Réseau Liberté
Pitié pour les Suisses : le texte censuré par la presse belge
Une chose est sûre, les Suisses viennent de créer un précédent en
assenant un coup de massue populaire à la gent politique.
Il est évident que ce suffrage traduit un écart de plus en plus
profond entre le bon peuple et l'élite bien pensante qui avale, cette
fois-ci bien difficilement, la pilule. Faut-il pour autant annuler le
vote comme le réclament certains ? Et pourquoi ne pas changer de
peuple ? Y a-t-on pensé ?
Pourtant, tout avait été mis en place pour que l'on « vote bien ».
Quasiment toute la classe politique suisse, de la droite à la gauche,
des écolos aux curés, des gauchos aux patrons, avait mené le bal pour
appeler à voter non. On a sorti la grosse artillerie habituelle :
quiconque s'affichait en faveur de l'interdiction a été accusé de
xénophobe, de raciste, d'intolérant et d'islamophobe.
Des alliés ont même été appelés en renfort : l'ambassadeur de
l'Organisation de la conférence islamique (OCI) est invité à faire
campagne pour le non après avoir vertement critiqué la Suisse. Ce qui
a fait dire au journaliste Vincent Pelligrini : « C'est un peu
l'histoire de celui qui voit la paille dans l'oeil du voisin et pas la
poutre dans le sien » ! L'OCI, là où fourmillent des dictatures et des
théocraties islamiques, qui mène une campagne acharnée pour faire
reculer partout dans le monde, et à l'ONU en particulier, les droits
des femmes et des homosexuels, qui fait tout pour réduire la liberté
d'expression et de conscience au nom du respect des religions, des
traditions et des cultures, est montée au créneau pour défendre la
démocratie en Suisse.
L’OCI qui parmi ses membres compte le Maroc qui a expulsé hier 5
évangélistes sur base de l'article 220 de son code pénal qui interdit
tout prosélytisme autre que l'islamisme, le Maroc dont la constitution
interdit l’acquisition de sa nationalité par les chrétiens. La presse
marocaine qui se déchaine contre ces sales racistes européens, mais
qui publiait cette information (Maroc Hebdo) « Deux touristes français
ont été arrêtés, dans un camping à Zagora, au sud du Maroc, en
possession d’un nombre important de livres et de CD Rom en français et
en arabe sur le christianisme. Ces étrangers sont soupçonnés de
vouloir convertir la population locale. Selon la loi marocaine, ils
risquent une peine de six mois à trois ans d’emprisonnement et d’une
amende de 100 à 500 dirhams pour avoir ébranlé la foi d’un musulman ».
Dans le même temps et sans aucun sens de la bienséance le conseil des
Oulémas du Maroc « condamne l’interdiction des minarets en Suisse, la
considérant comme une forme d’extrémisme et d’exclusion, contraire à
l’image civilisée que les Musulmans se font de la Suisse ».
L’OCI dont l’animateur principal est l’Arabie Saoudite qui interdit,
depuis l’établissement de relations diplomatiques il y a une
soixantaine d’années, à l’ambassade de Suisse d’arborer son drapeau
national… parce qu’y figure une croix. Satanée croix dont une fatwa
règle définitivement le sort : il est interdit de construire des
bâtiments dont l’ombre pourrait figurer une croix. Pathétique. Mais
plus pathétique encore la Turquie, soi-disant laïque, qui vient
d’interdire la vente des maillons du FC Barcelone car y figure un
écusson avec la croix de Sant Jordi...
Des informations que se gardent bien de publier les médias européens
obnubilés qu’ils sont a essayer de plaire à leurs maîtres à penser.
C’est dans ce contexte généralisé de chasse aux sorcières que la
presse belge a refusé hier de publier un texte cosigné par le sénateur
Alain Destexhe et le journaliste Claude Demelenne, auteurs du livre «
Lettre ouverte aux progressistes qui flirtent avec l’islam radical ».
A lire et à diffuser largement
Les Résistants :
http://destexhe.blogs.com
Ce texte, cosigné par Claude Demelenne, a été proposé en carte
blanche, ce mercredi 9 décembre, à plusieurs journaux francophones.
