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unread,Feb 2, 2008, 5:14:25 PM2/2/08Sign in to reply to author
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to اتحاد الأدب والأدباء
تحت سماء دافئة
( 1 )
قصص قصيرة
ابراهيم درغوثي
تونس
ترجمها إلى الفرنسية :
مرتضى لعبيدي
فتحية حيزم لعبيدي
سعيد محمد الجندوبي
1 – الشهيد
وأنا أدخل باب الجبانة واجهتني الحفرة كجرح نازف
منذ بدء الخليقة ، فذهبت أسأل حارس المقبرة عمن نبش هذا القبر .
قال إن رجالا مهمين جاءوا منذ يومين يجمعون بقية عظام شهداء الثورة
ليدفنوها في مقبرة الاستقلال.
فقلت له إن هذا قبر الحركي الذي دل جيش فرنسا على مكان اجتماع الثوار
فهاجموهم على حين غرة وقتلوا هذا الذي مازال راقدا هنا تحت التراب بينما
فر بقية رفاقه تحت جنح الظلام.
قال : تشابهت علي القبور فأشرت عليهم بهذا ، وأشار إلى الحفرة التي حوت
قبر الرجل الذي عاد الثوار فذبحوه بعدما غادر جيش فرنسا الحي
وقال : لقد ضرب له ضابط ، سلام تعظيم ، بعدما غلفوا الصندوق الذي حوى
رفاته بعلم الوطن .
نظرت إلى قبر الشهيد الراقد في جبانة الغرباء وابتلعت لساني
قصة الشهيد
ترجمتها الى الفرنسية : فتحية حيزم
1- Le martyr
Nouvelle traduite par Fathia Hizem
A l’entrée du cimetière, je vis en face de moi un trou qui
ressemblerait à une plaie saignante depuis l’éternité. Je m’enquis
auprès du gardien pour savoir qui avait remué cette tombe.
Il m’a répondu que d’importantes personnalités étaient venues deux
jours plus tôt pour ramasser les ossements des martyrs de la
révolution qu’ils devaient ensevelir dans le cimetière de
l’indépendance. J’ai remarqué que le tombeau ouvert était celui d’un
harki qui avait informé l’armée française du lieu de réunion des
rebelles. Mais quand ces derniers furent attaqués à l’improviste, ils
purent s’enfuir, enveloppés par la nuit noire et seul fut tué celui
qui gît encore là. Le gardien rétorqua alors : « les tombeaux se
ressemblent et je leur avais indiqué celui-là » en montrant du doigt
le tombeau de celui qui, plus tard, avait été liquidé par les
rebelles, après que l’armée française avait quitté les lieux.
Le gardien me raconta qu’un officier lui avait même adressé un salut
militaire au moment où on mettait ses ossements dans une civière
couverte du drapeau national.
Je jetai alors un regard sur le tombeau du martyr qui reposait dans le
cimetière des étrangers et j’avalai ma langue
2 - المعتقل
عند الفجر، جاء العسس يدقون بأحذيتهم الغليظة أرض المعتقل .
أفاق من نومه قبل أن يفتحوا عليه الباب ، وجلس يفرك عينيه بيديه اللتين
كاد يجمدهما البرد .
أشار له قائد المفرزة بالوقوف ، فوقف . ومشى رجال الشرطة العسكرية فمشى
أمامهم .
حين وصلوا ساحة تنفيذ الإعدام، رأى جمعا من السجناء مقيدي الأيدي والأرجل
ومعصوبي الأعين ، فقال في قلبه : ما أكثرهم في هذا اليوم الشاتي. ولم
يزد ، فقد اعتاد على عمله .
ومد له قائد المفرزة السكين ، فبدأ في ذبح الرجال المكومين على الأرض
وحدا وراء الآخر وهو يذكر اسم الله وراء كل رأس تقطع .
قصة المعتقل
ترجمها الى الفرنسية : مرتضى لعبيدي
La prison
Une nouvelle de Brahim Dargouthi
Traduite en français par :
Mortadha Labidi
A l’aube, les gardes arrivèrent foulant de leurs lourds brodequins le
sol de la prison. Il se réveilla avant même qu’on eût ouvert la porte.
Il s’assit et se mit à se frotter les yeux de ses mains que le froid a
failli geler. Le chef de patrouille lui ordonna de se lever, ce qu’il
fit. Les agents de la police militaire s’avancèrent et il les devança.
Quand ils arrivèrent dans la cour où on exécutait les détenus, il en
vit un groupe, les mains et les pieds liés et les yeux bandés. Il se
dit seulement qu’ils étaient assez nombreux par cette journée
hivernale et n’ajouta rien d’autre, car il s’était bien habitué à son
travail. Le chef lui tendit le couteau et il commença à décapiter ces
hommes entassés l’un après l’autre, sans oublier de citer le nom de
dieu après chaque tête coupée.
الصندوق - 3
طوابير طويلة واقفة أمام الباب منذ الصباح الباكر تتدافع بالمرافق
والمناكب و يتصايح أصحابها و كأنهم في يوم الحشر.
ثم يدخلون الواحد وراء الآخر إلى قاعة فسيحة ملأى بالرجال المهمين.
يختارون أوراقا حمراء وصفراء وبيضاء وخضراء وزرقاء وبرتقالية وبنفسجية
ووردية ويمرون من أمام صندوق من البلور الشفاف، فيضعون الأوراق في قلبه
ويخرجون من باب القاعة وهم ينظرون إلى القفل الأصفر الذي يغلق فم الصندوق
على قوس قزح.
في المساء يرفع الصندوق كالعريس على الأكتاف ، ويفتح القفل لعد الأوراق .
والغريب في الأمر أن الرجال المهمين المكلفين بفرز الأوراق لا تتعبهم
العملية ، فينجزون المهمة بيسر وسرعة لأن قوس قزح صار ذا لون واحد !!!
لون رمادي كئيب ...
قصة الصندوق
ترجمها إلى الفرنسية : مرتضى لعبيدي
La boîte magique
Une nouvelle Traduite par
Mortadha Labidi
De longues files de gens se tenaient depuis le matin devant la porte
donnant lieu de temps à autre à des bousculades et à des hurlements
qui rappelaient le jour dernier. Puis, ceux-ci entraient un à un dans
une grande salle où siégeaient d’importantes personnes. Ils devaient
choisir entre des bulletins rouges, jaunes, blancs, verts, bleus,
orange, mauves, roses avant d’aller les glisser dans le cœur d’une
urne en verre transparent et ils quittaient la salle en fixant des
yeux le cadenas doré qui fermait la bouche de cette boîte magique sur
les couleurs de l’arc-en-ciel.
Le soir, on transportait l’urne sur les épaules, tel un nouveau marié
et on ouvrait le cadenas pour procéder au décompte des voix.
Mais ce qui est étrange, c’est que ces importantes personnes chargées
de veiller au tri ne trouvent aucune difficulté à s’acquitter de leur
tâche : ils le font aisément et promptement. En effet, l’arc-en-ciel
s’est recouvert d’une couleur unique : un gris morne et lugubre.
4 – أمومة
في المساء ،
رأيتها ممددة على جنبها الأيسر ، ترضع جراءها .
عيناها – لون العسل – مفتوحتان .
والجراء الخمسة ترضع الحليب من الضرع وتتناوش بالمخالب الصغيرة .
والكلبة نائمة على جنبها الأيسر .
كلبتنا التي لم تعرف اسما، والتي تسبق كل يوم والدي إلى الحقل، ولا تعود
إلا في المساء.
تنبح على الغريب.
وتفرح بالصديق .
وتسهر قدام زريبة الحيوانات.
شتاء السنة وصيفها .
في الصباح
رأيتها ممدة على جنبها الأيسر ترضع جراءها .
ورأيت كدسا من الذباب الأخضر يحوم حولها .
اقتربت منها .
ورفعت جروا.
سال الحليب من بين شدقيه ، وهر.
تركته يسقط، فعاد إلى الثدي يمتص منه الحليب .
وعدت أرفعه، فعاد الحليب يسيل من بين شدقيه ...
وطن الذباب الأخضر ،
وحط على الكلبة الميتة .
قصة أمومة
ترجمها الى الفرنسية : مرتضى لعبيدي
Maternité
Une nouvelle traduite par
Mortadha Labidi
Le soir, je l’ai vue à même le sol, en train d’allaiter ses chiots.
