La CEMAC et l’intégration mitigée en Afrique centrale
Par Christian LANG
Le 18-12-2007
Publié sur (lien)
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Le processus d’intégration économique préoccupe les ministres en
charge de l’intégration et des finances des pays de la Cemac. Ils ont
tenu leur 16ème Conseil lundi 17 décembre 2007 à Yaoundé.
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Les actes de xénophobie régulièrement perpétrés sur les Camerounais en
Guinée équatoriale et les multiples querelles de leadership entre les
États d’Afrique centrale sont une preuve que l’intégration dans la
zone est un chantier inachevé. Si les vivres, instinct vital oblige,
transitent entre les différents pays, la circulation des personnes et
des biens n’est pas comparable à ce qui se passe dans les pays
d’Afrique de l’Ouest. Si Antoine Ntsimi, le président de la Commission
de la Cemac reconnaît que “ c’est à la Cemac qu’on peut le mieux
parler du processus d’intégration économique ”, il affirme cependant
que ce processus d’intégration est “ globalement mitigé ” depuis la
mise en place de la Communauté économique des États de l’Afrique
centrale (Cemac) en 1999. Et “ les raisons de cet insuccès sont
connues ”, à en croire Antoine Ntsimi pour qui “ il y a beaucoup à
faire pour la consolidation de la Cemac ”.
Sans s’étendre sur le
contenu de cet échec, le président de la Commission de la Cemac
suggère “ une véritable refondation de notre projet communautaire,
refondation aussi des institutions sous régionales qui doivent
maintenant franchir l’étape de la maturité ”. La dynamique
d’intégration, pour les citoyens ordinaires, semble être un vain mot.
Pour eux, c’est juste une formalité bureaucratique. Pour une meilleure
intégration, à en croire Antoine Ntsimi, il faut “ créer un espace
communautaire dans lequel les citoyens de l’Afrique centrale puissent
se reconnaître. Non pas considérer la Communauté économique et
monétaire de l’Afrique centrale comme une contrainte imposée par les
bureaucrates, mais bel et bien comme un projet partagé qui s’incarne
dans les institutions légitimes, visibles, lisibles et proches des
citoyens pour qui elles sont conçues ”. Si le défi majeur ici semble
être “ l’émergence d’une citoyenneté communautaire ”, celle-ci
requiert “ un état d’esprit d’appartenance à un même destin ”. Ceci
passe certainement par le “ renforcement de la cohésion et de la
solidarité de notre Communauté ”. Il faut surtout éviter de sombrer “
dans les travers des années antérieures ”, car “ le succès attendu
risque de ne pas être au rendez-vous ”, prévient Antoine Ntsimi. La
Cemac est en quête d’un nouveau souffle. “ La Cemac qui a souvent été
présentée comme le maillon faible de l’intégration en Afrique se
trouve à une phase cruciale de son histoire ”, a laissé entendre Louis
Paul Motaze, le ministre camerounais de l’Economie, de la
planification et de l’aménagement du territoire, à l’ouverture des
travaux de la seizième session du Conseil des ministres de la Cemac.
Programme économique régional
Dans la foulée, Antoine Ntsimi annonce l’élaboration d’un programme
économique régional (Per) “ dont l’objectif principal est
l’accélération du développement collectif de nos États membres ”. Les
principales articulations de ce projet de Per tournent sont : le
diagnostic socio-économique de la Cemac et de ses Etats membres sur
les 15 dernières années ; la définition de la vision de développement
à long terme ; l’élaboration d’un cadre macro-économique décrivant les
effets des différentes options du Per sur l’économie régionale, sans
oublier l’épineuse question de la circulation des personnes et
l’amélioration des relations avec les différents partenaires au
développement : Banque mondiale, Banque africaine de développement et
Union européenne.
Lors de cette seizième session du Conseil des
ministres de la Cemac, les discussions ont porté sur les mécanismes de
financement de la Communauté et de la libre circulation, entre
autres.