William BLUM
10 mars 2010
Par consentement éclairé
Environ la moitié des états des Etats-Unis exigent qu'une femme qui
désire se faire avorter soit informée de certaines choses avant de
pouvoir procéder à l'opération. Dans le Dakota du Sud, par exemple, il y
a encore quelques mois, le personnel médical devait annoncer à la femme
: « (...)
8 janvier 2010
L’élite Américaine (suivi de "Cuba. Encore et Toujours")
Lincoln Gordon est mort il y a quelques semaines à l'âge de 96
ans. Diplômé summa cum laude (mention très bien - NdT) de Harvard à
l'âge de 19 ans, doctorat à Oxford, a publié son premier livre à l'âge
de 22 ans, en a publié des dizaines d'autres sur le gouvernement,
l'économie, la politique (...)
11 décembre 2009
YesWeCanistan.
Que leur arrive-t-il à gauche, à verser leurs larmes sur Obama “le
candidat de la paix” qui serait devenu “le candidat de la guerre” ? Où
est la surprise ? Voici ce que j'écrivais en août 2008, lors de la
campagne électorale : Obama a menacé, à plusieurs reprises, (...)
6 novembre 2009
Le Mur de Berlin – Encore un mythe de la Guerre Froide
(LGS : extrait d'un article déjà publié, republié ici pour marquer à
notre manière la "commémoration") D'ici quelques semaines, on peut
s'attendre à ce que les médias mettent en route leurs moulins à
propagande pour commémorer le 20e anniversaire de la démolition du Mur
de Berlin, le 9 (...)
voir plus
Lesley Stahl :"Nous avons entendu dire que 500.000 enfants sont morts
(en Irak). Ca fait plus qu’à Hiroshima. Et, vous savez, est-ce que cela
en valait le prix ?
Secrétaire d’Etat US Madeleine Allbright : "Je pense que c’est un choix
difficile. Mais le prix - nous pensons que cela en valait le prix."
Entretien télévisé sur CBS 60 minutes, Mai 1996
#100
Les guerres scélérates : interventions de l’armée US et de la CIA depuis
1945
William BLUM
Le livre "KILLING HOPE - U.S. Military and CIA Interventions Since World
War II" de William Blum vient ENFIN d’être traduit en français.
Editions Parangon
"Nous possédons environ 60% des richesses mondiales, mais seulement 6,3%
de la population mondiale... Notre tâche dans l’avenir est...de
maintenir cette situation de disparité." George KENNAN, responsable de
la planification du département d’Etat, 194
"Ce livre très documenté relate plus d’une cinquantaine d’interventions
américaines (...) Lire la suite »
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Par consentement éclairé
William BLUM
Environ la moitié des états des Etats-Unis exigent qu'une femme qui
désire se faire avorter soit informée de certaines choses avant de
pouvoir procéder à l'opération. Dans le Dakota du Sud, par exemple, il y
a encore quelques mois, le personnel médical devait annoncer à la femme
: « (...)
5 mars 2010
Robert Gates : le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis
Pascal SACRE
C'est bien Georges W. Bush, le 8 novembre 2006, qui intronisa Robert
Gates, Bob comme le président l'appelle affectueusement. La passation de
pouvoir entre Donald Rumsfeld, chaleureusement remercié pour ses loyaux
services, décrit par Bush junior comme l'un des chefs les plus capables
et les (...)
1er mars 2010
L’assassin Cubain Luis Posada Carriles passera en jugement (Miami New Times)
Chuck STROUSE
Dans un clubhouse à Westchester, un bel homme de 82 ans dans un costume
sombre sourit et pointe son index vers le ciel. La lumière est tamisée
mais on distingue ses yeux bleus, ses sourcils gris épais et un ventre
proéminent. S'exprimant à voix basse à quelques admirateurs, il a tout
l'air d'un (...)
23 février 2010
Le néo-impérialisme made in USA
Emrah KAYNAK
L'impérialisme est défini généralement comme « la politique d'un pays
qui cherche à conserver ou à étendre sa domination sur d'autres peuples
ou d'autres territoires ». Les États-Unis n'ont pas une politique
coloniale traditionnelle en ce sens qu'ils ne visent pas à occuper ou à
annexer (...)