Ses yeux, couleur de miel, étaient ouverts, et les cinq petits
tétaient le lait des mamelles offertes et se tapotaient de leurs
petites griffes. La mère était étendue sur son flanc gauche ; c’était
notre chienne qui n’avait jamais eu de nom particulier et qui
devançait chaque jour mon père au champ pour n’en rentrer que le soir.
Elle aboyait à la vue de l’étranger et exprimait toute sa joie en
accueillant les êtres familiers. Elle passait ses nuits devant
l’étable, d’été comme d’hiver.
Ce matin-là, je l’ai vue, étendue sur son flanc gauche, en train
d’allaiter ses petits, mais j’ai vu aussi un tas de mouches vertes qui
survolaient le lieu. Je me suis approché d’elle et j’ai soulevé un
chiot. Le lait a coulé de sa petite gueule et il a feint d’aboyer.
Quand je l’ai déposé, il s’est empressé vers les mamelles pour les
sucer davantage. Je l’ai soulevé à nouveau et le lait continuait
toujours à couler. Mais le bourdonnement des mouches vertes me disait
qu’elles se posaient sur la chienne morte.
5 - وجه في المرآة
أطل من شباك بيته، فرأى وجهه في مرآة جارته الشابة التي تركت شباكها
مشرعا على السماء. حرك له لسانه وغمز له بعينه ولاعب له حاجبيه، وعندما
سمع خطى الجارة، هرب من وراء الشباك...
لكن وجهه ظل هناك يسخر من خوفه، ويغمز للجارة الشابة...
وجه في المرآة
ترجمتها إلى الفرنسية : فتحية حيزم لعبيدي
Miroir.
Nouvelle traduite par Fathia Hizem
Il regarda à travers la fenêtre de sa chambre, il vit son visage dans
le miroir de sa jeune voisine qui avait laissé sa fenêtre grande
ouverte. Il lui tira la langue, lui cligna de l’œil, joua de ses
sourcils ; et quand il entendit les pas de sa voisine, il s’empressa
de se cacher derrière la fenêtre; mais son visage était resté sur le
miroir de la voisine, raillant sa peur, et clignant des yeux à la
jeune voisine.
6 - عقرب
وقف أمام الباب أكثر من مرة . كانت الحيرة تحوم في الجو ثم تحط فوق كتفيه
كالرصاص المذاب . ترك الباب نصف مفتوح وعاد من جديد إلى الداخل .أشعل
جهاز التلفزيون . أطفأه بعد دقيقة .وضع شريطا في المسجل . أخرجه قبل أن
تصدح الموسيقى . تمدد على السرير . أغمض عينيه ، ثم فجأة قام .اتجه نحو
الحائط وضربه بجمع يده . كان الألم الذي نبت فجأة في زنده ، تحت ساعة
اليد فضيعا .كان يخزه باستمرار . يتوقف لحظة ثم يعود كأعنف ما يكون
الألم . حك زنده حتى سال الدم ، وانتفخت الذراع .
وعاد إلى الحائط يضربه بعنف ...
ولم يتوقف عن الضرب ، إلى أن انهارت قواه .
همس وهو يسقط تحت الجدار : ما أقسى لسعة هذه العقرب ...
عقرب
ترجمها إلى الفرنسية : مرتضى لعبيدي
Scorpion
Nouvelle traduite par Mortadha Labidi
Il sortit devant la porte à maintes reprises ; les tourments
l’écrasaient de leur poids, telle une masse d’acier fondu sur ses
épaules. Il laissa la porte entrouverte et pénétra à l’intérieur. Il
alluma la télévision et l’éteignit au bout d’une minute. Il glissa une
cassette dans l’appareil et la retira avant même d’entendre la moindre
musique. Il s’allongea sur le lit, ferma les yeux puis, tout d’un
coup, se dressa. Il se dirigea vers le mur, le cogna de son poing
serré. Il sentit une douleur atroce au bras gauche, juste sous la
montre. La douleur s’aiguisait par moments pour se calmer par la
suite. Alors, il se gratta le bras à tel point que le sang en jaillit
et la main s’enfla. Il revint vers le mur et se mit à le cogner
jusqu’à ce qu’il s’écroulât.
En tombant au pied du mur, il souffla : « comme la piqûre de ce
scorpion* est douloureuse ! »
---------------------------------------
* Scorpion en arabe désigne aussi bien le reptile venimeux que
l’aiguille de la montre.
7- الكف والطبلة
ضربت بكفك الطبلة حتى احمرت الكف . ضربتها بعنف وشراسة حتى أصاب الخدر
اليدين . خدر لذيذ سرى في كامل بدنك كلسعة كهرباء خفيفة . بعدها ، والعرق
يبلل جبينك ويسيل على عنقك عدت تدريجيا إلى رقتك وأنت تعالج جلد الطبلة
بحذق الفنان ، فيخرج اللحن الطروب من بين أصابعك كالحلم الدافئ في ليلة
شتاء .
وتتصايح النسوة فرحات ، ويهللن ، ويدخلن حلبة الرقص مثنى وثلاث ورباع ،
يحركن أردافهن في كل الاتجاهات ، ويلعبن بالصدور بمهارة ، ويستعرضن
زينتهن : حناء منقوشة ملء الكفوف ، وأحمر على الشفاه ، والعيون غطاها
الكحل ، والأفواه مدبوغة بالسواك . وهن يتدافعن ويتضاحكن ويتلامسن
ويتهامزن ويتغامزن ويتساقطن مرة على الطبل ومرات في حجرك . يبطئن لحظات ،
ثم يهربن خفيفات كرف الحمام .
وأنت ترى بعقلك كل شيء . تسجل في دماغك الأصوات والحركات ، وتحلم
بامتلاكهن . تقول لنفسك :
- هذه سمينة رجراجة تحذق الرقص ، وتحذق أشياء أخرى لا محالة .
- وهذه الطفلة مازالت في بداية الرحلة إلا أنها نجيبة . أسمع دق قدميها
على الأرض منغما ، وتحريك يديها متزنا ، وعطرها لذيذ
- وهذه رقيقة كظل شجرة ياسمين ...
وتفوح روائح الند والبخور وعود القماري والجاوي والكمون ، وتعلو
الزغاريد .... فيلكزك صديقك صاحب المزمار ، فتفهم أن اللحن قد اختل ،
وأنك قد سرحت بعيدا بخيالك المجنون ، فتعود للطبلة تضربها بالكف...
تضربها حتى يصيب يديك الخدر .
ويعم الهياج من جديد حلبة الرقص ، فتستغل فرصة عدم انتباه النسوة ، وترفع
يدك إلى وجهك تغطي بالنظارة السوداء روحك الميتة .
الكف والطبلة
ترجمتها الى الفرنسية :
فتحية حيزم لعبيدي
Le tambour
Nouvelle traduite par
Fathia Hizem
Tu as tellement frappé le tambour au point que ta main rougissait. Tu
as frappé avec toute la force et l’agressivité dont tu es capable au
point que ta main s’anesthésiait. Une douce anesthésie traversait
tout ton corps comme qui dirait une légère électrocution. Plus tard,
alors que la sueur mouillait ton front, et qu’elle coulait le long de
ton cou, alors que tu soignais la peau du tambour d’une main
d’artiste, il en sortait un son si doux, si beau entre tes doigts,
tel un rêve merveilleux dans une nuit d’hiver. Et les femmes,
enthousiastes, criaient, toutes heureuses, s’émerveillaient et
entraient en piste à deux, à trois ou même à quatre. Elles dandinaient
leurs derrières dans tous les sens, jouaient des seins avec adresse,
et exhibaient leur beauté : du henné bien dessiné sur les paumes des
mains, du rouge à lèvres, des yeux bien tracés au khôl, et des bouches
teintes au souek. Elles se poussaient, riaient, se touchaient et se
donnaient des coups de coude, se clignaient des yeux et se laissaient
tomber une fois sur le tambour et d’autres dans les bras du joueur de
tambour. Elles ralentissaient un peu, puis s’envolaient aussi légères
que les ailes des pigeons.
