVXS.GR

5 views
Skip to first unread message

Ragip Duran

unread,
Mar 9, 2026, 8:03:46 AM (10 days ago) Mar 9
to chroniquetu...@googlegroups.com

Iran/Etats-Unis/Israel:

Ankara essaie de ménager la chèvre et le chou

Ragip Duran

 

Ces jours-ci à lire les quotidiens, à suivre la Toile, à regarder les émissions des TV, pas mal de citoyens des quatre coins du monde se rappellent la fameuse citation du sénateur américain de Californie Hiram Johnson (1866-1945) : ‘’La première victime en temps de guerre, est la vérité’’. 

En effet, on peut lire dans les médias des informations les unes exactement le contraire des autres et d’ailleurs il s’agit la plupart du temps des informations vagues, de la propagande et des opinions dont le contenu varie selon leurs sources.

En Turquie, comme partout, l’opinion publique, les dirigeants, les médias et voire les clients des cafés de commerce ne s’occupent que de l’intervention américano-israélienne contre l’Iran. 534 km. de frontière commune entre les deux pays depuis 1639, plus environ 100 milles citoyens d’Iran résidents réguliers en Anatolie obligent la Turquie et les turcs d’être toujours informés sur ce qui se passe chez le voisin.

Contre le risque d’une nouvelle vague d’immigration en provenance d’Iran, Ankara a déjà fermé les postes frontaliers mais comme tout le monde le sait les gens qui fuient la guerre, d’ailleurs sans passeport, ne se servent pas des postes frontaliers. Ils n’aiment pas beaucoup toutes ces formalités bureaucratiques des policiers et des douaniers.

Avec l’augmentation du prix du pétrole, donc de tout autre produit, l’ensemble de la population souffre encore plus de la vie chère.

Les kurdes, peuple autochtone des deux régions frontalières sont actuellement le principal sujet des débats :

-        Est-ce que Washington et Tel-Aviv peuvent armer et mobiliser les kurdes (Ceux d’Iran, d’Irak, de Syrie voire de la Turquie) pour renverser complètement le régime des Mollahs ?

-        Si les kurdes des quatre pays se réunissent, est ce que ces quatre Etats risquent de se disloquer ?

Les réponses sont diverses et elles produisent de nouvelles questions.

Ankara a une position particulière car elle est la seule capitale musulmane membre de l’OTAN et voisine de l’Iran. Le régime Erdogan, tant vanté par Trump a des relations d’amour et de haine vis-à-vis de l’Iran.  Une majorité importante des turcs détestent les Mollahs, les sunnites turcs sont par principe contre les chiites de Téhéran et les laics turcs sont également anti-Mollah.

La chute récente sur le sol turc d’une fusée balistique d’origine iranienne, près de la raffinerie de Ceyhan (Méditerranée), le terminal de l’oléoduc Bakou-Tblissi-Ceyhan a fait couler beaucoup d’encre. Cette fusée a été abattue grâce aux systèmes de défense aérienne de l’OTAN. Téhéran a déclaré que l’Iran ne visait pas la Turquie. Mais c’est à partir de la station de Ceyhan que le pétrole est exporté vers Israel et autres pays. Des experts de Washington croient que cette fusée visait la base militaire turco-américaine d’Incirlik.

L’opinion publique turque est divisée sur un autre sujet :

-        Faut-il célébrer, au nom de la lutte contre la dictature des Mollahs, l’intervention américano-israélienne ?

-        Ou bien faut-il encore soutenir, au nom de la souveraineté et de l’indépendance d’Etat, le régime sanguinaire des islamistes ?

Les citoyens du pays immobilisés devant leurs écrans de TV ou des celles de leurs téléphones cellulaires sont incapables de bien comprendre les réalités de la guerre. Car ce sont des soi-disant spécialistes, tous proches du Palais Présidentiel, théologiens ou universitaires en sciences physiques qui font des analyses très profondes incompréhensibles et en tout cas complètement coupées des réalités régionales.  Les sentiments et les excitations remplacent les faits et les chiffres. La rationalité y est absente, la propagande est omniprésente. L’animosité anti-kurde et la solidarité musulmane couvrent leurs positions pro-américaines et pro- israéliennes.

Erdogan n’a pas le courage de s’opposer contre les visées de Trump et il n’a pas non plus une attitude contre le régime de Téhéran.

Ankara n’a pas pu jusqu’aujourd’hui bien gérer les crises politico-militaires au Moyen-Orient. La diplomatie turque depuis au moins 20 ans a perdu son efficacité et son prestige aux dépens de l’armée turque. Cette dernière n’est pas non plus au plus haut niveau de sa puissance.

La deuxième victime en temps de guerre serait donc les Etats indécis, sans stratégie et dépourvue du soutien de l’ensemble de la nation. (FIN/RD)

 

Reply all
Reply to author
Forward
0 new messages
Search
Clear search
Close search
Google apps
Main menu