Pour les fans, un petit bouquin, "Zouc par Zouc", vient de sortir ;o)
J'suis sûre que Mylène est contente de l'apprendre :°
par ailleurs j'ai lu que Nathalie Baye jouait sur scène ses textes
actuellement.
BFR wrote:
> Juste un mot pour dire que le Télérama de cette semaine donne des nouvelles
> de Zouc, qui n'est pas morte quoi qu'en disent certaines rumeurs!
>
C'est terribvle, quand même. Quand j'ai vu le thread "Zouc", je me suis
dis "Ca y est, elle est vraiment morte."
En fait, il me semblait juste savoir qu'elle était bien malade
(psychiatriquement parlant). Je me demande même dans quelle mesure je ne
tiens pas ça de la bouche même de Mylène dans l'une de ses interviewes
(j'ai un doute).
Huey
PS: ben alors, il est pas HS ton post,enfin....
> C'est terribvle, quand même. Quand j'ai vu le thread "Zouc", je me suis
> dis "Ca y est, elle est vraiment morte."
désolée pour cette frayeur ;)
> En fait, il me semblait juste savoir qu'elle était bien malade
> (psychiatriquement parlant). Je me demande même dans quelle mesure je ne
> tiens pas ça de la bouche même de Mylène dans l'une de ses interviewes
> (j'ai un doute).
non, en fait elle est immobilisée à la suite d'une grave maladie et de
multiples opérations, depuis 1998...
et Mylène, la dernière fois qu'elle en a parlé en interview, c'était en 1996
pour dire à Paul Amar qu'elle n'avait aucune nouvelle ;)
> Huey
>
> PS: ben alors, il est pas HS ton post,enfin....
bah c'est lié à Mouf, mais je suis pas sûre que tous les fans de Mouf
connaissent Zouc ;)
et oui, Crug, Nathalie Baye joue "Zouc par Zouc" en ce moment, pièce tirée
du bouquin du même nom, c'est aussi indiqué dans l'article ;)
http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmatinsortir/agenda_culturel/declarations_d_amour.html
du coup, on en parle un peu partout!
merci pour le lien,
je ne suis pas certain que dans le clip de SC elle y joue son propre rôle
par contre ....
elle était cuisinière pour un cirque vagabond en 1987 ?
sinon très triste son destin :/
cr bah dans le générique, c'est juste écrit "avec la participation
exceptionnelle de Zouc"... (j'ai regardé exprès lol)
faut dire qu'elle est habillée/maquillée comme dans ses spectacles!
> sinon très triste son destin :/
oui... mais en tout cas, elle aura marqué les esprits, la preuve on en parle
encore, après 13 années d'absence!
sans le vouloir, elle est un peu devenue une légende ;)
Crug' wrote:
Grave. Elle n'est pas du tout malade de la tête comme je croyais l'avoir
entendu. Le sort choisit bien mal ses victimes, je trouve.
Huey
Sophie Tellier : la prochaine sur la liste ?
Hueyduck a écrit :
mais non, c'est pas une maladie mentale! pffff justement, cette rumeur vient
d'être démentie!
cela dit, qu'elle fasse partie de l'univers Farmer, ça fait bien pour la
légende :°
oui Wo t'as tout inversé !
le bon ordre c'est ça : HP -->clip Boubou -->Légende vivante
Le combat de Zouc
Isabelle von Allmen :
Plus de son, plus d’image. Zouc a disparu des scènes depuis plus de dix
ans. On la dit malade. Elle l’est, victime d’une erreur médicale. A
l’heure où Nathalie Baye vient jouer à Lausanne un texte sur la
comédienne jurassienne, ses amis la racontent.
Vérité et pudeur. Ses proches hésitent. Il y a l’envie de dire ce que
cache l’absence de la grande Zouc, devenue fantôme depuis bien plus de
dix ans, de tordre le cou aux rumeurs. Il y a le respect pour ce silence
autour d’une amie chère, la peur de blesser. Et, tout d’un coup, cette
phrase lâchée: «Zouc est victime d’une erreur médicale. Elle a vécu
l’enfer dans des hôpitaux parisiens. Elle souffre, terriblement.»
La pianiste Catherine Courvoisier raconte, car elle en a marre
d’entendre les gens supposer que Zouc doit encore être mal dans sa tête.