Tribune libre & Opinions
10 mars 2010
Les dangers qui nous menacent
Fidel CASTRO
Il ne s'agit pas d'une question idéologique en rapport avec l'espoir
incontournable qu'un monde meilleur est et doit être possible. L'Homo
sapiens, on le sait, existe depuis environ deux cent mille ans, soit un
laps dérisoire si on le compare au temps écoulé depuis l'apparition des
premières (...)
7 mars 2010
Grâce à la « diversité », on apprend que les riches auraient du talent.
Claude RIBBE
Je reviens sur la question de la « diversité » pour rappeler qu'elle
relève essentiellement de la communication politique et qu'elle n'a
jamais eu aucun autre ancrage. Elle ne résiste d'ailleurs pas trois
minutes à une analyse sérieuse. Il faut situer l'origine de sa diffusion
dans les cercles (...)
5 mars 2010
Les élections régionales de mars 2010 : un voile démocratique peut
cacher une dictature.
Samuel Métairie
Voila nous y sommes. A moins de quinze jours des élections
régionales. Depuis cinq mois de campagne électorale, voila que
s'amplifie le vacarme des vociférations de toutes sortes orchestré par
les magnats industriels de la fabrique de l'opinion. Ceux-là même qui
s'attachent à tant stériliser le (...)
4 mars 2010
S’il vous plaît, quelqu’un a-t-il la réponse ?
Koldo Campos Sagaseta
Pourquoi jeter une bombe dans une rue est‐ce du terrorisme et en lancer dix mille sur une ville n'en est‐il pas ? Pourquoi les armes nucléaires que l'Iran ne possède pas sont‐elles plus dangereuses que les armes nucléaires qu'Israël accumule ? Pourquoi les dommages (...)
voir plus
Spécialiste de l'hébergement chez l'habitant
4 commentaires
25 février 2010
Chronique de l’Anti-empire
En Amérique, on peut tout dire...
William BLUM
« En Amérique, on peut tout dire – tant que cela n’a aucun effet. »
Paul Goodman
Les militants et écrivains progressistes se plaignent sans cesse du fait
que les nouvelles qu’ils diffusent et les opinions qu’ils expriment sont
systématiquement ignorées par les grands médias et ainsi tenues à
l’écart des masses. Ce dédain pour les opinions progressistes est
intrinsèque aux grands médias. Il est inutile d’invoquer une
conspiration ; c’est juste une question de qui est propriétaire des
médias et du genre de journalistes qu’ils embauchent – des hommes et des
femmes qui aimeraient bien garder leur job ; c’est donc quelque chose de
plus insidieux qu’une conspiration, ça fait partie du système, c’est
comme ça que le système fonctionne. Le dédain envers le monde
progressiste n’est bien sûr pas total car parfois ils y trouvent matière
à faire un bon papier et, à quelques rares occasions près, lorsque les
idées progressistes risquent de devenir populaires, elles doivent être
combattues.
C’est fut le cas pour le livre de Howard Zinn, Une Histoire Populaire
des Etats-Unis. Voici ce qu’écrivait Barry Gewen, éditorialiste du New
York Times Book Review, le 5 juin 2005, au sujet du livre de Zinn et
d’autres oeuvres similaires :
« Il y avait une vision unificatrice, mais elle était simpliste. Puisque
les victimes et les perdants étaient bons, c’est donc que les gagnants
étaient mauvais. Selon les noirs déshérités, l’Amérique était raciste ;
selon les ouvriers exploités, elle était exploiteuse ; selon les
hispaniques et indiens conquis, elle était impérialiste. Il y avait là
de quoi condamner l’histoire de l’Amérique et pas grand chose de
positive à en tirer... Ainsi, les Européens qui sont arrivés dans le
Nouveau Monde étaient des prédateurs génocidaires, les indiens qui
étaient déjà là croyaient en l’hospitalité et le partage (peu importe
les profondes différences culturelles qui pouvaient exister), et
l’Afrique violée était un continent qui débordait de bonté et d’harmonie
(peu importe les profondes différences culturelles qui pouvaient
exister). »
C’est à se demander si M. Gewen pensait que toutes les victimes de
l’Holocauste étaient des saints sans différences culturelles entre
elles.
L’éminent historien américain Arthur Schlesinger Jr a un jour déclaré,
en parlant de Zinn : « Je sais qu’il me considère comme un dangereux
réactionnaire. Et je ne le prends pas très au sérieux. C’est un
polémiste, pas un historien. »
Dans les nécrologies qui ont suivi la mort de Zinn, cette diffamation a
été reprise et a fait le tour du monde, du New York Times au Washington
Post et par les grandes agences de presse jusqu’au New Zealand Herald et
le Korea Times.
