Fwd: Les maires destitues et emprisonnes

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Ragip Duran

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Apr 6, 2026, 2:02:59 AM (11 days ago) Apr 6
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Turquie: Quand on sait qu’on ne peut pas battre son rival on le met en prison

Ragip Duran

La semaine passée quatre sujets ont dominé l’actualité:

-        L’intervention israélo-américaine contre l’Iran

-        Le procès contre le maire d’Istanbul M.Ekrem Imamoglu

-        L’équipe internationale de football  qui a battu le Kosovo participera donc à la Coupe du Monde aux Etats Unis cet été

-        Et le sujet inévitable de la hausse des prix

Les médias d’opposition, dits médias indépendants accordent une grande place au procès d’Imamoglu qui est devant les juges depuis deux semaines. Le maire élu d’Istanbul est jugé avec 54 autres personnes, membres du Conseil Muncipal, officiers de divers departments de la Grande Municipalité, responsables des sociétés privées qui ont des contrats avec la Municipalité et voire des époux, épouses ou enfants des suspects. Le parquet a requiert en somme une peine entre 828 et 2352 ans de prison ferme contre Imamoglu, accusé de fraude, de pot de vin, de népotisme, d’aider une organisation terroriste  voire d’espionnage.

Mais la majorité de la population sait très bien qu’il s’agit essentiellement d’un complot pour  neutraliser le candidat aux élections à la Présidence de la République qui devrait théoriquement se tenir en mai 2028.

Tous les sondages d’opinion publique montrent clairement qu’Imamoglu peut facilement gagner devant Erdogan.

Le régime Erdogan, à la suite de la grande défaite des élections locales du 31 mars 2024 où la principale formation de l’opposition (CHP, le Parti Républicain du Peuple, Kémaliste, centre-gauche et nationaliste) a remporté une victoire (%38 contre %35.5), a adopté une stratégie pour affaiblir voire briser la base municipale de l’opposition. Car selon le CHP les municipalités ont essentiellement deux particularités:

-        Elles produisent une source financière importante

-        Elles renforcent le lien des citoyens avec le parti de l’opposition  

Le régime a arreté et emprisonné 21 maires du CHP depuis octobre 2024. Seulement deux de ces maires ont été libérés mais ils ont tous perdu leurs postes. Il y a parmi ces détenus, les maires d’Istanbul, d’Izmir, d’Adana, d’Antalya et de Bursa.

Il y a eu également 11 maires tous kurdes destitués sans être arrêtés.

En Turquie, le Ministère de l’Intérieur, tutelle des maires, peut révoquer sans une ordonnace du tribunal,  par un simple décret les maires élus et nommer des administrateurs à leur place. Rarement le Conseil Municipal  peut élire un nouveau maire.

Le ministère invoque géneéralement ‘’aide à une organisation terroriste’’ ou bien ‘’corruption’’ pour licencier le maire élu et nommer un administrateur, un préfet, un sous-préfet ou bien un autre fonctionnaire.

Il n’y a eu aucun maire élu appartenant au Parti d’Erdogan qui a été destitué par le Ministère, alors que plusieurs d’entre eux étaient accusés de nombreuses  irrégularités. Le Ministère peut toujours trouver un prétexte, acte irrégulier denoncé par un temoin anonyme, pour ‘’licencier’’ le maire élu.

Le CHP résiste à sa façon contre les coups et manoeuvres d’Erdogan lors des meetings populaires hebdomadaires organisés aux quatres coins du pays mais une grande partie des citoyens qui souffre de la vie chère et qui a peur d’être en prison n’est pas en mesure de rétroquer comme il faut contre le régime répressif. La victoire de l’équipe turque contre Kosovo n’a pas renforcé le dynamisme de l’opposition.  

Par ailleurs Erdogan semble récemment augmenter ses points car ‘’la sécurite  nationale mise en danger à cause de la guerre chez le voisin Iranien’’ pousse les citoyens vers le pouvoir, constate-t-on. (FIN/RD)




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