Et toi, tu voyais tout ça dans ta conscience, et tu enregistrais
toutes les voix, tous les mouvements, et tu rêvais de les avoir
toutes. Tu te disais :
-- Cette grosse femme dont toutes les parties du corps se dandinent,
danse parfaitement, et elle doit savoir faire bien d’autres choses
encore.
-- Celle-ci, c’est encore une enfant, au début de la route, mais elle
est assidue. Entends bien le rythme qu’elle fait en tapant le sol de
ses pieds, ses membres bougent en harmonie, quant à son parfum, il est
si excitant.
-- Quant à celle-là, elle est frêle comme l’ombre d’un jasmin d’où
émanent toutes les belles senteurs orientales.
On entendait les youyous, et quand ton copain, le joueur de flûte, te
donnait un coup de coude, tu réalisais que tu avais perdu le rythme,
et que tu t’étais perdu dans tes rêves, alors tu te remettais à
frapper le tambour, tu frappais et tu frappais au point que tes mains
devenaient de nouveau anesthésiées. De nouveau, le chahut dominait la
piste, et tu profitais d’un moment d’inadvertance des femmes pour
remettre de nouveau tes lunettes noires en place pour couvrir ton âme
inerte.
8 - دم أبي
سقطت السلة من يد الطفل . سقط قلب الطفل فوق الاسفلت
سقطت السلة . سلة بها قارورة خمر
جرى السائل الأحمر فوق الإسفلت .
وقف الطفل لحظة مرعوبا ، ثم وقع على ركبتيه يجمع زجاج القارورة .
تكثفت فوق السائل رغوة بيضاء .
وقع عليها الذباب .
بنى الطفل سدا من التراب جمع وراءه السائل الأحمر .
وقع الطفل على زنديه . لتذكيركم ، زنداه نحيلان ، نحيلان جدا
وقع الطفل على زنديه يجمع زجاج القارورة . يركبه فوق بعضه
يحاول صنع قارورة جديدة . لم لا يحاول ؟
جرى دمه . جرى دمه فوق الاسفلت
بنى سدا آخر بكف يده اليمنى ، ثم اليسرى ، ثم الاثنتين .
قام الطفل على ركبتيه . نادى :
- أعطوني ( لم يدر ماذا يطلب ) . أجمع فيه دم أبي ...
ودمي ..
دم أبي
ترجمتها الى الفرنسية : فتحية حيزم لعبيدي
Le sang de papa.
Une nouvelle traduite par
Fathia Hizem
Le panier échappe des mains de l’enfant. Le cœur de celui-ci
dégringole sur le pavé.
Le panier tombe. Il y avait une bouteille de vin.
Le liquide rouge se répand sur le pavé. L’enfant s’arrête, épouvanté.
Il se jette sur les genoux. Il ramasse les débris de verre. Une mousse
blanche surmonte le liquide. Les mouches s’y entassent.
L’enfant construit un barrage de terre, pour endiguer le liquide
rouge.
L’enfant pose ses bras - oh ! Combien ils étaient maigres – sur le
sol. S’appuyant sur eux,
il ramasse les débris ; il essaie d’en fabriquer une nouvelle
bouteille.
Pourquoi ne le ferait-il pas ?
Le sang de l’enfant coule ; il coule sur l’asphalte, il met sa main
droite, puis sa main gauche, ensuite la droite
et encore la gauche, enfin toutes les deux.
Il se relève sur ses genoux.
Il crie :
Donnez-moi… (il ne sait pas quoi demander)…pour ramasser le sang de
papa et le mien.
9 - الأرانب لا تبكي موتاها .
اليوم الأول ، في الصباح الباكر ، في غفلة من الشمس،
غادرت الأرانب الجحر .
أولا ، خرج الأرنب الأسود ، الشرس ، المرقط بالأبيض .
اندفع من باب الجحر المحفور بعناية تحت زيتونة ، في جانب الوادي . قفز
عاليا ، وغاب وراء الهضبة .
تبعه الأرنب الرصاصي وجلا . تشمم وجه الهواء الطري . عطس . التفت يمنة .
التفت يسرة ، وغاب وسط الدغل .
جاء الأرنب البني ثالثا . وقف برهة في باب الجحر . هز رأسه ، وسلم على
الشمس الكبيرة ، وقفز وراء الأرنب الرصاصي .
في المساء والشمس الثقيلة تختفي وراء الجبل ، أطل الأرنب الأسود من وراء
صخرة ، ثم خفيفا قفز داخل الجحر . بعد دقيقة وصل الرصاصي فطنا يقظان
النظرة ، إلا أن خطوه كان ثقيلا بعض الشيء . دس رأسه في باب الجحر ،،
وغاب في الظلام . قفز الأرنب البني كالطيف وراء الرصاصي وهدأت الحركة
أمام جحر الأرانب .
بعد ثلاثة أيام ، صباحا ، كان الأرنب البني أول من أطل من الباب
جاء بعده الرصاصي ، ثم الأسود ...
حين وصلت الشمس صرة السماء ، انهمر الرصاص على الأرانب .
وأظلم وجه السماء .
مساء ، قفز الأرنب الأسود داخل الجحر .
بعد دقيقة لحق به البني مهزوز الخطو ، يكاد يخطئ الباب .
بعد أسبوع ،في المساء الساكن كمقبرة مهجورة ، عاد الأرنب الأسود وحيدا
إلى الجحر
بعد عشرة أيام ،غابت الشمس الذابلة ، ولم يطرق باب الجحر طارق .
بعد أسبوعين ، صباحا ، أطل من باب الجحر أرنب أسود مرقط بالأبيض
جاء وراءه أرنب رصاصي ، ثم تبعهما البني .
تشممت الأرانب العشب النابت أمام الجحر ، ولحست الطل من على الأزهار التي
استيقظت لتوها ، ثم قفزت ، وغابت وراء الهضبة .
كانت الأرانب الثلاثة صغيرة .أكبر بقليل من فأر المنزل .
نطت خفيفة هنا وهناك داخل الحقل الفسيح . ثم ، وكأن تعب الدنيا كلها حط
عليها ، فاقتربت من بعضها ، ونامت تحت ظل شجرة زيتون .
في المساء ،عادت الأرانب إلى الجحر . دخل الأرنب الأسود أولا ، ثم تبعه
الرصاصي ، فالبني ...
وهبط الليل على الربوة . وازدان وجه السماء بنور القمر ...
قصة :الارانب لا تبكي موتاها
ترجمتها الى الفرنسية : فتحية حيزم لعبيدي
Les lapins ne pleurent pas leurs morts
Nouvelle traduite par
Fathia Hizem
Le premier jour, au petit matin, alors que le soleil s’affairait, les
lapins sortirent de leur terrier. D’abord c’était le lapin noir
tacheté de blanc et agressif qui apparut. Il s’empressa de sortir de
la bouche du terrier pour se dissimuler sous un olivier, du côté du
fleuve. Il bondit très haut et disparut derrière le talus. Ensuite,
c’était au tour du lapin gris, timide. Il commença par renifler l’air
frais, il éternua, regarda à droite et à gauche et disparut lui aussi
au milieu de la forêt.
Arriva le troisième lapin, le brun. Il s’arrêta un moment à la sortie
du terrier, leva la tête pour saluer le grand soleil, puis il suivit
le lapin gris.
Le soir, quand le soleil se faisait lourd et se cachait derrière la
montagne, de derrière un rocher, le lapin noir jeta un regard sur les
lieux, puis léger, il regagna le terrier. Une minute plus tard, ce fut
au tour du lapin gris d’arriver, vif, les yeux bien ouverts ;
seulement il était quelque peu lent. Il enfouit sa tête à l’entrée du
gîte et se perdit dans le noir.
Puis, il n’y eut plus de mouvements du côté du terrier.
Trois jours plus tard, au petit matin, ce fut le lapin brun qui se
montra le premier, il fut suivi par le gris, puis par le noir.
Quand le soleil fut en plein ciel, il y eut une pluie de cartouches
sur les lapins et le ciel s’assombrit.
Le soir, le lapin noir regagna le gîte, et le lapin gris le suivait
chancelant, et il faillit se tromper d’entrée.
Une semaine plus tard, par un soir aussi calme et lourd qu’un
cimetière désert, seul le lapin noir regagna le terrier.
Dix jours plus tard, sous un soleil fané, plus personne ne pénétrait
dans ce terrier.
