Re: Le RIC sur Grenoble Re: Quelques nouvelles de cafesphilo.org ou de l'ex. café philo d'Annemasse.

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Rene GUICHARDAN

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Dec 29, 2025, 11:14:44 AM (3 days ago) 12/29/25
to Laurent Guyot-Sionnest, Cafés Philo Annemasse René GUICHARDAN rgn
Cher Laurent, 

J'espère que tu vas très bien, ainsi que ta famille.... La crise ne cesse de s'aggraver... jusqu'à s'effondrer sur elle-même ou à tout faire voler en éclat ? 
J'ignore de quoi nous serons les témoins.  ;-) 

Avec mes amitiés Laurent. J'espère que la vie est sympa avec toi et avec tes proches. 

Dernièrement, j'ai écouté et lu un peu du Gabriel Markus, ce jeune philosophe Allemand a l'air d'être intéressant. 

Avec mes amitiés. Prends soin de toi. 




Le lun. 29 déc. 2025 à 17:06, Laurent Guyot-Sionnest <tik...@gmail.com> a écrit :
Sur Grenoble,


Clara Egger, Raul Magni Berton, 
Solution Démocratique
276 route de la Féclaz, 73230 Saint-Alban Leysse


Amitiés  
Laurent Guyot-Sionnest


Le lun. 29 déc. 2025 à 10:14, Rene GUICHARDAN <rguic...@gmail.com> a écrit :
Bonjour à tous, 

J'espère que tout le monde se porte bien. 

L'aventure des cafés philo se poursuit...Elle est en fait liée à la puissance (potentialité) mise en acte par chacun d'actualiser son questionnement, notamment en regard à la période trouble que nous traversons. 
Personnellement, je tends à penser que la philosophie n'est rien sans une anthropologie bien située, ni sans l'apport des autres disciplines comme l'histoire, l'économie, la sociologie, la linguistique... Sinon, la philosophie, seule et livrée à elle-même, tend, à mon avis - et c'est discutable  -  à se faire trop spéculative et déracinée. La philosophie peut tendre à s'émanciper du réel.. et peut-être de l'humanité d'où elle peut encore mettre en perspective les questions du sens. 

Cette année, en philo L2 à Grenoble, nous avons étudié Georges Canguilhem (La connaissance de la vie), l'épistémologie, Descartes, Sartre, mais aussi ce qui oppose ou complète les philosophies d'Aristote et de Platon... Nécessairement, tout est riche, surprenant, éclairant... Mais, il semble également qu'il n'y a de philosophie que située dans son époque, comme si elle n'allait guère plus loin que ce que les savoirs du moment lui permettent.... Mais qui, quoi (à l'échelle de l'humanité et de l'individu) peut aller plus loin que là où il se trouve ? 

Quelques partages :
Chez Canguilhem, j'ai aimé l'idée que la biologie ne pouvait se réduire à sa physique, à sa biologie moléculaire. Autrement dit, les notions de programme et de code génétique (pour ne prendre que cet exemple) sont trompeurs en ce qu'ils laissent supposer que la vie se limite à ses composants et à ses déterminismes, alors qu'il n'en est rien. En effet, les composants de la vie se résument d'une part, qu'à des modèles et à des constructions théoriques, eux-mêmes n'étant relatifs qu'aux observations et techniques du moment. En fichier joint, vous trouverez un doc avec quelques questions-réponses s'inspirant de l'un des ouvrages de Canguilhem : La connaissance de la vie. 

Notre démocratie, comme chacun peut le constater, est mise à mal, et l'on se trouve fréquemment confronté à cette opposition stérile entre les tenants du formalisme constitutionnel et celles/ceux qui, ne souhaitent pas renoncer au potentiel de liberté et d'éthique que le terme "démocratie" présuppose, à savoir : le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple (et donc, sans passer par la case "représentation" qui fait de nos démocraties, des oligarchies corrompues). A ce titre, la leçon de de Chloe Santoro au Collège de France est une réjouissance (cliquer ici) , il y est question de démocratie radicale et d'intelligence collective en s'appuyant sur les leçons que nous pouvons tirer tant de la Grèce Antique que des Conventions citoyennes contemporaines. 
On sent également que la pensée de Barbara Stiegler se précise en même temps qu'elle s'engage et qu'elle engage sa parole publiquement et politiquement. En effet, dans un monde complètement déréglé par la finance et la corruption de ceux qui le gouvernent, la neutralité s'apparente aisément aujourd'hui à du laisser-faire si ce n'est à un consentement passif ( "un accord pathologiquement extorqué" - dirait Kant). Voir ici l'une des dernières interviews de Barbara Stiegler sur Swissbox.

