"Voici pourquoi les provocations européennes contre la Russie sont susceptibles d’échouer" (English Outsider)

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Roland Marounek

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Jul 2, 2026, 8:01:15 AM (17 hours ago) Jul 2
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Mis à part l’optimisme de la conclusion qui me parait être hors de propos, la discussion abordée par « English Outsider » est importante ; elle s’applique ici en Belgique comme sans doute dans chaque pays de l’OTAN.

 Pour les mouvements (les plus) progressistes et les mouvements de la paix, il est absolument hors de question de sortir du récit « la Russie a 100% tort », « l’agression russe doit être condamnée sans réserve », « nous devons aider sans compter les Ukrainiens à résister à l’agression ». Les mêmes mouvements l’assortissent généralement d’un « mais » (mais la guerre n’est pas une solution, mais il faut éviter une guerre nucléaire, mais il faut arriver à des négociations...) ; mais en acceptant sans sourciller les prémisses de l’OTAN, en acceptant la prémisse « Poutine est Hitler » il n’y a logiquement pas d’autre chose à  faire de s’opposer à Hitler, quel qu’en soit le coût, qui sera toujours moindre que si on le laissait agir. La bonne volonté pacifiste restera inaudible pour une majorité de gens. Certains peuvent être sensibles à l’argument financier (style l’argent pour les services sociaux, pas pour l’armement), mais en réalité même parmi eux très peu vont défendre qu’il faut arrêter complètement de financer l’Ukraine, « abandonner l’Ukraine à Poutine », « récompensant » l’agression russe.

Comme le dit ‘English outsider’ ci-dessous, « jusqu’à ce que nous, en Occident, reconnaissions que cette guerre a été imposée aux Russes par nous-mêmes, que ce sont les Russes qui ont raison et nous qui avons tort, il n’y a aucune base morale à s’y opposer. »

Tant que ‘nous’ gardons l’image mentale ‘l’OTAN/l’Occident démocratique et libéral c’est globalement le Bien, Poutine c’est le Mal », il n’y aura pas d’issue réelle. Seule la défaite de la Russie est acceptable :

Ce récit est actuellement boosté par les ‘informations’ que la Russie est en train de perdre, que l’économie russe est (enfin) au bord de l’asphyxie, que les soldats russes sont en train de se révolter, autrement dit qu’en s’engageant résolument dans une guerre ouverte, le Bon OTAN fera s’écrouler aisément le Mal absolu, le ‘régime de Poutine’ -  encore quelques sacrifices : la guerre sera à coup sûr glorieuse. Voilà pourquoi selon moi, les provocations ‘européennes’ (otaniennes) contre la Russie ont au contraire toutes les chances d’escalader, jusqu’à réussir. La Russie ne pourra pas indéfiniment ne pas réagir aux bombardements de l’OTAN via le proxy ukrainien sur ses capacités civiles et militaires.

Voici pourquoi les provocations européennes contre la Russie sont susceptibles d’échouer

Par English Outsider – Le 1er juillet 2026 – Moon of Alabama
https://lesakerfrancophone.fr/voici-pourquoi-les-provocations-europeennes-contre-la-russie-sont-susceptibles-dechouer

“Mon pronostic et j’espère que je me trompe : l’UE trouvera le moyen d’envoyer des drones/missiles contre la Russie jusqu’à pousser la Russie à réagir de la même manière. Un missile russe frappant une usine allemande, par exemple, serait un « bon » événement pour Bruxelles. Je crois qu’ils ont l’intention et les outils pour y parvenir.”

Publié par: Konami / 1 juillet 2026 8: 35 utc / 317

Réponse d’English Outsider :

Oui. Ils ont besoin de plus « d’agression russe non provoquée ». Pour que les populations européennes soutiennent une Seconde Guerre froide. Nous devrons nous serrer la ceinture pour payer mais nous le ferons volontiers compte tenu de la « menace russe ». Qui se soucie des détails lorsque l’ennemi est si visible ?

Mais je ne pense pas que cela marchera. Les Russes ont trop d’options, militaires et économiques. Nous ne sommes plus en 2022.

Il est vrai que jusqu’au début de 2022, les Russes disposaient d’un éventail d’options pour répondre à l’agression de l’OTAN. Ils auraient pu utiliser des leviers économiques ou diplomatiques. Ou ils auraient simplement pu attendre ; les États-Unis et l’Allemagne, les seuls acteurs importants en Occident, se dégradaient rapidement et étaient en proie à des problèmes internes.

