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Ragip Duran

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Jul 13, 2026, 12:47:32 PM (13 days ago) Jul 13
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La Turquie et les États-Unis au sein de l'OTAN :

Frères ennemis ou Frères siamois ?

Ragip Duran

De nombreuses questions d’une grande importance politique et géostratégique à l’échelle mondiale ont été abordées lors du sommet de l’OTAN qui s’est tenu cette semaine dans la capitale turque. Cependant, le caractère autoritaire du régime d’Erdoğan n’a délibérément pas été inscrit à l’ordre du jour. De cette manière, les chefs d’État et de gouvernement des 32 pays semblent avoir, ne serait-ce qu’indirectement, apporté leur soutien à « l’Homme unique » d’Anatolie.

Tout d’abord, les autorités turques chargées de l’organisation ont refusé d’accréditer une vingtaine de journalistes turcs.

Plus de 200 personnes – militants de gauche, syndicalistes, universitaires, journalistes et étudiants – ont été placées en garde à vue afin d’empêcher des manifestations contre l’OTAN. Parmi elles, des femmes d’environ 70 ans, anciennes militantes d’organisations écologistes et de gauche, toutes en règle avec la loi, qui ont passé toute la semaine derrière les barreaux.

Les partisans d’Erdoğan ont érigé des « murs Potemkine » pour dissimuler les bidonvilles situés le long de la rue centrale

Les collaborateurs d’Erdoğan ont érigé des « murs de Potemkine » pour dissimuler les bidonvilles situés le long de l’avenue centrale qui relie l’aéroport d’Ankara au centre-ville.

L'accueil réservé au Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a été mis à profit pour diffuser la propagande sur le « passé glorieux de l'Empire ottoman ». Le défilé des janissaires glorifie l'expansionnisme et l'agressivité des Turcs. Ce corps de soldats d’élite constituait la garde rapprochée du sultan, comprenez aujourd’hui d’Erdoğan. Les soldats provenaient de familles chrétiennes, principalement orthodoxes, des Balkans : des enfants qui avaient été enlevés et convertis à l’islam.

 Le président Trump a également été accueilli par ce même corps, les janissaires brandissant leurs épées. Personne n’a mentionné que le corps des janissaires avait déjà été dissous en 1826 par le sultan réformateur Mahmud II. Curieusement, les historiens officiels qualifient cette dissolution

d’« Événement heureux ».

Ankara a une nouvelle fois insisté auprès du président Trump pour qu’on lui autorise l’achat d’avions de combat F-35, ainsi que de moteurs de pointe pour l’avion de combat turc Kaan. Le Congrès américain a rejeté cette demande, mais le président américain n’a cessé, tout au long de la réunion, de faire l’éloge de son homologue, Recep Tayyip Erdoğan.

Les médias européens, mais aussi bon nombre de médias américains, ont rappelé que le régime d'Ankara, bien que membre de l'OTAN, a acheté les systèmes de missiles russes S-400 et continue de menacer la Grèce et Chypre. Malgré tout, les dirigeants des 31 autres États membres ont choisi de garder le silence tant sur ces questions que sur les pratiques antidémocratiques, voire fascisantes, du régime d’Erdoğan.

« L’OTAN et les États-Unis en général ne jouissent pas d’une grande estime auprès de la grande majorité des Turcs », rappelle un professeur de sciences politiques résidant en Allemagne. « L'image d'Erdogan aux côtés de Trump a encore attisé les sentiments anti-américains au sein de la société turque », observe-t-il. (FIN/RD)

 

 



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