Mais deux semaines plus tard, il en sortit des lapins de ce gîte : un
noir tacheté de blanc, puis un gris. Tous les deux précédaient le
lapin brun.
Ils reniflèrent les plantes qui ont poussé à l’entrée du terrier,
léchèrent la rosée qui recouvrait les fleurs à leur réveil, puis
bondissant, ils s’enfouirent au milieu du pré. Les lapins étaient tous
petits, à peine plus grands qu’un rat de maison. Ils ont joué et
bondi, légers comme ils étaient, dans tous les sens ; puis comme pris
par une grosse fatigue, ils se sont serrés les uns contre les autres
et se sont endormis sous un olivier.
Le soir, ils regagnèrent leur terrier, c’était d’abord le noir qui s’y
enfouit, suivi par le gris, puis par le brun. …
La nuit envahissait le talus, et la pleine lune embellissait le ciel.
10 - غيرة
هو يعشق الحمام كثيرا ويطرب لهديله حد الجنون ، ولكنه يكره أن يراه
مسجونا في قفص ، وان كان أوسع من الدنيا . فقد كبر وهو يعايش بيوت الحمام
المبنية فوق السطوح ، وتربى على خفقات أجنحة الفراخ وسقسقتها في الأعشاش
حين منه أمهاتها لتزقها نسغ الحياة . وكان يتوله عندما يرى الذكور تغازل
الإناث ذاك الغزل الرقيق الذي يعجز عن مثله العشاق من بني البشر .
ولكن ماذا يفعل ، وقد سكن المدينة ، واكترى شقة في عمارة . شقة أكبر
بقليل من قفص .
البارحة حدث زوجته عن إمكانية تربية زوج حمام في البيت. شهقت، وقالت :
زوج حمام . ولم تزد .
وعاد إلى البيت محملا بقفص .
قالت : هذا قفص عصافير . هل سنربي كنالو عوضا عن الحمام ؟
قال : لا ، لقد أوصيت بائع طيور عن زوج حمام .
في المساء ، عاد إلى المنزل جذلا . وضع زوج الحمام في القفص ، وجثا
أمامهما .
نظر إلى الجسم الرشيق الملفوف في ريش ناعم في لون البنفسج وقال : أكيد ،
هذا هو الذكر .
وتفحص العينين السوداوين ، والمنقار الأنيق ، والذيل الراقص ، وقال :
وهذه الأنثى . لا بد أن تكون مغناجا أكثر من اللزوم .
كانت زوجته تراقب المنظر عن قرب . وكانت تردد لنفسها : زوج حمام وفي هذه
الشقة الصغيرة ...
ولم ينم إلا بعدما سمع الهديل .
هي : تزوجته منذ أكثر من سبعة أعوام . لم تكن تحبه . قالت لنفسها أكثر من
مرة ، سيأتي الحب مع العشرة والألفة .
ولم يصل الحب . كان القلب هائما في مكان آخر ، ورفض دعوتها . ترك قفص
القلب فارغا ، فعاشت بلا قلب .
البارحة ، طلقها النوم . كان زوجها يشخر .وكانت تستمع في سكون الليل
ووحشته الى هديل الحمام الحزين . رأت على ضوء القمر الشاحب منقار الذكر
وسط منقار أنثاه ، وسمعت أناته المخنوقة . رأت الضراعة في عينيه ، وراقبت
دورانه حول الأنثى وهي تغنج وتطلب المزيد .
قالت : أنا لا أطيق غزل الحمام . هذا أكثر مما أحتمل .
وقامت تفتح باب القفص .
غيرة :
ترجمتها الى الفرنسية
فتحية حيزم لعبيدي
Jalousie.
Nouvelle traduite par Fathia Hizem
Il raffolait du roucoulement des pigeons, mais il avait horreur de les
voir dans une cage, serait- elle la plus vaste au monde. Il avait
grandit en cohabitation avec les nids des pigeons sur les toits des
maisons, les battements des petites ailes qui gazouillaient alors que
les mamans pigeons leur donnaient l’essence de la vie. Il se prenait
d’amour pour les mâles qui faisaient la cour à leurs femelles, chose
dont les humains en étaient incapables. Mais que peut-il faire alors
qu’il habite maintenant en ville, dans un appartement pas plus grand
qu’une cage ? Hier, il avait dit à sa femme qu’il voulait avoir un
couple de pigeons à la maison. Elle répliqua surprise : « Un couple
de pigeons ? » et n’en dit pas plus. Il ramena une cage et elle
constata que c’était plutôt une cage pour oiseaux.
--Vas-tu élever un canari plutôt que des pigeons ? Il répondit : «
Non. J’ai commandé un couple de pigeons au marchand d’oiseaux ».
Le soir, il rentra chez lui tout heureux, mit les pigeons dans la
cage et s’accroupit en face d’eux. Il admira le corps élégant, couvert
de douces plumes couleur violette et se dit « ça doit être le mâle »
Ensuite, il contempla les yeux noirs, le bec effilé et la queue
dansante en se disant : « ça doit être sûrement la femelle. Elle
serait spécialement coquette. » Sa femme regardait la scène de près
et se disait : « Un couple de pigeons dans un si petit appartement !
». Son mari n’a pu s’endormir avant
d’entendre le roucoulement des pigeons.
Quant à elle, mariée depuis sept ans, elle ne l’aimait pas mais se
disait que l’amour viendrait avec l’habitude et la compagnie.
L’amour ne vint point, son cœur errait toujours ailleurs se
refusant à l’amour. Sa cage était vide, et elle vécut donc sans amour.
Hier, ses yeux ne connurent point le sommeil et son mari n’a pas cessé
de ronfler. Elle écoutait le roucoulement des pigeons dans le silence
triste de la nuit. Sous un pâle clair de lune, elle vit le bec du
mâle, s’introduire dans celui de la femelle, elle entendit ses
plaintes étouffées, et vit dans ses yeux un si profond désir. Elle le
suivit pendant qu’il tournait autour de sa femelle, lascive et qui
demandait encore plus.
Irritée, elle se dit : « Je ne peux supporter cette scène amoureuse
entre les pigeons. C’est au-dessus de mes forces. »
Elle se leva et ouvrit la cage.
11 – بروموثيوس
قرأت قصته العجيبة في مجلة أدبية ، فقررت الذهاب لإنقاذه من هذا العذاب
الأبدي ، وأنا أقول لنفسي : غريب أمر البشر، رب يعيش في السماء بين
الأرباب ، عيشة الأرباب ولكنه يشفق على البشر الذين يموتون من البرد
والصقيع ، فيضحي بهنائه من أجلهم . يسرق النار من السماء ويهبط بها من
أعلى عليين حتى يسعد بها الإنسان ويملأ حياته بالدفء والمسرة . فيغضب
عليه الآلهه ويوقعون به عذابا لا ينتهي : يحكم عليه مجلسهم بالنفي فوق
جبل من جبال القوقاز تكسوه الثلوج على مدار السنة ويوكلون به كركي يأكل
من كبده . وكلما انتهى منها عادت كما كانت ليعود الكركي فيأكلها من
جديد . و " بروموثيوس " صابر لا يشتكي ولا يتأوه . هكذا منذ الزمن
الغابر حتى يوم الناس هذا .
قرأت القصة فذهبت لإنقاذه من هذا العذاب . قلت لا يهم إن وصلت متأخرا بعض
الشيء ، فالمهم إنقاذ هذا الرب من عذابه .
اشتريت مسدسا حشوته بستة رصاصات وذهبت للبحت عن طائر الكركي بعد أن
استخبرت عن جبل الرب المعذب من رعاة يعيشون قريبا منه ، فدلني أحدهم على
الجبل وحذرني من المغامرة قائلا إن من ذهبوا في ذلك الطريق ما عاد منهم
أحد . ولكنني صممت على المغامرة وليكن ما يكون . ومن شعب إلى شعب ، ومن
جبل إلى جبل ، حتى رأيت الكركي بالعين المجردة ينقر في جنب بروموثيوس
ويأكل من كبده
لم أصبر ، فاستللت المسدس من جنبي ، وأطلقت النار على قلب طائر العذاب ،
فسقط يتخبط في دمائه بين رجلي الرب الواقف بجلاله فوق قمة الجبل .
رأيت النار تشتعل في ريش الطائر وتتحول إلى أشعة من نور .