De l'histoire : Chacun (j'imagine) a pu écouter les mises en garde de Johann Chapoutot entre le fascisme et les dérives de notre gouvernement macroniste. Comment les "élites" au pouvoir dans une démocratie pavent le chemin du fascisme. Elles préfèrent mettre en ruine notre pays plutôt que de renoncer à leur pouvoir (cliquer ici, entretien avec Johann Chapoutot sur Les Irresponsables, Librairie Mollat). A ce titre, l'histoire tend à se répéter, sauf que la violence ne vient pas du bas peuple comme les médias tendent à nous le faire croire (voir ici l'analyse d'Acrimed), mais de son "élite" qui en façonne le cadre par les lois et les logiques économiques qu'elle lui impose. (On peut également écouter - cliquer-ici, François Cusset (historien des idées) sur les nouvelles formes de violences institutionnelles - 1998), Sinon, et peut-être de manière encore plus pertinente, le récit du talentueux Pacôme Thiellement à propos de La Commune et l'engagement de Louise Michel (cliquer ici). Pacôme Thiellement nous remet les yeux en face des trous en faisant le lien avec les insurrections d'aujourd'hui


Économie.

L'économie est intriquée à la politique (nécessairement et de tout temps), or si l'économie ne regarde que l'intérêt privé (cela va de soi), il convient que le politique, dont la mission ne doit porter spécifiquement que sur l'intérêt général de la population, la préservation du bien commun (l'environnement, la biodiversité) et dans, une démocratie, sur l'émancipation du citoyen et son éducation, le politique, disais-je, doit marquer son indépendance par rapport aux affaires, mais aussi par rapport aux médias (voir ici une analyse d'Acrimed), vous ne croyez pas ? Bref, j'ai trouvé que ce cours sur l'histoire de l'économie de David Cayla (cliquer ici) était très pertinent et nous permettait de comprendre à quel moment, l'économie et le politique commençaient à se trahir l'un et l'autre. Voici ici l'une des leçons de David Cayla.


Je pourrai continuer ainsi, notamment avec des références en anthropologie (par exemple avec Charles Stépanoff, Nastassja Martin, David Graeber, Philippe Descola, Maurice Godelier, ..), car nous sommes chacun au carrefour d'une multitude d'interactions, même si nous tentons de nous "limiter" à quelques-unes d'entre elles, peut-être à cause de notre système éducatif qui privilégie l'hyper spécialisation, plutôt que la généralisation et la transversalité des savoirs (voir pour cela Bernard Lahire, Savoir ou périr - des liens et des citations dans notre forum)


Je vais plutôt terminer et remercier tous celles et ceux qui continuent à maintenir vivant les pratiques philo dans la cité. La demande existe. A Grenoble, nombre de participants trouvent notre café philo en recherchant sur le net : café philo Grenoble. Nous continuons à poster des comptes-rendus sur notre forum ainsi que d'y annoncer les sujets du mois. Il arrive encore que des cafés philo s'enregistrent sur le site et se fassent ainsi connaitre de la communauté des cafés philo. On aimerait bien trouver un informaticien qui s'occupe du design de notre site.

Pour l'année qui s'annonce, nous envisageons des pratiques dans un centre pénitencier, nous aimerions également explorer la pratique de consultations philo en petits groupes et nous aimerions pouvoir consacrer un café philo plus spécialement dédié à un public étudiants (au sein de l'université), même si, dans tous les cas, cette pratique restera ouverte à tous les publics. On verra... Il est difficile d'anticiper par quoi (dispositif, lecture, rencontre, enseignant, expérience, etc), chacun (dont nous-mêmes) nous nous ouvrons à une pratique et à un questionnement philosophique.


Je vous laisse avec quelques citations de Robespierre pour la nouvelle année, tirées du podcast du talentueux Pacôme Thiellement. J'aime bien la dernière : "La liberté du commerce est nécessaire jusqu'au point où la cupidité homicide commence à en abuser (...) Nul homme n'a le droit d'entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim."
Or, aujourd'hui, par la volonté des Etats, du lobbys des multinationales et des banques, le blé est placé sur les marchés financiers. On en fait monter le prix artificiellement par des activités boursières en le retenant dans des silos, plutôt qu'on ne permette à chaque pays de nourrir sa population. Ce n'est pas le climat qui tue l'homme et la planète, mais la folle gestion de ceux qui en dessinent les lois, le système financier et le contrôle de l'information. 

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Opprimer un homme, c'est les opprimer tous. 

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La révocation de nos élus dès qu'ils trahissent le peuple. Rien de nouveau, mais pourquoi cela n'a-t-il jamais eu lieu ? 

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Voilà une limite à la logique du profit : dès qu'il commence à se faire au détriment de la vie d'autrui. 

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Les députés mandatés sont supposés servir le peuple, et non s'en servir et l'asservir. C'est à eux de nous craindre, non à nous de courber l'échine. 
Belle Année à tous. 


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