Combattre l’OTAN, c’est combattre pour l’Europe !

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Combattre l’OTAN, c’est combattre pour l’Europe !

Publié 20 février 2008 par Jean Parvulesco


A propos du livre de Henri de Grossouvre, Paris-Berlin-Moscou

Fils de François de Grossouvre – qui, pendant les présidences de
François Mitterrand, avait été, en fait, sous la couverture de Grand
Veneur de la République, le responsable présidentiel pour la conduite
opérationnelle de l’ensemble des services de renseignements politiques
et militaires français, et qui (ainsi que l’on s’en souvient) trouva
une mort mystérieuse et tragique à l’intérieur même du palais de la
Présidence de la République – le jeune Henri de Grossouvre vient de
publier à Paris, aux Editions L’Age d’Homme, avec une importante
préface du général Pierre-Marie Gallois, un essai d’analyse et
prospective géopolitiques de la plus brûlante actualité; intitulé
Paris-Berlin-Moscou.

“Le centre du monde est en marche vers l’est”, écrit le général Pierre-
Marie Gallois dans sa préface. Henri de Grossouvre, qui vit et
travaille à Vienne, est un spécialiste des problèmes économico-
politiques de l’Allemagne, de l’Autriche et de l’ensemble de l’espace
géopolitique de l’Europe de l’Est, de l’ancienne Mitteleuropa. Henri
de Grossouvre est aussi un partisan activiste et un doctrinaire de
pointe de l’intégration de la “nouvelle Russie” de Vladimir Poutine au
sein de la plus Grande Europe continentale, ouverte à présent vers les
projets eurasiatiques avancés par les groupes géopolitiques proches de
l’entourage immédiat du président russe.

A ce titre, le livre de Henri de Grossouvre, Paris-Berlin-Moscou,
constitue un document politique extrêmement révélateur, livrant les
positions d’avant-garde d’une certaine tendance actuelle de la pensée
géopolitique française en action et cela d’autant plus que Henri de
Grossouvre sera sans doute prochainement appelé à des responsabilités
politiques de niveau européen, dans le cadre d’une “Communauté
géopolitique France-Allemagne-Eurasie”, actuellement en voie de
constitution. La thèse fondamentale du livre de Henri de Grossouvre
fait la promotion de la plus que nécessaire, désormais, intégration
fédérale de l’ensemble continental grand-européen autour de l’axe
Paris-Berlin-Moscou, derrière lequel se profile, implicitement et dans
un plus lointain avenir, l’axe transcontinental de la “Forteresse
Eurasiatique” Paris-Berlin-Moscou-New Delhi-Tokyo. Ce qui en appelle,
en premier lieu, l’intégration “à part entière”, à la fois totale et
immédiate, de la “Nouvelle Russie” de Vladimir Poutine au sein de la
communauté d’être et de destin de la plus Grande Europe.


Les précédences de la doctrine géopolitique de l’axe Paris-Berlin-
Moscou

Mais Henri de Grossouvre ne se contente pas seulement de poser le
problème de l’intégration continentale grande-européenne tel qu’il se
présente à l’heure actuelle, il cherche dans la récente histoire
européenne de cette vision géopolitique fondamentale, qui refait
aujourd’hui surface dans les combats les plus avancés de notre propre
actualité politico-historique en cours, les précédences qui
l’annonçaient et qui en avaient déjà tenté de la projeter dans
l’histoire en marche, de l’amènera se trouver effectivement réalisé.
Ainsi que le Général de Gaulle l’avait fait plus qu’a moitié. Qui en
avait même déjà accompli l’essentiel en instituant le Pole Carolingien
franco-allemand, base de toute tentative d’intégration continentale
européenne à venir.

