DE LA POPULATION MIXTE FRANCO-ALGERIENNE *
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* version 2 suite au d�bat sur l'identit� nationale ouvert d�but
novembre 2009 par le gouvernement .
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L'id�ologie a souvent exalt� l'union ou l'ind�pendance
des populations en pr�ambule d'un nouveau projet de soci�t�.
Elle a, en revanche, moins int�gr� (signe des temps) la capacit� des
populations mixtes � rapprocher ou s�parer leurs pays parentaux en
ramenant leurs relations de toute nature � une plus juste pond�ration.
Pour mieux comprendre cette aptitude, la mise en
perspective du positionnement identitaire des mixtes est n�cessaire,
particuli�rement au croisement phare, en 2012, de l'�lection pr�sidentielle
fran�aise et du cinquanti�me anniversaire de l'ind�pendance alg�rienne.
Ainsi, dans le cas particulier de la population mixte
franco-alg�rienne, les rapports entre pays parentaux sont encore marqu�s
par la rupture brutale, en 62, d'une union plus que centenaire. Se sont
ajout�es ensuite, les difficult�s de la d�colonisation que chacun,
aujourd'hui, en France et en Alg�rie, affronte avec d'autres pays
partenaires. Viennent, enfin, les effets calamiteux de l'option de
croissance �conomique qui freinent la redistribution et la consommation
au grand dam des populations dans un contexte impitoyable de
concurrence mondialis�e. L'impact le plusspectaculaire du d�couplage
entre la vie sociale et l'�conomie, c'est l'amplification des in�galit�s
et des frustrations. L'exclusion creuse la division et pose un grave
dilemme de transformation sociale. Les classes dirigeantes masquent ce
dilemme en en faisant porter la responsabilit� � l'autre pays parental.
Chacun ferme sa porte obstin�ment, alors qu'il s'agit prioritairement
de d�sarmer les haines, de tourner la page et d'ouvrir un nouveau
champ de coop�ration.
Dans ces conditions, travailler au rapprochement des deux
pays, c'est d'abord affirmer la pr�sence de l'identit� mixte dans le
contexte relationnel des pays parentaux (th�ses 1 et 2), c'est ensuite
d�masquer la d�rive alarmante de la d�colonisation et son impact sur
l'�conomie des pays parentaux (th�ses 3 et 4), c'est enfin combattre
une cons�quence spectaculaire, dramatique et humiliante de cette d�rive :
l'immigration sauvage (th�ses 5 et 6).
La pr�sente analyse formul�e en six th�ses a donc pour
objet de rendre compte de la probl�matique de positionnement de la
population mixte dans la marche de ses pays parentaux et d'ainsi introduire
le concept de cercle de d�veloppement comme d�fense organique des pays
de l'ex-Empire.
La th�orie de la coparentalit� sans conjugalit� tir�e de la jurisprudence
des enfants du divorce, nourrit la d�monstration sans pour autant couvrir
tout le champ id�ologique de la mixit�. Les pr�conisations doctrinales
s'inspirent de l'�thique associative plut�t que commutative.
THESE 1 - LA MIXITE ''BIOLOGIQUE'' FRANCO-ALGERIENNE
1/ Sp�cifier la mixit�
La population mixte des franco-alg�riens a deux ascendances,
l'une en France, l'autre en Alg�rie, et elle pr�sente de ce fait une
singularit� identitaire d�bordant la seule nationalit� fran�aise ou
alg�rienne.
Aucun code de la nationalit� ni aucun dirigeant ne peut lui d�nier cette
double appartenance. Pour autant, celle-ci n'a pas pu �tre jusque l�
formul�e ouvertement en termes de droit, ni en France ni en Alg�rie.
Le concept de Nation subit, pourtant, une mutation profonde sous
l'influence de la religion (les valeurs arabo-islamiques, la la�cit�)
et de la mondialisation (�conomie de concurrence et globalisation
des march�s).
Cette population mixte est par ailleurs distincte des Fran�ais
d'origine alg�rienne et des Alg�riens d'origine fran�aise bien que ceux-ci
soient d�sign�s sous le m�me vocable de franco-alg�riens. Eux ne sont,
en effet, que des naturalis�s avec des droits conc�d�s (par le robinet du
Code de la nationalit�), mais pas acquis par leur filiation d'origine. La
distinction n'est pas faite pour exclure ou offenser, mais pour affirmer
le particularisme des mixtes mal per�u par les juristes dans chaque
pays parental.
Si on d�signe les mixtes sous le vocable global de franco-alg�riens ou
qu'on les range dans la cat�gorie des binationaux , c'est, en v�rit�, pour
mieux taire leur sp�cificit� et refuser d'admettre l'expression juridique
de leur r�alit� sociale. L'espace de vie de la population mixte recouvre,
en effet, non pas un mais deux territoires, et de ce fait, elle subit un
proc�sd'intention incessant et injuste � l'oppos� du sentiment
d'appartenance qui la lie � ses deux pays parentaux .
En clair, les juristes des deux rives n'ont pas su ni voulu
singulariser la population mixte lors des n�gociations d'ind�pendance, en
1962, ne cherchant alors � d�finir en priorit� que le statut des territoires
et de la population globale des pays parentaux. Comme s'il s'�tait agi de
laisser les ind�pendantistes s'enfermer dans un nouvel espace national
h�rit� de la colonisation avec une population sociologiquement
diff�renci�e. Si celle-ci n'est arabe que par la langue et la religion, ces
ajouts de l'identit� sont cependant les liens puissants de rattachement �
un royaume de foi en �bullition en confrontation explosive, aujourd'hui,
avec l'�tat de droit conqu�rant des autres cultures port�es par la
mondialisation. De ce r�glement a d�coul� un d�ni de justice profond �
l'�gard des mixtes (aggrav� par la divergence des droits nationaux)
d'�tre censur�s, sanctionn�s ou m�me rejet�s, sans consid�ration de
leur double appartenance.
De 1962 � 2009, la vindicte n'a fait que s'amplifier et s'exacerber,
laissant la France, s�duite par l'Europe, heureuse de s'�clipser, mais
d�membr�e ( : lois et ordonnances de l'Etat fran�ais relatives � l'Alg�rie,
de 1832 � 1962, en passant par celles de 1834, 1865 , 1919, 1936, 1940,
1946, 1956, 1958).
2/ De l'importance de sp�cifier la mixit�.
