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L'Algérie va se doter d'une loi sur le nucléaire

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thetruthi...@yahoo.com

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May 19, 2006, 11:23:26 AM5/19/06
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http://www.elwatan.com/2006-05-07/2006-05-07-41945

Pour le secteur de l'eau, le nucléaire permettra de dessaler aussi
bien l'eau de mer que l'eau saumâtre en dehors des régions
côtières. L'annonce de cette relance en octobre 2005 a permis de
constater la transparence développée par les pouvoirs publics dans la
gestion du dossier. Il faut remonter à la fin des années 1980 et
début des années 1990 pour retrouver les traces de la première
campagne de presse qui accusait l'Algérie de vouloir se doter de
l'arme nucléaire. Elle coïncidait avec la construction du réacteur
nucléaire de Aïn Ouessara en coopération avec la Chine.
L'autorisation accordée à l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) d'envoyer une équipe d'inspecteurs avait calmé
les groupes de pression qui pointaient du doigt l'Algérie. Le 21
décembre 1993, lors de l'inauguration du réacteur Es Salam à
Birine dans la wilaya de Djelfa, l'ancien ministre des Affaires
étrangères, Mohamed Salah Dembri, expliquait que « l'Algérie
avait dit non à l'utilisation militaire de l'atome » et
révélait que les installations nucléaires de l'Algérie avaient
fait l'objet d'un accord de sauvegarde avec l'AIEA. « Je suis
heureux d'annoncer que la coopération entre l'Algérie et
l'AIEA, qui de notre point de vue s'est toujours distinguée par la
franchise, la transparence et le respect mutuel, a abouti à la
conclusion de deux accords de sauvegarde pour les réacteurs Nour et Es
Salam », avait annoncé M. Dembri. Le réacteur Nour, situé à
Draria, d'une puissance de un mégawatt (1 MW) a été construit en
partenariat avec l'Argentine au milieu de années 1980. Tandis que le
réacteur Es Salam, d'une puissance de 15 MW a été construit en
partenariat avec la Chine au début des années 1990.

« L'Algérie avait dit non à l'utilisation militaire de l'atome
»

En fait et malgré la coopération avec l'AIEA et la volonté
affichée par l'Algérie d'utiliser l'atome à des fins civiles,
une nouvelle campagne accusant l'Algérie de construire la bombe a vu
le jour à la fin des années 1990. Le point de départ serait un
rapport des services secrets espagnols pour certaines sources et pour
d'autres un rapport conjoint des services marocains en coordination
avec les services espagnols. Le relais utilisé a été un article du
Washington Times proche des milieux conservateurs américains, alliés
inconditionnels d'Israël. A l'époque, la presse marocaine
s'était déchaînée sur l'Algérie, l'accusant de vouloir rayer
de la carte le Maroc voisin en se dotant de la bombe atomique. En
confirmant l'option de l'« utilisation pacifique de l'énergie
nucléaire » devant des experts de l'AIEA en février dernier à
Alger, le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil,
réitérait le choix stratégique de l'Algérie de ne pas s'engager
dans l'utilisation du nucléaire en dehors des secteurs sociaux et
économiques. Même si l'expression paraît galvaudée, il est
toujours utile de la rappeler pour éviter les manipulations
politiciennes comme ce fut le cas il y a une quinzaine d'années.
C'est cette option qui a conduit l'Algérie à être parmi les
premiers à ratifier le traité de Pelindaba qui vise à créer une
zone d'exclusion des armes nucléaires en Afrique. L'Algérie a
signé le traité le 11 avril 1996. La ratification a eu lieu le 23
décembre 1997 et les documents ont été déposés le 11 février
1998. Pour éviter tout malentendu et toute manipulation qui
viendraient des cercles hostiles à l'Algérie, le gouvernement a
développé une politique active de transparence ces derniers mois
après que la relance du nucléaire s'est avérée comme une
nécessité historique pour la sécurité de l'approvisionnement
énergétique du pays. En apparence, le pays dispose de potentialités
importantes en pétrole et en gaz. Mais il n'est pas à l'abri
d'une pénurie à long terme à l'horizon 2030. L'équation est
simple. La consommation augmente chaque année, notamment dans le
segment de l'électricité qui est surtout produite à partir du gaz.
Les réserves ne sont pas renouvelables. Une bonne partie de ces
réserves est exportée pour faire « vivre » le pays qui dépend des
exportations d'hydrocarbures pour ses recettes extérieures à plus
de 95%. Cette tendance au retour du nucléaire a été observée
partout dans le monde et principalement aux Etats-Unis, en
Grande-Bretagne, en Chine et en Inde. De plus, le nucléaire favorise
l'application du protocole de Kyoto puisque les émissions de gaz à
effet de serre sont nulles. Autant d'atouts qui font que l'énergie
nucléaire est moins chère et moins polluante. Il faut surtout
l'acquérir et la maîtriser. Aux Etats-Unis, une nouvelle loi,
votée au mois de juillet 2005, a adopté ce choix du nucléaire.