Ainsi Henri de Grossouvre commence-t-il par rappeler la tentative
malheureusement ratée de Gabriel Hanotaux, ministre des Affaires
Etrangères de la France de 1896 à 1898, qui avait essayé de mettre sur
pieds une entente continentale France-Allemagne-Russie dans le double
but de défaire en force les tenailles de la politique d’emprise de la
Grande-Bretagne sur l’Europe, et de promouvoir une vaste entreprise
continentale européenne commune de développement politique, économique
et industriel. Gabriel Hanotaux disposait, comme interlocuteurs pour
son projet continental commun, en Allemagne du prince Bülow et en
Russie, du comte Sergueï de Witte, promoteur du Transsibérien. Parmi
les grands projets d’infrastructure continentale de Gabriel Hanotaux
figuraient, avec l’appui de von Bülow et de Witte la mise en oeuvre
accélérée des chemins de fer trans-continentaux Paris-Vladivostok et
Berlin- Bagdad. Plus un certain nombre d’autres projets restés secrets
à ce jour.

Déjà la “Wilhelmstrasse tenait alors pour acquis qu’il s’agissait de
démontrer pratiquement que l’Angleterre ne doit plus compter sur
l’antagonisme franco-allemand pour s’emparer de tout ce qui est à sa
convenance”.

Mais les “services politiques extérieurs” de Londres, ainsi que les
“puissances des ténèbres”, alors à l’oeuvre, en profondeur, à Paris,
avaient fini par faire capoter au bout de deux ans la politique
visionnaire de Gabriel Hanotaux et de ses interlocuteurs allemand et
russe pour la libération de l’Europe; échec qui, à terme, devait mener
à deux guerres mondiales, 1914-1919 et 1939-1945. Et qui persiste à
obscurcir encore l’horizon intérieur de l’actuelle histoire
européenne.

Soixante ans plus tard, relève Henri de Grossouvre, le général de
Gaulle reprendra à son compte le même pro-jet d’une “communauté d’être
et de destin” France-Allemagne-Russie, dont il réussira, lui, à
enclencher la mise en route politique immédiate, en obtenant
l’installation du “Pôle Carolingien” franco-allemand au coeur de la
politique européenne. Une nouvelle grande politique continentale
européenne était ainsi née, processus d’intégration désormais
inéluctable, qui va devoir aboutir, après l’intégration de la Russie
en son sein, à une fédération européenne grand-continentale et, à la
fin, à cette communauté impériale européenne d’au-delà de l’histoire
de ce monde révolu, que nous autres, ceux des “groupes politiques”,
appelons “l’Empire Eurasiatique de la Fin”.

Déjà en 1949, lors d’une conférence de presse, le Général de Gaulle
déclarait prophétiquement: “Moi je dis qu’il faut faire l’Europe avec
pour base un accord entre Français et Allemands. Une fois l’Europe
faite sur ces bases, alors on pourra se tourner vers la Russie. Alors
on pourra essayer, une bonne fois pour toutes, de faire l’Europe tout
entière avec la Russie aussi, dut-elle changer de régime. Voilà le
programme des vrais Européens. Voilà le mien”.

De même que dans les années soixante, dans les Charentes, le Général
de Gaulle confessait que l’actuel rapprochement en profondeur de la
France et de l’Allemagne dont il venait d’établir lui-même les bases,
constituait, en fait, vraiment une nouvelle “Révolution Mondiale”.
Paroles extraordinairement chargées, décisives, révélatrices. Paroles
fondationnelles, et qui resteront. Dont bien plus tard on comprendra
le sens ultime. Elle est née la “Nouvelle Révolution Mondiale”, et
elle se développe.

Car, en créant le “Pole Carolingien” franco-allemand, le Général de
Gaulle avait définitivement posé les fondations impériales de la plus
Grande Europe continentale, devant laquelle il ouvrait ainsi, à
nouveau, les chemins de ce que Nietzsche appelait la “grande
histoire”, tout en assurant à celle-ci une place entière dans la
confrontation politique planétaire finale actuellement en cours.


Georges Soulès et le “Mouvement Social Révolutionnaire”

Henri de Grossouvre, cependant, omet de citer, parmi les antécédents
des actuels projets d’intégration continentale européenne,
l’initiative prise, en 1943, à Paris, par le secrétaire général du
“Mouvement Social Révolutionnaire” (MSR), Georges Soulès – devenu,
plus tard, le grand romancier Raymond Abellio – en vue de la création
révolutionnaire clandestine d’un axe Paris-Berlin-Moscou.