Chez les bi-nationaux d'adoption, le choix se porte vers les valeurs
d'un seul pays parental, par filiation ou par option. A l'inverse chez les
mixtes, branche principale de la population franco-alg�rienne, le sentiment
va aux deux pays parentaux et, si des al�as surviennent, ce sentiment
s'exerce dans un esprit de raccordement, de r��quilibrage relationnel,
d'apaisement, comme cela s'observe aussi chez les enfants de couples
divorc�s, hors du conditionnement �ducatif et des disputes.
Cette diff�rence des mixtes ne peut encore se vivre ni
s'ordonner dans un cadre institutionnel. Seules quelques conventions
restreintes ont �t� sign�es. En l'�tat, les binationaux d'adoption sont
mieux prot�g�s (et tol�r�s par les arri�re-pens�es politiques de la
jurisprudence) que les mixtes, alors que les deux populations jouent la
r�conciliation parentale sur deux plans diff�rents, plus mat�rialiste et
commercial pour les uns, plus affectif et id�aliste pour les autres. Les
premiers sont plus r�gionalistes, communautaristes, tactiquement la�cs
et plus ins�r�s dans une �conomie souterraine qui les promeut. Dans l'envie.
Les seconds plus unionistes, respectueux de l'alt�rit� et de l'identit� des
pays, soucieux de solidarit� et de partage, souvent oppositionnels dans le
malaise de n'�tre pas dans unenvironnement social plus ouvert et attentif.
Dans l'affectivit�. Aux deux(et leurs proches) la solidarit�
parentale est essentielle.
Les pays parentaux h�sitent n�anmoins � instaurer un espace social
consensuel en faveur de la populations mixte ayant aussi pour objectif de
cr�er un mod�le de circulation des biens et des personnes g�n�ralisable aux
pays de l'ex-Empire. Typique de leurs craintes r�ciproques de manipulation,
un pays propose un Trait� d'amiti�, l'autre un Trait� d'union
m�diterran�enne. Aucun n'est agr��.
3/ Affirmer la mixit� dans l'ensemble franco-alg�rien et face
au mur des tabous
Franco-alg�rien, c'est un socle identitaire �mergent que la
d�colonisation d�couvre tel le Mont St Michel � mar�e basse . Le probl�me
r�current c'est que quelque cinq millions de personnes sont toujours
coinc�es sur ce socle entre le marteau et l'enclume de deux droits nationaux
sourcilleux, volontiers antagoniques.
Pour autant, l'espace social revendiqu� par la mixit� n'est ni un pays, ni
une nationalit�, ni une langue. C'est un espace frontalier de vie cr�� et
malmen� � la suite du divorce des deux pays parentaux en 1962. Au lieu de
faire de cette population le support d'une coop�ration ouverte et moderne,
chaque pays cultive sa diff�rence � l'instar de l'autre et fortifie des
int�r�ts particuliers dans la nouvelle �conomie mondiale.
Contre la d�rive des �conomie nationales et de la
d�colonisation, la r�silience identitaire de la population mixte s'inscrit
dans un combat d'avenir, pas une nostalgie du pass�. D�fendre l'identit� des
pays parentaux et l'immigration ''autrement'', c'est, en effet, combattre
l'aveuglement des politiques de croissance concurrentielle fond�es sur le
profit. Et si le mur des tabous prot�ge, il le fait pour masquer les
politiques du profit sp�culatif, pas pour prot�ger les minorit�s r�prim�es,
ni les �migr�s, ni m�me les binationaux. La mixit� d�nonce pr�cis�ment
les ficelles de la binationalit� tir�es scandaleusement par les pays
d'origine et d'accueil � travers l'immigration � sauvage �.
THESE 2 - ALIENATION PARENTALE ET COPARENTALITE
1/ N�gation de la mixit� par les pays parentaux
a/ Le diktat des juristes des deux pays parentaux
- Le divorce des deux pays parentaux, n�goci� en 62 entre
pays parentaux, n'a pas envisag� le cas juridique de la population mixte,
contrainte de se placer sous l'autorit� exclusive de l'un ou de l'autre
pays, nonobstant sa double appartenance parentale.
- le diktat des juristes plonge � l'�vidence la mixit� dans
le silence des tombes et ne permet pas d'ouvrir les d�bats d'adaptation
n�cessaires.
- le droit national a impos� � la mixit� le principe de la
nation bunker, alors que la croissance concurrentielle est, aujourd'hui, le
cheval de Troie de la mondialisation ouvrant et livrant les nations aux
forces cosmopolites du march� et que, de surcro�t, ce type de croissance est
devenu le levier de l'immigration sauvage et de la traite n�gri�re.
b/ L'ali�nation monoparentale, comme chez les enfants
du divorce
- Le caract�re identitaire de la mixit� est contest� par
certains dirigeants sur les deux rives de la M�diterran�e. Leur d�nigrement
est surtout puis� dans la culpabilit� d'avoir eux-m�mes transgress�, au nom
de leur singularit�, des r�gles de vie n�anmoins valoris�es par leur propre
r�volte. Ce d�nigrement blessant et infond� de l'identit� mixte donne �
leurs auteurs et porte-voix le sentiment gonflant don-quichotesque de laver
le pass� de leur condition originelle. Ces coryph�es d'un purisme
imaginaire, dont ils seraient l'incarnation vivante, oeuvrent encore pour
une purification ethno-culturelle dans les chapelles d'un concept colonial
de la Nation p�rim� .
- P�sent aussi les clich�s infantiles d'autres politiciens.
Ces h�ritiers de l'ind�pendantisme, en incitant le '' Parti du copier-coller
de l'arabit� moyen-orientale'' � �craser le '' Parti de la France'',
oublient que ''nos anc�tres les Gaulois'' descendent de l'homme de
Cro-Magnon, un �migr� civilis� venu du Moyen-Orient.
- la r�futation vient aussi de ceux nombreux en France,
qui, exc�d�s par les d�bordements de l'immigration sauvage, contestent la
sp�cification identitaire de la mixit�. Pour eux, le m�tissage et la
diversit� qu'ils louangent volontiers et sinc�rement, conduisent forc�ment �
l'abandon spontan� de la d�fense identitaire, au motif qu'une partie de la
population mixte a choisi de vivre en France. Ils sont, certes, partisans
d'un monde sans discrimination, mais le r�ve d'effacer les composants
identitaires de l'immigration au nom des libert�s et de la culture est un
voux pieux s'il n'est pas discriminatoire.
La conscience de la singularit� identitaire et minoritaire na�t de cette
ali�nation parentale.
2/ Coparentalit� sans conjugalit�
a - le diktat des juristes n'est pas per�u par
les mixtes comme pertinent ni non plus le mod�le d'int�gration r�publicaine.
