Ragip Duran
L’ensemble des observateurs constate les contradictions entre le discours officiel turc et les développements concrets sur le terrain concernant la diplomatie d’Ankara.
Erdogan et ses partisans ne cessent de répéter que ‘’la Turquie est un grand meneur de jeu au Moyen-Orient de plus en Méditerranné, aux Caucases voire en Europe’’. Ils prétendent également que ‘’même un oiseau ne peut voler dans la région sans l’accord de la Turquie’’. Par ailleurs le ministre turc des affaires étrangères Hakan Fidan adopte depuis longtemps un discours ‘’pas du tout diplomatique’’ ‘’très dur’’ voire ‘’menaçant ses voisins’’, ‘’à la limite du bélligerantisme’’ estiment ses opposants. Il y a même des personnalités proche du Palais qui critiquent les politiques de Son Excellence Fidan. Vu que ce dernier est en même temps presenté comme le probable successeur du Président Erdogan, Fidan n’est sûrement pas aujourd’hui l’homme politique le plus populaire du pays. Les chroniqueurs, les théoriciens et idéologues d’Erdogan attaquent en générale la Grèce, l’Irak, Chypre (qu’ils appellent l’Administration Grecque du Chypre du Sud) mais se taisent quand il s’agit de Washington, de Moscou ou bien de Beijing.
Malgré les vagues de propagande dans les médias qu’elle dirige Ankara est de plus en seul sur la scène diplomatique.
Lors de la récente 61ème Conférence de Munich sur la Sécurité, le nom de la Turquie a été cité peut être au maximum 3 ou 4 fois. Alors que le Général Mazloum Abdi, Président des Forces Démocratiques de Syrie (FDS) y fut accueilli comme l’invité d’honneur. Il a eu des entretiens tête à tête avec plusieurs dirigeants européens. Ankara a reçu un nouveau coup quand le ministre des affaires étrangères de Damas, M. Assaad Hassan Al-Chaibani, pourtant connu comme un responsable proche d’Ankara, a déclaré que ‘’les FDS ne sont pas nos ennemis mais ils sont nos partenaires syriens’’. Alors que le régime turc qualifie les FDS, comme la branche syrienne du PKK, et une organisation terroriste. Les relations de Damas avec Israel posent également un problème au Palais présidentiel à Ankara.
Faut-il également mentionner que le développement des relations de la Grèce avec Chypre, Egypte et Israel (Encore) démontre les failles de la diplomatie turque.
Ankara a essayé début fèvrier de réanimer les rapports avec l’Union Européenne quand Mme Marta Kos, la Commissaire européenne à l'Élargissement de la Commission Européenne s’est rendue à la capitale turque. En vain… Car il y a beaucoup d’obstacles politique, juridique et institutionnel pour déchiffrer les rapports entre Bruxelles et le régime turc.
Ankara, malgré tout, est content de participer à la réunion au sommet organisée par Trump, nommé ‘’Conseil de Paix’’ qui aura la mission de ‘’reconstruire Gaza’’, région de la Palestine détruite par Israel, un des 47 participants. Trump a omis de prononcer le nom de la Turquie quand il citait les pays qui ont accepté de participer à cette première réunion.
Quant à la ‘’Paix en Turquie’’ c’est-à-dire le projet de ‘’La Turquie Sans Terrorisme’’, qui a théoriquement l’objectif de résoudre le problème kurde, la Commission Parlementaire a pu enfin publier son rapport. Grande déception… car le rapport ne mentionne même pas ‘’le problème kurde’’ et se contente de proposer des conseils vagues comme ‘’la nécessité d’appliquer les décisions de la Cour Constitutionnelle et celles de la Cour Européenne des Droits de l’Homme’’!
‘’N’en parlons surtout pas de l’économie et des finances car désormais les grands patrons se plaignent de l’inflation, de la chute permanente de la valeur de la livre turque et des grèves’’ affirme un professeur d’économie qui enseigne depuis 10 ans aux Etats-Unis.
Enfin faut-il également ajouter une déclaration de la romancière populaire, Ayse Kulin, (85), autrice d’une quarantaine de roman, de biographie et de récit : ‘’La Turquie n’a jamais été autant ignorante et vulgaire/impolie et dépourvue du droit et de la justice’’ (FIN/RD)