Quelle extraordinaire entreprise subversive que celle ayant amené
Georges Soulès, le secrétaire général du “Mouvement Social
Révolutionnaire” (MSR), à prendre l’initiative, en pleine guerre,
d’une action contre-stratégique transversale aux camps s’affrontant
alors dans un combat continental paroxystique, aux allures
apocalyptiques finales. Action contre-stratégique de dimensions
européennes continentales, où la France était représentée par le MSR,
dont le patron dans l’ombre et le bailleur de fonde occulte, selon ce
qui m’avait été confié par Raymond Abellio lui-même, n’était autre que
Pierre Laval, qui nourrissait depuis longtemps l’ambition
soigneusement cachée d’un grand destin européen; et cela depuis les
années où il projetait de s’emparer de la Présidence de la République,
en relation avec les grands desseins révolutionnaires européens qu’il
partageait avec le roi Edouard VIII.

Alors que le répondant allemand de l’initiative parisienne du MSR au
sujet de l’axe Paris-Berlin-Moscou était un groupe clandestin de la
“SS Européenne” ayant trouvé asile auprès de l’Etat Major central de
Heinrich Himmler, le SS Hauptamt, et dont le principal responsable
était Richard Hildebrandt, avec, à ses côtés, le chef du bureau des
plans du SS Hauptamt, Dolezhalek (qui a survécu à la guerre). Un
représentant personnel de Richard Hildebrandt en poste a Paris, un
jeune colonel SS, assurait, sous couverture, une liaison permanente
avec la fraction révolutionnaire clandestine “européenne” du SS
Hauptamt de Berlin, avec l’”oeil du cyclone”.


Alexandra Kolontaï, responsable de la diplomatie secrète de Staline

Quant à la Russie, le répondant à l’initiative du MSR concernant l’axe
Paris-Berlin-Moscou se trouvait être l’ambassadeur permanent de Ï. V.
Staline à Stockholm, la mystérieuse Alexandra Kolontaï, responsable de
l’ensemble de la diplomatie secrète de celui-ci, qui doublait tous les
services de renseignements politico-militaires et autres de l’URSS. Le
délégué personnel d’Alexandra Kollntaï à Paris, auprès du MSR, était
un suisse disposant d’un statut diplomatique actif, le Dr Albrecht G.,
qui avait déjà travaillé pour le Komintern. Décédé à la fin des années
cinquante, celui-ci avait laissé des mémoires politiques
passionnantes, que Dominique de Roux avait essayé de publier à Paris,
aux Presses de la Cité.

L’axe Paris-Berlin-Moscou de Raymond Abellio impliquait aussi, en
dernière analyse, un “renversement des alliances” devant finalement
opposer les puissances continentales – la France, l’Allemagne, la
Russie – à l’emprise des puissances océaniques anglo-américaines et à
leurs desseins hégémoniques planétaires. Un “renversement des
alliances” ayant trouvé aussi une attention fort attentive auprès du
Général de Gaulle lui-même au moment de l’offensive allemande dans les
Ardennes, quand le général Eisenhower envisageait réellement de
considérer la France comme “territoire d’”occupation” des forces
alliées anglo-américaines. Moment crucial s’il en fut. De ces projets
d’un axe continental grand-européen Paris-Berlin-Moscou mis en piste à
Paris, pendant la dernière guerre, par le MSR, il nous faut retenir,
me semble-t-il, qu’en matière de haute subversion politique active,
opérationnelle, tout absolument tout est réellement possible à ceux
qui, en assumant des risques inconceva-bles, osent envisager – et
tenter – l’inconcevable. Leçon que nous autres devrions retenir d’une
manière inconditionnelle, tout jouer là-dessus.

Enfin, parmi les antécédents des actuels efforts en cours pour la mise
en oeuvre politique de l’axe grand-européen Paris-Berlin-Moscou que
Henri de Grossouvre a omis de citer dans son livre, il faut également
rappeler le concept géopolitique fondamental de Kontinentalblock, qui
constitue l’aboutissement final de l’ensemble de la grande doctrine
géopolitique de Karl Haushofer. Qui reste encore aujourd’hui le
concept originel, fondationnel, de toute vision continentale grand-
européenne d’ouverture impériale, “eurasiatique”. Car les destinées
actuelles et à venir de l’Europe, de la plus Grande Europe, en
tiennent tous au concept de Kontinentalblock qui les définit
exhaustivement, les résume et les mobilise en les suractivant dans la
direction la plus décisive de leur accomplissement prévu. De leur
marche à venir, et déjà qui véhicule l’assurance qu’ils l’emporteront
sur tout, et totalement.