L'ali�nation parentale concernant les enfants de couples divorc�s est
semblable � cet �gard.
Pour autant, face au rejet, l'attitude des mixtes n'est pas de sp�culer sur
la recherche d'un juste ou th�orique �quilibre entre tout ou rien de
l'attache identitaire, mais de lutter inlassablement contre ce qui
inf�riorise ou ne respecte pas la personnalit� et l'identit� de l'un ou
l'autre pays parental.Comme, toutefois, ce combat proc�de d'un
humanisme engag�, parsem� d'h�sitations et de qu�tes enflamm�es,
il est, � la fois, solitaire et mal compris des deux pays parentaux.
Chacun d'eux veut, en effet, la population mixte rang�e de son seul c�t�.
La pression sociale est siforte � cet �gard que se masquer (modifier
son nom, �tre plus royaliste que le roi) ou se plonger dans une passion
devient l'�chappatoire, unrefuge de r�bellion, � d�faut d'opposition utile.
Comme par ailleurs, les mixtes ne sont pas responsables de la rupture
des pays parentaux, ilsont aussi le besoin de donner un sens aux relations
entre pays parentaux et d'y trouver des rep�res. Leurs conduites tendent
� reproduire inconsciemment un mod�le d'union transmis par les parents
biologiques.
Ainsi, s'exprime et se comprend le besoin de rester librement li�s aux
pays parentaux et de s'impliquer spontan�ment dans la cr�ation d'une
nouvelle vie parentale o� la conjugalit� n'est pas revendiqu�e.
N.B. : En Belgique, Bruxelles et les communes � facilit�s sont
aussi un cas d'espace mixte et de coparentalit� entre des r�gions en
rupture identitaire radicale .
b - Le d�veloppement de chaque pays ne doit pas �vincer
la culture de l'autre pays ni non plus imposer une hi�rarchie des cultures
�difi�e dans le prisme des valeurs de l'un ou l'autre pays.
L'int�gration postule de clarifier l'amalgame qui est fait � propos de
l'immigration sur deux questions : - � quelle cat�gorie d'immigr�s
s'adresse l'int�gration ? - pour quel objectif ?
c - En situation de mixit�, d�fendre les pays
parentaux, c'est admettre le principe du divorce en 62 des deux pays
parentaux, au motif que l'un �tait �cras� par l'autre malgr� un effort r�el
de d�veloppement effectu� par l'autre. Malheureusement, cet
effort a �t� r�serv� � la population europ�enne, en connivence (ne jamais
l'oublier) avec les strat�gies de l'Etat fran�ais (de l'ex-Empire fran�ais)
menac� depuis toujours par ses grands voisins europ�ens (l'Angleterre et
son Commonwealth, l'Allemagne et ses Marches de l'Est..).
Or, non seulement ce principe n'est pas admis, mais le
devoir de m�moire enferme chaque pays parental dans un culte exacerb� des
haines de l'ind�pendance. Une commission d'historiens aurait d�, depuis
longtemps, �valuer les le�ons de la guerre en dehors du fracas m�diatique
passionnel.
THESE 3 - DERIVE DE LA COPARENTALITE
DANS L'ECONOMIE CONCURRENTIELLE MONDIALISEE
L'�conomie coparentale ne se confond pas avec
l'�conomie nationale des pays parentaux. Elle les compl�te et s'impulse
principalement dans le cadre de la coop�ration. L'espace social de la
population mixte en fait partie, mais il ne b�n�ficie pas des flux de
l'�conomie souterraine subtilis�s par les �conomies nationales.
L'obstacle pour la mixit� est que l'�conomie des pays parentaux est
engag�e dans un processus de d�composition majeur, et que pour endiguer
cette d�rive, il devient de plus en plus difficile aux dirigeants d'attaquer
la cause du mal (la croissance sp�culative) que de masquer ses
manifestations les plus d�cri�es (les ghettos et l'immigration sauvage).
1/ La m�canique de d�sagr�gation des nations parentales
a - la mondialisation juxtapose et subordonne impitoyablement
les �conomies par le profit, non par la culture (erreur fr�quente des
id�ologues). La mondialisation fonctionne en effet sur un triptyque de
croissance catastrophique : la sp�culation, le profit et la concurrence.
L'industrialisation tiers-mondiste a auparavant pr�dispos� les �conomies
nationales des PVD � suivre cette voie .
b - le rapport diff�rent � la concurrence mondialis�e accentue
les d�s�quilibres entre �conomies parentales et assigne les conditions de
l'immigration sauvage.
c - la d�colonisation sans gouvernance sociale est
d�g�n�rative (d�socialisation, d�naturalisation, d�culturation,
�conomie souterraine, non-droit ...)
d - L'effet levier dantesque du diff�rentiel de croissance sur
l'immigration conduit � incriminer le mod�le concurrentiel centr� sur
le profit sp�culatif et � lui opposer un mod�le de croissance comp�titive
o� le progr�s social n'est pas exclu des �chelles de productivit�.
e - La mondialisation combine et conjugue, d'un c�t�, une
�conomie confront�e au d�cha�nement de la concurrence sp�culative
(d�localisations, cannibalisme industriel, ch�mage, d�fenestration des
classes moyennes..) et , de l'autre, une politique de croissance �conomique
sans gouvernance sociale qui exclut fatalement du d�veloppement une
partie de sa population et la condamne � l'exil et � faire le jeu de sa
propre exploitation.
f - Les m�faits de ce levier de croissance sont connus :
immigration sauvage, boat-people, clandestins, sans-papiers, ghettos,
banlieues, communautarisme, r�glementations s�curitaires, politiques de
la ville, hold-ups de nationalit�s, travail au noir et en miettes,
discriminations, ch�mage en forme de miroir aux alouettes et de filet
de voltige de l'immigration de mis�re, restos du cour, ruptures
culturelles, int�gration en cul de sac, identit�s d�pec�es, int�grismes,
�meutes de quartiers, terrorisme, d�linquance, �conomie souterraine,
mixit� stigmatis�e, fuite �perdue de millions de candidats � l'�migration
vers le ''paradis'' capitaliste, partout des guerres barbares entre
d�colonis�s.
Chaque jour se nouent des liens inqui�tants entre la mondialisation lib�rale
et une d�colonisation inachev�e, d�tourn�e. M�me plus besoin de chercher
l'immigr� !
g - Immigration sauvage et traite n�gri�re, faussement
pr�sent�es comme un exode volontaire vers le paradis capitaliste, sont un
crime contre l'humanit� dont les juristes s'accommodent. La Gauche, en
France, le sait, et se tait sous couvert de bonne morale humaniste !
