Fwd: ADAPI [Infos techniques] - Premiers résultats de l'observatoire de la miellée de lavande 2025

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Patrick CHALLET

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Oct 28, 2025, 3:26:19 PM10/28/25
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ADAPI [Infos techniques] - Premiers résultats de l'observatoire de la miellée de lavande 2025

envoyé : 28 octobre 2025 à 14:53
de : ADAPI <contac...@1347653.brevosend.com>
à : api.c...@orange.fr
objet : ADAPI [Infos techniques] - Premiers résultats de l'observatoire de la miellée de lavande 2025


PREMIERS RÉSULTATS DE L'OBSERVATOIRE LAVANDE 2025

 

ADAPI n°34

Message du 8 octobre

L'observatoire de la miellée lavande : production et nectar

En 2025, l’observatoire de la miellée de lavande a été reconduit pour la 17è année. Depuis ses débuts, les objectifs de l’observatoire ont évolué et de nouvelles questions autour de la miellée de lavande ont émergé. Voici les premiers résultats de l’observatoire lavande 2025. Un compte-rendu plus détaillé sera diffusé courant automne-hiver.

 

2025 : parmi les pires années de production pour tous les secteurs ?

 

Cette année, le suivi de 16 ruchers répartis sur quatre zones de production (Drôme provençale, plateau de Valensole, bassin d’Apt, plateau d’Albion - montage de Lure) a permis de chiffrer la triste récolte vécue par les apiculteurs et apicultrices sur la miellée de lavande. 

 

Le gain de poids en hausse(s) mesuré dans le cadre de l’observatoire s’approche de la récolte réelle sur ces ruchers. Pour le calculer, les hausses sont pesées en début et en fin de miellée. Le graphique ci-dessous nous montre qu’en moyenne, on mesure 7 kg de gain de poids en hausse(s) en 2025 sur l’ensemble des ruches suivies, contre 15,5 kg en moyenne depuis 2009. Cette campagne semble donc être la pire de ces 17 dernières années. 

Evolution du gain de poids en hausses sur l’ensemble de l’observatoire

Chaque boîte représente une année, le chiffre indiqué dans la boîte est la moyenne de l’année concernée, la ligne rouge indique la moyenne sur l’ensemble de l’observatoire (2009-2025)

Et ce constat est généralisé aux quatre zones suivies par l’ADAPI.

Gains de poids en hausses enregistrés dans les quatre zones de production suivies en 2025

Chaque boîte représente une zone (entre 3 et 5 ruchers de 20 colonies suivies) et la moyenne de chaque zone est indiqué dans la boîte correspondante

Quels éléments pour expliquer cette faible production ?

 

L’étude des données historiques de l’observatoire a permis de hiérarchiser les paramètres qui influencent la performance des colonies sur la miellée de lavande (voir l’article “More Worker Capped Brood and Honey Bees with Less Varroa Load Are Simple Precursors of Colony Productivity at Beekeepers’ paru en 2022). En bref, l’apport de colonies riches en couvain et en abeilles, et pauvres en varroas phorétiques permettent d’espérer une meilleure récolte.

 

D’après les mesures réalisées en début de miellée sur l’ensemble des 320 colonies suivies cette année, ce n’est pas l’état populationnel et sanitaire des colonies en début de miellée qui semble être en cause. En effet, malgré un printemps difficile pour quelques ruchers, les colonies étaient globalement populeuses et saines :

  • la surface moyenne de couvain operculé en 2025 est légèrement supérieure à celle de la période 2009-2025 ;
  • côté abeilles, 2025 correspond à une année moyenne, les colonies sont globalement populeuses ;
  • en termes de varroa, les niveaux d'infestation sont parmi les plus faibles enregistrés ces dernières années. 

 

En parallèle, pour expliquer le niveau de récolte, l'ADAPI a repris des mesures de sécrétion nectarifère de lavandin à proximité des ruchers suivis. En appliquant les mêmes protocoles depuis 2013, il semblerait que les quantités de liquide extrait des brins de lavande (nectar + essence + sève...) ne soient pas significativement différentes en 2025 par rapport aux années précédentes. En revanche, leur teneur en sucre était moins élevée cette année, laissant penser que le liquide extrait était moins concentré en nectar que les saisons précédentes. Des analyses complémentaires et de nouvelles mesures sont à venir pour les prochaines années.

Étude prospective sur les causes d'affaiblissements rapportés en début ou au cours de la miellée

Ces dernières années au cours de la miellée de lavandin de nombreux apiculteurs et apicultrices ont été confrontés à des affaiblissements soudains de leur colonies caractérisés par une absence de symptômes autres qu'une disparition des butineuses et un ralentissement de la prise de poids, avec ou sans abeilles mortes devant les colonies. Ces événements semblant se multiplier sans explication et touchant une large zone géographique, un dispositif de suivi a été mis en place dans l'espoir d'observer à quels moments interviennent ces affaiblissements et d'en comprendre l'origine. 