Il n’y avait donc pas besoin de lancer l’Opération Militaire Spéciale. Pas besoin d’action militaire en réponse à l’agression de l’OTAN. Laissez un peu de temps au temps, laissez Poutine et Lavrov gérer l’affaire au niveau diplomatique, et le problème de l’agression de l’OTAN se serait régler de lui-même. Sauf que les forces de Kiev se regroupaient sur la ligne de contrôle et qu’il n’y avait aucune option économique ou diplomatique ouverte aux Russes pour parer à cette menace. Seule une action militaire directe et énergique pouvait y parer.

Ainsi, en 2022, nous avions réussi à réduire à un seul l’éventail des options ouvertes aux Russes : L’utilisation manifeste de la force militaire. Non seulement nous avons forcé les Russes à utiliser cette seule option de la force militaire. Et une fois que les Russes ont eu recours à la force militaire, une batterie de sanctions pouvait être imposée pour les mettre à genoux.

Mais cela n’a pas marché non plus et les puissances occidentales ont été stupides de l’espérer. Nous devrions être bien conscients du pourquoi.

Premièrement, nous oublions à quel point l’action militaire russe en 2022 a été un choc. Les Russes n’avaient pratiquement aucun soutien diplomatique international pour cette action militaire et de très nombreux Russes eux-mêmes furent consternés. Il a fallu quelques années pour que cela change. Aujourd’hui, en 2026, si les Russes réagissent avec force aux provocations actuelles, la plupart des pays non occidentaux sauront pourquoi et bien qu’ils aient peut-être trop peur de l’Occident pour soutenir activement les Russes, il n’y en a aucun, je pense, qui y sera activement opposé. En ce qui concerne l’opinion mondiale, la position est donc assez différente de celle de 2022.

C’est important pour les Russes. C’est avec les pays non occidentaux qu’ils veulent entretenir de bonnes relations commerciales, pas avec nous. La lutte pour les cœurs et les esprits, la « guerre de l’information », a été largement gagnée par l’Occident, envers le public occidental. Pas envers le public non occidental.

Cela vaut la peine de faire une digression ici, pour voir à quel point l’Occident a gagné la guerre de l’information en ce qui nous concerne, nous les Occidentaux. Il y a quelques bulles isolées de dissidence comme Moon of Alabama et des blogs similaires aux États-Unis mais, pour la plupart des occidentaux, les Russes sont les méchants et les rares opposants à les combattre, quand ils existent, ne découle pas d’une conviction que les Russes ont raison. Simplement de la considération pragmatique que même si nous avons raison, nous risquons de perdre cette guerre.

Il y a peu de conviction morale noble en Occident derrière l’opposition populaire à cette guerre. Simplement la reconnaissance qu’en combattant les Russes, nous ne leur ferrons pas autant de mal qu’à nous-mêmes. Weidel ou Wagenknecht ne disent pas publiquement, ou n’osent pas dire : « Nous avons tort. Nous devrions le reconnaître et restaurer les relations ». Ils disent seulement « Nous ne pouvons pas nous permettre cette guerre car elle nous fera trop de mal ».

Bien que pour être honnête, j’ai entendu [le politicien allemand] La Fontaine faire allusion à la première position. Mais de tels hommes ont-ils une quelconque influence sur la politique allemande actuelle ? Vous êtes l’expert en politique allemande, mais pour moi l’étranger, il ne semble pas que ce soit le cas. Nous devons reconnaître que la position de Merz/von der Leyen est plus cohérente moralement que celle de Weidel. Étant donné que Merz et von der Leyen affirment que les Russes ont tort à 100%, que pouvons-nous faire d’autre que résister aux Russes avec tous les moyens dont nous disposons et quel qu’en soit le coût ?

Cette digression est importante parce que jusqu’à ce que nous, en Occident, reconnaissions que cette guerre a été imposée aux Russes par nous-mêmes, que ce sont les Russes qui ont raison et nous qui avons tort, il n’y a aucune base morale à s’y opposer. Mais tout cela n’a aucune importance en dehors de l’Occident. En ce qui les concerne, nous sommes une bande de voyous et dans la mesure où ils osent – bien qu’ils n’osent pas beaucoup dans la plupart des cas – ils soutiennent les Russes en essayant de nous tenir en échec.

Ce n’était pas ce qu’ils ressentaient en 2022. Donc, la différence entre 2022 et maintenant est qu’à l’époque nous étions les gagnants de la guerre de l’information. En 2026, en dehors de l’Occident, nous sommes maintenant les perdants. C’est ainsi que l’opinion non occidentale oscillait bien avant Gaza et l’Iran et, bien sûr, après Gaza et l’Iran, la messe est dite pour tous les pays non occidentaux. Nous sommes maintenant indiscutablement les méchants.