Les autres s'en lavent les mains.
2/ La croissance concurrentielle, cheval de Troie de la
mondialisation et levier de l'immigration sauvage
a - l'utopie bris�e du nationalisme et de la libert� des
peuples.
La Nation, si ch�re aux
ind�pendantistes, mais h�rit�e de la colonisation et du pouvoir jacobin de
1789, s'est ouverte aux forces cosmopolites de la mondialisation par le
biais de la croissance concurrentielle et se voit peu � peu absorb�e dans la
soci�t� de consommation de masse (SCM), mod�le in�galitaire et conflictuel
de soci�t� universelle, n� en occident anglo-saxon, encore au stade de
l'enfance et des maladies infantiles contagieuses (ultra-lib�ralisme).
Dans la typologie des mod�les de soci�t�, la SCM est le
dernier concept extrait du minerai social de notre �poque. Ce qui la
diff�rencie de la soci�t� de consommation (�difi�e hier � l'abri des
fronti�res nationales) , c'est la notion de masse, d'expansion plan�taire,
de globalisation. La SCM est , en quelque sorte, l'ouf et la poule de la
mondialisation. Si ce mod�le laisse entrevoir une solution possible aux
probl�mes de la faim, il peut faire illusion. On observe ainsi que le
d�rapage de la croissance concurrentielle dans les pays industrialis�s
d�sorganise le march� du travail et provoque, par effet de cha�ne,
l'explosion de l'�migration sauvage dans les pays de la p�riph�rie.
Un autre exempleest celui des ''industries industrialisantes'' � haut
coefficient decapital, rendues obsol�tes de fa�on foudroyante par la
comp�tition mondiale.Les deux sont � ce point r�v�lateurs de l'�tat
d'esprit dans les pays envoie de d�veloppement et de l'absence de
prospective sociale, qu'on n�glige encore d'�largir une coop�ration
en faveur de l'exploitation des terres et de l'eau dans les r�gions
d'aridit� et de pauvret�. Dans ce tourbillon, la d�colonisation perd
son chemin et d�sesp�re les anciens nationalistes.. .
Ainsi donc, les h�ritiers de l'ex-Empire
sont les premi�res victimes du � F�hrerprinzip � et d'un nationalisme
�ph�m�re qui les endort. D'autant que dans la mondialisation, capitalisme et
socialisme ne sont plus aussi que des formes d'organisation et de production
tayloristes, entrecroisables et alternatives, sans projet social ni
identitaire d�fensifs. De fait, l'objectif premier du d�veloppement se perd.
Et surtout, l'�conomie nationale est d�poss�d�e de la gestion
traditionnelle de l'�quilibre des facteurs capital-travail. Pour le comble,
la gouvernance sociale est �cart�e, qui pourtant devrait harmoniser
et moraliser la redistribution de la croissance m�me concurrentielle.
b - Profit sp�culatif et concurrence, leviers de
l'immigration sauvage.
La g�n�ralisation de la libre concurrence,
orchestr�e au plan mondial par l'OMC , le FMI et les m�dias, a d�stabilis�
la base �conomique et financi�re des nations. Pour cause, la concurrence
et le libre-�change sont la main de fer de la finance sur les march�s
globalis�s.
Depuis 25 ans, la France, comme ses voisins europ�ens, est soumise � des
attaques incessantes et violentes. Surprises par le dumping commercial et
menac�es d'an�antissement, les entreprises nationales font de la r�sistance
ou montent � l'assaut de lignes adverses mal identifi�es, modifient leurs
structures de co�ts et de qualifications, tentent l'innovation,
d�multiplient la sous-traitance, n�gocient alliances, fusions et
d�localisations ... et s'enfoncent dans les sables mouvants du profit
sp�culatif.
La cons�quence d�sastreuse de cette course � la survie, ou � la supr�matie,
est connue de tous : ch�mage, recours massif � la main-d'ouvre immigr�e,
liquidation des industries traditionnelles, secteur public r�duit,
bouleversement de la vie sociale et nationale...
Pour compenser l'attaque des march�s, all�ger les pertes, il
a fallu partout l�cher brutalement la bride aux r�glementations, privatiser,
r�duire les d�penses publiques, s'endetter. Souvent par exc�s des
dirigeants. La traite n�gri�re a explos� dans la combinaison et la
conjugaison des politiques de croissance et l'appontement des march�s .
c - Le communautarisme, r�gulation ultra-lib�rale des
rapports sociaux.
L'ampleur des vagues migratoires et les diff�rences
culturelles opposent l'identit� des uns � celle des autres. Dans ce contexte
explosif �chauff� par le culte du profit, les techniques d'int�gration des
immigr�s paraissent encore largement inspir�es des vieilles m�thodes
psychanalytiques de r��ducation appliqu�es aux opposants politiques
en URSS : broyer, ou mieux, tuer l'�migr� dans l'immigr�. Mais, la m�thode
d'int�gration de l'immigr� d�conscientis� reste inefficace au plan
collectif.
La communautarisation est ainsi devenue le mode principal de r�gulation
des rapports sociaux.
La question est donc, non pas de v�tir l'immigr� par
force ou persuasion d'une nouvelle identit�, mais de lui permettre
d'exprimer la sienne et de s'y accomplir dans la cohabitation des cultures.
Les promoteurs de l'int�gration en cul de sac, pourfendeurs m�ritants du
communautarisme, sont, certes, partisans d'un monde sans discrimination,
mais leur r�ve d'effacer les diff�rences sociales ne fait que reporter les
probl�mes de cohabitation sur les g�n�rations � venir. Selon eux, la culture
du pays d'accueil serait, en effet, le lieu transcendantal de toutes les
cohabitations, mais ils oublient (aux portes de l'Europe !) que ce sont les
ponts ouverts entre les cultures qui rendent possible la cohabitation et non
la dictature culturelle et ses check-points . Avec le m�me argumentaire
h�rit� de la colonisation, l'Alg�rie rebelle et insolente a entrepris
d'�radiquer apr�s l'ind�pendance les acquis culturels fran�ais. Comme
si la richesse d'une culture �tait de d�truire l'autre culture.
Un tableau art nouveau remarquable de Mucha
symbolise bien la r�silience identitaire face � l'encha�nement culturel
(Lottery of National Unity - Prague1912). Comme, le ''Hirschsprung'', (cerf
magnifique pourchass� par une meute de loups choisissant la mort plut�t que
d'�tre terrass�), sur la route de Titisee (For�t Noire).
