Fwd: La variole vaincue - Le Monde - 21 décembre 1977

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Pilloy

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Sep 7, 2021, 3:05:42 AM9/7/21
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pour Olivier et les autres 
Ça date un peu…
Bernadette 



La variole vaincue

La variole, sous sa forme la plus grave " variola major ", a disparu de la surface de la terre. C'est ce que vient de déclarer, au cours d'une réunion qu'il a tenue à Dacca (Bangladesh), le docteur Halfdan Mahler, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. La forme la plus bénigne de la maladie, la " variola minor ", qui subsiste dans la corne de l'Afrique, aura, quant à elle, disparu d'ici à quelques années.

Par F.-J. TOMICHE (*)

Publié le 21 décembre 1977

AVEC la disparition de la " variola major " s'éteint une maladie qui tuait près de la moitié de ceux qu'elle atteignait, qui avait provoqué la mort - entre autres - de Louis XV, de Guillaume II d'Orange, et qui avait défiguré Elizabeth I d'Angleterre, Mirabeau, et bien d'autres.

À l'heure actuelle il n'existe plus dans le monde qu'un seul foyer de " variola minor ", forme bénigne de la maladie qui provoque une mortalité de l'ordre de 1 %. Ce foyer se trouve dans le désert de l'Ogaden que se disputent, les armes à la main, l'Éthiopie et la Somalie. Or, depuis le 26 octobre 1977, aucun cas n'a été notifié à l'Organisation mondiale de la santé (O.M.S.). C'est la première fois qu'un tel événement se produit dans l'histoire de cette organisation. Mais cette dernière tient à s'entourer de toutes les garanties possibles avant d'annoncer officiellement que cette maladie millénaire a été complètement vaincue.

En effet, est-ce vraiment la fin ? Le fléau est-il maîtrisé pour de bon ? Tout, en effet, permet de le croire bien que l'O.M.S. ait décidé de ne considérer l'éradication mondiale comme accomplie que dans deux ans, quand, comme pour le Bangladesh, une commission internationale pourra certifier, après enquête, que la maladie a bien été éliminée de notre planète.

Pourquoi un tel optimisme ? N'existe-t-il donc plus aucun risque de voir la maladie resurgir ? La réponse tient à la nature même de cette affection unique en son genre. En effet, celle-ci ne se transmet que par le contact direct de l'homme à l'homme et les experts sont convaincus qu'il n'existe aucun " réservoir " animal de la maladie. On a bien découvert un virus voisin de celui de la variole, le " monkey-pox ", mais il ne se transmet pas normalement à l'homme.

Un contrôle des stocks

Les laboratoires qui fabriquent du vaccin représentent, toutefois, un danger potentiel car ils conservent le virus. À Londres, en 1973, des techniciens ont été infectés alors qu'ils manipulaient du virus dans un laboratoire spécialisé. Mais l'O.M.S. s'efforce de réduire ce risque : elle a fait appel à tous les laboratoires et leur a demandé de détruire leur stock de virus. Cet appel a été largement entendu. À ce jour, dix-sept laboratoires seulement détiennent encore du virus. On prévoit que d'ici à 1985, ce nombre sera réduit à deux. L'O.M.S. tient un registre à jour qui permet un contrôle permanent des stocks.

On peut, enfin, alléguer que des cas pourraient passer inaperçus et qu'après une période d'accalmie la maladie réapparaîtrait. Une telle éventualité semble hautement improbable. Au cours des onze dernières années, depuis le début de la campagne mondiale d'éradication, aucun des trente-trois pays d'où la maladie a été successivement éliminée n'a souffert d'un retour de la variole.

En guise de précaution supplémentaire, au cas où un événement imprévu se produirait, plusieurs pays sont en train de constituer des stocks importants de vaccin qui, conservé à - 20 degrés, demeure stable presque indéfiniment. L'O.M.S. pour sa part, se propose de constituer un stock de vaccin suffisant pour immuniser trois cents millions de personnes et possède déjà le quart de la quantité.

