Brigitte Boisselier: un personnage controversé
La présidente de la société Clonaid, Brigitte Boisselier, qui a
annoncé le 26 décembre la naissance du premier clone humain sans en
apporter la preuve, n'en est pas à son premier coup d'éclat: cette
«évêque» du mouvement raélien avait déjà défrayé la chronique dans le
passé.
Le scepticisme sur la prétendue naissance du premier clone humain
s'est accru avec l'annonce mardi par Clonaid que les parents du bébé
refusent que des tests ADN soient pratiqués tant qu'ils n'auront pas
«la garantie absolue» que l'enfant est bien le clone de sa mère. Mais
ce délai est passé, sans qu'aucun échantillon d'ADN, et encore moins
le bébé lui-même, ne soit présenté au monde.
Âgée de 46 ans, la présidente de Clonaid, titulaire de doctorats en
chimie analytique et physique obtenus à l'université de Dijon
(France) et de Houston (Texas), a pendant plus d'une semaine été sous
les feux des projecteurs telle une vedette de cinéma, annonçant la
naissance du premier clone, puis d'un second, lors de conférences de
presse sur plusieurs continents.
Mais à ce jour, aucune preuve n'a été fournie pour étayer ces
affirmations. Lundi, le délai que s'était donné la firme pour
réaliser un test ADN a expiré. Et Michael Guillen, un ancien
journaliste scientifique de la chaîne américaine ABC qui avait
proposé de superviser le test censé prouver que le premier bébé - une
petite fille prénommée Eve - était un clone y a finalement renoncé.
Et il n'a pas exclu que toute l'affaire soit «une supercherie
élaborée».
Mme Boisselier aurait grandi en France dans une famille catholique de
la Champagne. Mère de trois enfants, elle s'est séparée de son mari
il y a environ dix ans et a ensuite adhéré au mouvement raélien. Un
juge français a accordé au père la garde de la benjamine, aujourd'hui
âgée de 13 ans. On sait peu de choses sur leur deuxième enfant, un
garçon.
En revanche, l'aînée, Marina Cocolios, 24 ans, appartient également
au mouvement raélien. Elle est l'une des 55 femmes dans la secte qui
seraient prêtes à faire office de mères porteuses pour donner
naissance à des clones.
Brigitte Boisselier a travaillé 13 ans comme chimiste chercheure dans
la société Air Liquide, basée à Loges-en-Josas, près de Paris. Elle a
été licenciée en 1997 après avoir exprimé son opinion sur le clonage
dans le quotidien Le Monde.
En 2000, elle est embauchée pour trois ans comme professeure de
chimie au Hamilton College, dans l'État de New York. Elle démissionne
l'année suivante après que ses opinions religieuses et son travail à
Clonaid eurent été révélés dans le New York Times Magazine.
Mme Boisselier a déclaré que le clonage pourrait permettre de
ressusciter le bébé d'un avocat de Charleston, Mark Hunt, mort à 10
mois en 1999 des suites de complications après une opération au
coeur. «Il mérite de revivre», avait-elle dit.
M. Hunt et son épouse ont dépensé entre 200 000 et 500 000 $ pour
créer un laboratoire de clonage près de Nitro, en Virginie
occidentale. Mais les autorités américaines ont rapidement fermé
l'établissement et la justice a ouvert une enquête sur Mme Boisselier
pour fraude.
Elle a plus tard affirmé que le laboratoire de Nitro était un leurre
et que les véritables opérations de clonage étaient menées à
l'étranger. Mark Hunt a coupé les ponts avec Clonaid, reprochant à sa
présidente de chercher l'attention des médias.
Mme Boisselier a refait parler d'elle en mars aux États-Unis.
Auditionnée avec le gourou Raël devant une commission parlementaire,
elle a fait peu de cas des inquétudes liées aux risques de graves
anomalies génétiques découlant du clonage. (AP)
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