Erdogan coincé entre Trump et Maduro
Ragip Duran
Alors ce qu’on appelle ‘’la communauté internationale’’ prend en générale une position qui ressemble à celle de Munich 1938, Ankara a beaucoup de difficulté à condamner l’agression américaine contre le Venezuela ainsi à défendre son partenaire politico-commercial le Président Maduro.
Le ministère turc des affaires étrangères a publié un communiqué qui prendra sa place dans les registres de la diplomatie de l’incompétence des sourds et des aveugles. ‘’Crise au Venezuela’’ estime la diplomatie turque qui ‘’invite les parties à faire preuve de retenue’’.
Pire encore, le sénateur américain Lindsey Graham a publiquement declaré que ‘’Maduro a refusé de quitter le pays et de se réfugier en Turquie’’. Ces propos ont été démentis par le Président Erdogan qui avait quand même des relations personnelles et très amicales avec le Président du Venezuela.
Le fils du dernier Premier Ministre Binali Yıldırım, M.Erkam Yıldırım était accusé par les médias d’opposition de se rendre fréquemment à Caracas pour ‘’discuter avec les responsables du pays sur le trafic de stupéfiants et le commerce illégal d’or’’.
Une photo créée par l’Intelligence Artificielle montrait le Président Erdogan les mains menottés entre deux soldats américains, exactement comme celle de Maduro. Un internaute l’avait postée sur les médias sociaux. Plus de 2 millions de personnes ont aimé cette photo et plusieurs centaines de milliers de turc proche d’Erdogan l’ont protestée.
Dr. Michael Rubin analyste et chercheur du American Enterprise Institute, spécialiste de Turquie, a posé sur son compte X la question suivante: ‘’Est ce que le futur d’Erdogan est le passé de Maduro?’’. Message refusé et accompagné des insultes de la part des défenseurs du Président Turc.
Erdogan a eu une conversation téléphonique le 6 janvier dernier, avec son homologue américain. ‘’Nous avons transmis au Président Trump nos préoccupations à propos de Venezuela’’ aurait-il affirmé. Mais ces propos n’ont pas été publiés dans le ‘’Read-Out/Memcons’’ (Memorandum de Conversation) de la Maison Blanche ni dans les médias outre-atlantique.
Can Dündar, journaliste et documentariste d’investigation en exil, pose la question suivante: ‘’Est ce que Erdogan risque d’être dénoncé par Madura lors de son procès à New York?’’.
Les relations entre les deux leaders americain et turc sont ambivalentes, rappelle-t-on. ‘’Deux Présidents de droite, autoritaire qui ne respectent pas toujours la loi et le droit et qui peuvent tout faire pour garder le pouvoir’’ estiment la majorité des obsevateurs. Erdogan apprécie beaucoup Trump mais ne désire pas paraître comme un pro-américain vu que les Etats Unis d’Amérique n’est pas le pays favori de la grande partie de la population turque. De son coté Trump, estime que ‘’son ami’’ Erdogan, est ‘’un homme très fort que je respecte’’ et que c’est ‘’quelqu’un qui ne refuse pas du tout mes demandes’’. Mais Trump peut être très dur voire malfaisant contre ‘’son ami’’. Deux exemples: Il avait adressé une lettre le 17 octobre 2019 à Erdogan dans la quelle il a menace ‘’de détruire l’économie turque’’. Il n’avait pas omis de terminer sa lettre par un conseil pas du tout diplomatique: ‘’ Ne joue pas l’homme dur. Ne fait pas de bêtise’’. Le 25 septembre 2025 quand Trump recevait Erdogan à la Maison Blanche, le Président américain avait osé, devant les caméras de montrer du doigt son interlocuteur et de dire en souriant ‘’C’est lui qui sait le mieux les élections truquées’’. Une blague selon l’entourage de Trump qui a été reçu par un silence impuissant de la part d’Erdogan.
Enfin Erdogan est également bien connu par ses changements rapide de position politique, d’ami et d’ennemi. En Turquie il ya déjà trois exemples notoires: MM. Devlet Bahceli, Fetullah Gulen et Abdullah Ocalan. Tous d’abord des amis et puis des ennemis ou vice-versa. Sur le plan international MM.Barzani, Poutine, Assad et Mitsotakis furent parfois des amis et plus tard des ennemis jurés.
On attend la nouvelle position d’Erdogan sur Maduro. (FIN/RD)