Non, Zouc, à 56 ans, a mal à son corps, plus à son ame. Ou autrement.
Zouc, pour qui l’a vue une fois sur scène, ici, à Paris, ou croisée à
Saignelégier, son village du temps où elle était Isabelle von Allmen, ce
prénom rime avec hors norme et souvenirs. Dites Zouc et on vous
répondra: «Allô? Madame Fonalmeun...» Ou encore: «N’est-ce pas, mon
chéri, Maman est souvent partie mais elle est toujours revenue.» Ton et
mimique inimitables, humour drôle, souvent noir. Comme sa robe de scène.
Montée à Paris à 20 ans, elle a envoûté le public, elle a été adulée.
Quel culot, à l’époque, de poser son enfance et ses névroses sur une
scène, la transformant ainsi en divan de thérapeute. Rires, émotions, on
restait scotché de stupeur par la violence, la vérité crue de ses
sentiments. Rarement une comédienne se sera pareillement mise à nu,
reine absolue de l’observation du monde qui l’entoure, parlant psy,
overdoses de médicaments et surtout vrai. On la traite de folle, elle
est juste elle, Zouc. Dans le rire comme dans la douleur.
Au sommet de son art, au début des années 1990, c’est le clash avec son
agent. «Quand on a grandi dans les Franches-Montagnes, on vit hors du
temps, on croit les gens. Zouzou s’est fait eu», raconte son amie
d’enfance, Marianne Finazzi, qui a tenu les rênes du Théâtre de Poche de
Bienne. «Zouc n’était pas un produit calibré comme l’aurait sans doute
souhaité son agent. Elle est d’une folle générosité et d’une singularité
inouïe. A l’image d’une Garbo, elle s’est consumée sur scène, elle s’est
brûlé les ailes», ajoute de son côté Daniel Jeannet, fondateur du Centre
culturel suisse de Paris. «On lui a plutôt coupé les ailes!» précise
Michel Rauch, ancien régisseur de Zouc, promu ange gardien, car tout à
la fois compagnon, gestionnaire, mur de protection et infirmier. «Son
agent organisait mal ses tournées. Ils se sont séparés.» Avec, pour
elle, le sentiment d’un dernier spectacle — Zouc au Bataclan — mal
exploité. Et l’incapacité du coup, d’en monter un autre.» Rideau.
Et voilà que Nathalie Baye va jouer à Lausanne un texte signé Zouc et
Hervé Guibert. Un texte autobiographique jailli en huit rencontres entre
deux êtres encore inconnus mais qui se sont reconnus dans leurs
différences, leurs fêlures. Elle avait 24 ans, lui 20. Elle n’était pas
encore la Zouc, couronnée par un molière. Il n’était pas encore
l’écrivain-culte des années 1980 qui décrira son sida jusqu’au dernier
souffle. Il n’a sans doute pas été facile pour la Jurassienne de céder
les droits sur ce texte. N’aurait-elle pas rêvé, elle, de le jouer? Mais
Zouc a dû faire le deuil de la scène.
Depuis dix ans, elle suit un chemin de croix, celui de la maladie. De la
maladie physique. Michel Rauch, pour mettre les points sur les i du
diagnostic: «Zouc a été opérée après la découverte d’une tache sur le
sternum. Hospitalisée, elle a attrapé un staphylocoque doré. Elle n’a
plus de sternum, a subi neuf interventions dont sept ont été bâclées, à
l’Hôpital Marie-Lannelongue de Paris. Par deux fois on m’a dit qu’elle
ne sortirait pas vivante du bloc. Elle a été «sauvée» par un
chirurgien-orthopédiste de la Croix-Saint-Simon. Mais elle a perdu 50%
de sa capacité respiratoire et a besoin d’une machine pour passer ses
nuits. Cet handicap est définitif, elle ne remontra plus sur scène.
C’est terrible.» Trouvera-t-elle le courage d’aller applaudir Nathalie
Baye? «Le rappel est douloureux... Je ne sais pas. Tout dépend de son
état. On vit au jour le jour.» Entre Paris et les Franches-Montagnes où
ils séjournent parfois. A 1000 mètres d’altitude, où l’air est plus
respirable.