La deuxième considération est économique. En 2022, pour tous sauf quelques excentriques et dissidents, nous semblions prêts à mettre la Russie à genoux avec des sanctions. Pas besoin de longues digressions pour voir le changement à ce niveau-là. L’économie russe a encore quelques zones bancales mais, en général, les sanctions leur ont permis de renforcer leur économie à un degré inimaginable en 2022. En 2026, c’est nous que la guerre des sanctions frappe, et durement.

D’où notre attaque de la Russie avec des drones et des missiles pour, comme vous le dites, tenter de provoquer une réponse. C’est le Je vous salue Marie de l’Ouest. Mais nous ne sommes plus en 2022. À l’époque, les options russes ont été réduites à une seule et ils n’ont pas eu d’autre choix que de prendre cette option. Aujourd’hui, ils ont tout un menu d’options en réponse à l’agression de l’OTAN et n’ont pas à s’inquiéter de ce que leurs nouveaux partenaires commerciaux pensent de tout cela. À moins que nous ne soyons dans le camp Hamish de Bretton-Gordon et que nous espérions toujours mettre la Russie à genoux (et même ce camp sait qu’ils brassent de l’air), tout ce que nous pouvons faire est de nous asseoir et d’attendre, pour voir quelle option les Russes choisiront.


Je ne parierai pas sur l’option Karaganov. Plutôt sur ce que nous appelons ici, sur Moon of Alabama, l’option JR-L1. L’Ukraine est profondément infiltrée par les renseignements russes. Il y a une résistance souterraine qui n’attend que le mot d’ordre. Le mécontentement populaire à l’égard du régime de Kiev prend de l’ampleur. Et il y a encore quelques années, même des responsables locaux du régime voulaient réparer les relations avec les Russes avant qu’il ne soit trop tard.

Kiev n’est pas Berlin en 1945, à tenir bon jusqu’aux tout derniers jours dans un bunker. Plutôt comme Kaboul en 2021. Si c’est scénario de Kaboul qui prendra forme, l’Ave Maria occidental sera un pétard humide. Il n’y aura même plus de territoire proxy à partir duquel lancer des drones et des missiles.

++++++

A relever le sentiment très chrétien exprimé dans l’édito de « La Croix » ce 30 juin : pas de négociations de paix, des pressions unanimes
https://www.la-croix.com/a-vif/guerre-en-ukraine-face-a-vladimir-poutine-les-europeens-ne-peuvent-plus-tergiverser-20260630

Guerre en Ukraine : face à Vladimir Poutine, les Européens ne peuvent plus tergiverser


Face à la menace que représente Vladimir Poutine, les Européens doivent accentuer la pression sur le régime de Moscou.

À quel point la Russie souffre-t-elle de la guerre qu’elle a déclenchée contre l’Ukraine en 2014 et intensifiée en 2022, lorsqu’elle a tenté d’envahir le pays ? Il est difficile de répondre à cette question, tant les indicateurs sont parcellaires, la présence de journalistes surveillée et les opposants muselés. Comme le raconte notre correspondante à Moscou, le durcissement du régime russe est tel qu’il cherche désormais à faire oublier les grandes purges organisées par Staline pour faire taire tout contre-pouvoir.

Certes, Vladimir Poutine ne semble pas, à ce stade, fragilisé. Sa popularité reste forte, son assise électorale semble solide. À quelques mois des élections législatives, qui doivent se tenir en septembre, il est vraisemblable que ses alliés seront à nouveau portés au Parlement. Il n’empêche que la guerre lancée contre l’Ukraine – et à travers ce pays contre l’Europe tout entière – fragilise désormais durablement l’économie russe, également menacée par une crise bancaire.

Face à un régime russe qui veut les affaiblir, les Européens et leurs alliés ne peuvent plus tergiverser. Ils doivent aider l’Ukraine à accentuer la pression sur Vladimir Poutine. Sanctions financières, mesures énergétiques : plusieurs outils sont à leur disposition. C’est pourquoi les dirigeants du Vieux Continent doivent parler d’une seule voix ; l’heure n’est plus aux divisions internes. En France, les candidats à la présidentielle de l’an prochain, pour l’instant préoccupés par les seuls débats nationaux, doivent aussi élargir leur regard. C’est sur ce terrain, celui d’un rapport de force avec la Russie, dont il faut espérer qu’il n’aura pas à se concrétiser par le fracas des armes, que se joue l’avenir de notre continent, et avec lui, de notre pays.

 



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