Le nucléaire, une tendance mondiale

Cette tendance s'est confirmée lors du dernier sommet du G8, tenu à
Moscou à la mi-mars. A cette occasion et pour essayer de résoudre le
conflit sur l'enrichissement de l'uranium avec l'Iran, les
Etats-Unis et la Russie ont lancé l'idée d'un partenariat mondial
pour développer le nucléaire civil, sans risque de prolifération
militaire et pour répondre aux besoins toujours croissants
d'énergie. Selon cette approche, le programme envisagé permettrait
aux pays en développement un accès sécurisé au combustible sous
l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique avec
l'engagement de ces pays à renoncer à développer la technologie de
l'enrichissement et du recyclage. Cette initiative vise surtout à
anticiper sur l'engagement de plus en plus marqué de pays qui vont
opter pour le nucléaire pour résoudre leur problème énergétique et
notamment les pays en voie de développement. Le retour du nucléaire
dans le monde est devenu une réalité à la faveur de la hausse des
prix de l'énergie (pétrole et gaz), de la nécessité de relever le
défi du climat et du syndrome de la rupture de l'approvisionnement.
En Europe, la France et la Finlande ont lancé la construction de
nouvelles centrales nucléaires. En Grande-Bretagne et en Allemagne, le
débat est public pour la relance du nucléaire. La Chine veut se doter
de 40 réacteurs nucléaires d'ici 2020 en investissant près de 50
milliards de dollars. L'Inde a signé récemment des accords sur le
nucléaire avec la France et les Etats-Unis, qui lui fourniront les
centrales nucléaires et le combustible nécessaire à leur
fonctionnement. C'est au mois d'octobre 2005 que le gouvernement
annonce officiellement la préparation d'un projet de loi sur le
nucléaire. C'est à l'occasion de l'organisation d'une
journée d'étude sur l'utilisation de l'uranium. L'Algérie va
se doter d'une loi sur le nucléaire, avait annoncé le ministre de
l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, à l'occasion d'une
journée d'information sur les « ressources et la valorisation de
l'uranium ». « Depuis des décennies, l'Algérie est connue comme
un pays producteur d'hydrocarbures liquides ou gazeux, et la
totalité de son énergie électrique est produite à partir de ces
mêmes hydrocarbures. Cette dépendance extrême est naturellement
contraignante à long terme, car il s'agit de ressources
énergétiques non renouvelables », a expliqué le ministre. « Mon
ministère s'en préoccupe. Pour cela, il favorise le développement
de ressources énergétiques renouvelables ainsi que la maîtrise de
l'énergie. A cet effet, plusieurs lois ont été élaborées par mon
département, notamment sur la maîtrise de l'énergie, les énergies
renouvelables ainsi que le décret sur le coût de diversification de
l'énergie », a ajouté le ministre, en annonçant que « la loi sur
le nucléaire viendra prochainement compléter ces dispositifs
législatifs et réglementaires dans le cadre d'un développement
durable ». Cette option est confortée aussi par le fait que «
l'Algérie dispose de ressources raisonnables en uranium et les
perspectives d'en découvrir de nouvelles ne sont pas négligeables
», selon les estimations officielles. Les mêmes types de gisements
d'uranium découverts au Canada et qui sont des exceptions
géologiques par leur teneur et leur tonnage ont été identifiés en
Algérie dans les années 1970, selon ces mêmes estimations. Parmi les
utilisations des ressources en uranium, les pouvoirs publics visent le
dessalement de l'eau, les applications de l'industrie,
l'agriculture, la médecine et l'électronucléaire. Selon les
responsables du secteur, les 4 gisements découverts dans le Hoggar
(désert algérien) totalisent des réserves de 30 000 tonnes
d'uranium, mais le potentiel est plus important vu que le territoire
reste inexploré. De plus, la multiplication par trois du prix de
l'uranium sur le marché international peut rentabiliser les
investissements qui seront consentis pour le développement des
gisements en place. Il restera aux structures spécialisées de
s'engager dans le développement de nouvelles installations
nucléaires qui permettront de produire de l'électricité et de
l'eau. Selon plusieurs observateurs, l'Algérie doit se préparer
dès maintenant, si elle veut produire de l'électricité à partir
du nucléaire à l'horizon 2030. En attendant, d'autres secteurs
peuvent profiter de l'atome, comme l'agriculture, la santé...