L’ennemi prioritaire, la subversion mondialiste des Etats-Unis

Le livre de Henri de Grossouvre, Paris-Berlin-Moscou, se montre
également utile à nos propres combats de libération continentale
européenne d’aujourd’hui par l’attention offensive avec laquelle il
nous avertit des périls extrêmes qui sont ceux de l’actuelle politique
hégémonique planétaire des Etats-Unis. Et cela tout en signalant, avec
pertinence, l’ensemble des prédispositions absolument décisives qui
ont du rapprochement – et de l’intégration impériale finale à venir –
de l’Europe et de la Russie notre seule voie de salut et de délivrance
dans les prochaines années de notre destin à nouveau remis en jeu.
Années décisives, donc, qui vont être précisément celles de la
confrontation sans doute ultime de la conspiration mondialiste finale
des Etats-Unis et des puissances continentales constitutives de la
“Forteresse Eurasiatique” suivant les lignes de force de l’axe Paris –
Berlin – Moscou – New Delhi -Tokyo.

Henri de Grossouvre : “Depuis la fin de la guerre froide la suprématie
américaine est presque totale. Cette suprématie ne durera que 5 à 10
ans. Le temps que la Russie se relève et que la Chine s’affirme sur la
scène internationale. En 1946, les Etats-unis représentaient 46% du
PIB mondiale, aujourd’hui ils en représentent 25%, leur part relative
continuera à baisser. Les Etats-Unis comme l’empire victorien
déclinant à la veille de la première guerre mondiale, vont donc tout
faire dans les années à venir pour essayer de verrouiller leur
suprématie actuelle. Depuis la chute du mur de Berlin, les guerres
menées à l’initiative des Etats-Unis se sont multipliées (Irak,
Bosnie, Kosovo, Somalie, Afghanistan). Au cours de ces guerres, les
Etats-Unis ont progressivement transformé l’OTAN en instrument
politique, alors même que la raison d’être de cette organisation était
liée à l’existence du bloc communiste aujourd’hui disparu. Ces guerres
ont été menées et conclues le plus souvent contre les intérêts
français et européens“.

Derrière l’apparent rapprochement tactique entre les Etats-Unis et la
Russie depuis le 11 septembre – écrit, aussi, Henri de Grossouvre –
les Etats-Unis et l’OTAN poursuivent depuis la fin de la guerre froide
la traditionnelle politique d’endiguement anglo-saxonne de la Russie.
Pour assurer leur sécurité, les Européens doivent associer les Russes
à la sécurité européenne.

Et cela d’autant plus impérativement que le “grand dessein”
hégémonique planétaire des Etats-Unis est actuellement entré dans sa
“troisième phase”, qui est celle de l’emprise sans partage de
Washington sur l’ensemble de l’espace politique assujetti – ou en
train d’être assujetti – à la subversion mondialiste. Les
commandements politico-stratégiques de l’entreprise planétaire de
prise d’influence occulte, de contrôle souterrain et d’emprise
poursuivis actuellement par les Etats-Unis constituent désormais la
seule loi présidant aux actions offensives d’appropriation exigés par
la “troisième phase”, impérialiste et totalitaire, de leur guerre
mondialiste aux objectifs ultimes inavouables et non encore avoués des
objectifs ultimes ontologiquement dissimulés par Washington,
“interdits”, hors de portée , qui n’apparaîtront que très
ultérieurement à la lumière du jour.

Ce que Henri de Grossouvre appelle la “domination mondiale américaine
sans partage” atteint à présent des limites tout à fait intolérables.
Ainsi Henri de Grossouvre cite-t-il le cas du ministre de l’Intérieur
socialiste allemand Otto Schilly, qui vient de demander la création
d’urgence d’un “fichier central européen” destiné à rassembler tous
ceux qui ont pris des positions “antimondialistes”, en vue sans doute
des futures opérations de répression, que l’on planifie déjà,
secrètement; des opérations de répression antimondialiste menées à
l’échelle continentale européenne.

