La Maison Brûlée Présente
« MAELSTRÖM EXCREMENTIEL »,
texte et spectacle de Catherine Gil Alcala
(Musique : "Jenzat Acoustic", Gilles Chabenat et Michel Pichon, duo de
vielles à roue)
Le jeudi 26 mars à 19h et le jeudi 2 avril à 21 h (durée 1 heure)
au théâtre de l’Orme, 16 rue de l’Orme, 75019 Paris, réservations :
01.43.71.64.42
– vous pouvez aussi réserver en répondant à
catherine...@gmail.com (préciser la date)
Tarif plein : 13 €; tarif réduit : 10 €; groupes à partir de 6
personnes : 8 €
www.lamaisonbrulee.fr
J’ai voulu écrire un récit érotique onirique. Et cela a pris la forme
d’un long poème comme une bouffée délirante, un poème éternel
tragicomique, « Boschien », avec des images sonores, mises en mots, à
écouter.
On croit s’éveiller sans cesse, mais le rêve ouvre sur un autre rêve,
c’est un rêve de réveil. La réalité glisse inexorablement,… paysages
hallucinés de la jouissance dans ses débordements infinis, ses
intrications fantasmatiques de perversion et d’amour, de grossièreté
et d’illumination, « joailleries d’insanités», « obscénités absconses
»…
Catherine Gil Alcala
Et voilà que le rêve matutinal refaisait surface, l’empoignait pour le
suspendre vertigineusement au-dessus de la pièce et de toutes ses
bimbeloteries obscènes… La salle se mua en temple tantrique, puis par
glissement en bestiaire baisant d’objets. Ses porcines porcelaines
s’embobelinaient les unes dans les autres en une forniquante
farandole. Un teddy-bear se trempait la pine dans un plum-pudding.
L’obsessionnante Alice suçotait ses amanites phalloïdes qui tantôt se
brandissaient et tantôt rapetissaient à vue d’œil. Des bouquets
d’orchidées déployaient leurs efflorescences vulvaires, s’extasiant de
leurs senteurs luxurieuses. Les mouches, à l’enculage véloce voletant,
zézayaient leurs coprolalies. Sur les fresques du plafond, les
angelots invertis s’accouplaient en croupades sous la coruscante queue
de Dieu. Des godemichés émergeaient dans le prolongement des patères.
Les napperons arboraient des broderies de priapées.
La salle toute entière semblait pulluler de copulations,
cela jusqu’à l’infinitésimal. Le silence et l’invisible dans l’air
même fourmillaient de coïts, de dandinements et de halètements
érotomanes. Les murs suintaient de sécrétions, dégoulinaient
d’éjaculations et de déjections…
Il pressenti qu’il avait, lui-même homme phallus, pénétré in
utero, que c’était là l’explication à toute cette fantasmagorie ;
cette pensée l’obnubilait, le fatum s’ouvrait à lui sous la forme d’un
fatras ordurier, inscrivait dans une vapeur :
“ ICI C’EST LE LIEU OÙ SE RESTAURER DE
PERVERSITÉ. ”
(Extrait de « Maelström Excrémentiel »)