Il y a cinq ans, elle a renoué avec la Suisse et passé notamment cinq
mois à La Neuveville, près de son amie Marianne. C’était le temps de la
recherche d’autres avis médicaux, des espoirs de guérison. «Elle était
très fatiguée. Zouzou est une femme changeante, à la fois forte et
fragile. J’ai l’impression qu’elle voulait retrouver ses racines. Mais
elle fuyait le monde. On s’est baladées dans le Jura. Un jour, on est
allées à La Brévine dans sa Mehari. On riait comme des folles. Tout d’un
coup, le téléphone sonne, c’était Patrick Juvet! Ils cherchaient à se
parler depuis qu’il avait dit dans L’illustré qu’elle lui avait sauvé la
vie alors qu’il était en pleine dérive. Puis elle est partie et je ne
l’ai plus revue. Elle me manque. Avec elle, c’est comme la chanson de
Gainsbourg: fuir le bonheur avant qu’il ne se sauve. Elle a toujours
préféré prendre les devants. C’est elle qui décide.»
Comme la fois, alors qu’elle évite les lieux publics par peur des
germes, où elle a fêté à Bienne les 80 ans de Géo Voumard, ancien de la
radio romande et pianiste de jazz. «Elle m’a dit qu’elle me devait ça,
car je l’avais lancée à la RSR [Radio Suisse Romande]. Cette femme est
hors norme, extraordinaire.» Et généreuse, à entendre ses amis.
«Elle possède une générosité sans bornes, comme ses parents», raconte
Catherine Courvoisier, amie de mille aventures avec la Jurassienne.
«Elle est de ma famille. On se perd de vue puis on se retrouve, comme en
février dernier, par hasard, un soir sur le Pod chaux-de-fonnier [surnom
d'un boulevard de la ville de La Chaux-de-Fonds].» Un hiver qu’elles ont
partagé en mangeant les lundis soir ensemble, dans un petit bistrot.
«Les clients disaient: «Mais c’est Zouc! On peut vous toucher? Elle ne
sait pas repousser les gens, elle est gentille avec tout le monde. Quand
elle va bien, elle continue à faire sa Zouc, elle part dans ses
imitations comme au temps de ses 18 ans. Et on oublie qu’elle est
malade, qu’elle a lutté contre la mort. Zouc reste Zouc.»
Texte: Sophie Winteler
«Zouc par Zouc», d’Hervé Guibert et Zouc, avec Nathalie Baye, mise en
scène de Gilles Cohen.
"LAL" a écrit :
> Voici la transcription d'un article sur Zouc paru dans le magazine suisse
> "L'Illustré" du 13 septembre 2006 :
> [...]
C'est bizarre, de savoir à présent ce qu'elle a fait de toutes ces
années ne brise absolument pas son mystère ; au contraire, maintenant
on sait qu'elle ne n'a rien fait pour l'entretenir
(elle)
"BFR" <@> a écrit dans le message de news:
4537f70c$0$31940$426a...@news.free.fr...
Jérôme Garcin a intérviewé Zouc il y a un mois, on lit dans son
article qu'elle réapprend doucement à vivre, retrouve son passé, et
arrive pour la première fois depuis longtemps à prendre une douche
seule :
"Chaque jour, je grandis un peu plus. Ce matin, j'ai humé les parfums
d'un potager, c'était extraordinaire, presque enivrant."
lien : http://absolufeminin.nouvelobs.com/people/people2186_091.html
article intégral :
Zouc perdue et retrouvée
par Jérôme Garcin
Dans les années 1980, elle faisait rire avec ses histoires tristes et
pleurer avec ses histoires gaies. Et puis la maladie l'a frappée. Au
Théâtre du Rond-Point, Nathalie Baye va lui prêter sa voix. Pour la
première fois, Zouc raconte à Jérôme Garcin comment elle réapprend
à vivre
Sa dernière apparition sur scène, c'était il y a près de vingt ans.