Aucun n'a accepté de le publier. Il nous semble pourtant qu'il exprime
un point de vue partagé par un grand nombre de Belges. Et qu'il tente
d'analyser, sans langue de bois, le malaise suscité par l'apparition
dans la sphère publique d'un islamisme politique. Dans le débat lancé
maladroitement par mon collègue socialiste Mahoux sur l'interdiction
des croix "même dans les cimetières" (sic), la croix comme le sapin ou
la crèche de Noël relèvent de notre histoire et de la tradition et ne
sont plus nécessairement un signe d'appartenance religieuse.
Alain Destexhe
Sénateur belge
PITIE POUR LES SUISSES !
Le conformisme des réactions au référendum suisse sur les minarets
est spectaculaire. Tous les milieux dits « progressistes » se sont
surpassés dans l’invective : « Vote honteux, barbare, dégueulasse,
insultant, raciste… ». Rarement lynchage politico-médiatique a été
aussi parfait. La stigmatisation des Suisses est désormais le sport
numéro un, à gauche. Condamnation radicale, donc, mais aussi …
radicalement déconnectée de l’avis des citoyens. Sur les blogs, les
forums internet, dans les courriers de lecteurs, ceux-ci soutiennent
massivement le peuple suisse. Certes sans valeur scientifique, tous
les sondages réalisés sur la Toile suggèrent qu’une majorité
d’Européens, s’ils étaient consultés, refuseraient la construction de
nouveaux minarets. Comme l’a déclaré Tareq Oubrou, l’imam de la
mosquée de Bordeaux, « les Suisses ont voté tout haut ce que beaucoup
de nos concitoyens européens pensent tout bas ».
Dans notre livre Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam
réac (*), nous avons établi ce que nous appelons « le top 30 des
accommodements déraisonnables » : autrement dit, la liste des
concessions que certains « progressistes » sont prêts à faire, en
Belgique, pour satisfaire les exigences d’une minorité de musulmans
rigoristes. Figurent en bonne place dans ce hit-parade, l’autorisation
du port du voile à l’école et dans la fonction publique, la tolérance
pour le port de la burqa en rue, l’établissement d’horaires
d’ouverture séparés pour les hommes et les femmes dans les piscines,
l’adaptation des jours fériés en fonction du ramadan, l’acceptation
d’un brossage des cours de gymnastique et de natation par des élèves
musulmanes, la remise en cause de la mixité du corps médical dans les
hôpitaux, la création d’une « finance islamique », c’est-à-dire
l’adaptation de certaines règles bancaires afin qu’elles soient
compatibles avec le Coran, la politique de l’autruche face à certains
prêches haineux dans les mosquées et les dérives antisémites lors de
manifestations pro-palestiniennes sur le territoire belge… Dans cette
liste, pas de trace des minarets. En toute honnêteté, nous ne pouvons
estimer que la Belgique – ou la Suisse – est menacée d’une déferlante
de ces (parfois) élégantes constructions.
Alors, haro sur les Suisses ? Bien sûr que non. Davantage que contre
les minarets, les Suisses ont exprimé un refus bien plus général, non
pas de la religion musulmane, mais d’un certain islam politique, en
tant qu’idéologie totalitaire, de plus en plus à l’offensive, y
compris dans notre pays. Les peuples perdent patience et manifestent
leur mécontentement parce qu’une partie de nos décideurs – en clair,
les partis de gauche – ferment les yeux dès que l’islamisme pointe le
bout du nez. Ils adoptent face à cet islamisme la même attitude que
certains intellectuels, jadis, devant les crimes du communisme : ils
campent dans le déni du réel. Ils considèrent « irrationnelle » la
peur que suscite dans une très large part de l’opinion, l’islam
réactionnaire, qui n’est pas tout l’islam, mais trop souvent hélas,
celui qui occupe le devant de la scène.
La pensée unique répète en boucle que tout va bien. Il nous suffirait
d’être ouverts aux Autres et de prôner une société multiculturelle.