ورأيت الرب يتحسس مكان الجرح بيدي الإله الرهيفتين كنسيم الربيع ، ثم
سمعته يقول :
- الآن بدأ عذابي ...
وانحدر من قمة الجبل يمشي برجليه الحافيتين فوق الحجارة المسنونة ،
والحصى الصغير يسبقه نحو الهاوية ...
بروموثيوس
ترجمتها الى الفرنسية : فتحية حيزم لعبيدي
Prométhée
Nouvelle traduite par
Fathia Hizem
Quand j’ai lu son histoire fantastique dans une revue littéraire,
j’ai décidé d’aller le sauver de son supplice éternel. Je me disais :
« Etonnant est le comportement humain ! pourquoi, les hommes
n’auraient-ils rien fait pour sauver ce dieu qui vivait dans les
cieux, au milieu des dieux et qui, pris de compassion pour ceux
d’entre eux qui souffraient du froid et qui gelaient sur terre, décida
de sacrifier son bonheur pour eux ?
Il vola le feu du ciel, le descendit des hauteurs les plus élevées
pour faire leur bonheur et leur procurer le bien être.
Les Dieux, fous de colère, lui affligèrent une sanction qui ne risque
pas de finir : leur conseil décida de l’envoyer en exil sur une
montagne du Caucase, toujours couverte de neige à longueur d’année et
ils chargèrent un vautour de lui manger le foie ; un foie qui, une
fois entièrement mangé, repousse à nouveau pour faire durer la douleur
du supplicié. Quant à Prométhée, patient sur son sort, il ne se
plaignait jamais et ne gémissait point depuis les temps anciens
jusqu’à aujourd’hui.
Ayant lu cette histoire, j’ai décidé de le sauver de ce supplice
éternel. Je me suis dit : « Peu importe si j’arrive un peu en retard,
l’essentiel est de sauver ce Dieu. »
Je m’armai d’un revolver à six cartouches, et je me mis à la recherche
de l’oiseau de proie. Je m’enquis auprès de certains bergers pour
savoir où vivait le dieu supplicié, l’un d’eux me l’indiqua tout en me
prévenant des dangers que je pouvais y rencontrer ; car, disait-il,
personne de ceux qui avaient pris cette voix n’en était revenu.
Mais, décidé à vivre l’aventure, je me dis : « Advienne que pourra ».
J’avais dû traverser plusieurs nations et plusieurs montagnes, jusqu’à
ce que je visse de mes propres yeux, l’oiseau du mal creuser le flanc
de Prométhée avec son bec et lui manger le foie.
Ne pouvant supporter la scène, je sortis mon arme et tirai en plein
cœur de l’oiseau du mal, il tomba à terre, se débattant dans son sang
entre mes pieds, alors que le dieu était debout, au sommet de la
montagne , dans toute sa majesté.
Les plumes de l’oiseau prirent feu et se transformèrent en lumière.
Je vis le dieu tâter la cicatrice de ses mains aussi fines qu’une
brise printanière, puis je l’entendis dire : « C’est maintenant que
mon supplice commence ». Il dégringola la montagne, pieds nus, sur des
pierres dentées alors que de petits graviers le précédaient vers les
bas-fonds.
12 - مجنونان
كان يطوف في شوارع القرية بعد كل صلاة مرددا هذا الذكر:
باب يفتح على السماء، هو باب الله.
باب يفتح على البحر، هو باب النار.
باب يفتح على الخير ، هو باب الدولار .
باب يفتح على الحزن ، هو باب الأحياء .
باب يفتح على الشرق ، هو باب السعادة .
باب يفتح على الغرب ، هو باب الموت .
باب يفتح على الدنيا هو باب العذاب .
وأنا واقف في مفترق... الأبواب .
ولا باب يفتح على... قلبي .
سألت عنه من يكون ؟
فقيل لي : هذا مجنون القرية ، لا تقترب منه فقد يؤذيك .
ولكنني لم استمع لنصحهم وتحذيرهم... أمسكت بالرجل من الخلف من تلابيبه
الرثة، ومشيت معه، أردد ذكره، وأزيد...
مجنونان
ترجمتها إلى الفرنسية : فتحية حيزم
Les deux fous.
Nouvelle traduite par
Fathia Hizem
Il rôdait dans les rues du village après chaque prière en
psalmodiant :
-- La porte qui ouvre sur le ciel est celle de Dieu
-- Celle qui ouvre sur la mer est celle de l’enfer
-- La porte du bien est celle du dollar.
-- La porte de la tristesse est l’apanage des vivants.
-- La porte orientale est celle du bonheur.
-- La porte occidentale mène à la mort.
-- Quant à la porte qui s’ouvre sur la vie, c’est celle du malheur.
J’étais à la croisée des portes. Pas une ne s’ouvrait … sur mon cœur.
J’ai demandé qui pouvait être cet homme. On me répondit que c’était le
fou du village, et qu’il ne fallait pas l’approcher car il pouvait me
nuire.
Mais ayant fait fi du conseil, je rattrapais l’homme, le prenais par
derrière, et lui tenais ses loques, je marchais avec lui, je répétais
ses psalmodies et j’en rajoutais même.
- 13- المائدة
عندما يبدأ المؤذن في ترديد : الصلاة خير من النوم يا عباد الله ، تنفض
عن وجهها النوم وتقوم واقفة . تغتسل وتصلي ، ثم تذهب إلى المطبخ فتعد له
قهوة الصباح وتبدأ في تسخين الماء الذي سيغتسل به بعد عودته من وردية
الليل داخل منجم الفسفاط
عند الساعة السادسة تكون قد انتهت من أشغالها فتبدأ في إعداد المائدة
تختار فناجين القهوة وتحرس دائما على أن يكون البراد نظيفا يلمع ببريق
يخطف الأبصار. ثم تذهب إلى الحمام فتستعرض المنشفة و الغسول والصابون
وترمق البخار المتصاعد من سطل الماء الساخن فيفتر ثغرها عن ابتسامة رضاء.
بعدها تعود للجلوس أمام المائدة إلى أن تعوي صافرة المنجم منادية فريق
عمل الصباح فتقوم تفتح الباب للقادم من جوف الجبل .
هذا القادم الذي نسي طريق العودة ...
المائدة
ترجمتها الى الفرنسية : فتحية حيزم لعبيدي
Le petit déjeuner.
Nouvelle traduite par
Fathia Hizem
Quand le muezzin commençait à faire son appel à la prière, et qu’il
valorisait la prière au détriment du sommeil ; elle jetait le voile de
la nuit et se mettait sur pieds. Elle faisait ses ablutions, priait,
puis se dirigeait directement vers la cuisine. Elle préparait le café,
et mettait en même temps de l’eau à chauffer pour que son mari puisse
se laver après le service de nuit au fond de la mine de phosphate.
A six heures pile, tout était prêt. Elle installait alors la table,
choisissait les plus belles tasses à
café ; et tenait à ce que la cafetière soit parfaitement propre,
d’un éclat qui éblouissait les regards. Après cela, elle allait dans
la salle de bain, étendait le drap de bain, disposait le shampoing et
le savon, et contemplait la vapeur qui se dégageait de l’eau chaude.
Elle esquissait un sourire de satisfaction.
Une fois que tout était prêt, elle prenait place près de la table, en
attendant la sirène de la mine qui faisait appel aux ouvriers du
matin. A ce moment là, elle ouvrait la porte de sa maison pour le
revenant du ventre de la terre.
Mais ce revenant, a justement perdu sa route…
14 - سلطان الكلاب .
استضاف كلب البر ابن عمه كلب البحر واصطحبه في زيارة للمدينة التي يقيم
فيها ، فانبهر كلب البحر بحياة البر وما فيها من صخب وضجيج . وعندما
أعياهما التجوال في المدينة عادا إلى بيت صاحب كلب البر ، فطافا بالقصر
وحديقته وتمتعا بزينة الحياة وطيبها ثم استراحا تحت شجرة ياسمين وارفة
الظلال . ساعتها سأل كلب البر ابن عمه عن معيشه وشرابه ، فأعلمه بأن
صاحبه يوفر له كل مستلزمات حياته حتى أنه حسب نفسه سلطان الكلاب لما يجده
من وفرة ورخاء عيش وسأله إن كان يرغب في ترك البحر والإقامة نهائيا عنده
معززا مكرما . فترجاه أن يترك له فرصة للتفكير وتقليب المقترح على جوانبه
الأربعة .