Certains la croient morte. Elle-même s'est crue morte. D'une voix
qu'on reconnaîtrait entre mille - le seul organe, chez elle, qui n'ait
pas changé -, Zouc dit : « J'ai été frappée par la maladie. Le
verbe «frapper» dit exactement ce qui m'est arrivé. Ça fait très
peur, la maladie. Et puis je suis entrée dans un long tunnel. On m'a
mise tout au fond d'un tiroir. J'aurais dû y rester. C'était fini. Je
l'avais accepté. J'étais dans les bras de tout en haut, et j'ai tout
lâché. Je vis aujourd'hui une expérience étrange : pendant dix ans,
j'ai fait le chemin pour partir, et je suis encore là. Oh, pas dans un
bon état, mais enfin, je suis là, et je peux voir mon coeur battre
sous ma peau. Je le vois d'autant mieux qu'on m'a enlevé des côtes et
que je n'ai plus de sternum. »
Zouc. Souvenez-vous : un pseudo qui claque, un visage en pâte à
modeler, une bouche de bébé, le cheveu raide et gras, un accent
alémanique, un physique tonitruant sous une robe ample de veuve
napolitaine. La troublante incarnation de la Femme assise de Copi. De
son vrai nom Isabelle von Allmen, elle est née le 29 avril 1950 à
Saint-Imier, dans le Jura bernois. Mère pianiste, père ingénieur,
milieu pieux. Après avoir suivi des cours aux conservatoires de
Neuchâtel et de Lausanne, elle s'inscrit à Paris au cours de Tania
Balachova, d'où sont notamment sortis Sylvie Joly, Josiane Balasko et
Jean-Claude Dreyfus. C'est au café-théâtre de la Vieille Grille, en
1970, qu'elle est soudain révélée. Son « Alboum de Zouc » fait
sensation. Dans l'ombre, un homme fasciné l'observe et la dessine, le
peintre Roger Montandon, ami de Giacometti, qui deviendra son metteur
en scène, son metteur en mots. En quelques années, du Vieux-Colombier
au Théâtre de la Ville, du Bataclan à Bobino, du Palace aux
Variétés, où elle fait rire et pleurer, Zouc devient une légende.
Noire, la légende.
De son enfance étouffante, de son adolescence saccagée (elle est
internée pendant dix-huit mois dans une clinique psychiatrique), de sa
famille bien-pensante, elle fait la matière brute de ses spectacles si
drôles, si cruels. Sans truquage d'aucune sorte, elle est à la fois
un nouveau-né grimaçant et une grand-mère arthritique, une
infirmière et une fourmi qu'on écrase, une bourgeoise et la Vierge
Marie, une fillette vicieuse qui déteste l'école et souffre
d'obésité, ou encore une folle à l'asile. Elle explique alors
qu'elle joue « dans la douleur », que son « hystérie » l'aide à
entrer dans un personnage. Ce ne sont pas des sketches, mais des
tranches de vie saignantes. En 1988, elle reçoit le molière du
meilleur spectacle comique, mais il y a de la tragédie dans cet
humour-là. Lorsqu'elle n'est pas sur scène ou en tournée à travers
le monde, elle se soigne, expérimente toutes les formes imaginables de
thérapies. Zouc est génialement douée pour le mimétisme, Isabelle
von Allmen, pour l'autodestruction. Les deux cohabitent dans un corps
qui les encombre, et que le public, gêné, ravi, paniqué, applaudit
à tout rompre.
En 1992, l'actrice de Michel Drach, William Klein et Mehdi Charef
tourne son dernier film, « Roi blanc, dame rouge », de Sergueï
Bodrov. Et puis plus rien. Le silence, les rumeurs et l'oubli. Son
premier rôle au cinéma était celui d'une concierge dans « la Chute
d'un corps », de Michel Polac. La chute d'un corps, justement. En
1997, Zouc est opérée à Paris d'un cancer du sternum. Lors de
l'intervention, elle est victime d'une infection nosocomiale et
attaquée par des staphylocoques dorés multirésistants. Elle repasse
neuf fois de suite sur la table chirurgicale. Elle vit un calvaire sans
fin. Le jour, elle est sous cortisone et morphine, la nuit, sous
assistance respiratoire. Elle peut à peine marcher sans perdre son
fragile souffle d'enfant. Un elfe, dans les montagnes.