L'opposition des mixtes � l'apartheid culturel est
totale. Face aux immenses obstacles du d�veloppement, cultures et religions
ont le devoir de se faire la courte-�chelle, pas de se combattre.
THESE 4 - CONVERGENCE ET DEVELOPPEMENT
D�fendre les pays parentaux, c'est donc avoir la volont�
obstin�e de surmonter les obstacles du d�veloppement de l'�conomie
coparentale et de respecter l'originalit� et la singularit� des deux pays
parentaux pris dans les rouages et le brouillage de l'�conomie
concurrentielle, sans pour autant abandonner la revendication d'un espace
social mixte .
1/ La convergence, utopie d'avenir ou camouflage de la
d�rive ?
a - La convergence est un processus d'�volution des
mod�les de soci�t� vers le mod�le g�n�ral de la SCM initi� par le
lib�ralisme financier. Elle a l'avantage de se pr�senter comme une rupture
de tous les enfermements engendr�s par des empires orgueilleux et des
nations bunkers h�rit�es de la d�colonisation. Mais, la libert� gagn�e par
les canonni�res de la concurrence dans l'idylle de la convergence cache mal
des objectifs qui pour �tre �loign�s n'en sont pas moins redoutables et font
durablement complot.
Ainsi, alors que la population mondiale explose, la mondialisation, en
apparence guide de la SCM, maintient un double conflit r�current
ingouvernable � court terme. D'abord, celui du partage des ressources (la
financiarisation de l'�conomie n'est pas ma�tris�e). Ensuite, de la
configuration de la plate-forme sociale de lancement de la conqu�te spatiale
(exploitation industrielle des ressources et des rayonnements de l'espace)
qui r�serve � certains les sciences, la technologie de pointe et. le
gouvernement du monde .
b - Les capitaux internationaux illustrent bien cette mainmise.
Invisibles avant la crise, ils d�voilent que la part des
profits sp�culatifs ponctionne toujours plus la part contributive allou�e au
d�veloppement. Au regard de la pauvret� dans le monde, cette tendance fait
probl�me. De bulle en bulle, la part emport�e par des int�r�ts particuliers
est recycl�e ind�finiment dans le profit sp�culatif au lieu d'�tre orient�e
vers l'imp�t ou l'investissement, v�rifiant l'adage selon lequel l'argent
mange l'argent ...et d�vaste l'�conomie sociale. Dans la phase actuelle de
mont�e en puissance de la mondialisation et de mise sous tutelle des
nations, le FMI n'est pas pr�t de recycler la sp�culation ni de moraliser le
profit et prend ainsi le risque de multiplier les big-bang �conomiques et
d'amplifier la d�sagr�gation sociale .
c - Par ailleurs, peu de tenants de l'orthodoxie
sont interpell�s, voire indign�s, par le nouveau slogan iconoclaste : "
Capitalisme, socialisme, m�me combat ".
Leur apathie �teint � l'�vidence, et marginalise, l'opposition id�ologique
s�culaire entre patrons et travailleurs. Et, lorsque le mod�le
concurrentiel sp�culatif provoque des effets pervers calamiteux trop voyants
(exclusions, d�pendances, bouleversement social), ceux-ci sont d'autant plus
n�glig�s par l'Etat que l'opposition ancestrale capitalisme-socialisme et
sa fonction structurante de l'ordre social tendent � se transformer en
alliance synchrone des forces locales antagonistes face � l'ennemi commun
venu d'ailleurs (mondialisation, financiarisation non ma�tris�e de
l'�conomie et autres exc�s orientaux anglo-saxons), comme s'unissent dans
les Cit�s les bandes rivales contre la police, ennemi principal venu
d'ailleurs.
Concilier les int�r�ts antagoniques au lieu de les opposer est devenu un mot
d'ordre politiquement transversal .
d - Si, donc, l'anticapitalisme est d�pass� et que le
lib�ralisme reste aveugle, o� trouver les r�f�rentiels de lutte quand on
s'aper�oit que les doctrines de l'�conomie sociale et politique n'ont �t�
con�ues que par rapport au march� national int�rieur depuis l'av�nement des
mercantilistes, il y a cinq si�cles ?
L'histoire ne manque pas de r�ponses. G. Gurvitch et R. Aron, entre
autres, l'avaient pressenti : capitalisme et socialisme s'appellent l'un
l'autre en se combattant, et se recomposent en convergence incessante.
De Colbert � Ricardo, de Marx � Keynes, de Schumpeter � .Jean Monnet,
l'id�e n'a cess� de rebondir.
Reste � savoir, quand l'homme selon Nietzsche jaillit en politique pour
vaincre nos mis�res et casser le th��tre des illusions ? Sans doute,
selon la mixit�, quand le pouvoir ne concilie plus les deux valeurs
fondatrices de la r�publique : la l�gitimit� et la l�galit�.
Au lieu d'affronter cette question
fondamentale au moment o� se multiplient les gr�ves dures, s'exprime la
violence et que menacent les r�volte, les socialistes fran�ais, pourtant au
centre du questionnement, se retranchent dans les faux-semblants th�oriques,
l'artifice, les pirouettes politiques et les querelles de personnes
d�risoires aux approches �lectorales !
2/ L'immigration ''autrement'', un objectif central de
l'�conomie coparentale.
a - D'�lections en �lections, la d�ception des mixtes �
l'�gard de la classe politique ne finit pas de cro�tre. Ainsi, dans la crise
actuelle, une question explosive illumine le ciel politique, dont personne
ne parle: quid de l'immigration sauvage ? Pourtant, non seulement elle est
d�testable et humiliante, mais surtout quasi tout le monde la c�toie au
quotidien. Elle a permis de d�sagr�ger le monde du travail et d'amplifier la
croissance concurrentielle. Mais, � quelles conditions de destruction de la
vie sociale s'emploient les catapultes du profit ! Pour quel projet de
soci�t� se r�alisent ces reculades pr�sent�es comme des avanc�es vers un
eldorado lib�ral de l'humanit� bord� de ruines ?
L'immigration, sanctifi�e ou d�test�e, joue
donc, un r�le moteur dans le changement de degr�, voire de nature, du
rapport K-W , qui a labour� les si�cles pass�s.
Malheureusement, l'immigration sauvage due � la conjugaison et la
combinaison de deux politiques de croissance concurrentielle, s'aggrave
maintenant, en France, d'une immigration massive et agressive engendr�e par
l'�conomie souterraine.