Ainsi, les choses en étant venues là, Henri de Grossouvre envisage-t-
il l’intégration impériale de la Grande Europe et de la Russie comme
la seule contre-stratégie politique totale pouvant faire face à
l’actuelle offensive générale des forces de l’hégémonie planétaire des
Etats-Unis et de la subversion mondialiste, de laquelle Washington
dissimule – ainsi qu’on vient de le dire – les objectifs ultimes,
inavouables. qui sont ceux d’une véritable “religion mondialiste”, et
que l’on tente d’imposer au monde entier. “Religion mondialiste” qui.
en tout dernière analyse n’est autre que celle de la domination finale
des puissances occultes, matérialistes et anti-spirituelles,
régressives, antérieures, archaïques, abyssales, dont les Etats-Unis
sont eux-mêmes, inconsciemment, la proie. Tant est-il qu’il n’y jamais
eu de guerre qui ne fût, secrètement, une “guerre de religion”. La
“religion mondialiste”, dans ses instances ultimes, dissimulées, c’est
la religion nocturne du retour à ce qu’il y avait avant l’être,
chaotiquement; le retour à la “religion du non-être” dont avait parlé
Lovecraft.


Les noces de Vladimir Poutine avec la “Nouvelle Russie”

Ce qu’il faut aussi relever, c’est que Henri de Grossouvre sait
parfaitement reconnaître le rôle personnel, prédestiné, de Vladimir
Poutine dans la confrontation de plus en plus suractivée des
puissances antagonistes actuellement à l’oeuvre au niveau politique de
la grande histoire, mais, qui, en réalité, agissent déjà à un niveau
se situant au-delà de la politique, et au-delà du niveau même de
l’histoire visible. C’est ailleurs que, désormais, se passent les
choses vraiment décisives.

Le survol inspiré des tendances profondes, implicites, chiffrées, de
la ligne politico-historique actuelle et à venir de la “Nouvelle
Russie” de Vladimir Poutine. Que Henri de Grossouvre poursuit
inlassablement dans son livre Paris-Berlin-Moscou, révèle l’horizon
suprahistorique, “eschatologique”, à l’intérieur duquel il s’agit de
situer le devenir de la “nouvelle histoire” de la Russie si l’on
entend pouvoir en saisir le sens ultime, le mystère de ce qui la
pousse en avant, d’une manière inéluctable, vers l’accomplissement de
son destin non encore complètement décelé. Mais qui montrera ses
configurations intérieures sur sa marche même, à mesure qu’il
s’accomplira.

Or la relation profonde qui apparaît, désormais, entre la Russie et le
destin profond – la prédestination active – de Vladimir Poutine se
laisse surprendre, déjà, comme singulièrement révélatrice du rôle – de
la mission secrète – qui est celle de Vladimir Poutine danns les
développements en cours de la situation de la Russie dans le monde et
dans l’histoire en marche. Développements qui seront ce que Vladimir
Poutine saura en faire, et rien d’autre; et quand on a compris cela,
on a, en fait, tout compris. Et tôt ou tard, il faudra s’y faire.

A ce titre, Henri de Grossouvre produit une grille pratiquement
exhaustive de faits dont l’ensemble est déjà en état de prouver le
rôle tout à fait particulier de Vladimir Poutine dans la marche en
avant – et désormais, en quelque sorte, prévue d’avance – de la Russie
vers l’accomplissement uultime qui se trouve secrètement inscrit dans
son être abyssal. Les noces mystiques de Vladimir Poutine avec la
Russie, c’est précisément ce qui constitue la source vivante et
agissante, à l’heure actuelle, de la “grande histoire” en cours. Or,
cela, Henri de Grossouvre n’a pas manqué de le laisser transparaître,
courageusement, dans son travail.