ليلا جاء صاحب كلب البر، فعلق في عنقه أنشوطة وربطها في شجرة الياسمين
وعاد إلى القصر .
وظل الكلب ينبح طول الليل . ولم يغمض له جفن إلا عند تباشير الصباح .
عندما أفاق من نومه ، لم يجد ابن عمه كلب البحر . كان فراشه باردا ...
سلطان الكلاب
ترجمتها الى الفرنسية :
فتحية حيزم لعبيدي
14- Le roi des chiens
Nouvelle traduite par
Fathia Hizem
Le chien terrien invita son cousin le chien de mer. Ils firent
ensemble une visite dans la ville. Le chien de mer eut l’occasion
d’admirer la vie sur terre avec tous ses bruits et son tapage.
Fatigués de leur promenade, ils rentrèrent à la maison du terrien. Ils
firent ensuite le tour du château, du jardin, apprécièrent la belle
vie avec ses petits bonheurs, puis se reposèrent sous un jasmin qui
faisait une belle ombre. A ce moment là, le chien de mer s’enquit
auprès de son cousin sur la qualité de sa vie, alors celui-ci
répondit que son patron le gâtait en lui procurant tous ses besoins au
point de se prendre pour le roi des chiens. Et il proposa à son cousin
de quitter définitivement la mer pour vivre avec lui.
Mais celui-ci répondit qu’il ne voulait pas prendre une décision
hâtive, et qu’il fallait lui laisser un peu de temps pour retourner
la proposition dans tous les sens.
La nuit, le patron du chien de terre arriva, lui mit une laisse autour
du cou qu’il noua au jasmin et s’en alla dormir. Le chien aboya toute
la nuit et ne ferma l’œil qu’au petit matin.
A son réveil, il ne trouva point son cousin, le chien de mer, sa
literie était froide….
15- الحصن الحصين
وقفت في باب قاعة الانتظار المكتظة بالمرضى والمرافقين : أطفال صغار في
أحضان أمهاتهم . عجوز افترشت الأرض ونامت . امرأة شابة تشكي لجارتها
غبنها بهذا الولد الذي لا يبرأ إلا ليعود في اليوم التالي إلى المستشفى .
رجل كهل يطلب من زوجته أن تنيم الطفل فقد أعياه الجري بين الصفوف ...
ثم فجأة دخل علينا . رجل أنيق . في أربعينات العمر . أجال النظر ذات
اليمين وذات الشمال، ثم اختار امرأة مسنة تقطر الطيبة من وجهها . تقدم
نحوها ، وقدم لها كتيبا قال : هو الحصن الحصين ، يشفي من الروماتيزم
والصداع وجريان الجوف والأورام السرطانية الخبيثة ومرض القلب ويداوي كل
العلل . ادفعي نصف دينار فقط ثمنا لهذه الثروة يا سيدتي .
امتدت يد المرأة إلى حقيبتها اليدوية . أخرجت منها النقود ووضعت الكتاب
في الحفظ والصون . وراح - والابتسامة العريضة – تسبقه ، يوزع كتبه على
المرضى ومرافقيهم ، ويقبض النقود .
عرفته . رأيت في وجهه طبيب الصحة العمومية الذي كان ذات يوم ملك
المستشفى .
ولم أقل شيئا .
حين وقف الممرض أمام باب الطبيب وبدأ في المناداة على المرضى ، كنت
وحيدا . وكانت القاعة فارغة . قاعة الانتظار الفسيحة .
وكان طفلي الصغير يغط في النومة السابعة ...
الحصن الحصين
ترجمتها الى الفرنسية : فتحية حيزم لعبيدي
Talisman.
Une nouvelle traduite par Fathia Hizem
Je restais debout, devant la salle d’attente bondée de patients et
d’accompagnateurs. Il y avait des enfants dans les bras de leurs
mères, une vielle dame qui s’était étendue à même le sol, une jeune
femme qui racontait à sa voisine ses déboires avec ce garçon qui ne
guérissait jamais. Un homme d’âge mûr demandait à sa femme d’endormir
son fils car il n’en pouvait plus de courir derrière lui entre les
rangs.
Brusquement, un homme assez élégant, faisant la quarantaine, entra
dans la salle, il jeta un regard panoramique sur tout le monde, puis
choisit une dame âgée, dont la bonté rayonnait de son visage. Il se
dirigea vers elle, lui tendit un petit livre en disant : « Voici un
talisman, il guérit les rhumatismes, la migraine, la diarrhée, les
tumeurs cancéreuses, les maladies cardio-vasculaires. Bref, il guérit
tous les maux. Payez seulement un demi dinar pour toute cette
fortune.» La femme tendit sa main vers son porte-monnaie, sortit
l’argent et prit soin de bien cacher son talisman. Et notre homme,
précédé de son large sourire, s’en alla distribuer ses livres aux
malades et à leurs accompagnateurs et recueillir l’argent.
Je l’ai reconnu, et je restai interdit car j’ai reconnu en lui le
médecin de santé publique qui était à certain moment le roi de
l’hôpital. Je n’en dis pas un mot.
Mais, au moment où l’infirmier commença à appeler les malades pour la
consultation, j’étais seul, la grande salle, la salle d’attente était
vide ; et mon enfant dormait profondément.
16 - غربة
خرجنا من المدرسة والشمس تلهث في السماء التي تحول لونها إلى الأزرق
الباهت . والإسفلت ، ذاب وسال على جانبي الطريق . والعرق تخلل الثياب .
وسيارات المازدا والنيسان وامازدا والكريسيدا والكرونا تمرق من أمامنا
كالعفاريت المهتاجة ، وتختفي في غمضة عين .
وكنا وحيدين في الشارع الطويل .
قال : سنرتاح حين نصل المنزل .
قلت : كيف ؟ وأمامنا الطبيخ وإحضار الغداء ؟
أردت أن أواصل الحديث ، إلا أن جملته الأخيرة أوقفتني . فقد صار يهذي
بكلام المجانين منذ أيام . وكنت أجاريه في كل مرة حتى لا يغضب .
البارحة مثلا ، قبل النوم ، دخلت غرفته فوجدت بين يديه مجموعة كبيرة من
المجلات ، مجلات نسائية في أغلبها . وكان يختار صور النساء الجميلات .
صور عارضات الأزياء وممثلات السينما . وكان يقصها بأنات وحذق .
قال : حتى لا أخدش ساقا أوصدرا ، فيسيل الدم وتتألم هذه الملائكة .
في الصباح ، وجدته قد غطى كل جدران البيت بنبيلة عبيد وشريهان والهام
شاهين وليلى علوي .
حدثني عنهن بصوت خافت يكاد لا يسمع .
قال : حتى لا يذهب عنهن النوم ، فقد بت الليلة معهن في كلام وسلام إلى أن
طلع الصباح ، فسكتنا عن الكلام المباح .
في الطريق إلى المدرسة ، همس في أذني : لن نتعب هذا اليوم عند الغداء .
لقد وعدتني البارحة الهام شاهين بمائدة من موائد ملوك الحيرة .
ولم أرد عليه ، فقد أصبت بأرق بسبب ضحكه العالي ، وصوت مكيف الهواء ،
وضجيج المسجل والتلفزيون .
حين وصلنا أمام البيت ، وضعت المفتاح في القفل ، ودفعت الباب . وقفت
مشدوها في العتبة ، فقد شممت رائحة الشواء ، وسمعت خبطا على أواني الأكل
في المطبخ ...
غربة :
ترجمتها الى الفرنسية :فتحية حيزم
Exil
Nouvelle traduite par
Fathia Hizem
En sortant de l’école, le soleil, épuisé virait vers le bleu clair.
L’asphalte s’était ramolli et avait glissé sur les bords de la route.
La sueur mouillait mes vêtements, et les Mazda, les Nissan, les
Crissida et les Croner passaient devant nous tels des dragons
excités, et disparaissaient en un clin d’œil.
Nous étions seuls dans la grande avenue. Il dit : « nous nous
reposerons quand nous serons chez nous ». Je répondis : « Tu rêves !