Affranchie des r�gles de vie collective du pays
d'accueil, l'immigration est, en effet, de moins en moins celle du travail
et de la mis�re et, paradoxalement, elle se fait plus agressive.
b - Si, en France, on parle abondamment d'Europe sociale,
il faut donc, aussi, en Alg�rie, et dans les pays de l'ex-Empire, parler de
croissance sociale et non plus de croissance �conomique. La supercherie, �
cet �gard, a trop dur� et produit trop d'effets pervers. Dans les ann�es
60, le mot ''d�veloppement'' disait clairement que la gouvernance sociale
faisait partie du concept. Malheureusement, un foss� profond a �t� creus� au
fil des ann�es entre le r�ve de r�partition �galitaire des ind�pendantistes
et, aujourd'hui, la distribution malthusienne des fruits de la croissance.
c - Visant � l'�quilibre, l'�conomie coparentale, terre
d'�lection du d�veloppement ''autrement'', pr�conise d'assigner � r�sidence
la concurrence sp�culative et le profit sp�culatif, de restaurer la
comp�tition et le m�rite, d'ajuster les projet social et national face �
la mondialisation.
3 / Leviers de commande de l'�conomie coparentale
a - La croissance comp�titive.
Les th�oriciens de la d�croissance estiment que
l'expansion mondiale va se heurter au manque d'�nergie et de mati�res
premi�res et qu'ainsi la solution est de restreindrela consommation des
m�nages et des entreprises. D'autres incriminent la croissance de la
population des PVD, bien que l''�cologiste Dumont estimait, il y a 50 ans,
que le d�veloppement n'avait pas de limites en soi, mais qu'il convenait
de donner la priorit� absolue � l'agriculture avant l'industrialisation dans
une Afrique affam�e.
Ce d�bat th�orique ancien et rab�ch� entretient
l'exclusion au profit des nantis. Les atteintes � l'�cologie et les dommages
environnementaux r�sultent, en effet, principalement de la concurrence
sp�culative qui n'a pour objectif que de tirer un maximum de profit dans
tous les domaines de formation des march�s globalis�s. Sous la houlette des
march�s financiers. D�loger le profit de sa pool position dans le jeu de la
concurrence est un objectif que devrait se donner la Conf�rence de
Copenhague sous peine d'�chouer.
Ce n'est donc pas l'option de d�croissance des
�cologistes qu'il faut retenir ni la r�gle g�n�ralis�e de cr�ation d'emplois
productifs (BIT 1969), soup�onn�es l'une de vouloir freiner les transferts
technologiques vers les PVD, l'autre de b�n�ficier d'abord aux pays avanc�s,
mais une option de croissance comp�titive lib�r�e de l'enfer sp�culatif. Si
rendement et rentabilit� sont des outils efficaces de management, la
concurrence sp�culative n'en fait usage que pour doper un profit idol�tr�,
pas pour stimuler le d�veloppement. La croissance comp�titive postule, au
contraire, d'inscrire et r�guler le d�veloppement dans la structure de
productivit� des projets d'investissement.
b - L'espace social de la population mixte,
- Principes : tutelle des pays parentaux, repr�sentation, subsidiarit�
- Priorit�s : aide au d�veloppement en Alg�rie (mise en valeur
du Sahara), coop�ration et formation en France (agriculture, industrie et
universit� franco-alg�rienne) par les fonds structurels.
c - La r�gulation �conomique .
Une th�se domine, selon laquelle l'identit� est meurtri�re, et
qu'il est essentiel de la neutraliser afin de pacifier les rapports sociaux
et la cohabitation entre communaut�s. A contre-pied, s'�nonce la th�se,
selon laquelle ce n'est pas l'identit� mais la concurrence et le profit
sp�culatifs, qui sont la source de tous les conflits de cohabitation sociale
et de l'exclusion. Pour la mixit� qui adh�re � la seconde, il est
regrettable de d�noncer, � la mani�re du FN, les effets calamiteux du
d�sordre identitaire (immigration sauvage) et de s'arr�ter � mi-chemin de la
critique sans oser aller � la cause de la d�glingue (concurrence et profit
sp�culatifs). Le lib�ralisme refuse, en effet, que la libert� tue la
concurrence et que le libre-�change se confonde avec les seuls int�r�ts des
march�s financiers .
THESE 5 - EXIGENCE DU DEVELOPPEMENT COPARENTAL
1/ Combattre les pouponni�res de la traite n�gri�re et de
l'immigration sauvage
a - La traite n�gri�re, un drame social.
La traite n�gri�re est un
mouvement migratoire g�n�r� par une croissance concurrentielle ouverte
dans un cadre �conomique trop vite confront� aux forces multiples de
la mondialisation qui l'encerclent. L'�quation de la tenaille migratoire est
simple : entre deux pays, si un pays r�siste moins qu'un autre � la
pression, le plus r�sistant attire la population d�laiss�e par l'autre. Le
transfert n'exige m�me plus d'aller la chercher pour l'assujettir dans un
syst�me d'exploitation ou de consommation.
Parqu�es derri�re leurs fronti�res nationales,
coup�es du partage des richesses, les populations d�laiss�es, n'ont plus
d'autre r�ve de libert� et de survie que dans leur fuite vers l'�tranger.
Harragas, boat-people, sans papiers, faux touristes, malades, clandestins,
faux �tudiants, hommes, femmes, enfants... ils arrivent par milliers,
affrontant seuls les obstacles au risque de leur vie et de leur libert�, se
retranchant, ensuite, dans les ghettos-pouponni�res de la traite n�gri�re
pour sauvegarder le bien pr�cieux de leur identit�. Jet�s sur le pav� des
villes pour une vie soi-disant meilleure, les immigr�s finissent par
concevoir une �gale rancune � l'encontre du pays d'accueil. Ils n'ignorent
pourtant pas que le mouvement migratoire a comme aboutissant la soci�t�
de consommation de masse id�alis�e par le lib�ralisme. A d�charge, les
migrants y trouvent une possibilit� d'acc�s � des activit�s que la
d�r�gulation et la d�r�glementation ont d�lest� de leurs d�fenses.
Beaucoup de petits commerce et de trafics prosp�rent sur ce terreau.
L'Alg�rie pour eux est un enfermement insupportable.
Les politiques de la ville l'ont aussi compris. Elles
entretiennent les pouponni�res de la traite au profit de l'�conomie
(main-d'oeuvre, commerce, consommation, exportations) avec l'espoir
d'assagir et conqu�rir cette population (d�mographie, survie du secteur
tertiaire et public...),oubliant volontiers de faire entendre que l'accueil
dans l'un n'exon�re pas l'exclusion dans l'autre. (Aux Etats-Unis, le
pr�sident Obama vient d'ouvrir un grand espoir de coop�ration directe avec
les populations des pays pauvres) .