Comment un tel exploit, exigeant des efforts très dispersés et la participation de pays inégalement développés, a-t-il été possible ? Lorsque le programme conçu par l'O.M.S. démarra en 1967, on comptait trente-trois pays endémiques et une douzaine d'autres qui signalaient des cas importes. À l'époque la tâche la plus urgente consistait à se procurer un vaccin efficace en quantité suffisante. Or, aucun vaccin fabrique dans les pays d'endémie ne répondait aux normes minimum de l'O.M.S. et il n'existait pas de laboratoire central d'essais. Deux grands laboratoires acceptèrent de servir de centres internationaux de référence pour les vaccins. D'autre part, l'U.R.S.S. offrit cent quarante millions de doses de vaccin et les États-Unis quarante millions. Ces dons permirent au programme de démarrer. Par la suite plus de vingt pays offrirent du vaccin. Mais, surtout, assez vite la production de vaccin dans les pays en développement s'accrut et la qualité s'améliora. Dès 1970, tous les vaccins utilisés répondaient aux normes internationales d'activité et de stabilité établies par l'O.M.S.

Sur le plan stratégique, l'abandon de la vaccination de masse en faveur de l'approche dite de " surveillance-endiguement " revêtit une importance capitale. Elle résulta de deux observations. La première était que même dans des populations vaccinées à 90 % on pouvait assister à des flambées épidémiques. La seconde était qu'avec ce type d'approche, on parvenait à faire complètement échec à la transmission, même lorsque l'incidence variolique était élevée et les taux d'immunisation faibles. La méthode consiste en la prompte détection de nouveaux cas, suivie de mesures d'endiguement immédiates, c'est-à-dire la recherche de tous les contacts possibles et leur isolement afin d'arrêter la transmission. Cela est possible en raison de la facilité avec laquelle on décèle la présence de la variole et au fait que la transmission ne peut plus se poursuivre dès qu'un malade n'a pas l'occasion de contaminer une autre personne.

Si la disparition de la variole marque la fin d'une cause de graves souffrances pour l'homme, elle a aussi des effets économiques non négligeables. On a peine à croire que le plus grand triomphe dans les annales de la santé publique n'a coûté qu'environ 300 millions de dollars, soit le prix de soixante chasseurs à réaction. L'aide internationale s'est élevée à 100 millions de dollars dont 35 provenant du budget régulier de l'O.M.S. Les principaux donateurs ont été dans l'ordre, les États-Unis (26 millions de dollars), la Suède (16 millions de dollars) et l'U.R.S.S. (13 millions de dollars).

Les dépenses faites par les pays endémiques eux-mêmes ont été évaluées au double de la contribution internationale, soit près de 200 millions de dollars, ce qui porte le total des dépenses mondiales à 300 millions de dollars. Depuis 1971, les États-Unis ont aboli la vaccination obligatoire. À prix courants, l'économie réalisée depuis sept ans dépasse donc 1 milliard de dollars.

Outre les États-Unis, les pays ayant déjà supprimé la vaccination obligatoire sont l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, le Japon, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la République fédérale d'Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède. Quand l'éradication sera certifiée dans le monde entier, il n'y aura plus de raison pour les autres pays de maintenir la vaccination. À ce moment-là, les économies réalisées globalement seront de l'ordre de 2 milliards de dollars de 1968.

Toutefois, les avantages de l'éradication de la variole ne se calculent pas uniquement en dollars économisés. Les personnels de santé engagés dans les campagnes antivarioliques sont désormais libres pour d'autres tâches. Ainsi, en Indonésie, les " vaccinateurs " s'attaquent maintenant à la tuberculose. L'expérience acquise par les pays concernés, ainsi que par l'O.M.S., n'est évidemment pas quantifiable. Si de tels bénéfices échappent à toute mesure, ils représentent beaucoup plus que la somme des économies réalisées car chacun peut avoir des effets indirects et multiplicateurs.

Ainsi, la fin de la variole permet de mettre en œuvre un nouveau programme de l'O.M.S., celui de la vaccination contre six maladies de l'enfance particulièrement meurtrières dans le tiers-monde : la rougeole, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la poliomyélite et la tuberculose. Le projet est ambitieux mais à la mesure de la seule organisation qui, à ce jour, ait débarrassé l'humanité d'un de ses fléaux.


F.-J. TOMICHE

Ancien chef du service de presse et publications de l'O.M.S.

 

Olivier JACQUES

unread,
Sep 7, 2021, 7:26:16 AM9/7/21
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Bonjour Bernadette et tous. Et merci pour ta contribution.
 