Colonies équipées de balances connectées OPTIBEE et de compteurs d'abeilles BeeLive

Cinq ruchers de l'observatoire de la miellée de lavande ont été sélectionnés dans des zones ayant été concernées par ces évènements passés : trois sur le plateau de Valensole et deux en Drôme provençale. Sur chacun de ces ruchers, les 20 colonies suivies dans le cadre de l'observatoire ont fait l'objet d'une surveillance renforcée en utilisant notamment de une dizaine de compteurs d'abeilles BeeLive. Cet outil devait permettre d'estimer la mortalité quotidienne au champ et de déclencher une alerte en cas de mortalité élevée. En parallèle des butineuses et du miel frais étaient prélevés et l'état des colonies était inspecté chaque semaine.

Premiers résultats :

  • L’utilisation du compteur BeeLive comme outil de détection précoce des affaiblissements n’a pas été validée à ce stade du fait d’un trop grand nombre d’anomalies et d’erreurs de comptage qui gênent l'interprétation des résultats. Cet outil encore en amélioration reste intéressant pour les données qu’il apporte concernant l’activité de butinage : horaires et intensité de l’activité, pics de sorties au cours de la journée…

 

  • Une mortalité d'abeilles a bien été mesurée sur 4 des 5 ruchers suivis: à la fin de la miellée la population mesurée dans les colonies est en moyenne entre 25 et 30% inférieure à la population attendue au regard de la quantité de couvain (fermé et ouvert) mesurée en début de miellée (figure 1). Même en considérant la mortalité naturelle du couvain dont environ 15% ne donne pas d'abeille adulte selon la littérature (résultats projet CIMEQA, Fukuda et al., 1968) cela laisse une mortalité de 10 à 15%.

 

  • Quasiment aucune trace de pesticides n’a été retrouvée dans les matrices apicoles analysées, et les seuls produits détectés ne présentent pas une toxicité importante. La surmortalité observée ne semble donc pas être le fruit d’une intoxication.

 

  • Cette surmortalité semble s’expliquer en partie par un phénomène d’avortement du couvain ouvert dû à un manque de ressources polliniques et/ou un abandon par les nourrices. Cette hypothèse est appuyée par une surmortalité plus faible mesurée sur le rucher de Puimoisson, rucher ayant beaucoup moins de couvain ouvert en début de miellée que les 4 autres (tableau 1), et l'apparente corrélation entre surmortalité et quantité de couvain ouvert en début de miellée sur l'ensemble des ruchers.

Figure 1 : Mortalité  estimée du couvain et des abeilles émergeant au cours de la miellée (environ 21 jours) dans les différents ruchers suivis

Ce pourcentage de mortalité est calculé comme la différence entre la quantité totale de couvain en début de miellée et la population finale en abeilles, rapportée à la quantité totale de couvain en début de miellée. Si la colonie comportait 20 000 cellules de couvain en début de miellée et qu'on mesure une population de 15 000 abeilles 21 jours plus tard, alors la mortalité estimée pour cette colonie est de 25%.

Surmortalité d'abeilles et couvain au cours de la miellée en fonction de la proportion de couvain ouvert

Tableau 1 : Quantité moyenne par rucher de couvain ouvert et fermé en début de miellée

Finalement, les premiers résultats de l'observatoire de la miellée de lavande montrent que 2025 est une des pires années pour la miellée de lavande. Parmi les pistes explorées par l'ADAPI cette année, l'intoxication est écartée pour le moment au vu des résidus de pesticides faibles voire inexistants dans les matrices apicoles analysées. L'absence de nectar peut aussi être une hypothèse : les suivis de parcelles de lavandin ont permis d'extraire un liquide moins concentré en sucre que les années précédentes, des analyses complémentaires des résultats seront nécessaires. Une autre piste à explorer est celle des conditions météorologiques : d'après un rapport de MeteoFrance, le plateau de Valensole a connu un été exceptionnellement chaud et sec, pouvant expliquer la faible miellée de lavande. En effet, des niveaux de sécheresse similaires ont été observées en 2017 et en 2022, années présentant déjà de faibles rendements en miel de lavande dans ce secteur. Enfin, n'oublions pas que les surfaces en lavande et lavandin diminuent dans les principaux secteurs de production en Provence, restreignant la ressource en nectar pour les colonies.

 

L'ensemble des résultats et conclusions seront à retrouver plus en détail dans le compte-rendu global de l'observatoire de la miellée de lavande, dont la parution est prévue dans les prochains mois.  

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Audric ARGILLIER audric.a...@adapi.adafrance.org

 

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Mathilde MALJEVAC

mathilde...@adapi.adafrance.org

 

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