Et que dites-vous d'un pays dont le gouvernement met en prison des
personnes qui ont le seul tort de rester debout sur le trottoir, ou de
marcher paisiblement dans des manifestations dûment déclarées et
autorisées ?
Que dites-vous d'un pays où la police envoie du gaz lacrymogène à bout
portant sur des familles - enfants inclus - qui ont le seul tort de
participer à ces manifestations ?
Quant à Poutine, je ne vis pas dans ses prisons mais je constate qu'il
est réélu très haut la main à chaque fois, qu'il prend des décisions
dans l'intérêt de son pays et non pas au nom de je ne sais quel
droitd'l'hommisme transnational et qu'il essaie de relancer la
démographie de la Russie, ce que nous autres, Français, serions bien
inspirés de faire avant qu'il ne soit trop tard.
Quant à votre exemple de la Syrie, il est typique d'une vision angélique
et dévastatrice de la diplomatie ; heureusement que Poutine s'est opposé
à une intervention en Syrie, sinon les Américains n'auraient sans doute
pas fait volte-face et notre abruti de président nous aurait fait partir
la fleur au fusil ; le résultat aurait été:
1) Que nous aurions aidé encore plus les fous dangereux islamistes (ceux
que nous combattons au Mali, comprenne qui pourra).
2) Que la Syrie serait aujourd'hui à feu et à sang comme l'Irak (lequel
Irak est dans cet état à cause de l'intervention criminelle des Américains)
3) Que l'Etat islamique n'aurait plus aucun frein du Moyen Orient à
l'Afrique de l'Ouest.
Sans doute le Bashar est un dictateur, mais il tient son pays à peu près
en ordre, en respectant un tant soit peu une certaine laïcité, ce qui
est toujours un challenge dans un pays à majorité musulmane. Et c'était
la même chose en Irak du temps de feu l'autre dictateur, Saddam Hussein.
En plus, à chaque fois on fait des frappes aériennes, lesquelles
détruisent et tuent tout ce qui bouge à la ronde. C'est inefficace et
meurtrier. Si on veut intervenir - au mépris du principe de
non-ingérence - au moins on le fait avec des fantassins, afin de faire
des frappes vraiment chirurgicales, pas de la boucherie (ou plutôt de la
charcuterie!)
Bref, le couplet anti-Poutine primaire du bobo français, abstenez-vous
et faites tourner un peu votre cervelle.