En ce qui concerne les réactionnaires et les polémistes, il faut noter
que M. Schlesinger, en tant que haut conseiller du Président John
F. Kennedy, a joué un rôle clé dans le renversement de Cheddi Jagan, le
premier ministre progressiste et démocratiquement élu de la Guyane
Britannique (Guyana, aujourd’hui). En 1990, lors d’une conférence à New
York, Schlesinger a publiquement présenté ses excuses à Jagan, en
déclarant « je me sentais mal à cause de mon rôle il y a trente ans. Je
crois qu’une grande injustice a été commise envers Cheddi Jagan. » (1)
Ceci est à porter au crédit de Schlesinger, mais le fait que Jagan ait
été physiquement présent à cette conférence a peut-être réveillé chez
lui quelques remords tardifs au bout de trente ans. Comme pratiquement
tous les historiens américains qui ont été choyés et respectés par les
grands médias, Schlesinger était un guerrier de la Guerre Froide. Ceux
qui, comme Zinn, remettaient en cause les postulats de la Guerre Froide
à l’extérieur et le capitalisme à l’intérieur étaient considérés comme
des polémistes.
Une de mes citations préférées de Zinn est celle-ci : « Le principal
problème avec l’honnêteté historique n’est pas le mensonge éhonté. C’est
l’omission ou la minimisation d’une donnée importante. La définition de
« importante » dépend bien sûr des valeurs de chacun. » (2) Une Histoire
Populaire et ses autres écrits peuvent être perçus comme une tentative
de corriger les omissions et les minimisations du côté sombre de
l’histoire des Etats-Unis telle qu’elle est racontée dans les livres
d’histoire américaines et les médias.
[...]
Ce dont on ne peut pas parler
« L’objectif du terrorisme est de provoquer une réaction
disproportionnée, » écrit Fareed Zakaria, un éminent partisan de la
politique étrangère des Etats-Unis, et rédacteur en chef de l’édition
internationale du magazine Newsweek, et contributeur au Washington Post,
en référence au « terroriste en sous-vêtements », Umar Farouk
Abdulmutallab et sa tentative ratée de faire sauter un avion de ligne le
jour de Noël. « Son véritable objectif n’est pas de tuer spécifiquement
des centaines de personnes mais de semer la peur dans le reste de la
population. Le terrorisme est une tactique militaire inhabituelle dans
le sens où son effet dépend de la réaction des témoins. Si nous ne
sommes pas terrorisés, alors l’attaque a échoué. Malheureusement,
celle-ci a parfaitement réussi. »
N’est-ce pas étrange ? Qu’un individu puisse tenter de tuer des
centaines de personnes, y compris lui-même, juste pour « provoquer une
réaction disproportionnée », ou pour « semer la peur » ? N’y avait-il
pas quelque part un profond ressentiment contre quelque chose ou
quelqu’un d’Américain ? Aucune sorte d’injustice qu’il pensait corriger
ainsi ? Rien dont il aurait voulu se venger ? Pourquoi est-ce que ce
sont les Etats-Unis qui sont le plus souvent visés ? Autant de questions
qui sont complètement ignorés par Zakaria dans son article.
Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche au sujet de la même
tentative d’attentat, conduite par John Brennan, conseiller auprès du
Président sur les questions de Terrorisme et de Sécurité Nationale, la
journaliste vétéran Helen Thomas a soulevé la question :
THOMAS : « Ce qui nous manque toujours, c’est que vous ne donnez
jamais leurs motivations pour nous faire du mal... Quelles sont
leurs motivations ? On n’entend jamais parler de ce que vous avez
découvert à ce sujet ».