Mais il nous faudra préparer le repas ». J’aurai aimé poursuivre notre
conversation, seulement sa dernière phrase m’en a empêché. Cela
faisait déjà quelques jours qu’il tenait un discours de fous. Je
faisais de mon mieux pour ne pas le choquer.
Hier, par exemple, avant de dormir, j’entrais dans sa chambre, il
avait entre les mains un tas de revues, féminines pour la plupart. Il
était en train de choisir des photos de belles femmes, celles de tops
modèles ou d’actrices de cinéma. Il les découpait lentement et
soigneusement, « pour ne pas blesser une jambe ou une poitrine, le
sang risque de couler et cet ange souffrira » me confie-t-il.
Le matin, il avait déjà couvert tous les murs des photos de Nébila
Abid, Chérihane, Ilhem Chahine et Leïla Alaoui.
Il me parlait, d’une voix si douce que je l’entendais à peine. Il me
dit : « c’est pour ne pas les réveiller, nous avons passé la nuit à
radoter, et ce jusqu’au matin. »
En route pour l’école, il ajouta: « aujourd’hui, nous ne nous
fatiguerons pas à préparer le repas, car Ilhem Chahine m’avait promis
de nous préparer un festin digne des rois d’El Hira. »
Pour toute réponse, il eut mon silence. D’ailleurs, je n’ai pu dormir
correctement la nuit dernière à cause de ses éclats de rire répétés,
du bourdonnement du climatiseur, des voix des magnétophone et
téléviseur.
Arrivé devant la maison, je mis la clé dans la serrure, et poussai la
porte. La surprise m’immobilisa sur le pas de la porte, car je
reniflais une odeur de grillade, et j’entendais le bruit de la
vaisselle dans la cuisine.
17 - البنغالي
دخل ورائي مباشرة إلى غرفة النوم في مستشفى الملك فيصل بالطائف . رأيته
يحمل بين يديه ثوب النوم الخاص بالمستشفى . حين جلست على حافة السرير قدم
لي الثوب وهو يسألني : رفيق ، هل أنت مصري ؟
رددت على سؤاله و أحزان الدنيا كلها تخرج من بين شفتي: لا ، أنا تونسي .
رأيت حيرة في عينيه، وسمعته يردد: تونسي، أكثر من مرة. ثم كمن تذكر شيئا
يعرفه وغاب عن ذهنه صاح : في شمال إفريقيا .
فابتسمت له دون كلام .
وعدت إلى أحزاني ومرضي وغربتي ، فتساقطت دموعي على الخد ، ثم أجهشت
بالبكاء .
عندما فتحت عيني رأيته جالسا على السرير المقابل لسريري . كان يمسح دموعه
بكفيه ...
ولم أدر إن كان يبكي غربتي أم غربته ...
البنغالي
ترجمها الى الفرنسية : مرتضى لعبيدي
17- Le Bengali
Nouvelle traduite par Mortadha Labidi
Il pénétra juste après moi dans ma chambre à l’hôpital du Roi Fayçal à
Taïf. Il tenait dans ses mains le pyjama que je devais porter. Quand
je m’assis sur le lit, il me tendit le vêtement et me demanda :
-- Cher ami, serais-tu Egyptien ?
Je lui répondis, avec toutes les peines du monde, que j’étais
Tunisien. Je l’ai vu perplexe, les yeux hagards, et je l’ai entendu
répéter Tunisien, Tunisien… comme s’il essayait de se rappeler quelque
chose qu’il aurait oublié ; puis il lança : « en Afrique du Nord. »
Je lui répondis par un sourire et me replongeai dans mes peines, ma
maladie et mon exil. Des larmes s’écoulèrent de mes yeux puis
j’éclatai en sanglots. Quand j’ouvris les yeux, je l’ai vu assis en
face de moi, essuyant ses larmes de ses mains. Mais jamais je n’ai su
s’il pleurait mon exil ou le sien
18 – طلاق
قال القاضي للرجل والمرأة الجالسين قدامه :
- أرجو أن تحزما أمركما ، فهذه جلسة الصلح الأخيرة ، واعلما أن أبغض
الحلال عند الله الطلاق .
قال :
- سيدي القاضي ، انه من فضلك هذا الموضوع حالا ، وسأدفع لهذه المرأة
بائنة كبيرة على أن تترك لي تربية الأولاد . سيدي هذه كارثة سلطها الرب
على عبده الضعيف .
قالت :
- عفوا سيدي القاضي . أنا أرفض بائنته الكبيرة ، ولن يجمعني معه بعد
اليوم سقف واحد . فقط سيدي الكريم أريد أن يعرف القاصي والداني كذبه .
إنه لم يكن في يوم من الأيام صادقا. هذا الرجل يخونني كلما التفت . إنه
يا سيدي شاعر . وهل يصدق الشعراء يا سيدي القاضي ؟
انه يا سيدي عذابي في الدنيا الفانية ، ولست أدري بماذا سأعذب في
الآخرة ؟ فهل هناك ما هو أسوأ من عشرة هذا الرجل ؟
في الغد ، نشرت كل الجرائد المكتوبة خبرا عن طلاق القرن ، وزينت صفحاتها
بصورتي : جميل وبثينة .
• جميل : شاعر عاش في القرن 8 ميلادي
بثينة : حبيبة جميل
وقد عاشا قصة حب كبيرة في ذاك الزمن السحيق
قصة طلاق
ترجمها الى الفرنسية : مرتضى لعبيدي
18- Divorce
Nouvelle traduite par
Mortadha Labidi
Le juge s’adressa en ces termes au couple assis en face de lui:
-- « J’aimerais que vous vous décidiez enfin de compte ; c’est la
dernière séance de réconciliation ; et n’oubliez pas que le divorce
est le pire des tolérances. »
L’homme prit le premier la parole :
-- « Monsieur le juge, s’il vous plaît mettez fin à cette situation et
je suis prêt à payer une grosse somme à cette femme à condition
qu’elle me laisse la charge des enfants. Monsieur, cette dame est la
catastrophe par laquelle le bon dieu a puni sa faible créature. »
La femme répondit :
--« Pardon, Monsieur le juge. Je ne demande rien à cet homme et je
n’accepterais rien de sa part. je ne vivrais plus avec lui sous un
même toit. Seulement, j’aimerais que tout le monde sache que cet homme
n’est qu’un affabulateur, et qu’ il l’a toujours été. Cet homme me
trompait à tout bout de champ. En un mot, il est poète ; et peut-on
croire les poètes, Monsieur le juge ? Il est pour moi ma malédiction
dans cette vie ci-bas et je ne saurais dire si on me donnerait pire
dans l’autre vie. D’ailleurs y aurait-il pire punition que de vivre
avec cet homme ? »
Le lendemain, tous les journaux publiaient la nouvelle du divorce du
siècle avec les deux photos de Jamil et de Bouthaina.
19 - كأس شاي أخضر بالنعناع
أعرف أنك تحب الشاي الأخضر والخمرة والنساء .
تحب الشاي الأخضر بالنعناع . تشرب منه كل يوم ما يغرق بارجة حربية .
وتحب البيرة . " هات عشرة " تقول للنادل . لا ترضيك واحدة أمامك ولا
اثنتان. تضع القوارير فوق الطاولة . تلمسها . تحنو عليها . ما أبردها ،
تقول لنفسك ولأصحابك . وتفرح كطفل اصطاد عصفوره الأول .
وتحب النساء .
تحب السمراوات ، عيون البقر .
ها أنا جئتك اليوم بكأس شاي أخضر بالنعناع . كأس سخن يتطاير بخاره في
الهواء .
وجئتك بالبيرة المثلجة . بيرة يقطر عرقها على الأرض .
ولم تقبل النساء المجيء معي .
كلهن خفن منك ورفضن المجيء عندك رغم أوراق المال التي أغريتهن بها .
ألم تر كيف صرت تخيف النساء يا صاحبي ؟
تخيفهن وكأنك غول من غيلان الخرافات .
تفو ... على هذه الدنيا العاهرة .
خذ الكأس .
خذ أشرب منه وحدك حتى الارتواء .
وخذ قوارير البيرة . خذها ولا تقبل نديما يشاركك الشرب .
عندما رأيت كفه مصورة على زجاج القوارير المثلج ، توقفت عن الحديث .
رأيته يطل من بين القوارير ، فتركت له الكأس والبيرة .
