Consomme-t-on des produits contenants des organismes génétiquement
modifiés (OGM) au Maroc ? Probablement. Certes, pour l'heure, aucune
culture du genre, même à titre expérimental, n'est autorisée dans le
pays, explique Abderrahmane Hilali, directeur de la Protection des
végétaux, des contrôles techniques et de la répression des fraudes
(DPVCTR) au ministère de l'Agriculture. De même, aucun produit du
genre n'est importé en l'état. Mais cela ne réduit pas le risque de se
retrouver avec des OGM dans nos assiettes car ils entrent dans la
production et/ou la composition de nombre de produits alimentaires
exposés et autorisés à la vente.
En effet, il faut savoir que les liants, rehausseurs de goûts et
autres additifs contenus dans les produits agroalimentaires, ne sont
pas tous fabriqués au Maroc. Il est donc tout aussi possible de se
retrouver avec des OGM inclus (bien involontairement) dans les
aliments fabriqués localement. On se retrouve donc avec une liste
d'aliments relativement large.
Pour ce qui est des produits dont la matière de base peut être un OGM,
il y a la farine et la semoule de maïs, l'huile de maïs, les chips de
maïs salées ou encore les corn-flakes et autres sauces de soja ou
encore l'huile de colza...Viennent ensuite les produits dont l'un des
ingrédients peut être à base d'OGM. Il peut s'agir de sirop de
glucose, de produits de pâtisserie, de farine de maïs dans le pain, de
biscuits apéritifs, de semoule de maïs, de plats cuisinés, de
charcuterie, de crèmes desserts, de biscottes, de préparations pour
desserts déshydratées, potages, bières, glaces et même chewing-gum.
Amidon, sorbitol, enzymes, caramel... une longue liste d'additifs est
en fait dérivée du maïs, culture qui a été le plus sujette à
transformation génétique.
Les laboratoires officiels ne sont pas équipés pour mener des analyses
sur les OGM
Khadija Jaouane, conseillère en hygiène et diététique et naturopathe
installée à Marrakech, est formelle. «Nombre de produits dans la
composition desquels entrent des OGM sont en vente au Maroc ; il
s'agit de maïs en grain ou encore de certains pop-corn, par
exemple.Tout le problème est de les reconnaître», précise-t-elle.
Comment, justement, les reconnaître ? Au Maroc, il y a un vide
juridique total sur cette question. Si, à la direction des fraudes du
ministère de l'Agriculture, on assure que toute importation de
produits contenant des OGM est interdite, on ne connaît pas les moyens
de les identifier. Quand bien même on les connaîtrait, quels textes
opposer aux contrevenants ?
En fait, la DPVCTR concentre plusieurs missions: le contrôle des
semences et plants, l'homologation des pesticides, le prélèvement
d'échantillons de produits finis,... et peut, théoriquement, interdire
la vente de tout produit qui présenterait un danger pour la santé
publique. Dans le cas des OGM, elle se trouve démunie du fait qu'il
n'y a pas de textes et qu'aucun des laboratoires d'analyses du pays
n'est doté des moyens techniques pour détecter les produits contenant
des OGM.
Pour le Dr Ahmed Essadki, biologiste et expert assermenté près les
tribunaux du pays, s'il y a bien une compilation d'arrêtés sur le
contrôle de l'importation des marchandises, aucun texte ne régit la
partie concernant l'entrée dans le pays de produits à base d'OGM.
Aujourd'hui, les marchandises sujettes à autorisation sont soumises à
trois sortes de contrôles : le premier est visuel, le second se
rapporte à l'étiquetage et le dernier peut être chimique et, dans ce
cas, il ne peut pas être systématique. Et, justement, le décret de
juin 2002 sur la réglementation des conditions d'étiquetage ne
comporte aucune mention de l'obligation de signaler que, dans la
production ou la composition d'un article, un ou des organismes
génétiquement modifiés ont été utilisés. Résultat: on peut consommer
des OGM sans en être informé.
D'un point de vue scientifique, les OGM ne présentent pas de danger
avéré
Qu'est-ce qui se fait ailleurs ? Tout un arsenal juridique et
procédural et des instances de contrôle et de suivi ont été mis en
place, pour être autorisé à cultiver ou à commercialiser des produits
dans la production desquels entrent des OGM. Il y a, d'une part, le
cheminement des produits avant leur mise sur le marché, et de l'autre,
l'obligation de signaler leur composition. En Europe, la
réglementation, notamment celle dite «Nouveaux aliments», a prévu,
selon les cas, deux mentions à apposer sur les produits : «Produits à
partir de soja/ maïs génétiquement modifiés» et «Contient des
(ingrédients) fabriqués à partir de soja/maïs génétiquement modifiés».
En juillet 2003, les ministres de l'Agriculture européens ont même
durci la réglementation relative à l'étiquetage des aliments
génétiquement modifiés, rendant leur signalement obligatoire, qu'il
s'agisse de produits destiné à l'homme ou aux animaux. Ainsi, a été
introduit l'étiquetage de «toutes les denrées alimentaires produites à
partir d'OGM, indépendamment de savoir si le produit final contient de
l'ADN ou des protéines dérivées d'OGM».
Cela dit, il faut garder la tête froide car, à ce jour, il n'a pas été
scientifiquement prouvé que les OGM présentent un danger pour la santé
"
M. El Maâroufi
la vie éco, Maroc
www.lavieeco.com
Morocco/Maroc
Il n y a aucun progres ni evolution dans l'isolement -
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"Ryan" <ny...@netscape.net> wrote in message
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