Gilles Deloustal
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| Sujet : | [autre_europe] Leçon de choses pour le 2e tour |
|---|---|
| Date : | Sat, 29 Apr 2017 22:36:45 +0200 |
| De : | joelmarseille <joelma...@infonie.fr> |
| Répondre à : | autre_...@gresivaudan.listes.vox.coop |
| Pour : | 'frontgauche' <front...@gresivaudan.listes.vox.coop>, autre_...@gresivaudan.listes.vox.coop |
"Prenons la question du vote pour le 2e tour…qui est loin de n’être qu’une « question électorale ».
Certains craignent que les ‘’appels à barrer la route au FN’’ reviennent à décerner un brevet de respectabilité démocratique à celles et ceux qui participent aux discriminations, etc.
Pour ma part, je propose justement de sortir de ces discussions de belles âmes.
La mobilisation pour battre Le Pen (ce qui veut dire voter dans les conditions où cela se présente) ne se sépare pas du combat CONTRE Macron.
La défaite, le 7 au soir, ce peut être la victoire de Le Pen : trop de gauche s’abstiennent, et beaucoup de droite se rallient à elle.
La défaite, le 7 au soir, ce peut être une « victoire » de Macron avec Le Pen à 40% ou plus. Elle devient un des arbitres décisifs des suites et des tas de gens diront « soyons modestes dans nos exigences quand on voit « la lepénisation des esprits », autrement dit la banalisation d’un néo-fascisme à la française.
Un bon point de départ pour un combat de classe serait le score le plus bas possible pour Le Pen ET des regroupements, manifestations, réunions… pour les exigences sociales, écologistes, démocratiques, antiracistes, etc. avec aussi les propositions pour une politique alternative. Ce serait d’ailleurs le prolongement du score de JLM au premier tour.
Ce point de départ devrait se consolider, il est vrai lors des législatives pour qu’un mouvement populaire s’affirme, qu’il ait des élu.e.s à l’Assemblée nationale afin de contester le prochain gouvernement dans les institutions et dans les entreprises comme dans la rue.
Non seulement je refuse la culpabilisation venant des responsables directs de la situation, mais il faut se remettre sur des bases de combat de classe pour sortir des postures et des discours sans perspective : la meilleur arme contre Le Pen, c’est de regrouper les forces pour rompre vraiment avec la dérive politique néolibérale et liberticide.
Voter est seulement un
moment d’un combat, que nous pouvons gagner contre
Macron.
Nous ne voulons pas « en prendre pour 5 ans » de sa politique ? Battons donc Le Pen le plus fortement possible : pour ouvrir la voie à de vraies exigences et priver de beaucoup d’arguments les pseudos raisonnables qui sont prêt à nous dire : « ne combattez pas ce qui est le moindre mal ».
SORTONS DU PIEGE !Une chose est certaine : nous ne sommes pas en 1969 ; il est impossible de dire comme Duclos à ce moment-là à juste titre : « bonnet blanc et blanc-bonnet ». Poher/de Gaulle…
Une autre est tout aussi certaine, malgré une ou deux apparences: Le Pen, père, a profité d’une dispersion et d’une faible mobilisation de la gauche ; et il a fini par avoir dans les 20% au deuxième tour.
Madame Le Pen fille a 23 % dans un contexte de forte mobilisation électorale, avec une droite éclatée et une gauche menacée d’un total écartèlement.
Déjà, des composantes de la droite appellent à renforcer le vote Le Pen pour combattre Macron…
Ceci pourrait se décrypter : si nous voulons affaiblir Macron, il faut à la fois un Pacte de résistance et pour une alternative ET la défaite la plus ample de Le Pen.
Evidemment, il serait encore mieux d’avoir un signe de reconnaissance à part du bulletin de vote Macron.
Mais il n’y a que DEUX bulletins.
Mais il y a moyen d’avoir des Assemblées citoyennes, partout où nous en aurons l’énergie, pour commencer à affirmer « nous ne voulons pas que Macron ait une majorité à l’Assemblée nationale, unité des forces d’une gauche debout pour les législatives, regroupement d’un mouvement populaire pour les exigences sociales, politiques, culturelles, démocratiques… Battons Le Pen pour que Macron dure le moins de temps possible."
De : patrick
silberstein
Envoyé :
mardi 25 avril 2017 14:02
Objet :
leçon de choses pour le 2e tour
La social-démocratie soutient Brüning [dirigeant du parti centriste Zentrum en Allemagne durant les 1930], vote pour lui, assume la responsabilité de sa politique devant les masses, en se fondant sur l'affirmation que le gouvernement Brüning est un " moindre mal ". C'est ce point de vue que le Rote Fahne [journal du PC allemand] essaie de m'attribuer, sous prétexte que j'ai protesté contre la participation stupide et honteuse des communistes au référendum d'Hitler. Mais est-ce que l'opposition de gauche allemande, et moi en particulier, avons demandé que les communistes votent pour Brüning et lui apportent leur soutien ?
Nous, marxistes, considérons Brüning et Hitler ainsi que Braun comme les représentants d'un seul et même système. La question de savoir qui d'entre eux est un "moindre mal" est dépourvue de sens, car leur système, contre lequel nous nous battons, a besoin de tous ses éléments. Mais aujourd'hui, ces éléments sont en conflit, et le parti du prolétariat doit absolument utiliser ce conflit dans l'intérêt de la révolution.
Dans une gamme il y a
sept notes. Se demander quelle note est la
"meilleure", do, ré ou sol, n'a pas de sens.
Cependant, le musicien doit savoir quand et sur
quelle touche frapper. Se demander abstraitement
qui, de Brüning ou Hitler est le moindre mal est
tout aussi dépourvu de sens. Mais il faut savoir
sur laquelle de ces touches frapper. C'est clair
?
Pour
ceux qui ne comprennent pas, prenons encore un
exemple. Si l'un de mes ennemis m'empoisonne
chaque jour avec de faibles doses de poison, et
qu'un autre veut me tirer un coup de feu par
derrière, j'arracherais d'abord le revolver des
mains de mon deuxième ennemi, ce qui me donnera
la possibilité d'en finir avec le premier. Mais
cela ne signifie pas que le poison est un
"moindre mal" en comparaison du revolver.
L.Trotsky
(«Lettre à un ouvrier
communiste allemand») 8 décembre 1931
Léon Trotsky, Contre le fascisme (1922-1940), Paris, Syllepse, 2015.