وتركت قلبي فوق القبر .
وذهبت ...
عندما وصلت قرب باب الجبانة ، رأيته جالسا فوق القبر يشرب البيرة
قلت والفرحة تهزني هزا : هي القيامة إذن .
وعدوت نحوه .
وجدت كأس البيرة ملآنا للنصف .
ورأيت أوراق النعناع الذابلة ترتعش وسط كأس الشاي .
كأس شاي أخضر بالنعناع
ترجمتها إلى الفرنسية : فتحية حيزم
Thé à la menthe
Nouvelle traduite par
Fathia Hizem
Je sais que tu aimes le thé à la menthe, le vin et les femmes.
Tu aimes le thé à la menthe au point d’en boire de quoi provoquer le
naufrage d’un porte-avion militaire.
Tu aimes la bière et tu en demandes dix à la fois, au serveur.
Tu n’es jamais satisfait d’en voir une ou deux seulement devant toi.
Tu déposes les bouteilles sur la table. Tu les caresses. Tu les
câlines. Tu dis à tes copains : « Comme elles sont fraîches ! » et
comme un enfant qui a chassé son premier oiseau, tu es heureux.
Tu aimes les femmes.
Tu aimes les brunes aux grands yeux.
Me voilà, aujourd’hui te ramenant un verre de thé à la menthe. Un
verre si chaud que la vapeur s’en dégage encore. Je t’apporte de la
bière bien frappée, dont les gouttes de fraîcheur coulent à terre.
Quant aux femmes, elles ont refusé de m’accompagner. Elles ont peur
de toi. Elles ont refusé de venir chez toi malgré tout l’argent que
tu leur montrais.
Vois-tu mon ami, comment tu fais peur maintenant aux femmes ! Tu leur
fais peur tel un ogre sorti d’un conte pour enfant.
Merde à cette putain de vie !… Prends ce verre !
Prends-le et bois tout seul jusqu’à ce que tu n’aies plus soif !
Prends tes bières et n’accepte aucun compagnon !
Quand j’ai vu sa main saisir le verre glacé des bouteilles, je me tus.
Je l’ai vu regarder entre les bouteilles, alors j’ai dû laisser le
verre de thé et les bières.
J’ai également laissé mon âme sur la tombe en partant.
A la sortie du cimetière, je l’ai vu assis sur une tombe en train de
siroter sa bière. Je lui dis donc tout heureux : « C’est l’apocalypse
maintenant. » Et je courais vers lui.
Le mug de bière était à moitié plein, quant aux feuilles de menthe
fanées, elles frémissaient à la surface du verre de thé.
20- العاشقان
كانا يقفان أمام موظف الاستقبال في ساحة النزل الفاخرة ثيابهما غريبة
تشبه ملابس الكهنة .
كان كل واحد منهما يضع في رجليه خفا من الجلد مثل تلك التي مهر في
صناعتها عندنا في تونس، سكان الصحراء المتاخمة جنوبا لشط الجريد. والعامل
بالبزة والكاسكيت واقف وراءهما، يحمل حقيبة كبيرة وجديدة
المرأة السافرة تضع نظارة عاكسة للشمس.
والرجل بجانبها يغطي وجهه بلثام الطوارق.
طلب منهما موظف الاستقبال الأوراق الشخصية: بطاقة تعريف وطنية أو
باسبورت. قال ذلك وهو يبتسم ويرحب بهما.
أخرج الرجل من جيبه جوازي سفر وقدمهما للموظف. وطلب غرفة فسيحة تطل على
البحر مشترطا أن تكون في الطابق العاشر.
وافق الموظف بحركة من رأسه وبدأ يملأ الاستمارة.
كتب على رأس الورقة الأولى : أساف .
وكتب على الورقة الثانية: نائلة .
* هامش : أساف ونائلة ، رجل وامرأة من العرب العاربة ، اقترفا الحب في
الكعبة فمسخا صنمين .
العاشقان
ترجمها الى الفرنسية : مرتضى لعبيدي
20-Les deux amants
Nouvelle traduite par
Mortadha Labidi
Ils étaient debout devant le réceptionniste, dans le hall de cet hôtel
de luxe. Leurs habits étaient étranges et ressemblaient à des soutanes
de prêtres. Ils étaient chaussés de ces babouches de cuir que les
habitants du désert tunisien savaient fabriquer à la perfection.
Le valet de chambre, avec son uniforme et sa casquette se tenait
derrière eux, portant une grande valise neuve.
La femme mettait des lunettes solaires et l’homme, à ses côtés, se
couvrait le visage d’un turban de Touareg.
Le réceptionniste leur demanda, en les accueillant d’un sourire, leurs
papiers d’identité. L’homme lui tendit deux passeports et demanda une
grande chambre qui serait au dixième étage, avec vue sur mer.
L’employé acquiesça d’un geste de la tête et se mit à remplir les
fiches. Il inscrit en tête de la première le nom d’Azaf * et sur la
seconde celui de Naïla.*
__________________________
*PS : Azaf et Naïla sont le couple qui a commis le sacrilège de
l’amour dans les lieux saints et qui furent transformés en statuts.
ليلا 21 - لقطط تسرق الأرانب
أحس بخطاه خفيفة فوق السطح . وأرى ظله مستطيلا على الجدار المقابل
للبيت . أقوم إليه شاهرا في وجهه حجرا وسبابا وعينا يقظة ...
يستقبلني على حافة الجدار .
يموء مواء ، حادا ، متواصلا ...
يستفز انتباهي .
ويغادر المكان .
( يقول سأعود عندما تنام ) .
أرمي وراءه حجرا ، وأذهب أتفقد بيت الأرانب ...
... عندما أسمع الصرخة ، أقفز من فوق السرير ، وأندفع خارج البيت حافي
القدمين .
يطعنني هواء الليل البارد طعنة واحدة .
وتطعنني استغاثة الأرنب طعنتين .
وأرى ظل القط مستطيلا على جدار الجيران .
يقف لحظة والأرنب يتخبط بين فكيه ، وزعيقه الحزين يفتت قلبي .
يقطعه تقطيع السكاكين .
ينظر القط نحوي واثقا وكأنه يقول :
( ألم أخبرك بأنني سأعود عندما تنام ... أيها المغفل ) .
وأعود إلى البيت .
أشعل النار في الفانوس المعلق في السقف .
وأفتح النافذة .
وأشحذ سكينا على حافة الشباك .
وأطعن جرحي المندمل بالسكين .
وأكتب بالدم على حافة الجرح :
القطط تسرق الأرانب ليلا ،
أليس كذلك ؟؟
القطط تسرف الأرانب ليلا
ترجمها الى الفرنسية :
سعيد محمد الجندوبي / فرنسا
Les chats volent les lapins, la nuit.
Nouvelle de Brahim DARGHOUTHI (Tunisie)
Traduite de l’Arabe par Saïd M. JENDOUBI (Tunisie/France)
Je sens ses pas légers sur le toit.
Et, je vois son ombre longiligne sur le mur d’en face.
Je me rue sur lui, brandissant dans sa face cailloux, insultes et œil
éveillé.
Il m’accueille sur le bord du mur, en bravant ma vigilance, par ses
miaulements stridents et continus (en boucle), puis il s’éclipse.
Il dit : « je reviendrai, quand tu t’endormiras ! »…
Je lui jette un caillou et m’en retourne inspecter la cage aux
lapins.
Lorsque j’entends le cri, je me jette hors du lit… je fais irruption
dehors, les pieds nus.
Le froid nocturne m’inflige un coup de poignard, alors que le cri
plaintif du lapin m’en assène deux.
Et, je vois l’ombre longiligne du chat se profiler sur le mur des
voisins.
Il s’arrête un moment.
Le lapin s’agite entre ses mâchoires, et ses sinistres hurlements
mettent mon cœur en miettes ; il le déchire comme le font les
couteaux.
Confiant, le chat me fixe, comme s’il disait :
« ne t’ai-je pas prévenu que j’allais revenir lorsque tu
t’endormiras ? Imbécile vas ! »
Je rentre chez moi.
J’allume la petite lampe accrochée au plafond et j’ouvre la fenêtre.
J’aiguise un couteau sur le bord de celle-ci, et je l’enfonce dans ma
plaie cicatrisée.