Londres résiste à Washington au sujet de la base militaire de Diego Garcia sur les îles Chagos

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Franco Carminati

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Feb 25, 2026, 2:37:44 PM (6 days ago) Feb 25
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Londres résiste à Washington au sujet de la base militaire de Diego Garcia sur les îles Chagos

Donald Trump a de nouveau appelé le Royaume-Uni à renoncer à la cession des îles Chagos à Maurice

Donald Trump a de nouveau appelé le Royaume-Uni à renoncer à la cession des îles Chagos à Maurice ©Pictures From History

Johann Harscoët

 

24 février 2026 00:00

 

Alors que Londres est de plus en plus irrité par Washington, le premier ministre britannique Keir Starmer a refusé aux États-Unis le droit d'utiliser la base partagée de Diego Garcia, dans l'archipel des Chagos, pour frapper l'Iran.

Près d'un an jour pour jour depuis la prosternation britannique dans le Bureau ovale, où Keir Starmer avait tendu à Donald Trump une invitation pour une seconde visite d'État signée de la main de Charles III, le Royaume-Uni continue d'opérer son virage à 180 degrés.

Le récent refus du Premier ministre britannique d'accorder aux États-Unis la possibilité d'organiser d'éventuelles attaques sur l'Iran à partir de leur base commune de Diego Garcia, dans l'archipel des Chagos (océan Indien), est exceptionnel, voire inédit depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

Un pilier pour les USA durant la première guerre du Golf

Downing Street n'a pas confirmé cette décision forte. Mais aucun ministre du gouvernement n'a reçu l'instruction de la maquiller avec des propos convenus. Et ce, alors que, selon le Times, le Guardian, la BBC et le Telegraph, Keir Starmer avait signalé à la Maison-Blanche que cette utilisation pour de telles frappes constituerait "une infraction du droit international, qui ne fait pas de distinction entre un État qui mène une attaque et ceux qui la soutiennent, s'ils ont connaissance des circonstances de cette action internationale injustifiée."

Cette base avait constitué un pilier des actions militaires menées par les États-Unis dans la première guerre du Golfe, dans l'intervention controversée de 2003 en Irak, ou plus récemment contre les Houthis en mer Rouge. La base de la Royal Air Force de Fairfield, en Angleterre, ne pourra pas non plus être utilisée par les États-Unis.


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Trump appelle à renoncer à la cession

La posture britannique, plus rigide, est alignée sur celle observée chez les voisins européens au moment de la crise liée au Groenland, et qui avait poussé Donald Trump à faire machine arrière lors du sommet de Davos. Signe des difficultés de plus en plus visibles du Président américain à s'adapter à ce durcissement, celui-ci, à court d'arguments et en contradiction avec ses précédents avis, a de nouveau appelé le Royaume-Uni à renoncer à la cession des îles Chagos à Maurice.

Cet archipel, dont fait partie l'île de Diego Garcia pour laquelle le Royaume-Uni a obtenu un bail de 99 ans, est passé sous le contrôle britannique de façon illégale à la fin des années 1960, mais sera prochainement restitué, après la validation probable par le Parlement britannique, à une date qui reste à déterminer et qui pourrait servir de variable d'ajustement dans les discussions tendues avec Donald Trump.

Alors que 2.000 Chagossiens avaient été expulsés de Diego Garcia pour permettre l'installation de cette base britannico-américaine, Donald Trump a estimé la semaine dernière que Keir Starmer était "en train de perdre le contrôle de cette île importante à cause d'affirmations émanant d'entités dont on n'avait jamais entendu parler auparavant" et a conditionné le soutien américain au Royaume-Uni à des questions de politique intérieure.

"Nous serons toujours prêts, disposés et capables de nous battre pour le Royaume-Uni, mais ils doivent rester forts face au wokisme et aux autres problèmes qui se présentent à eux", a-t-il déclaré.

Au-delà de l'importance militaire de Diego Garcia, cette base est devenue un enjeu diplomatique entre Londres et Washington, à la suite de la série de revirements ou de propos désobligeants de Donald Trump. En quelques semaines, celui-ci a gelé les promesses d'investissements massifs de plusieurs géants de la tech américaine, a renouvelé sa volonté d'acheter le Groenland, et a remis en question le courage des soldats européens en Afghanistan.

 

Source: L'Echo

 

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