D’accepter avec humilité de questionner le bien-fondé de nos valeurs
occidentales. De mettre sur le grill quelques principes prétendument
universels mais, paraît-il, marqués du sceau d’un impérialisme
culturel qui n’ose pas dire son nom. Ainsi pontifient nos islamo-
gauchistes et leurs compagnons de route. Obstinément, ils brandissent
le même slogan : l’islam est une religion de tolérance, de paix et
d’amour. Ce slogan est suicidaire. Il dresse les peuples contre les «
élites ». Il est suicidaire, parce qu’il est faux. Il fonde une
posture politique soi-disant progressiste sur le mensonge.
Il existe un problème avec un certain islam qui fait peur. Tournons le
dos à l’angélisme : objectivement, il existe des raisons d’avoir peur,
non pas de l’islam, mais de ses radicaux. Aux côtés d’une grande
majorité de musulmans de ce pays, eux aussi effrayés par la montée de
l’intégrisme, osons affronter cette peur. Cela implique, d’abord,
d’en reconnaître le bien-fondé et les raisons. Contrairement aux
autres religions, un certain islam affiche son ambition de dominer le
monde. Ce n’est pas politiquement correct de le dire, mais il existe
un islam impérialiste et conquérant. L’islam est trop souvent cruel et
guerrier. Presque chaque soir, au journal télévisé, nous voyons des
images de musulmans qui assassinent des « infidèles » mais aussi – et
surtout – d’autres musulmans. L’islam est la seule religion qui est
resté figée, qui n’a pas fait sa rénovation. Un islam des Lumières ?
Il est, pour l’heure, embryonnaire.
Un certain islam n’est pas une religion « ouverte », il ne tend pas la
main. D’un côté, les « purs », de l’autre, les « impurs ». Une
musulmane ne peut épouser un non-musulman, à moins que celui-ci se
convertisse à l’islam. Dans la plupart des pays arabo-musulmans, le
loi punit très sévèrement toute personne qui tente de détourner un
musulman de sa foi ou de le convertir à une autre religion. En
Belgique, les modérés de l’islam sont peu audibles. Ceux qui
s’expriment sur la place publique sont surtout les leaders des
groupes de pression - le MRAX, Vigilance musulmane, les relais des
mosquées dans les partis de l’Olivier… - qui défendent les militants
de l’islam rigoriste, revendiquant le droit de porter le voile à
l’école, partisans d’un retour à la séparation des sexes, réclamant
des adaptations de nos règlement e t lois pour permettre une
islamisation des comportements. A qui la faute, si l’image de marque
de l’islam est trop souvent détestable ? Aux « beaufs racistes » -
aujourd’hui les Suisses, demain les Belges ou les Français ? Ou à ceux
qui instrumentalisent leur religion à des fins politiques ? Aux non-
musulmans qui ont peur de leur ombre ou aux fondamentalistes qui
accusent d’ « islamophobie » tout qui ose critiquer l’un ou l’autre
aspect de l’islam ?
Pitié pour les Suisses ! Les caricaturer en quasi nazis, c’est ouvrir
un boulevard à la vraie extrême droite, prête à surfer sur
l’inquiétude légitime des peuples, partout en Europe. Les démocrates
doivent s’emparer des vrais débats de fond. Parmi ceux-ci, figure le
débat sur la place des signes religieux ostentatoires à l’école et
dans les administrations. En Belgique francophone, ce débat est
systématiquement encommissionné, depuis de longues années, par le PS,
Ecolo et Le CDH. Les partis de l’Olivier, surtout dans leur composante
bruxelloise, n’osent pas légiférer car ils craignent de mécontenter
leur électorat musulman rigoriste. Cette attitude est peu glorieuse.
Les progressistes autoproclamés se tirent une balle dans le pied. Un
scénario suisse ? Voilà ce qui pend au nez des bien-pensants de
gauche, amis des rigoriste s musulmans et des relativistes culturels
qui minimisent la portée de l’envahissement de la sphère publique par
l’islam politique et la crainte légitime qu’elle suscite dans une
large partie de la population.
Alain Destexhe, sénateur MR
Claude Demelenne, journaliste
____________
(*) Octobre 2009, éditions du Cerisier
Rédigé le 10 décembre 2009