15 septembre 2006. Zouc séjourne à La Chaux-de-Fonds, dans les
paysages de son Jura natal, à 997 mètres d'altitude. Aujourd'hui,
elle a rendu visite à l'abbé François Fleury, qui l'avait
photographiée lorsqu'elle avait 5 ans. Une petite fille qui mange une
pomme et à laquelle son frère sourit. L'image volée d'un bonheur
éphémère. «Je redécouvre tout comme si je venais au monde,
s'émerveille Zouc, malgré le supplice quotidien du harnais et de
l'appareil respiratoire. Chaque jour, je grandis un peu plus. Ce matin,
j'ai humé les parfums d'un potager, c'était extraordinaire, presque
enivrant. Lire près d'un feu de cheminée, prendre une douche seule,
pour moi, ça tient du miracle. J'ai encore du mal à m'y faire. Tout
revient peu à peu, mais c'est lent. Vivre, voyez-vous, est un très
long apprentissage.»
De Nathalie Baye, qui s'apprête à interpréter « Zouc par Zouc » au
Théâtre du Rond-Point, elle dit d'ailleurs qu'elle l'a «exhumée».
Et de Zouc, Nathalie Baye dit, en utilisant le présent de l'indicatif,
qu'elle incarne «l'artiste absolu». Elles sont presque
contemporaines. La Suissesse a 56 ans, la Française 58. Elles ont en
commun des secrets bien gardés, quelques souffrances aussi. Elles se
téléphonent souvent, comme deux soeurs. Et Zouc a ce mot admirable,
bouleversant : «A quelques jours de la première, Nathalie est très
angoissée. Elle ne dort plus. Elle a un trac fou. Alors, j'ai appelé
mon médecin pour lui prescrire des vitamines. Le problème, c'est que,
maintenant, j'ai aussi le trac. Imaginez qu'elle me l'a refilé!»
« Zouc par Zouc », l'autoportrait que la comédienne du « Petit
Lieutenant » et des « Sentiments » a choisi de porter à la scène,
avait paru il y a trente ans et il était devenu introuvable. Ce texte
poignant, d'une éclatante lucidité, est le fruit d'une rencontre
capitale. En juin 1974, à la terrasse d'un café d'Avignon, au milieu
des bruits et des cris, Zouc se confie au jeune écrivain Hervé
Guibert (1955-1991). «Vous l'avez connu?», me demandet-elle.
«C'était un garçon d'une sensibilité incroyable, d'une
générosité hors du commun et dont la soif de connaître, de
comprendre l'autre était illimitée.» Pendant huit après-midi,
Hervé Guibert recueille les souvenirs précis, concis, lapidaires, de
la dame en noir.
Elle raconte comment, petite, elle souffrait de sa différence
physique. Elle se voyait, non pas comme un garçon manqué, mais comme
«une fille manquée». Elle voulait «des gros nénés et des hauts
talons», mais aussi «marier un paysan». Elle dit qu'elle était «la
tare» de sa famille. Elle rêvait d'avoir un cheval. Dans un village
cul-bénit, elle prenait la défense des marginaux, des Italiens, des
homosexuels. Elle demandait à ses parents de faire les morts dans leur
lit, adorait «les horribles drames» et regarder la télé assise sur
les cercueils de l'entrepreneur de pompes funèbres. Un jour, derrière
l'église, un «grand gosse» l'avait forcée à toucher son «gros
sexe tiède» et elle en avait éprouvé une répulsion dans la tête
qui n'est jamais partie. A 16 ans et demi, on l'a enfermée à l'asile
de fous, avec une chemise blanche sans lacet et des barreaux aux
fenêtres. «Après, j'ai abordé le monde différemment. J'ai compris
qu'il fallait savoir faire mal pour vraiment aider quelqu'un, et qu'il
faut toujours dire ce qu'on ressent, surtout aux gens perdus. »
Hervé Guibert n'avait même pas eu besoin de poser des questions, Zouc
savait ce qu'elle voulait raconter et il transcrivait au plus juste,
d'un seul trait, ce monologue fulgurant d'une rescapée enjouée de
l'enfer intérieur : «Lors de la dernière entrevue, écrivit-il dans
la préface, j'avais une crampe dans le pouce, à force de l'avoir
contracté sur un stylo pour lui faire noircir un cahier entier. Zouc,
gentiment, me l'a massé tandis que je relisais l'entretien
précédent. »
Je demande à Zouc ce qu'elle pense aujourd'hui de ce livre. Elle
répond : «Il faut que je l'assume. J'ai tout dit à Hervé, je n'ai
donc rien à retirer. C'est au moment où la vie me pousse à retrouver
mon passé à petits pas que je suis frappée par la dureté de mes
souvenirs. Trente ans plus tard, malgré la maladie, peut-être à
cause de la maladie, il me semble que je suis aussi violente, et même
peut-être plus.» Elle dit ça d'une voix douce, inquiétante, au bord
des larmes.