Et c’est peut-être la raison majeure de l’importance particulière que
l’on se doit finalement d’accorder à ce livre, dont la part de sous-
entendu égale parfois celle des affirmations, des données, des
investigations objectivement et raisonnablement appelées à étayer sa
démarche propre, qui dans tous les cas n’est pas sans périls. Cette
attitude de l’esprit n’est-elle pas, d’ailleurs, spécifique des
grandes incursions historiques vers le domaine des limites ultimes ?

Dans son Paris-Berlin-Moscou, Henri de Grossouvre ne livre-t-il donc
pas, d’une certaine façon, une direction de recherche plutôt que la
recherche elle-même, dont la substance se trouve ainsi sans cesse
dépassée par ce qui la tend dialectiquement en avant ?

On n’en voudrait pour preuve que la manière dont Henri de Grossouvre
est amené à traiter le problème des relations établies par Vladimir
Poutine avec l’Inde, toute la place que l’Inde a prise dans l’ensemble
des plans métastratégiques de la Russie en relation directe avec sa
politique de présence à la fois dissimulée et suractivée dans l’espace
grand-continental eurasiatique, où vont avoir à se passer les
confrontations planétaires dé-ci-sives. Si la Russie parvient à tenir
l’Inde et le Japon, ainsi que cela semblerait bien être le cas, elle
contrôlera la Grande Asie, et la Chine s’en trouvera bloquée,
neutralisée. A moins que la Chine ne se résigne à se tourner vers
l’Indonésie, répondre aux espaces d’appel du Pacifique. Or, tout
alors, en sera changé. De quoi vont être faits les premiers siècles du
troisième millénaire, c’est l’Inde qui le décidera.


L’axe Paris-Berlin-Moscou et les peuples d’Europe

Cependant, un assez lamentable et dangereux piège surgit celui qu’on
se laissât happer par le malentendu qui ferait que l’on prenne
l’approche de l’axe Paris-Berlin-Moscou pour une formule limitative,
alors qu’il ne s’agit que d’une structure géopolitique opérationnelle.
La plus Grande Europe, “communauté d’être, de sang et de destin” ne
saurait en aucun cas être exclusivement celle de la France, de
l’Allemane et de la Russie, tout peuple européen étant partie prenante
à part entière de l’ensemble à l’égal de tous les autres.

Certes, la France, l’Allemagne et la Russie peuvent être considérées à
la rigueur comme des points forts et de rayonnement, comme des
“pivots”, qui se nourrissent dialectiquement tout en nourrissant ce
dont leurs identités se trouvent appelées à représenter
géopolitiquenent, dans les termes d’un même destin.

“Les trois grands peuples continentaux que sont les Français, les
Allemands et les Russes – écrit Henri de Grossou-vre – occupent une
place particulière en Europe. Chacun de ces trois pays exerce un rôle
géographique sur une partie de l’Europe la France sur l’Ouest et le
Sud de l’Europe, l’Allemagne sur l’Europe centrale et orientale, la
Russie sur l’extrême Est de l’Europe, le Caucase, l’Asie centrale et
le reste de l’Asie. Le rayonnement de la France s’est toujours déployé
vers l’Europe du Sud, la Méditerranée ainsi que sur sa frontière
orientale. L’Allemagne joue un rôle particulier en Europe centrale et
orientale, et la Russie a étendu son empire en Asie et vers les mers
du Sud. Ce rôle de pivot peut se traduire sur le plan spirituel par la
notion de destin”. Et en-suite: “Charles de Gaulle avait conscience de
n’être que l’instrument d’un plus grand dessein qui le dépassait”.

Pour sauver l’être et la liberté du “grand Continent”, il faut
reconstituer révolutionnairement la “grande nation continentale” de
nos origines les plus lointaines, faire que la fin du cycle rejoigne
ses débuts ontologiques. “Encore une fois nous briserons l’histoire”.


Changer de conscience, changer de destin. changer de métastratégie
ultime, changer de stratégie opérationnelle immédiate

De toutes ces considérations dramatiques, une seule évidence salutaire
se dégage : s’ils veulent survivre à l’offensive d’assujettissement
politique, d’aliénation totale de leur être propre, entreprise contre
eux par la conspiration mondialiste des Etats-Unis – et par ce qui se
dissimule derrière ceux-ci – les peuples européens du Grand Continent
doivent changer de conscience, changer de destin, changer de
métastratégie ultime, changer de stratégie opérationnelle immédiate Se
mettre en état de faire face. De faire face dans les termes d’une
guerre politique totale, d’une guerre qui devra décider, pour le
millénaire à venir, du sens de l’histoire du monde.