Une mission sur Reggane

Le Commissariat à l'énergie atomique est la structure qui gère le
nucléaire et les installations en place. Ces derniers mois, ses
dirigeants se sont exprimés à l'occasion de l'organisation de
séminaires ou d'ateliers organisés en coopération avec l'Agence
internationale de l'énergie atomique, basée à Vienne. Lors du
séminaire organisé à la fin du mois de février 2006 à Alger en
coopération avec l'AIEA et portant sur la coopération dans le
domaine des garanties, de la sûreté nucléaire et de la sécurité
nucléaire, le directeur de la coopération du COMENA, Merzak Remki
avait recensé cinq manifestations organisées entre l'Algérie et
l'AIEA depuis le mois de septembre 2005 : « Journée d'information
sur les ressources et la valorisation de l'uranium 1er octobre 2005
». « Séminaire sur l'élaboration d'une loi nucléaire, 24 et 25
octobre 2005 ». « Atelier sur le dessalement de l'eau de mer au
moyen de l'énergie nucléaire, 19-21 février 2006 ». « Cours
national sur la mise en place de capacités nationales en mesure
d'intervenir en cas de situation d'urgence radiologique et
nucléaire, 18-22 février 2006 ». « Atelier sur la planification
énergétique en perspective de l'électronucléaire, mars 2006 ».
Il faut savoir que l'AIEA existe depuis le mois de juillet 1957 et
que l'adhésion de l'Algérie remonte au 24 décembre 1963.
L'Algérie a adhéré au Traité sur la non-prolifération des armes
nucléaires (TNP) le 21 septembre 1994 et sa ratification a eu lieu le
12 janvier 1995, selon M. Remki. « 15 mois après l'adhésion au
TNP, l'Algérie a signé le 30 mars1996 un Accord de garanties
généralisées (AGG) avec l'AIEA, à seule fin de vérifier
l'exécution des obligations assumées aux termes du Traité de non
prolifération des armes nucléaires en vue d'empêcher que
l'énergie nucléaire ne soit détournée de ses utilisations
pacifiques vers des armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs
nucléaires », a rappelé au cours de la rencontre M. Remki.
L'Algérie a sollicité l'agence dans le domaine de la sûreté
nucléaire et une mission de l'AIEA pour l'évaluation radiologique
des sites d'essais nucléaires français en Algérie a déjà eu lieu
selon le COMENA. La mission a permis la localisation des sites
d'essais nucléaires atmosphériques à Reggane (Gerboise bleue,
blanche, rouge et verte) et des sites d'essais nucléaires
souterrains à In Ekker, l'évaluation de la situation radiologique
sur site à travers la mesure du niveau d'exposition et
détermination en laboratoire des concentrations des radioéléments
importants. Les sites hautement contaminés ont été retenus et
nécessitent une prise en charge en matière de radioprotection et la
mise en place d'un programme de surveillance radiologique. Ce travail
a donné lieu à la publication d'un rapport de l'AIEA intitulé «
Radiological conditions at the former french nuclear test sites in
Algeria : preliminary assessment and recommendations - 2005 ». Le
protocole additionnel aux accords de garantie est un nouvel instrument
juridique approuvé par le Conseil des gouverneurs en mai 1997. « Il
donne à l'Agence plus de droits d'accès à l'information et aux
emplacements dans un Etat », selon M. Remki. Selon plusieurs
observateurs, il donne droit aux inspections inopinées des inspecteurs
de l'AIEA. Pour ce protocole, la déclaration d'intention de
l'Algérie a été approuvée en septembre 2004 par le Conseil des
gouverneurs de l'AIEA et la signature se fera prochainement, selon M.
Remki. Pour affirmer plus son adhésion au travail de l'AIEA,
l'Algérie s'est déclaré « prête à abriter, à Alger, en 2006,
avec le concours de l'AIEA, une rencontre régionale sur le thème de
la non-prolifération et de la contribution de l'énergie nucléaire
au développement socioéconomique », selon le responsable de la
coopération du COMENA. La coopération développée ces derniers temps
a vu aussi le déplacement en mars dernier d'une mission de la NNSA.
Alors qu'elle prépare une loi sur le nucléaire, l'Algérie
développe une politique de transparence dans sa volonté d'utiliser
le nucléaire à des fins civiles de développement. En plus de la
coopération étroite qu'elle entretient avec l'AIEA, l'Algérie
s'entoure de toutes les garanties pour éviter que le choix qu'elle
a fait, à l'instar de beaucoup de pays d'utiliser le nucléaire au
profit du développement, fasse l'objet de manipulations. La visite
des experts américains de la NNSA (National Nuclear Security
Administration, à ne pas confondre avec la NSA (National Security
Agency), qui a succédé en 1952 à l'Agence de sécurité des forces
armées américaines, s'inscrit dans cet ordre d'idées et se veut
une autre garantie de transparence au moment où un sérieux différend
oppose l'Iran aux pays occidentaux sur le nucléaire. La visite des
experts américains s'inscrit dans une action de coopération
algéro-américaine et a pour objectif la mise en place de laboratoires
jumelés pour la recherche, selon un cadre du secteur. La confection
d'une loi sur le nucléaire devrait mieux organiser une activité
sensible, mais incontournable pour le développement en privilégiant
les conditions de sécurité et de sûreté. Surtout
qu'officiellement, le ministre de l'Energie reconnaissait en
février 2006 que « les applications de l'énergie nucléaire en
Algérie sont relativement modestes ». Selon un responsable du
ministère de l'Energie, le travail avance bien. L'Algérie ne peut
rester en marge d'un mouvement qui touche toute la planète et à
long terme la sécurité des approvisionnements en matière
d'énergie et ne peut se concevoir sans la diversification des
sources et la maîtrise des énergies renouvelables, telles que le
nucléaire ou le solaire.

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