Caricaturalement, l'immigration est prise en
tenaille. On voit, d'un c�t�, une �conomie fragilis�e par un lib�ralisme
d�brid� r�clamer une main-d'ouvre bon march� afin de d�lester ses charges et
faire face � la concurrence impitoyable du march�, tandis que de l'autre,
l'�conomie est encore marqu�e par sa gestion �tatique rigide et d�laisse
les r�alit�s sociales afin d'atteindre des objectifs de croissance dont les
retomb�es ne b�n�ficient qu'� une partie de la population.
b - Les pouponni�res de la traite, un scandale social.
Les pouponni�res de la traite ont des visages connus :
ghettos, quartiers, cit�s, banlieues... Ce sont les points de chute, de
rassemblement et de rayonnement de l'immigration sauvage. Avec Giscard
d'Estaing ( Monsieur regroupement familial), la France est pass�e de
l'image des anciens bidonvilles et baraquements pour travailleurs
c�libataires immigr�s, � celle des banlieues et ghettos regroupant les
familles immigr�es de l'�poque post-coloniale. La fonction de ces
pouponni�res est double : int�grer l'immigr� ou, � l'inverse, le
marginaliser pour mieux l'exclure, dans le respect formel de l'�tat
dit de droit...
Les d�rapages et
l'ambigu�t� de l'accueil viennent de l'incapacit� politique et
administrative d'affronter la diff�rence de probl�matique entre
deux types de pouponni�res :
le ghetto social et le ghetto ethnique. Le premier mobilise contre
l'exclusion et la pr�carit�. Il est plus ancien, conflictuel, mais
int�grateur.
Le ghetto ethnique en revanche, dresse une communaut� �trang�re
contre l'organisationsociale du pays d'accueil b�tie elle sur une �conomie
locale. Ce ghetto estantagonique et violent dans la d�fense de son
territoire et d'autant plus expansif que la d�sagr�gation sociale
progresse.
Les deux types de ghetto ont en commun de s'appuyer largement sur l'�conomie
souterraine (drogue, d�linquance, trafics en tous genres) pour compenser
l'insuffisance des revenus officiels ( travail, assistance sociale, petit
commerce).
Le financement de l'immigration sauvage serait � d�battre ouvertement,
mais, le pactole int�resse aussi les deux Etats et des politiciens dont la
situation d�pend de ces soupapes de s�curit� .
Ce qui est v�ritablement nouveau dans les
ghettos, c'est que l'image de l'effort reste partout pitoyable. La honte est
sur celui qui travaille dur, gagne peu et vit mal. La fiert� encense la
combine, le jeu, la triche, le trafic, l'argent facile. L'exemple des
salaires monstrueux et des aides sociales faciles est ravageur.
Au fond du ghetto s'�largit la cour des miracles. Mais, les
filles r�ussissent mieux � l'�cole et sont plus battantes au travail que les
gar�ons. Le matriarcat fait de la r�sistance dans une France qui a plut�t
besoin de femmes dans le tertiaire.
c - D�cha�nement de l'�conomie concurrentielle sp�culative.
Significativement, depuis ces trente derni�res ann�es :
- la vague migratoire d�verse, chaque jour , le tout venant de
l'immigration sauvage dans ces lieux de pr�carit� et de solidarit�.
- on a de moins en moins affaire � une immigration de mis�re et
de travail sous contr�le, comme c'�tait encore le cas peu apr�s
l'ind�pendance des pays colonis�s ,
- on assiste � une multiplication et une extension sans
pr�c�dent des pouponni�res dans ou autour des villes secou�es par la
diff�rence persistante de statut social entre les nationaux et les nouveaux
citoyens.
Trois questions deviennent hypersensibles :
--- L'absence de statistiques de gouvernance sociale en Alg�rie.
Les �tudes se rapportant aux structures sociales et aux flux migratoires
devraient permettre de radiographier l'�conomie, d'�valuer l'impact de la
concurrence par branches et secteurs, d'ainsi prendre conscience des d�fauts
d'organisation et de fonctionnement et de l'urgence d'inventer de nouvelles
formes de partenariat et de coop�ration entre pays d'accueil et d'origine.
Transferts, r�investissements, capitalisations, mobilit�, productivit�,
recherche. sont aussi des aspects qualitatifs de ressources � exploiter.
-- Le probl�me soci�tal du r�le de la femme en France
La femme fran�aise, on le sait, ne veut plus �tre r�duite � un r�le
de reproductrice de l'esp�ce ni r�duite � l'�tat de marchandise ni de
potiche, mais elle se condamne dans sa qu�te de fonction sociale nouvelle
(et de survie) � �tre l'�gale de l'homme : travailleuse .
Or, il se trouve que le lib�ralisme conjugue habilement les enjeux et
profits de cette m�tamorphose. Il le fait au nom d'une libert� individuelle
largement distill�e par l'id�ologie concurrentielle et l'industrie
m�diatique et, surtout, gr�ce � une immigration sauvage prise dans les m�mes
filets de conditionnement. En apparence, tout n'est qu'avantage et serait
encore mieux s'il y en avait plus. Mais, sous pr�texte de soulager ou
valoriser la condition f�minine, le lib�ralisme transfert sur les immigr�es
les t�ches et fonctions d�laiss�es par la femme moderne, y compris celles
de l'assise identitaire nationale (emplois, natalit�, �ducation, culture,
assistance...) , au cour de la fonction matrimoniale nationale. L'enjeu
confronte donc des valeurs au-dessus de celles de l'�tat de droit. C'est
pourquoi, seule la prise en charge de la natalit� par l'Etat garantit
l'ind�pendance et la r�ussite de cette option soci�tale f�ministe et, par
ricochet, peut, dans un esprit de responsabilit�, contribuer � r�duire les
d�bordements de l'immigration sauvage.
-- Les politiques s�curitaires et �ducatives fran�aises
Pour r�duire les pathologies sociales (notamment contenir les
bandes et l'extr�misme religieux) et pour renforcer l'�tat de droit
r�publicain, on a multipli� les politiques s�curitaires et �ducatives. Mais,
celles-ci sont mal adapt�es aux probl�matiques sociales
Et, de plus, mal appliqu�es. Si, certes, les ressources de l'�conomie
souterraine (drogue, d�linquance, trafics) soulagent les caisses de l'Etat
d'un effort p�nible d'assistance en faveur de l'immigration concurrentielle,
elles repr�sentent toutefois un imp�t parasite colossal pr�lev� sur
l'�conomie locale. Derri�re la bonhomie de l'imagerie officielle et le
laisser aller d'apparence lib�rale affich� (r�guli�rement �corn�s par
les �meutes de quartiers, les bavures polici�res, la mise � sac des
�coles, les incivilit�s, les agressions et les bavures polici�res ou
politiques), force est de constater que l'�conomie souterraine et
l'opacit� du traditionalisme familial amplifient tentaculairement
l'appontement et la croissance migratoires, ainsi que le communautarisme.