II leur faudra donc recouvrer la conscience entière de leur unité
ontologique des origines premières, de leur prédestination impériale
ultime, “eschatologique”, de leur identité transcendantale,
“suprahumaine”. En même temps qu’une nouvelle conscience planétaire,
parce que les nouveaux enjeux du nouveau pouvoir total l’exigent. Car
on ne peut en aucun cas faire face séparément à une offensive de
dimensions planétaires. A une offensive de dimensions planétaires,
seule peut répondre la contre-offensive planétaire d’une nouvelle
contre-stratégie planétaire. Il n’y a plus, désormais, qu’une seule
urgence absolue pour nous autres, celle-là.

Henri de Grossouvre, en conclusion : “Dans les prochaines années,
l’histoire risque de s’accélérer, les dangers augmenter, les guerres
se multiplier”. Même si la situation est critique, c’est dans ces
périodes que peuvent se présenter des opportunités inattendues. “Mais
là ou il y a danger, là aussi / Croît ce qui sauve” (Hölderlin).

A présent, le salut, la liberté et la délivrance de la “Forteresse
Eurasiatique” mobilisée autour de l’axe transcontinental Paris-Berlin-
Moscou-New Delhi-Tokyo réside dans la mise en route politico-
historique, dans les termes d’une nouvelle “Révolution Mondiale”, de
ce que nous autres, ceux des “groupes géopolitiques”, appelons
l’”Empire Eurasiatique de la Fin”, figure visionnaire ultime d’un
avenir qu’il nous appartient de créer nous-mêmes révolutionnairement.

Or qui sommes-nous, “nous autres”, ceux des “groupes géopolitiques”?
Alors qu’on nous a condamnés à l’aliénation forcée, à l’aliénation
totale de notre civilisation, à la déchéance sans retour et à la mort,
nous sommes ceux qui refusent d’accepter cette condamnation, qui
veulent renverser à nouveau le rapport des forces décisives, briser,
encore une fois, l’histoire que l’on veut nous faire. L’histoire qui
n’est absolument pas notre histoire. Nous sommes les combattants de la
fin, les combattants qui se lèvent en armes, tragiquement, contre
l’Anti-Histoire.

Nous allons donc commencer par constituer, d’urgence, en marge des
gouvernements nationaux de tendance libérale démocratique au pouvoir
partout en Europe, une “Communauté géopolitique France-Allemagne-
Russie”. Agissant a la manière d’un gouvernement idéologico-politique,
d’un “gouvernement contre-stratégique” engageant de par lui-même
l’ouverture du chantier de l’intégration impériale Révolutionnaire
grand-européenne continentale autour de l’axe Paris-Berlin-Moscou-New
Delhi-Tokyo. En commençant par l’intégration de l’Union Européenne et
de la Russie, doctrinalement pour commencer, et passant ensuite au
niveau immédiatement politique.

“Tout rentre à nouveau dans la zone de l’attention suprême“, dit un
puissant mantra.

On me reprochera, je suppose, d’avoir largement dépassé, dans le
présent article sur le livre de Henri de Grossouvre, Paris-Berlin-
Moscou, le niveau du compte rendu habituel, pour rejoindre le domaine
supérieur de l’actuelle guerre métastratégique planétaire. Mais qu’ai-
je fait d’autre, ainsi, que de situer le livre de Henri de Grossouvre
dans l’espace du combat qui est fondamentalement le sien ? A l’heure
de la mobilisation générale de tous les efforts des nôtres menant à la
naissance d’une nouvelle conscience impériale révolutionnaire
européenne grand-continentale, seule fait loi l’exigence que l’on
veille en permanence sur la convergence opérationnelle de tous les
éléments pouvant contribuer à l’établissement d’urgence d’un front
idéologique commun contre l’offensive de la conspiration mondialiste
en cours de développement. Ce livre de Henri de Grossouvre, je l’ai
porté en première ligne, à découvert.
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