 
Comme tu le dis, ça date un peu ! Depuis, outre ce qu'on appelle date certaine qui confère force probante en établissant irréfragablement un fait, en l'occurence l'éradication de la variole de la planète (Rapport final de l'OMS joint), ça démontre qu'en dépit des connaissances acquises par l'expérience, les progrès scientifiques et l'évolution des technologies, les dogmes ont la vie dure et se perpétuent de génération en génération jusqu'à fausser la donne, voire nous mettre en péril. En tant qu'espèce spécifique d'une part, mais également en tant qu'éléments qui influe péjorativement sur la biodiversité, donc  l'oméostasie qui régit la nature, donc la vie.
 
En effet, la vision strictement binaire du tout vaccin a prouvée ses limites, dès cette époque, en tirer les enseignements aurait été gage d'un progrès réel, notamment en pratiquant la surveillance endiguement au lieu d'un confinement aveugle, mêlant malades et bien portants jusqu'à ce qu'ils soient contaminés à leur tour....
 
Par surveillance il faut comprendre l'évolution des prophylaxies, des stratégies d'hygiène et la qualité diagnostique, ça va sans dire ! Et là aussi on ne peut pas dire que les progrès soient flagrants, puisqu'en dépit d'autres enseignements tirés quant à eux de la grippe espagnole, on a privé les gens de soins voire d'aide, on les a privés d'exercice en les confinant dans des atmosphères qu'on sait plus polluées en intérieur qu'en extérieur, on a d'abord prétendu que les masques ne servaient à rien, et surtout on a élaboré une stratégie de tests systématiques ayant une sensibilité volontairement exagérée et une spécificité très aléatoire, sans les rapprocher de tableaux cliniques objectivant leurs résultats, sans même que ces fameux tests aient été réellement développées à partir du virus lui-même....
 
Quand je parlais des 2 faces d'une même médaille, l'exemple de la variole est un excellent exemple qui montre une face qui brille certe, mais dont l'autre face rappelle que tout ce qui brille n'est pas or !
 
Dès cette date pourtant déjà lointaine comme tu te plais à le souligner, on savait déjà beaucoup de choses. Par conséquent les taire ou pire aller jusqu'à un certain négationisme n'est ni à la gloire des scientifiques qui ne servent plus la science en tels cas, ni en faveur d'une confiance aveugle des gens qui ne sont pas tous des moutons et qui ont d'autant plus la possibilité de s'informer qu'Internet notamment, constitue une mémoire du vivant assez exceptionnelle pour peu qu'on puisse séparer l'ivraie du bon grain....
 
Ci-dessous, l'extrait de 2 conférences qui peuvent y aider.
 
Une de l'INSERM du 30 juin 2021, dont un des participants fait partie du Conseil scientifique actuel, présentée par une jeune fille dont la pérénité de l'emploi dépend d'un discours allant dans un certain sens. 2 biais qu'il faut évidemment prendre en considération.
 
 
L'autre datant de 2015, présentée par Michel Georget exempt de liens d'intérêts, décédé avant l'épidémie actuelle et dont j'apprécie les travaux à titre personnel car c'est un homme pondéré qui source ses informations.... là aussi le fait qu'à titre perso je l'apprécie est un biais cognitif à considérer sourire ! Je ne suis ni médecin ni chercheur…
 
 
En résumé, un mensonge au moins partiellement, qui a plus de 40 ans d'ancienneté, qui fonde encore tous les enseignements universitaires et influence largement toute la science et ses différents domaines de recherche fondamentale !
 
Preuve s'il en est du mensonge ambiant, "La FDA a dit qu'elle approuverait un vaccin montrant une réduction d'au moins 50% du risque de tomber malade du Covid-19.", TOMBER MALADE ! Or il est démontré désormais que sur ce point spécifique, l'efficacité n'est plus désormais que de 39% seuil qui aurait dû conduire la FDA à ne pas délivrer d'autorisation complète au vaccin Pfizer. Pourtant, en dépit de la vérité et de son propre discours, du fait que le manque d'efficacité était avéré et qu'on ne disposait d'aucun recul quant aux effets secondaires à moyen et long terme, puisque le vaccin est encore en phase de test et qu'on a vacciné les bras témoins, la FDA a bel et bien visée une autorisation complète pour Phizer.
 
    Cordialement, Olivier
 
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