Par respect de la nationalit� et de la religion des pays d'accueil
et d'origine, la circulation aux fronti�res devrait �tre assur�e par un
contr�le paritaire. Pour les m�mes consid�rants, les peines de justice de
tout immigr� devraient pouvoir s'ex�cuter dans le pays d'origine,
�ventuellement en forme de travaux d'int�r�t g�n�ral.
2/ Conscience et coh�rence du combat
La cr�ation, par une coop�ration volontariste
(dirigeants visionnaires n�cessaires), d'un cercle de d�veloppement d�fensif
rassemblant les pays ex-colonis�s et garantissant une immigration
''autrement'', implique de :
a/ En France, mettre fin � l'immigration sauvage , supprimer
les chancres entretenus par les politiques pouponni�res de la ville
(banlieues, cit�s, quartiers, ghettos..), condamner la manipulation
outrageante des codes de nationalit� en vue de blanchir les
hold-ups r�p�t�s de nationalit�, condamner l'apologie de l'int�gration en
cul-de-sac (m�me la haine du pays d'origine ne fait pas l'amour du pays
d'accueil).
b/ en Alg�rie, d�noncer les politiques de croissance
�conomique sans gouvernance sociale, r��valuer l'appontement des march�s,
transformer les difficult�s de la population en projet de d�veloppement,
ouvrir une capitale du d�veloppement hydraulique et agricole au Sahara,
ouvrir un centre d'�tude et de vulgarisation de la conqu�te spatiale et
rendre l'espoir aux populations d�laiss�es.
c/ Au bout de la cha�ne de l'immigration, mettre en garde
la jeunesse �veill�e, objet de convoitise des partis politiques en qu�te
d'�lectorat oui-ouisme, incapable de ce fait (dans les clich�s des partisans
comme des adversaires de l'int�gration) d'id�ologiser son intronisation en
termes de progr�s et de lutte politique, comme s'il fallait toujours bien
s�parer le milieu familial des valeurs de la soci�t� civile et r�-ancrer un
conflit initial non r�solu, de peur de compromettre ou de trahir les siens.
On ne se bat pas pour un projet de soci�t� libre, mais pour hisser en bloc
l'immigration et son cadre social dans le pays d'accueil. On se bat contre
le rejet des autres, pas pour l'int�gration des siens. La citoyennet� n'est
qu'une armede conqu�te, pas un lieu de rencontre et d'�change apte �
rendre la vie r�publicaine conviviale.
THESE 6 - DOCTRINE DE LA COPARENTALITE SANS CONJUGALITE
1/ N�cessit� de renforcer et globaliser le positionnement mixte
A la veille de 2012, la correction de la d�rive de la
d�colonisation et des d�r�glements du d�veloppement postule :
- sur le plan �conomique, de privil�gier la croissance
comp�titive par rapport � la croissance concurrentielle, qui hi�rarchise et
confronte pays, cultures et populations.
- sur le plan social, d'instaurer la gouvernance sociale
comme tamis des objectifs de croissance �conomique permettant de lutter
contre l'exclusion et les in�galit�s.
- sur le plan politique, de d�passer la contradiction
capitalisme-socialisme lamin�e par la convergence des mod�les et des
politiques �conomiques. La d�fense des syst�mes identitaires, et parmi eux
de l'espace social franco-alg�rien, s'impose face � des blocs �conomiques
que la croissance concurrentielle rend de plus en plus agressifs et
manipulateurs.
2/ Donner du sens, ouvrir des perspectives.
Trois voies d'action et de r�flexion s'ouvrent � la coparentalit� sans
conjugalit� :
- Le cercle de d�veloppement est une voie d'ind�pendance, qui ne
rejette pas les acquis de croissance des phases pr�c�dentes (�tatisme
et ouverture au march�). Il valorise le rassemblement et la coop�ration,
face � la crise financi�re et au pillage de l'�conomie sociale.
- La gouvernance sociale est le tamis des conditions sociales et
territoriales des objectifs �conomiques plac� sous la tutelle de l'Etat et
du Parlement.
- L'immigration ''autrement'' est une immigration convenue visant
� mettre au service du pays partenaire des moyens humains et mat�riels en
vue d'exploiter ou co-produire dans l'un ou l'autre pays des biens et
richesses prioritaires (mise en valeur du Sahara en Alg�rie, formation et
entreprises industrielles et agricoles en France... ). Elle impose au pays
d'origine le devoir de prot�ger la dignit� et le retour de ses
ressortissants .
3/ Elections fran�aises 2012. Un enjeu majeur � poser.
- ou, la France lib�rale , oublieuse de l'ex-Empire,
devient un simple comptoir commercial, une mani�re de vivre, de parler et
de penser en voie d'absorption et d'effacement , au sein de l'Europe domin�e
par les finances de l'Angleterre (et son Commonwealth) et l'industrie
de l'Allemagne (et ses Marches de l'Est).
- ou, la France r�volutionnaire, balayant ceux qui occultent
la question vitale et cruciale d'un nouveau projet de soci�t�, choisit :
- soit, d'accueillir tous ceux de
l'ex-Empire qui veulent rejoindre l'hexagone et devenir Fran�ais, et,
elle doit, encons�quence, s'ing�nier � pr�parer, � la fois, une r�forme
constitutionnelle majeure visant � repr�senter les nouveaux arrivants,
et un plan Marshall d'accueil et d'int�gration de cet apport pour une
France multiraciale, multiconfessionnelle et multiculturelle, sous peine
d'imploser et se d�composer. Quelque 130 millions de citoyens fran�ais
� l'horizon 2050 le justifie. Mais l'Allemagne et l'Angleterre
s'opposeront � l'expansion rapide d'un partenaire turbulent qui engendrera
un nouveau Bonaparte.
- soit, de ren�gocier sa position au sein
de l'Europe tenant compte du cercle de d�veloppement constitu� par les pays
de l'ex-empire dans le respect de la nationalit� et de l'identit� de
chacun.
Benammar Christian - Novembre 2009
Licenci� en sociologie, dipl�m� de l'ENA (promo 1964-68)- Alger