Zouc ignore encore si elle aura la force d'affronter le public et la
foule des microbes au Théâtre de Vidy, à Lausanne, où Nathalie Baye
crée le spectacle avant de venir à Paris. Les lieux publics sont trop
dangereux pour elle et, désormais, elle n'a «plus de protections».
Mais elle rêve secrètement de se voir interprétée par cette actrice
qui lui ressemble si peu et la comprend si bien : « Zouc est
traversée par la douleur et portée par la soif de vivre. » De se
survivre. On respire. Elle aussi.
> En fait, il me semblait juste savoir qu'elle était bien malade
> (psychiatriquement parlant). Je me demande même dans quelle mesure je ne
> tiens pas ça de la bouche même de Mylène dans l'une de ses interviewes
> (j'ai un doute).
J'ai souvenir de la même chose, et il me semble aussi venant d'une interview
de Mylène, mais sans plus de souvenir !
Ah, je ne suis pas fou :)
Ceci dit, je pense que c'est une interview des années 2000 (fin 90 max),
donc ça devrait être facile à retrouver. En fait , vu que ce qui est dit
sur Zouc est faux, ça veux dire que l'interview était suffisamment
longue pour que Mylène commence à dire des choses innexactes
(scientiphiqe comme approche, non?).
Si qqun a l'interview de paul amar sur paris première, je miserais
bien la dessus.
Huey
oui, elle en parle dans l'interview de Paris Première, en 1996, je l'ai déjà
mentionné ;)
dans mes souvenirs, Paul Amar lui demande si elle a des nouvelles et elle
répond que non, et ils méditent là-dessus quelques instants, dans le style
"oui, elle avait une grande fêlure en elle", "elle a disparu comme ça..."
j'ai pas la vidéo sous la main, mais ça doit bien se trouver quelque part ;)
BFR wrote:
>>Ceci dit, je pense que c'est une interview des années 2000 (fin 90 max),
>>donc ça devrait être facile à retrouver. En fait , vu que ce qui est dit
>>sur Zouc est faux, ça veux dire que l'interview était suffisamment longue
>>pour que Mylène commence à dire des choses innexactes (scientiphiqe comme
>>approche, non?).
>> Si qqun a l'interview de paul amar sur paris première, je miserais bien
>>la dessus.
>>
>>Huey
>
>
> oui, elle en parle dans l'interview de Paris Première, en 1996, je l'ai déjà
> mentionné ;)
Hips...
C'est grave quand même.J'ai lu ton post, promis, mais j'ai dû zapper le
paragraphe. Ou alors, j'ai une mémoire de 72heure max (je penche pour
cett possibilité).
> dans mes souvenirs, Paul Amar lui demande si elle a des nouvelles et elle
> répond que non, et ils méditent là-dessus quelques instants, dans le style
> "oui, elle avait une grande fêlure en elle",
Tu m'étonnes. Des côtes en moins, on peut appeler ça une fêlure. Je ne
dis pas ça pour plaisanter (je ne trouve pas ça drôle), mais pour
souligner que Mylène a tout de même le don de dire la vérité en
racontant des trucs pleins de brume.
>"elle a disparu comme ça..."
>
> j'ai pas la vidéo sous la main, mais ça doit bien se trouver quelque part ;)
>
Je sais que je l'ai qqupart en VHS enregistré sur mon VCR de l'époque
qui était en train de mourrir de sa belle mort.
Tiens à propose de magnétoscope (un mot qui a surement disparu déja des
court d'école): en passant chez Darty, je me suis arrêté devant le rayon
(le bout de rayon) des platines vinyle. J'étais agenouillé devant en
train de baver devant les modèles vaguement haut de gamme quand une
bande de 4-5 gamins de 12-13 ans sont passés, rigolards. Et l'un a lancé
aux autres "Vas-y, tu veux pas acheter une platine des années cinquante?".
Ouch...
Tout ça pour dire que si je retombe sur la cassette de Paul Amar, je la
mettrai dans mon magnétoscope à cassette des années 50 et je vous
nuémriserai le passage où Mylène parle de Zouc.