BRENNAN : « Al Qaeda est une organisation qui se consacre à
l’assassinat d’innocents... (ils) attirent des individus comme
M. Abdulmutallab et les utilisent pour ce genre d’attaque. Il était
motivé par une sorte de croisade religieuse. Malheureusement, Al
Qaeda a perverti l’Islam, et a corrompu un concept de l’Islam, pour
pouvoir attirer ce genre d’individus. Mais l’objectif d’Al Qaeda est
la destruction et la mort. »
THOMAS : « Donc, vous dites que c’est à cause de la religion ? »
BRENNAN : « Je dis que c’est à cause d’une organisation appelée Al
Qaeda qui utilise la religion d’une manière perverse et corrompue. »
THOMAS : « pourquoi ? »
BRENNAN : « Je crois... c’est un vaste sujet, mais Al Qaeda est
déterminé à mener des attaques contre nous. »
THOMAS : « mais vous n’avez pas expliqué pourquoi. » (10)
Les officiels américains ne font que rarement ne serait-ce qu’un effort
pour expliquer pourquoi. Et les journalistes posent rarement la question
et très certainement pas à la manière de Helen Thomas.
Et quels sont ces phrases que les officiels ont tant de mal à prononcer
? Serait-ce que les terroristes anti-américains deviennent des
terroristes anti-américains en guise de représailles contre des actes
commis par les Etats-Unis contre leur pays ou leurs proches ou pour des
actes commis par Israel avec le soutien total des Etats-Unis ?
Ben Laden, dans une cassette audio, a lui aussi commenté l’affaire
Abdulmutallab : « le message que nous voulions vous envoyer est que
l’Amérique ne pourra pas espérer vivre en sécurité tant que la sécurité
ne sera pas instaurée en Palestine. »
Nous avons aussi le cas récent de Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi, un
médecin jordanien qui s’est transformé en kamikaze et qui a tué sept
employés de la CIA dans une base en Afghanistan, le 30 décembre
(2009). Sa veuve a déclaré : « je suis fière de lui... Mon mari a fait
cela contre l’invasion des Etats-Unis. » Balawi lui-même avait écrit sur
Internet « je n’ai jamais voulu être à Gaza, mais à présent j’aimerais
être... une voiture piégée et envoyer un maximum de Juifs en enfer. »
Il faut noter que la base de la CIA attaquée par Balawi était fortement
impliquée dans la sélection des cibles pour les avions sans pilotes
(drones) envoyés par l’agence le long de la frontière
Afghano-pakistanaise, un programme qui a tué 300 personnes l’année
dernière.
Il y a de nombreux exemples de terroristes qui invoquent la politique
des Etats-Unis comme principale motivation à leurs actes. Il y en a
tellement en fait que les officiels américains, lorsqu’ils parlent du
dernier attentat, doivent faire de gros efforts pour ne pas mentionner
la politique étrangère des Etats-Unis ; et les journalistes ne soulèvent
jamais la question.
C’est la même chose partout dans le monde. Dans les années 50 jusqu’aux
années 80 en Amérique latine, en réponse à une longue série de
politiques américaines détestables, il y a eu d’innombrables attentats
contre des cibles diplomatiques et militaires US ainsi que des bureaux
de sociétés multinationales US.
Le bombardement, l’invasion, l’occupation et la torture en Irak et en
Afghanistan, le bombardement du Pakistan, de la Somalie et du Yémen, et
la poursuite du génocide Israelo-américain contre les Palestiniens ont
crée une armée de nouveaux terroristes anti-américains. On n’a pas fini
d’en entendre parler. Et on n’a pas fini non plus d’assister à toutes
les contorsions des officiels américains pour éviter soigneusement les
questions intellectuelles et morales qui sont posées et pour ne pas
aborder ce sujet.
Dans son discours sur « l’Etat de l’Union » prononcé le 27 janvier
(2010), le Président Obama a déclaré : « Mais si quelqu’un d’un des deux
partis a un meilleur plan pour réduire les cotisations, réduire le
déficit, garantir une assurance santé, renforcer l’assurance santé pour
les personnes âgées, et faire cesser les abus des compagnies
d’assurance, qu’il me le fasse savoir. » Alors voilà : mettre fin aux
nombreuses guerres des Etats-Unis dégagerait suffisamment d’argent pour
faire ce que toute société rationnelle et humaine aimerait faire.
L’éradication du budget militaire permettrait de financer une couverture
de santé gratuite pour tous. Une éducation pour tous. La création d’un
secteur public qui offrirait des millions d’emplois avec des salaires
décents, qui se consacrerait par exemple à réparer les infrastructures
délabrées et l’environnement. Vous pouvez y ajouter vos propres projets
préférés. Ils pourraient tous être financés. Simplement en arrêtant ces
putains de guerres. Imaginez.
William BLUM
http://killinghope.org/bblum6/aer78.html
traduction par Le Grand Soir