Huey
moi si
:°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
énorme fou rire ^^
"C'est tout"©MirandaPriestly
*I'm pure Evil*
techniquement, en 1996, Zouc avait encore toutes ses côtes (son
"incident"-erreur médicale- date de 1998)...
crug', tu es infâme ;°°
> Je sais que je l'ai qqupart en VHS enregistré sur mon VCR de l'époque qui
> était en train de mourrir de sa belle mort.
moi aussi je l'ai en VHS (1st génération en plus), maintenant où, zat is ze
qwechtione :°°
> Tiens à propose de magnétoscope (un mot qui a surement disparu déja des
> court d'école): en passant chez Darty, je me suis arrêté devant le rayon
> (le bout de rayon) des platines vinyle. J'étais agenouillé devant en train
> de baver devant les modèles vaguement haut de gamme quand une bande de 4-5
> gamins de 12-13 ans sont passés, rigolards. Et l'un a lancé aux autres
> "Vas-y, tu veux pas acheter une platine des années cinquante?".
>
> Ouch...
tout fout l'camp, ma brave dame :°°
quand tous les ordinateurs auront planté à cause d'un virus mondial lancé
par des terroristes, ils seront bien contents de pouvoir écouter des vinyles
et des K7, ces petits cons (bon ok, y a les cd aussi, mais ça sape mon
argument) :°
(nan nan, je ne regarde pas 24h chrono crrrrrrrrrrrrrrr)
> Tout ça pour dire que si je retombe sur la cassette de Paul Amar, je la
> mettrai dans mon magnétoscope à cassette des années 50 et je vous
> nuémriserai le passage où Mylène parle de Zouc.
ça n'a jamais été encodé, vraiment? c'est étonnant...
en tout cas, si je retrouve ma VHS, je te tiens au courant ;)
> Huey
BFR Bauer :°°
Ben c'est un peu comme le parisien qui n'a jamais visité paris, en fait.
Je numérise (quand j'ai le temps, hum...) les vidéos qui ne
m'apartiennent pas, justement.
Celles que j'ai enregistrées moi même , j' les prends pour acquises, en
quelque sorte. Mais bon, cette interview ayant maintenant 10ans (pouf,
on a pris 10ans dans la gueule), elle va bientôt commencer à être
suffisemment vintage pour être numérisée.
Huey
en attendant mieux, voici :
http://d.turboupload.com/de/1115592/0e2jlu9lal.html
maintenant, je retourne à 24 (merci pour l'interlude, c'est stressant c'te
série) :°
en tout cas, cette interview vaut le coup d'être numérisée en entier, c'est
une des plus longues qu'elle ait jamais faites! et puis elle est jolie
dedans 8)--
BFR wrote:
> j'ai trouvé ma VHS, par contre c'est trop le bordel pour numériser chez moi,
> donc j'ai filmé le passage en question avec mon appareil photo (call me
> macgyver crrrrrr)
>
> en attendant mieux, voici :
>
> http://d.turboupload.com/de/1115592/0e2jlu9lal.html
>
Cool ! On voit même les gars scotchés à la bulle avec leurs t-shirt
XXL. Faut absolument que je retrouve cette VHS. Je verrai ça demain.
> maintenant, je retourne à 24 (merci pour l'interlude, c'est stressant c'te
> série) :°
>
> en tout cas, cette interview vaut le coup d'être numérisée en entier, c'est
> une des plus longues qu'elle ait jamais faites! et puis elle est jolie
> dedans 8)--
>
Je crois que c'est là où elle finit par "probablement la derniere" quand
on lui fait remarquer qu'elle fait rarement des interviewes d'une heure.
Huey
PS/ a propos de Turbo upload, il faut êtyre attentif, car on a vite fait
d'installer 2 ou 3 bouzes soit disant antivirus (probablement spyware)
en croyant cliquer sur la bonne fenetre.
BFR wrote:
>
> ça n'a jamais été encodé, vraiment? c'est étonnant...
> en tout cas, si je retrouve ma VHS, je te tiens au courant ;)
La numérisation est en cours.
Ca donnera ce que ça donnera car j'avais utilisé une vieille K7, à
l'arrache , et j'avais écrasé Turandot pour enregsitrer l'émission.
Donc la qualté d'est pas époustouflante pour une première génération.
Après, il faut encore le temps de l'encodage en divx.
Huey